Cette fic est écrite pour la 105ème nuit du Fof, il fallait le rédiger sur le thème "Faute" en une heure. Pour plus de précisions vous pouvez m'envoyer un MP


Sans faute

Le professeur passe entre nos rangs à grandes enjambées. Il annone une fois de plus les déclinaisons latines. Il nous les a déjà répétées cent fois, pourquoi le fait-il encore une fois de plus ?

Je me tourne discrètement et je me rends compte que je suis le seul à écouter. Ils sont tous à bailler aux corneilles, à regarder dehors les jeux d'ombres et de lumières que le grand chêne crée sur le sol. Réalisent-ils la chance qu'ils ont d'assister aux cours de ce maitre si réputé ? Moi oui, et je serai le meilleur de la classe. S'ils ne veulent pas grandir et savoir, libre à eux, mais moi je ferai la fierté de ma famille.

Lorsque mon père a décidé que je devrai consacrer ma vie à Dieu, il m'a fait un cadeau merveilleux. Je peux maintenant apprendre autant que je veux, je sais lire, écrire et penser. Je me suis élevé vers Dieu, et même si cela implique quelques sacrifices, que représentent-ils en regard de ce que je peux y gagner ? Lorsque je croise des soldats, dont les armures étincellent au soleil et font briller les yeux des demoiselles, je baisse la tête et accélère le pas. Non, je n'en suis pas jaloux, pas le moins du monde. Je fais cela pour masquer mon sourire face à tant de légèreté. Savent-ils que je tiens entre mes mains toute la connaissance du monde ?

Je m'applique à être le meilleur, dans tous les domaines. La science et la religion ne sont que deux facettes d'une même médaille, nous ne savons pas encore l'expliquer, mais chaque jour qui passe nous rapproche de cette révélation. Et si je le peux, j'en serai ! Je ne dois jamais faillir sur le chemin de la connaissance, rien ne me détournera de Dieu. J'y consacrerai ma vie et je serai heureux. Voici mes ambitions dans la vie.

Et pour y parvenir, je dois travailler chaque jour plus que le précèdent, aller démasquer la moindre faute, la moindre erreur et l'anéantir à tout jamais. Seulement ainsi on pourra atteindre la perfection que Dieu nous a donnée en nous créant à son image. Tout le reste n'est que mensonge et vacuité.

J'ai travaillé dur, et je suis maintenant presque parvenu à mon but. Je n'ai pas encore vingt ans et je suis docteur des quatre facultés. Je vais bientôt être nommé prêtre de Notre-Dame, une consécration pour quelqu'un d'aussi jeune que moi. J'ai exterminé toute forme d'impureté de ma vie, et j'en reçois aujourd'hui la récompense. Dieu est miséricordieux.

La classe se termine enfin, j'entends des soupirs de soulagement derrière moi. Quels misérables vermisseaux, ils ne comprennent pas. Je quitte à mon tour le bâtiment quand un surveillant me saisit par le bras.

« Frollo, un messager vient d'arriver pour toi. Il dit que c'est urgent. »

Je le suis sans perdre un instant. Je connais cet homme, et moins je le ferai attendre, mais cela vaudra. Déjà, j'aperçois un mendiant qui a l'air bien égaré parmi toutes ces soutanes et ces toges.

« Allons, je suis Claude Frollo. Pourquoi me demandes-tu ?

Je viens de la part de l'intendante de Tirechappe. Vous devez venir, vos parents sont au plus mal. »

A ces mots, je sens une pierre me tomber sur l'estomac. Non ! Ils ne peuvent pas avoir été touchés par cette épidémie ! Ce n'est pas possible ! Ils ont tous les deux menés la vie la plus dévote qui soit. Moi aussi, et mon frère est encore trop jeune pour avoir déplu à Dieu. Pourquoi sa malédiction s'abattrait-elle sur nous ?

Je cours à travers la ville, je ne sens plus mes jambes, mes poumons me brûlent. Je bouscule des personnes dont je ne vois pas le visage. Je passe par des lieux que je ne connais pas. Mais qu'importe, je dois arriver le plus vite possible ! Le mendiant ne m'a pas suivi, ravi du denier que je lui ai donné pour sa course. Lorsque j'arrive en vue de Tirechappe, tous les serviteurs ont retirés leur chapeau et se tiennent la tête baisée. Non ! Non, ce n'est pas possible, pas eux ! Je me jette sur la porte et celle-ci s'ouvre. Seul le gazouillement d'un nouveau-né m'accueille. Mon Frère Jehan est le dernier survivant. Il est désormais ma seule famille et je suis orphelin.


J'espère sincèrement que ces deux textes vous auront plu, et que j'ai réussi à retrouver, au moins un peu, l'atmosphère du roman. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, par MP ou par reviews. Avoir vos retours me permet de m'améliorer et me fait toujours plaisir.

A bientôt !