Chers lecteurs,

Le texte que je publie aujourd'hui n'est pas une fanfiction et il s'agit peut être du texte le plus personnel que j'ai écrit jusqu'à présent. Le drame qui a touché notre Dame de Paris lundi ne pouvait naturellement pas me laisser indifférente. C'est pourquoi j'ai décidé de vous faire part de mon émotion à cette occasion.

Comme vous l'avez peut-être déjà compris, j'ai découvert la beauté de ce chef d'œuvre à travers les mots immortels de Victor Hugo mais ce que j'ai compris lundi, en regardant les flammes courir à une vitesse alarmante sur le toit, c'était que cette cathédrale était un personnage à part entière de ce roman, mais aussi de nos vies. Je ne vis pas actuellement en France, et je m'étais promis qu'à mon retour, j'irais à Paris pour la voir. Je ne pensais pas que ce serait dans des circonstances aussi tristes. Mais je ne veux pas y renoncer et j'irai quand même la voir, si les conditions de sécurité me le permettent. J'en avais envie, maintenant, j'en ai besoin.

Lorsque je voyais les pompiers lutter pied à pied pour sauver ce qui pouvait l'être, que je voyais cette œuvre être détruite sous mes yeux sans pouvoir rien faire, j'ai pleuré. Plusieurs fois. De tristesse, d'impuissance, de colère. Cette progression semblait si irrésistible. En voyant la flèche s'effondrer à travers la voûte, j'ai réalisé tout le caractère définitif de cet événement. Jusque là, le choc et l'énormité de ce qu'il se passait était si irréel que je ne pouvais y croire. Cette flèche qui se brise et tombe, au ralenti est devenu le symbole de cette tragédie. Cette vieille dame si profondément blessée. Meurtrie en son cœur.

Je n'ai pas envie de parler de certaines réactions que j'ai vues, pendant et après l'incendie, disant en substance qu'il ne s'agissait que d'un tas de pierre et de bois qui brûlait, qu'il était inutile de réagir de façon aussi forte et que plein d'autres causes méritaient davantage notre attention. C'est vrai. Mais c'est une vision trop réduite de ce qu'elle représente. En cette période de troubles et de divisions profondes, l'émotion générale suscitée par cet accident me donne espoir. Cette cathédrale est le symbole de notre histoire et de nos racines communes. Sa destruction partielle nous fait nous souvenir que nos valeurs ne sont pas si fondamentalement divergentes.

Comme certains autres événements marquants, je me souviendrai toujours de cette soirée du 19 avril, ce que je faisais quand j'ai appris qu'un incendie s'était déclaré, à qui j'en ai parlé et avec qui j'ai suivi ces événements, minutes après minutes. J'ai assisté en direct à un événement historique, en ayant conscience qu'il l'était et que j'aurais tellement voulu ne jamais avoir à voir.

Aujourd'hui, deux jours après ce drame, l'heure est au bilan. Les dégâts sont importants mais pas tous irréversibles. Certaines œuvres sont définitivement détruites mais les conséquences auraient put être bien plus lourdes. En fait, je peine à les imaginer. L'émotion qui a lieu en se moment sera balayée dans quelques jours par d'autres actualités plus récentes, cet élan de solidarité cessera, mais au fond de moins, j'aurais l'assurance qu'il a bien existé et que Notre Dame représente bien plus qu'un édifice religieux.

C'était un moment d'immense tristesse, de bouleversement et d'émotions. Mais je sais que Notre Dame, celle de pierre et celle de papier est forte, unique et inébranlable.

Merci de m'avoir lue et à bientôt pour des textes qui, je l'espère, seront de la pure fiction.

Lycoris