Bonjour,

Titre : Once Upon A Time...

Auteur : Typone Lady

Disclaimer : L'univers de One Piece ainsi que ses personnages ne m'appartiennent pas : ils sont à Eiichiro Oda. Je les emprunte le temps d'une histoire.

Rated: M

Genre : Romance, Hurt/Comfort, Song-fic.

Résumé :Dans la réalité, très peu on droit à leur " ils vécurent heureux". Et souvent la fin heureuse n'est pas toujours celle qu'on attend, la vie n'a rien d'un conte de fées. Suite du tome 1. Yaoi. Song-fic, death-fic. Terminé.

Bêta correctrice : pommedapi

Note : Merci à ma bêta pommedapi pour ses précieux conseils et aussi pour avoir corrigé ce chapitre ;). Un grand merci aussi à ma p'tite sœur qui ma aider à écrire le résumé. ^^

Bonne lecture ;)


Once Upon a Time n'est pas une fiction à l'eau de rose.

C'est juste une histoire.

Leur histoire.

Parce que la vie n'est pas un conte de fées...

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Chapitre 38

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"Ne pleure pas parce que c'est fini, souris parce que c'est arrivé."

Dr Seuss

xXx

Ace


Vendredi 06 Juillet 2018

Aujourd'hui, une page va enfin se tourner. Ce sont les Nationales et je crois que je n'ai jamais été aussi excité et enthousiaste de ma vie. Mais la journée est encore longue jusqu'à ce soir et en attendant 19h, il va bien falloir que je m'occupe. Il n'est que 08h et je ne rejoins le Glee Club qu'à 14h pour les dernières répétitions et la découverte de la scène.

Cette année, la finale de ce grand concours des chorales se passe ici, à Dawn. Et je dois dire que cette nouvelle m'enchante assez. Je n'avais pas envie de me perdre une nouvelle fois à Dressrosa : peu importe que les gens qualifient cette ville comme l'endroit où on est le plus heureux au monde, c'est là-bas que règne Doflamingo et celui-là, moins je le vois, mieux je me porte. Dressrosa est une ville magnifique, c'est certain, mais il me rappelle trop que c'est le repaire de cet homme. Il est insupportable de constater à chaque fois l'ignorance des gens. Ils se trompent tous à son sujet. C'est juste un homme horrible.

Malheureusement, comme il est le mécène du Glee Club de sa ville, il sera là. J'essaie de ne pas trop y penser : j'ai envie de passer une bonne journée après tout. L'année dernière, on a perdu contre lui – contre le Glee Club de Dressrosa et contre Dellinger surtout – et je me rappelle de sa tête. Bon Dieu, il était si heureux de nous avoir battus que je me souviens avoir souhaité qu'il meure dans un accident quelconque simplement pour être débarrassé de lui ! Je ne l'ai pas pensé longtemps mais je ne l'ai jamais regretté.

Notre deuxième place à ce prestigieux concours, surtout pour une première participation, était une prouesse fantastique. Pourtant, aucun membre du club ne s'en est réjoui. Et il est certain que jusqu'à ce que je monte sur scène ce soir, je vais y penser. Mon ventre gargouille et j'essaie de me concentrer sur ce que je fais.

Alors que je suis seul dans la cuisine en train de prendre un petit déjeuner pas très équilibré - des tranches de brioche et du cappuccino - Luffy me rejoint.

-Salut. Tu te lèves tôt, je lui fais remarquer.

-J'avais peur que tu regardes les résultats sans moi ! m'explique t-il.

Son ventre grogne et je me demande si ce n'est tout simplement pas la faim qui l'a tiré du lit. Je le rassure en lui disant que je ne suis pas levé depuis longtemps et qu'à part me préparer mon cappuccino, je n'ai pas fait grand-chose. Hier, je lui ai promis que je l'attendrais pour regarder les résultats du bac.

Luffysemble soulagé par la nouvelle et, tranquillisé, entame également son petit-déjeuner. Il prend des céréales et fait bien trop de bruit. Je déteste les bruits de mastication mais bon… Manger silencieusement n'a jamais été le fort de mon petit frère.

Les résultats du bac. Sabo aussi m'a appelé hier soir, me faisant promettre de lui transmettre au plus vite mes résultats. A croire qu'à part moi, tout le monde est impatient à ce sujet. Mais il n'est pas bien difficile de deviner pourquoi je traine des pieds. Franchement, je n'ai pas la plus petite idée par rapport à ma réussite ou mon échec à cet examen si symbolique. Sabo veut être positif et croise les doigts pour moi. C'est ce qu'il m'a dit mais rien que cette expression me fait réaliser à quel point rien n'est certain pour ma part. Je suis pratiquement sûr de ne pas m'en être si bien tiré que ça après coup. Mais je sais aussi que c'est souvent ce qu'on se dit après les examens et qu'on est parfois agréablement surpris. Espérons que ce soit mon cas...

Mais pour être honnête, je serais surtout heureux d'avoir le bac pour rendre ma mère fière de moi. Pour ma part, s'il s'avère que je ne l'ai pas, je m'en remettrais. Je suis déjà plus ou moins en train de faire une croix dessus.

Une demi-heure plus tard, Luffy me traine dans ma chambre. J'ai essayé de faire durer mon repas le plus longtemps possible mais il y a bien un moment où il faut que je décolle mes fesses de là et c'est maintenant.

Ce matin, nous sommes seuls à la maison. Hancock n'est pas rentrée hier soir et je ne sais pas où elle est. Mon père n'est plus là mais ce n'est pas pour ça qu'on se parle davantage. Par contre, elle est toujours aussi prévoyante et attentionnée envers Luffy. D'ailleurs, de ce que j'ai compris, elle a lancé avec l'avocat de Roger - celui qui s'est occupé de son testament - la procédure pour avoir la tutelle de Luffy. Le chapeau de paille est content alors je le suis aussi pour lui. Hancock et moi, on ne s'appréciera certainement jamais – ce qui m'encourage à ne pas rester ici plus tard – mais je suis obligé de lui reconnaitre qu'elle s'occupe très bien de Luffy. Il faut juste espérer qu'elle ne le maternera pas trop !

Je tape mon code sur mon ordinateur et Luffy, assis à côté de moi, fixe de bien trop près l'écran. Je luis dis de s'écarter en grognant. Son attitude commence limite à devenir inquiétante.

-Tu auras quelque chose si tu as ton bac ou pas ? me demande t-il.

Et je comprends enfin d'où lui vient cet intérêt soudain.

-Je ne sais pas. Mais si je te dis non, tu seras déçu ?

-Bien sûr ! C'est normal d'avoir des cadeaux qu'on a fait quelque chose de bien et de difficile !

Je souris, amusé par sa logique, et vais sur le site pour avoir les résultats. Les minutes qui suivent sont longues – en partie parce que je traine, encore et toujours. Enfin, les mots s'affichent et j'ai comme un blocage. Je suis admis.

Je reste pourtant figé pendant si longtemps que Luffy commence à s'impatienter.

-Alors ?!

Je ne réponds pas et il prend d'autorité mon ordinateur pour vérifier par lui-même.

-Admis… Ca veut dire que t'as réussi !

Il me saute dans les bras et je ne dois qu'à mes réflexes d'éviter à mon ordinateur portable une chute malvenue.

-Fais attention, Luffy !

-Pardon !

Il n'a pas du tout l'air désolé. J'essaie alors de partager son enthousiasme mais je n'y arrive pas vraiment. Je souris pour la forme. Je ne vais pas me plaindre d'avoir réussi mais je ne peux m'empêcher d'être mal à l'aise.

Par curiosité, mais aussi pour aller au bout des choses, j'affiche alors les résultats de manière détaillée. J'observe mes notes et serre les dents. Je referme ensuite brusquement la fenêtre quand Luffy se penche dessus.

Pitoyable, comme je pouvais m'y attendre.

A part mes options musique et dessin où j'ai un 17 et un 14, je m'en sors également en philo, en histoire et en espagnol. Pour le reste, je stagne à 8 ou 9. J'ai même un 4 en anglais et j'imagine la prof me l'infliger avec beaucoup de joie. Comment j'ai pu faire pour merder autant ? Je ne sais pas pourquoi mais je n'arrive pas à être satisfait du résultat final pourtant positif. Sans doute parce que j'aurais pu faire mieux. A me demander comment j'ai pu l'avoir avec des résultats comme ça... Je compte rapidement et m'aperçois que ma moyenne générale n'est même pas de 10, même si elle s'en rapproche. J'ai soudain entendu que parfois les examinateurs pouvait décidé de donner le diplôme à une personne n'ayant pas la moyenne, mais ayant un bon dossier et ayant fait des efforts exceptionnels. Même si ça reste rare.

Je repense alors à la blague que j'avais faite à Sabo. Je lui avais justement dit que si malgré mes mauvais résultats j'obtenais mon diplôme, ce serait certainement parce que la mort d'une camarade de classe et celle de mon père seraient prises en compte… Je me demande si ça a vraiment été le cas ici.

Mon portable sonne et je le déverrouille pour voir que c'est un appel entrant de Sabo.

- Demande-lui combien il a eu!

Luffy est si excité que je lui passe mon portable.

- Demande-lui, toi, il faut que j'aille prendre ma douche.

Luffy ne cherche même pas à me poser de questions et accepte l'appel. Je l'entends blablater avant de m'enfermer dans ma salle de bain. Au vu de son enthousiasme, j'imagine que les notes de Sabo atteignent des sommets.

xXx

-Tu ne voulais pas me parler ce matin ou quoi ? se vexe Sabo.

Je ne sais pas quoi lui répondre et entre en grimaçant dans le loft. C'est vrai que j'ai refilé l'appel à Luffy mais maintenant, je suis là. Je voulais lui parler avant d'aller me préparer pour les Nationales et rejoindre les autres. J'ai pris une décision importante mais ça ne concerne pas ma réussite relative au bac.

-J'avais besoin de temps pour digérer mes notes et puis de toute façon, Luffy a dû se faire un plaisir de tout te raconter.

-Tu ne crois pas si bien dire.

Il referme la porte et m'invite à le suivre dans le salon.

-Tu n'es pas content d'avoir été admis ? me demande-t-il.

-Si, ce n'est pas ça...

Je soupire.

- En réalité, je suis venu pour parler d'autre chose. Pour le bac, j'ai déjà eu cette conversation avec ma mère ce matin.

Sabo sourit et je soupire encore.

-Et qu'est-ce qu'elle a dit ?

-Exactement ce que tu comptais me dire ! je grimace. Et je sais, l'important est que je l'ai obtenu même si je crois que j'aurais préféré le rater... Pour des raisons stupides, j'ajoute devant le regard intrigué de Sabo. M'apitoyer sur mon sort ou quelque chose comme ça. Me dire que c'est normal, me rabaisser, je soupire ensuite à nouveau.

-Ace…

Je tente de me reprendre, mal à l'aise. Ce n'est pas comme ça que je voulais commencer.

-Désolé, parfois je ne suis pas vraiment de bonne compagnie... J'ai ces moments de dépression...

-C'est normal, Ace, tu viens de perdre ton père-

-Je ne te parle pas de ça, Sabo, ça n'a rien à voir!

Il sursaute face à mon éclat de voix et je serre les poings de rage, de dégout, de tout un tas de sentiment néfastes. J'ai l'impression de revenir plus d'un an en arrière, le jour où j'ai pris cette arme dans le tiroir du bureau de Roger. Je me souviens exactement pourquoi je l'ai fait et ce que j'ai ressenti au moment d'appuyer sur la détente. Pour en parler à Sabo, je suis obligé d'affronter la vérité et je me sens terriblement mal.

J'en ai même parlé avec César il y a deux jours. C'était d'ailleurs notre dernière séance. Cet été, je ne serai plus à Dawn. Continuer mes séances chez ce psy un peu décalé deviendrait trop compliqué. Et puis, j'estime avoir enfin les armes pour pouvoir m'en sortir seul à présent.

Bientôt, ma liste ne sera qu'un vieux souvenir qui couvrira tout de même un regret, mais pas deux.

Lors de cette dernière séance, César m'a dit que je faisais une dépression et à cette annonce, j'ai eu l'impression que le sol s'ouvrait sur mes pieds. Il m'a expliqué que cette dépression était la raison de ma tentative de suicide. La raison de mes tocs, de mes pensées suicidaires, de mes idées noires… Mais elle peut passer. Il faut que je suive le traitement qu'il m'a prescrit et surtout, que je n'en fasse pas trop. Que j'extériorise. Il m'a aussi mis en garde en me disant que même si j'avais fait énormément de progrès avec la réalisation de cette liste, il se peut que je fasse des rechutes, que j'affronte des jours où ça ira tellement mal que j'aurais l'impression que je ne m'en sortirais jamais. Il faudra garder espoir, croire que je peux guérir. Croire que tout sera facile en ayant terminé ma liste serait complètement stupide.

Elle était faite pour me donner de l'espoir plutôt que pour me guérir réellement de mes tocs.

Et ça fonctionne. Car si aujourd'hui je suis là, devant Sabo, c'est parce que j'ai enfin décidé de lui raconter cette histoire dont je ne suis pas très fier.

Une page se tourne et je veux commencer une nouvelle vie. Une vie où je vivrais enfin avec mes tocs, parce que c'est ce que je suis, et il est très peu probable qu'ils disparaissent totalement un jour. Grace à César, j'ai réussi à comprendre d'où ça venait, à me comprendre. Je n'oublierai jamais le viol de Makino et la séparation de mes parents restera une blessure indélébile dont je ne suis pas sûr de pouvoir guérir. Mais à présent, j'arrive au moins à l'accepter et donc à avancer. Je sais que ce n'est pas ma faute.

Si j'ai réussi à dire à Sabo que je souffre de trouble obsessionnel compulsif, je dois être capable d'être totalement honnête. J'ai été virulent concernant ses coupures, je me rappelle lui avoir demandé d'être fort et de se reposer sur me dois de faire de même. D'être totalement sincère avec lui. Qu'il comprenne pourquoi, enfin. Pourquoi je me suis conduis comme ça avec lui…

-Il faut que je te dise quelque chose.

Sabo me renvoie un regard anxieux et sans le vouloir, il me transmet sa peur. Je détourne le regard et serre avec force mes poings, faisant blanchir mes jointures.

C'est vraiment dur parce que j'en éprouve beaucoup de honte. Mais la situation dans laquelle je me trouve ne me permet pas de garder ce genre de chose pour moi. Je suis conscient que la prochaine fois, il n'y aura peut-être pas de Shanks pour me sauver la vie. Il faut que j'ai la volonté de vivre pour m'en sortir. Ne pas rester déprimé, ne pas me servir de la mort de mon père ni de mes regrets pour broyer du noir.

-Tu peux tout me dire, Ace.

-Je sais, dis-je difficilement.

Je commence à me gratter les poignets et je m'en veux de paniquer autant. J'aurais dû m'entrainer avant. Savoir exactement ce que je vais dire m'aurait aidé à rester calme même si au final, ça aurait juste été un effet pervers de mes tocs.

-Mais ce n'est pas pour ça que c'est facile...

Il me prend la main droite et me force à le regarder. Il sourit tristement, toujours aussi inquiet, et je sens mon cœur battre plus fort. Je suis angoissé à un point inimaginable. J'ai l'impression que mes mains me démangent atrocement. Au moins, je n'ai pas envie de les frotter avec une brosse ni de les rincer à l'eau brûlante... Je me trouve pitoyable de me satisfaire de ce genre d'avancée. Mais c'est comme ça.

La main de Sabo, petit à petit, m'apaise. Et même si je suis toujours aussi angoissé, je sais qu'il faut que je me lance. Je prends une inspiration. J'arrête de réfléchir. Peu importe toutes les épreuves auxquelles on a dû faire face, on s'en est toujours tiré. Et c'était loin d'être simple !

Alors je le regarde et je lui avoue enfin le secret que je garde depuis si longtemps.

-J'ai fait une tentative de suicide l'année dernière. C'était... avant qu'on se mette ensemble.

J'arrête de respirer et attends sa réaction. Un seul mot de sa part. J'ai les mains moites et je trouve ça dégoutant. Je cherche à enlever ma main mais il la garde serrée contre la sienne. Et ce mouvement de ma part semble le secouer parce qu'enfin, il me regarde et ne se contente plus de me fixer avec l'air ailleurs. Il semble choqué.

-Une…vraie tentative ?

J'acquiesce et me retiens de répliquer qu'il n'y a pas de fausse tentative, ou alors ce n'est pas une tentative. Mais je comprends qu'il me demande si je suis allé jusqu'au bout ou si je me suis arrêté avant.

Il veut me poser des questions, je le vois à son visage, mais il a peur d'être maladroit dans le choix de ses mots alors même si ça me coûte, je décide de lui raconter. Du moins, brièvement. Ce n'est pas quelque chose dont j'aime parler après tout.

-J'étais dans une mauvaise phase mais je n'avais pas de raison particulière de vouloir mettre fin à mes jours... J'étais simplement fatigué, lassé. Je n'avais plus envie de rien et j'étais en colère. J'en avais marre... de tout. De passer pour un fou. Je voulais simplement que ça s'arrête, m'endormir, faire taire cette douleur et ne plus jamais rien ressentir. Le repos éternel...

Je relève les yeux et le regard de Sabo me suit, bouleversé.

-Mon tatouage, celui que j'ai sur le haut du torse, c'était un peu comme un signe. "Je rêve que je ne me réveille pas". Un appel à l'aide peut-être. J'y pensais depuis un moment sans toutefois imaginer une seule seconde à aller jusqu'au bout et pourtant ce jour-là... l'occasion était trop belle, je me rappelle avec un sourire triste, maintenant incapable de me taire. Je savais que Roger gardait une arme dans son bureau. A présent, je sais pourquoi... Je ne savais même passi l'arme était chargée ou non et au fond, ça n'avait pas d'importance. J'ai fugué. J'étais malade comme un chien et j'arrivais à peine à aligner une pensée cohérente. J'aurais mieux fait de faire ça un autre jour...

J'étouffe un rire amer mais Sabo me fait comprendre qu'il n'y a rien de drôle en me contemplant, les yeux brillants de larmes. Je secoue alors la tête.

-J'ai erré pendant des heures avant de me fatiguer. Ça n'a pas aidé à soigner ma le monde était à ma recherche et je savais qu'il allait bien falloir que cette fugue stupide se termine.

-Je n'en savais rien…

Sabo ne retient plus ses larmes et je dois me montrer fort pour venir à bout de cette histoire. Je vois bien que ce n'est pas facile à entendre pour lui, ça doit le renvoyer à sa propre histoire. Il doit aussi mieux comprendre pourquoi je me suis montré si dur envers lui quand il se scarifiait.

-Ce que je craignais a fini par arriver, je reprends doucement. Shanks m'a trouvé. J'ai paniqué, je voulais juste que tout se termine. Plus il me parlait et plus j'avais envie de me flinguer... Peu importe que mes raisons aient été stupides, je voulais mourir et c'est pour ça que j'ai pressé la détente.

Sabo a un hoquet de stupeur et je comprends que je pleure moi aussi. Je me dis qu'on doit avoir l'air bête tous les deux à chialer sur le canapé du salon... Heureusement qu'on est seuls d'ailleurs...

-Si l'arme avait été chargée... je serais mort, Sabo, je lui avoue d'une voix presque étrangère. J'avais pressé l'arme sur ma tempe, je n'aurais pas survécu.Et... si tu savais comme... comme j'ai honte…

Je n'arrive pas à continuer et il me prend dans ses bras pour me serrer très fort contre lui. Je me rends compte alors que je ne me sens pas forcément mieux. Je sais que dans une semaine, un mois ou plus tard encore, j'aurais un autre coup de mou et je m'en voudrais d'être ce que je suis. Pourtant, la partie rationnelle de moi est soulagée.

Je l'ai fait ! Le dernier point de ma liste.

Je suis plus fier de ça que d'avoir eu mon bac parce que j'ai l'impression de m'être enfin réalisé.

Mon père m'a pris en charge pour que je puisse aller de l'avant, pour que je grandisse et que j'aille enfin mieux.

Aujourd'hui, je peux le lui affirmer. J'avance.


xXx

Sabo


Il est déjà 17h, j'ai l'impression que la journée est passée en un éclair. Il faut dire que j'ai passé mon temps à ne rien faire d'autre que repenser, encore et encore, à ce qu'Ace m'a dit. Je n'ai pas été capable de faire autre chose. Je suis simplement resté enfermé dans ma chambre à réaliser que toutes ces journées, cette année écoulée ensemble, tout ça aurait pu ne jamais exister.

Ace a essayé de mourir, vraiment. Il était déterminé même si lui-même reconnait après coup que c'était une erreur. Aujourd'hui, il ne doit qu'à la chance d'être encore vivant. Cette arme aurait put être chargée. Et Seigneur, je m'en veux tellement de m'être coupé ! D'avoir cru que mes problèmes étaient graves, insurmontables, que pour les supporter, j'étais obligé d'avoir recours à ce genre de méthode ! Bien entendu, je sais qu'Ace ne m'a pas raconté ça pour que je culpabilise ou quoi que ce soit du genre, c'est juste moi…

Il l'a fait pour être honnête et me dire que peu importe ce qu'il s'est passé avant, nous avons changé. Nous sommes plus forts et nous allons réussir à être heureux, ensemble.

J'admire tellement Ace. Ce n'est pas facile pour lui, mais il n'abandonne jamais. Et je pense que s'il s'en sort si bien, c'est parce qu'il accepte ses faiblesses contrairement à moi. Je me rends compte aujourd'hui que j'ai longtemps fait fausse route.

Je l'aime tellement. J'ai bien l'intention de chérir chaque instant avec lui. Je me lève alors enfin de mon lit et souris. Ce soir, ce sont enfin les Nationales : il va falloir que je l'encourage convenablement. Gagner ce concours nous permettra de bien commencer nos vacances. Juste nous deux, la route et la découverte de nouveaux paysages.

Finalement, je compte accepter la proposition de Shanks pour sa voiture. Faire le fier et ne pas vouloir être un poids pour qui que ce soit, il faut que j'arrête de penser ainsi.

Mon portable vibre et je le prends distraitement avant de m'étonner en voyant le nom de Stelly s'afficher. Il m'appelle.

Mon cœur s'emballe, le stresse me gagne. Je sais que je ne dois pas répondre. Peu importe pourquoi il m'appelle, je sais qu'en raison de tout ce qu'il se passe, je ne peux plus garder contact avec mon petit frère. Je n'oublie pas comment ça s'est passé la dernière fois qu'on s'est vu. J'ignore pourquoi il veut me joindre mais je suis sûr qu'encore une fois, ça ne se terminera pas bien si je décroche.

On frappe à la porte et je refuse l'appel. Shanks ouvre, tout sourire.

-Tu veux faire une partie avant qu'on se prépare pour aller aux Nationales ?

Il secoue la manette et essaie clairement de me faire dire oui. Je mets mon portable dans ma poche et le suis.

-Pourquoi pas !

J'arrive au salon et ai la surprise de voir Cavendish. Habituellement, il n'est pas trop jeux vidéos. Mais c'est un plaisir de le voir. Je me demande s'il est nul ou si ça s'avèrera être un de ses talents cachés !

-Je veux un massage des pieds si je gagne, fanfaronne Shanks.

Ça me fait rire mais ça n'a pas, mais alors pas du tout, le même effet sur Cavendish. Il fusille le roux du regard.

-Quoi ? On a toujours fait comme ça ! Le gagnant demande ce qu'il veut ! se défend-il.

-Très bien, abdique le mannequin. Je veux être traité comme un pacha pendant 24h.

-Vendu, accepte Shanks, bon joueur.

Ils me regardent, attendant de savoir ce que je désire.

-Si je gagne, je veux vous voir rejouer la scène mythique de Titanic.

-Hum.

Shanks réfléchit, un sourire énigmatique aux lèvres.

-Est-ce qu'on parle bien de la scène dans la voiture ?

-Non ! s'agace Cavendish.

Shanks éclate de rire alors que je suis partagé entre l'amusement et la gêne. En tout cas, j'essaie à tout prix de ne rien imaginer du tout. Aucune image, s'il vous plait !

-Bon allez, c'est parti !

Shanks lance le jeu et si au début - pour s'entrainer- il prend un niveau simple, une fois que la première course se termine, il annonce que les choses sérieuses vont commencer. Mon portable vibre de nouveau pendant nos parties. Je ne prends pas la peine de regarder : je suis certain que c'est mon frère. A un moment, je me reçois un regard interrogateur du blond qui doit entendre mon portable mais je me contente de lui sourire.

Pourtant, je commence à être inquiet.

Ça ne ressemble pas à Stelly d'insister. Et plus j'y réfléchis, plus je me dis que ça a sans doute à voir avec ce que Shanks m'a dit au sujet de mon père. Son arrestation. Je suis curieux. Plus le temps passe et plus mon esprit se tourne vers ces pensées. Outlook a-t-il déjà été arrêté ? Et Stelly ? Que va-t-il faire maintenant ?

Est-il seul ? C'est peut-être pour ça qu'il cherche à me contacter. Il ne doit pas savoir vers qui se tourner. Moi, j'ai eu de la chance. Mes amis ont toujours été là et ne m'ont jamais laissé tomber. Mais Stelly, il a toujours été seul, même quand j'étais avec lui. C'est peut-être même l'une des raisons qui a fait qu'il a toujours voulu se faire bien voir d'Outlook.

Et moi, je lui ai dis que je ne l'abandonnerai jamais.

Je sais qu'il ne mérite pas tout ce que je fais pour lui ni mon inquiétude, pas après la manière dont il m'a traité.

Au final, je finis par perdre la partie : rien d'étonnant, je n'étais pas vraiment dedans. Shanks gagne et ça fait grincer des dents Cavendish. On s'arrête là pour aujourd'hui et on mange quelque chose avant de nous préparer à partir.

En bas de l'immeuble, alors qu'on se dirige vers la voiture de Shanks qu'il me propose de conduire, je n'y tiens plus.

Je ne peux pas l'abandonner. Je suis sans doute trop bête, je suis quasiment sûr d'être déçu, mais même ça n'est pas suffisant pour me faire renoncer.

Je suis comme ça. C'est dans ma nature, tout simplement. Un jour, ma bonté me perdra.

-Je ne vais pas faire le chemin avec vous, je leur annonce.

-Pourquoi ? s'étonne le mannequin.

-Eh bien… J'aimerais bien acheter un cadeau à Ace pour fêter sa victoire, je bredouille.

-Quel romantique ! se moque Shanks. En tout cas, tu es sûr de leur victoire, c'est bien !

Shanks passe ses clés à Cavendish : ce sera finalement lui qui conduira.

-Ne traine pas trop ou tu vas tomber dans les bouchons. Même nous, je ne suis pas sûr qu'on y échappe.

-Pas de problème.

Je leur fais un signe de la main et m'éloigne vers l'arrêt de bus le plus proche. Je suis désolé de devoir leur mentir mais je ne pouvais tout simplement pas leur dire la vérité. Shanks m'aurait sûrement retenu sinon...

xXx

Anxieux, j'attends derrière mon ancienne maison au niveau du petit pont où j'avais l'habitude de retrouver Ace. C'est ici qu'on s'est embrassé pour la première fois. Un sourire attendri m'échappe. Je regarde l'horizon puis la petite étendue d'eau en bas. Le soleil est encore présent mais je ne me fais pas d'illusion sur l'heure. Il est plus de vingt heures et je suis quasiment sûr d'avoir raté la prestation du Glee Club. Et même s'il s'avère que celui de Marie-Joa passe en dernier, je ne suis pas sûr d'arriver à l'hôtel avant. J'aurais aimé voir Stelly plus tôt, pouvoir me libérer à temps pour voir la prestation du Glee Club. Malheureusement, Stelly a cru bon de me prévenir de son retard au dernier moment. Et moi qui pensais que c'était urgent... Si j'avais su que dans l'immédiat il était indisponible, j'aurais demandé à le voir bien plus tard. Mais il ne devrait plus tarder à présent, rebrousser chemin serait inutile.

Je doute mais maintenant que je suis là, que j'ai fait mon choix, il ne sert plus à rien d'y penser. Il faut que je termine ce que j'ai à faire ici le plus vite possible pour retrouver Ace. Après ce qu'il m'a raconté, j'ai juste envie d'être près de lui, tout le temps et encore.

Je n'arrive pas à croire qu'il ait pu vivre un truc aussi horrible et le garder aussi longtemps pour lui. Mais il me l'a dit. Il a honte et ça me renvoie à mes propres échecs, à ce qui m'a poussé à me faire du mal aussi facilement. La honte, un sentiment que je connais bien. Je passe mes doigts sous le bracelet gourmette qu'il m'a offert pour m'aider à surmonter cette partie de ma vie. Cette fois, c'est à moi d'être fort pour lui.

J'entends des bruits de pas et me retourne pour faire face à mon frère. Il porte un long manteau noir qu'il n'a pas pris le soin de fermer mais qu'il tient pourtant serré contre lui à cause du froid. Ses yeux sont rougis et je devine qu'il a passé un bon moment à pleurer.

Je dois être dans le même état que lui mais pas pour les mêmes raisons, c'est certain.

-Tu es vraiment venu, murmure-t-il, ému aux larmes.

-Je t'ai promis d'être toujours là pour toi, non ?

J'esquisse un sourire amer. Cette promesse n'a pas toujours été facile à tenir. En lisant son message tout à l'heure, j'ai même hésité à venir. Après ce que m'avait fait Stelly, le voir était vraiment la dernière de mes envies. Mais une fois de plus, il m'a appelé à l'aide et pour avoir eu une discussion avec Shanks il y a quelques jours, je pense savoir de quoi il s'agit. J'avoue être un peu effrayé.

-Qu'est-ce qu'il se passe, Stelly ? je demande maladroitement.

S'il s'agit bien d'Outlook, je n'ai pas envie de le savoir. Je veux rester en dehors de ça. Il m'est difficile de penser à mon père, surtout lorsque je sais ce qui l'attend. Et dire que je pensais m'être débarrassé de ses sentiments... J'ai de la peine pour lui, de la pitié et quelques remords, mais je sais que ce qui lui arrive est nécessaire. Il sera en revanche plus dur de le faire comprendre à mon petit frère.

-Ils ont arrêté papa…

-La police ?

-Le gouvernement.

Je baisse les yeux, accusant durement la nouvelle.

-Ils sont venus cette après-midi, tout habillé de noir, et l'ont menotté comme un vulgaire criminel ! Un homme de son rang, tu te rends compte ?!

Je me retiens de tout commentaire. Pas sûr que Stelly apprécierait que je lui balance la vérité au visage.

-Est-ce que ça va ? Ça n'a pas du être facile…d'assister à ça.

Il acquiesce et ses lèvres tremblent. J'aimerais le réconforter mais je ne fais pourtant pas un pas vers lui.

-Il m'a fait tellement de peine mais les agents me faisaient trop peur pour que j'ose bouger. Je suis pitoyable...

-Bien sûr que non. Toi aussi tu aurais pu avoir des problèmes si tu t'étais interposé.

-Je ne sais plus quoi faire… Ils vont saisir la maison, tout fouiller pour leur enquête. Je n'ai nulle part où aller !

Je sens mon cœur se serrer face à sa détresse.

-Tu sais bien que je ne te laisserai jamais tomber, voyons ! Tu viendras avec moi.

Des larmes coulent sur son visage. Il sourit et je comprends que ce sont des larmes de reconnaissance. Il est soulagé de voir qu'au moins, je le soutiens.

Il se jette dans mes bras et s'il se contente de poser sa tête sur mon épaule et de garder ses mains accrochées à son manteau, moi j'abandonne ma pudeur et le serre contre moi, le réconforte du mieux que je peux.

Demain, la nouvelle aura fuité des mains même du gouvernement, se vantant inutilement de cette si petite prise. Plongeant encore un peu plus notre famille dans la tourmente.

-Il faut qu'on l'aide. On ne peut pas le laisser aller en prison...

Je me crispe et pousse un soupir.

-Stelly, tu ne comprends pas. C'est fini.

-On ne peut pas le laisser tomber ! persiste-t-il et je m'énerve.

-Il va aller en prison, Stelly ! Ce qu'il a fait est trop grave pour qu'il puisse s'en sortir avec un simple pot de vin ! Même s'il coopère avec la police, je ne suis pas sûr qu'il s'en sorte !

Stelly me regarde, complètement perdu, et je comprends mon erreur. Je le relâche et il s'éloigne de moi, de quelques pas seulement. Il me fixe comme s'il ne me connaissait pas. Comme s'il ne pouvait pas croire que ces mots soient sortis de ma bouche.

-Co-comment tu… Tu savais ?! fait-il, atterré.

-Oui.

Je décide de ne pas lui mentir.

-Tu sava-

-Tout, ou en partie. Je sais que tu lui portes beaucoup d'estime mais, Stelly, il faut que tu te rendes compte qu'Outlook n'est pas une bonne personne.

-Tu étais au courant pour son arrestation et tu n'as rien dit ! hurle- t-il et je me prends sa colère de plein fouet. Tu l'as trahi !

-Non…

J'ai l'air peu convaincant. Pour cause, il n'a pas tort. J'ai fourni des documents compromettant à l'AR. Mais s'il y a eu un traitre, c'est surtout sa secrétaire qu'il a ensuite prise pour amante. Inutile de le dire à Stelly. Comme pour le reste, il ne me croirait pas. Et je ne suis pas sûr dans l'immédiat que ça serve ma cause.

-Papa me l'avait dit, se met-il à pleurer. Je ne voulais pas le croire…

Il laisse enfin tomber ses bras le long de son corps et j'aperçois le tranchant d'une lame. Mes yeux s'écarquillent de stupeur et je reste figé pendant quelques secondes.

Stelly continue de parler et je le fixe, la folie se mélangeant au désespoir dans ses yeux. Je me demande ce que je peux faire pour lui. Plus rien ne peut le sauver à présent et ça me rends tellement triste pour lui. Pour nous.

Pourtant, je ne veux pas abandonner.

-Papa a toujours tout rejeté sur moi. Ses échecs étaient plus faciles à incomber à un autre. S'il te plait, Stelly ouvre les yeux, bon sang !

Il secoue avec virulence la tête et je sens des larmes de rage m'échapper. Pourquoi ne comprend-il pas ?!

-Tu savais ! On aurait pu éviter ça ! Tu m'as tout pris, Sabo ! hurle-t-il alors. Tu m'as privé de ma mère et là, à cause de toi, on m'enlève mon père !

Il bondit sur moi et je suis surpris par le coup de poignard qui m'atteint avec violence dans le ventre. Au fond de moi, je ne pensais pas qu'il oserait. Je pensais que la fois précédente lui avait servie de leçon. J'avais tort.

Je laisse échapper un hoquet de douleur et essaye de le repousser. Malheureusement, la colère et l'adrénaline semblent décupler ses forces. Il tourne la larme, me faisant hurler à mon tour. J'ai à peine la force de me débattre...

Me battre pour rester en vie. Il retire la lame et je manque de m'effondrer. Mais il me retient et je prends enfin conscience de toute la haine qu'il éprouve pour moi. Il m'assène plusieurs autres coups de couteau en éructant. La douleur irradie dans tout mon corps et me fait tourner la tête. Je sens que je m'affaiblis.

-Tu m'as tout volé ! Je n'ai plus rien à cause de toi ! Tout ce que je voulais, c'était une famille, un frère digne de confiance ! Tu avais promis que tu serais toujours là pour moi ! Pourquoi tu ne l'as pas aidé ?!

Il pleure à chaude larmes et après quelques secondes, me relâche enfin. Mon corps sans force s'effondre sur lui et il s'écarte. Je m'écrase lourdement par terre. A bout de souffle, je me tourne lentement pour le fixer d'un œil vitreux.

-Ai-aide… Aide-moi...

Du sang maculent mes lèvres et il prend enfin conscience de ce qu'il a fait. Ses yeux s'agrandissent de stupeur et il jette le couteau plein de sang par terre pour s'enfuir en courant. Je sens mes larmes redoubler d'intensité.

J'ai tellement peur et j'ai tellement mal. Je n'arrive même pas à bouger. Je me rends compte que je vais mourir ici. Me vider de mon sang et mourir.

Je panique soudain, complètement terrifié à cette idée. Mon corps se crispe et la douleur s'intensifie. Je tousse et le sang gicle sur mes vêtements, sur le sol.

Je vais mourir.

Je pense à mes amis, à la famille que je me suis créé. A Ace.

Je ne peux pas mourir et le laisser seul… On doit découvrir le monde ensemble.

Je lutte de toutes mes forces pour Ace, pour garder les yeux ouverts. Mais bientôt, le froid s'insinue en moi et j'ai l'impression de ne plus pouvoir réfléchir correctement. Au prix d'un effort insurmontable, j'arrive à bouger mon bras et mon bracelet gourmette scintille sous la lumière glacée du réverbère. Je fixe difficilement le bijou, ma vision déjà floue. Mon cœur se calme.

Ace me l'a offert pour m'aider. Pour être plus fort et aller de l'avant. Ai-je réussi ?

Je puise encore dans mes ressources et détache le bijou. Le sang sur mes mains le tache mais ça n'a plus d'importance. Je le serre contre mon cœur et ferme les yeux, épuisé.

Il ne faut pas que je panique. Il n'y a pas de crainte à avoir.

J'ai été si heureux…

Je ferme les yeux et je rêve que je m'endors dans tes bras, Ace. Je rêve…que je ne me réveille pas. Et je sais que cette fois, ce sera le cas.


xXx

Ace


-Mon Dieu, j'ai tellement peur que je commence à avoir mal au ventre, gémit Aby.

-Mais non, tout va bien se passer. N'est-ce pas, présidente ?

-De quoi ?

Shirahoshi se tourne rapidement vers moi et a l'air perdu, totalement terrifiée. Inutile de compter sur elle. Je souris parce qu'elle est juste trop drôle ! L'année dernière, c'est X-Drake qui avait en quelque sorte la charge de porter le Glee Club jusqu'au bout. C'est parce qu'on ne voulait pas le décevoir qu'on a tout donné. Mais cette année, c'est différent : Shirahoshi a autant besoin de nous que nous d'elle.

-Mais bien sûr que tout va bien se passer, dit Perona.

-On va cartonner, fanfaronne Dellinger.

Aby est aussitôt rassurée par l'assurance de la gothic lolita et de notre chanteur vedette. C'est vrai qu'ils sont bien meilleurs que Shirahoshi pour ça.

Mon regard s'accroche à la silhouette de Dellinger qui discute avec Stussy. Nous sommes dans les loges en attendant notre tour et son air jovial trahit son impatience et son bonheur de se retrouver de nouveau ici. L'année dernière, lui n'a pas connu la défaite, mais je ne doute pas qu'il ait autant envie que nous de l'emporter.

C'est un membre à part entière du Glee Club de Marie Joa. Tout à l'heure, il a encore pu le prouver.

En effet, j'ai pendant longtemps appréhender ses retrouvailles avec Doflamingo. Je ne voulais pas soudain réaliser que Dellinger lui était encore fidèle ou pire, qu'il était toujours aussi proche de cette pourriture. Dès notre entrée dans l'hôtel choisi pour l'évènement, nous sommes tombés sur le Tenruybito déchu. Le Glee Club s'est figé. On était tous si crispé ! Pour ma part, il y avait également beaucoup de dégout. Aby et Stussy n'ont pas compris notre réaction. Elles n'ont pas autant côtoyé que nous ce minable. Elles étaient en seconde quand il est arrivé dans notre lycée et à ce moment là, il n'enseignait qu'à quelques classes de première. Si on peut appeler ça enseigner. Ce n'était même pas un prof. Juste parce que le directeur avait quelque lien étroit avec lui, ou je ne sais quoi encore, il l'a laissé déverser sa haine et bourrer le crane de quelques élèves influençables. Franchement, elles n'ont pas perdu grand-chose, elles y ont même gagné si on regarde bien.

Dellinger a été le seul à aller le saluer. Autant dire que ça ne m'a pas ravi. A peine je l'ai vu avancer vers lui que je l'ai suivi, prêt à le recadrer. Brook était parti voir la réception pour enregistrer notre arrivée et de toute façon, je ne pense pas que le coach du Glee Club aurait compris quoi que ce soit à ce qui se passait à ce moment là.

Je voulais juste ramener le blond. C'était l'idée en tout cas. Et puis, j'ai entendu Dellinger. C'est vrai qu'il était jovial et poli avec Doflamingo mais il affirmait surtout que notre Glee Club allait l'emporter et qu'il se ferait une joie de brandir une nouvelle fois le trophée.

Et Doflamingo souriait. Je ne voyais pas ses yeux à cause de ses éternelles lunettes noires mais j'avais l'impression qu'il le regardait avec tendresse. Ça n'avait rien avoir avec la manière dont il avait pu regarder Sabo à une époque. Je me suis alors rendu compte qu'aussi surprenant que ça puisse paraitre, Doflamingo tenait certainement sincèrement à Dellinger.

Celui-ci s'était alors tourné vers moi et m'avait entrainé vers les autres pour rejoindre Brook. Je n'ai pas osé l'interroger sur les liens qu'il avait avec Doflamingo. Je n'avais pas vraiment envie de savoir. Une fois, Dellinger a parlé de son ancien mentor comme une personne très importante pour lui. Il l'estime alors que je l'exècre. Rien ne pourra changer ça et je n'avais pas envie de me disputer avec mon ami. Doflamingo ne lui a rien fait à lui et on se connaissait depuis à peine un an, je ne pouvais pas lui demander de comprendre ma haine.

Il est avec nous maintenant, un membre à part entière du Glee Club. Et mon ami.

Je souris quand Dellinger s'approche de moi, tout excité. J'arrête de le regarder pour tirer le rideau et observer à la dérobée le public. Malheureusement, il fait totalement noir et je n'aperçois pas grand-chose.

Avant que le spectacle ne commence, j'ai pu apercevoir Rayleigh qui officie en tant que sponsor pour le Glee Club à la place de Roger. Ma mère et son nouveau compagnon Satch ont fait le déplacement. Hancock a emmené Luffy et j'ai été surpris de la voir rester. Shanks est arrivé avec Cavendish qui avait encore plus l'air d'un mannequin que d'habitude et dès son entrée, il a dû signer quelques autographes et faire des photos avec des tas de fans très heureux. Sabo n'était pas avec eux et ça m'a surpris. Malheureusement, je n'ai pas pu quitter les coulisses pour aller les interroger à ce sujet, mon portable étant dans les loges. Law et Zoro étaient là et le futur médecin avait l'air peu ravi d'être assis à côté d'un Owen bien trop bavard. Sanji, Nami et Koala n'ont pu trouver que des places dans le fond malheureusement. Je les ais vu rentrer précipitamment juste avant le début.

-Qu'est-ce que tu fais ? chantonne le plus jeune à mon oreille.

-Je regarde.

-On ne voit rien, fait-il après avoir pris ma place.

-C'est vrai, dis-je en rigolant.

Je recule et rejoins les filles. Le Glee Club précédent termine sa prestation et bientôt, ce sera à notre tour. Peu importe ce qui retient Sabo, je sais qu'il ne va pas tarder, je ne m'inquiète pas.

En cercle, on se tient les mains. On attend le discours de présidente de Shirahoshi. Étrangement, tout stress semble l'avoir soudain quittée et elle a l'air apaisé, ce qui me rassure grandement. Je sens un élan de fierté me prendre quand je la regarde. Et elle aussi peut être satisfaite d'elle. Shira a beaucoup changé et elle l'a montré à tout le monde, même à ses parents qui une fois de plus ont fait le déplacement.

-Je suis contente et triste à la fois, commence-t-elle. On s'est entrainé tellement dur, nous avons mis tant d'efforts pour notre objectif, pourenfin accomplir notre rêve. C'est stressant de se retrouver devant autant de monde mais aussi galvanisant. Il y a encore peu de temps, j'aurais simplement voulu faire marche arrière tellement la peur m'aurait tétanisé... Mais je ne suis pas seule et ça me donne tellement de courage ! Merci de m'avoir aidé à changer, vous êtes tous des personnes si extraordinaires…

Elle nous jette un regard ému et nous le lui rendons.

-Ce matin, en me levant, je me suis rendue compte de quelque chose. Avec ce concours qui s'achève, ce sera fini. Fini leGleeClub de Marie-Joa tel que je le connais. Plus d'entrainement acharné quasiment tous les soirs. Plus de pause gouter à 18h et de taquineries de la part de Dellinger et de Perona. Même les remarques de Brook vont me manquer, rit-elle, et ça nous tire à tous un sourire. Et puis, j'ai réalisé que ce n'était pas nécessairement une fin. C'est vrai que beaucoup de choses vont se terminer avec cette finale mais il faut aussi y voir le positif.

Elle fixe un regard pétillant dans le notre et l'excitation nous gagne.

-C'est le début d'autre chose de tout aussi merveilleux ! Une nouvelle histoire qui commence, et je sais qu'elle n'en sera forcément que meilleure. L'année prochaine, retrouvons nous tous ici pour encourager nos trois derniers membres !

-Si le Glee Club est encore là, sourit mesquinement Perona.

- S'il est encore là ! répète Margaret, amusée. Mais en attendant, gagnons !

-Gagnons ! crions-nous en chœur.

Je laisse mes amis me précéder sur scène. Ca y est, c'est enfin notre tour. Je ne suis pas au mieux de ma forme, discuter avec Sabo m'a vraiment retourné. Mais je sais que je n'ai pas le droit à l'erreur, que je dois me concentrer, profiter de ce dernier instant que je vais passer avec le Glee Club. Je ne veux pas avoir de regret. Plus jamais.

Mieux que ça, il faut que je me serve de mes sentiments confus, de cette espèce d'apathie, pour sortir tout ce que j'ai. Avec le Glee Club, j'ai toujours fait de mon mieux, essayer d'appliquer ce qu'on me disait. Je ne suis pas un chanteur après tout. Et contrairement aux autres, je ne compte pas non plus faire des études dans ce sens-là.

Je me rappelle de ce concert qu'on avait fait l'année dernière. Il avait été financé par mon père et devait nous servir de petit coup de projecteur en vue des Nationales. J'avais rencontré les parents d'X-Drake pour la première fois ce soir là. Brook m'avait demandé de chanter avec mon cœur, de libérer mes émotions et de me mettre à nu. Ça n'avait pas été facile, j'avais eu du mal à m'imprégner de la chanson d'Adam Lambert. Mais Sabo m'avait aidé.

En parlant de Sabo, je ne sais toujours pas où il est. Peut-être au fond de la salle ou alors il a dû sortir un moment et est revenu après. De toute façon, il fait trop sombre à présent pour que je puisse distinguer qui que ce soit. Mais je sais que peu importe où il se trouve, il est de tout cœur avec moi. J'ai envie de réaliser le même exploit que lors de ce concert. De chanter pour lui, pour le Glee Club et pour moi.

Je veux offrir un beau spectacle et gagner.

On prend place sur la scène, les lumières s'allument et nous sommes présentés. Une salve d'applaudissements s'élève. Je reste immobile, concentré sur la suite.

Et alors, ça commence enfin. Les lumières diminuent, s'adaptant à notre thématique, à cette première chanson.

Eye of the Tiger.

Les premières notes s'élèvent et des sifflets d'encouragement se font entendre. Une chorégraphie bien exécutée finit de mettre le feu à la salle. Je peux assurer qu'en l'apprenant, on a au moins tous perdu deux kilos ! C'est la chanson et la chorégraphie la plus énergique.

On voulait commencer fort.

Dellinger, habillé en petit rebelle déterminé, commence à chanter. Shirahoshi le rejoint et ils entament un duo magnifique alors que cette dernière continue à captiver le regard des spectateurs.

Risin' up, back on the street
Lutte corps à corps, de retour dans la rue
Tookmy time, tookmy chances
J'ai pris mon temps, j'ai tenté ma chance
Went the distance, nowI'm back on myfeet
J'ai parcouru la distance, maintenant je suis à nouveau sur pieds
Just a man and hiswill to survive
Juste un homme et sa volonté de survivre

On se regroupe au centre, formant une ligne et chantant tous ensemble, levant fièrement le poing à la fin.

So many times, ithappenstoo fast
Tant de fois, ça arrive trop vite
You tradeyour passion for glory
Tu troques ta passion pour la gloire
Don't lose your grip on the dreams of the past
Ne perds pas le contrôle pour des rêves du passé
You must fightjust to keepthem alive
Tu dois te battre simplement pour les maintenir réels

(Chorus)
(Refrain)
It's the eye of the tiger, it's the thrill of the fight
C'est l'œil du tigre, c'est le frisson du combat
Risin' up to the challenge of our rival
Lutte corps à corps pour relever le défi de notre rival
And the last knownsurvivorstalkshisprey in the night
Et le dernier survivant connu poursuit sa proie dans la nuit
And he'swatchin' us all in the eye of the tiger
Et il nous regarde tous avec l'œil du tigre

On s'éparpille. Perona reprend et fait sa diva mais ça lui va si bien. C'est une battante et c'est agréable de la voir sourire ainsi. Quand elle chante, les moqueries cessent. Son talent suffit à faire taire. Elle peut être qui elle veut.

Face to face, out in the heat
Face à face, dehors dans la chaleur
Hangin' tough, stayin' hungry
S'accrochant, continuant d'avoir faim
They stack the odds 'tilwetake to the street
Ils prennent les paris jusqu'à ce que nous allions dans la rue
For the killwith the skill to survive
Pour le meurtre, avec l'habileté de pouvoir survivre

On se rejoint de nouveau au centre, bien alignés et on reprend comme tout à l'heure.

(Chorus)
(Refrain)

Risin' up, straight to the top
Lutte corps à corps, droit au sommet
Had the guts, got the glory
J'ai eu le courage, j'ai eu la gloire
Went the distance, nowI'm not gonna stop
J'ai parcouru la distance, maintenant je ne vais plus m'arrêter
Just a man and hiswill to survive
Juste un homme et sa volonté de survivre

(Chorus)
(Refrain)

Les notes de guitare s'élèvent, la chanson se termine lentement. On s'amuse, on danse, gagnés par l'euphorie.

The eye of the tiger...
L'œil du tigre...

xXx

Tous les Glee Club sont présents sur la scène : on attend avec angoisse les résultats. Comme l'année dernière, le vainqueur se décidera entre le Glee Club de la ville de Dressrosa et nous. Je peux déjà imaginer la tête de Doflamingo quand il perdra !

La main de Shira est moite dans la mienne. A moins que ce ne soit la mienne ? J'ai essayé de regarder la foule, de trouver le regard apaisant de ma mère ou celui rassurant de Sabo mais seul le premier rang est éclairé à cause des lumières sur la scène, si bien que je ne distingue personne.

Les secondes semblent interminables et je déteste cette manie qu'ont les présentateurs ou les animateurs de faire durer injustement le suspense...

-Le gagnant est… Le Glee Club de Marie-Joa !

C'est l'euphorie. On se tombe dans les bras et tout le monde est en larmes. Aby et Stussy soufflent de soulagement. On a gagné. On a réussi, on l'a fait !

On vient nous remettre le trophée mais Shirahoshi est trop bouleversée pour le prendre. Elle se réfugie dans mes bras et ses larmes de bonheur coulent à flot. C'est finalement Dellinger qui s'en saisit, trop heureux de brandir une fois de plus le précieux sésame. Perona et Margaret hurlent de joie.

On essaie tout de même de se calmer quand le présentateur du concours vient vers nous pour recueillir nos premiers mots. On se passe le trophée, le touchant avec précaution. On ne fait pas vraiment attention à l'homme, ce qui commence doucement à l'agacer. Je décide alors de répondre à sa question, même si je ne l'ai pas entendue.

-Merci. C'est mérité, dis-je, me fichant d'avoir l'air bien trop prétentieux. Et on ne fait que commencer !

J'échange un regard avec Shira.

- Nous sommes simplement au début d'une nouvelle histoire encore plus merveilleuse !


Fin.