SAM : « Putain! »
Le colonel s'affairait depuis trois quart d'heure, allant et venant entre sa chambre et la salle de bain, courant presque pour être prête dans les temps, tant et si bien qu'elle avait fini par se cogner le pied dans le coin de la commode. Elle vociféra des insultes plus grossières les unes que les autres en massant le membre endolori, assise sur le bord de son lit. Sam finit par se relever en boitant légèrement et se précipita vers le miroir de la salle de bain pour se maquiller.
La fête en l'honneur de SG-1 et du général O'Neill (à la retraite...) commençait dans une demi-heure et elle n'avait pas cessé de courir depuis son retour de P9X-996. La soirée se déroulait chez le commandant de SG-3 qui était également rentré de mission en fin d'après-midi. Mais Reynolds n'avait pas l'air d'être pressé quand Sam l'avait aperçu encore en treillis avant de quitter la base, discutant sereinement avec deux autres militaires. A des années-lumières de chez lui pendant trois jours à l'instar du colonel Carter, elle se demandait comment il pouvait organiser une soirée aussi conséquente, sans être à son domicile.
Sans doute sa femme s'était-elle attelée à cette tâche à sa place... Ce qui expliquerait l'attitude décontractée de Reynolds tout à l'heure alors que la fête commençait un peu plus tard. Macho !
Sam contempla le résultat de ses efforts dans le miroir et sentit le découragement l'envahir. Elle ne se trouvait pas belle. La mission de P9X-996 avait laissé des cernes sur son visage fatigué et elle avait l'impression que sa mauvaise humeur depuis plus d'un mois avait marqué son faciès d'une expression éternellement maussade.
Elle joua avec ses cheveux et rajouta un peu de mascara mais sans plus de succès. Elle en aurait pleuré ! Elle aurait tant voulu être à son avantage. C'était tout de même une soirée en leur honneur, et elle avait l'air d'une pauvre fille abîmée par la vie ! Elle n'était pas très coquette mais elle aurait aimé être jolie sur les photos souvenirs...
La vérité c'était qu'elle voulait être belle pour son ancien supérieur mais elle combattait cette pensée, ressentant une sourde angoisse à l'idée de vouloir encore être dans la séduction avec lui. Etait-ce l'apanage des futures mariées ? Avoir besoin de se rassurer sur son charme et sa féminité avant de se faire passer la corde au cou par son fiancé ?
Justement... Elle venait d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir et Pete l'appeler dans la maison. Il rentra dans la salle de bain et se figea en apercevant sa future femme en sous-vêtements et joliment maquillée.
SAM : « Pete ! Tu ne devais pas être en mission de surveillance aujourd'hui ? »
PETE : « Si mais l'enquête a aboutit. Un tuyau d'un de nos indic'. »
Il laissa glisser sur son corps à demi-nu un regard appréciateur et la saisit par la taille, faisant courir un doigt sous l'une des bretelles de son soutien-gorge.
PETE : « Mmmh c'est joli... Si tu ne m'attendais pas pourquoi tu te prépares comme çà ? Tu attendais ton amant ?! »
Son trait d'humour n'amusa pas Sam qui se tortilla pour se dégager de l'étreinte de Pete.
SAM : « Non j'ai une soirée. Le colonel Reynolds organise une fête chez lui. »
Le policier posa une main sur les fesses de Sam pour la maintenir contre lui et huma son cou avec bonheur.
PETE : « Tu ne m'avais pas dit. En quel honneur ?»
SAM : « Non j'ai su çà peu de temps avant de partir en mission... C'est une soirée en l'honneur de SG-1 et du général O'Neill. Il a été libéré de prison. »
Pete leva brusquement la tête en cessant ses préliminaires, étonné.
PETE : « Sam... Tu ne m'as rien dit... »
SAM : « Mais non puisque je l'ai apprit avant de partir ! »
PETE : « Tu n'avais même pas deux minutes avant de partir pour me téléphoner ? »
SAM : « Mais enfin c'est un reproche ?! Ça pouvait tout aussi bien attendre la fin de ta mission de surveillance, ce n'est pas comme si ça avait de l'importance pour toi. »
Il la lâcha et prit une expression consternée.
PETE : « Bien sûr que ça a de l'importance pour moi, puisque ça en a pour toi ! On est fiancés Sam ! »
SAM : « Je sais. »
Elle lui avait répondu avec une petite voix contrite et l'irritation de Pete qui commençait à peine à enfler s'effaça aussitôt. Il passa à nouveau un bras dans le dos de sa compagne et posa son autre main sur sa hanche.
PETE : « Je suis très heureux pour toi que le général O'Neill soit sortit de prison et que vous soyez enfin tous réunis tes amis et toi. »
SAM : « Merci. »
Pete se pencha et l'embrassa langoureusement. Il poussa légèrement Sam qui dut s'appuyer contre le meuble de la salle de bain et attrapa l'une de ses jambes, collant son bassin au sien. La jeune femme s'agaça de son excitation alors qu'elle était déjà en retard et posa deux mains récalcitrantes sur les épaules de son fiancé.
SAM : « Pete... Je suis très pressée je n'ai pas le temps pour çà. Je vais arriver en retard... Je suis déjà en retard ! »
PETE : « Alors autant être encore plus en retard et en profiter tous les deux... »
Maintenant il frottait son érection avec impatience contre la culotte en satin de Sam qui n'était quant à elle pas du tout excitée. Elle était fatiguée, elle était stressée de retrouver son ancien supérieur après cette longue séparation, elle était angoissée de passer une soirée qui allait avoir pour thème la fin de SG-1 et le départ de Jack O'Neill. L'arrête du meuble de la salle de bain lui meurtrissait le bas du dos alors que Pete la plaquait de plus en plus fortement.
SAM : « Non vraiment Pete, tu es pénible ! Je suis pas d'humeur ! »
Il la relâcha avec un soupir de frustration et se détacha d'elle rapidement, une colère dans les yeux que Sam ne lui avait encore jamais vu. Pendant une fraction de seconde elle craint stupidement qu'il ne la gifle tant il paraissait hors de lui mais bien sûr il n'en fit rien. Il pointa vers elle un doigt accusateur, le regard flamboyant d'agressivité et de chagrin.
PETE : « JE suis pénible ? JE suis pénible ? C'est qui ici la personne qui a tout le temps l'air ennuyé, fatigué, stressé, agacé ? C'est moi peut-être ?! Tu es revenue depuis un mois et demi et tu n'as pas eu un seul geste d'affection ou de réconfort envers moi ! Tu t'es tout le temps montrée distante ! Je fais des tas d'efforts et tu t'en fous ! Et JE suis PENIBLE ?! »
SAM : « Pete... Pardon... Ce n'est pas ce que j'ai voulu... »
PETE : « Et tu veux que je te dise ? Tu n'es jamais d'humeur ! Je te parle même pas de faire l'amour, mais juste un petit geste d'affection ! Une parole gentille!Tu n'es d'humeur à rien ! »
Pete avait les larmes aux yeux et il était évident qu'une souffrance qu'il avait camouflé et contenu depuis trop longtemps se déversait sans plus aucune retenue. Sam sentit elle-même des larmes de culpabilité arriver et elle ravala ses sanglots en posant une main apaisante sur le bras de son amant.
SAM : « Pete je suis désolée, tu as raison. Je t'ai délaissé depuis un moment c'est vrai. Mais j'étais préoccupée et... »
Il dégagea avec violence son bras de l'emprise de Sam.
PETE : « Oh ça va arrête je suis déjà au courant ! Je te signale que tous les jours je m'inquiète de savoir comment tu vas et tu ne te prives pas de te plaindre. Mais est-ce qu'une seule fois tu t'es inquiétée de savoir comment MOI j'allais ? Est-ce que tu m'as demandé une seule fois si j'allais bien ?! Hein ? Réponds ! »
Sam déglutit avec difficulté, une boule amer dans la gorge. Elle lui répondit que non, d'une petite voix effacé.
PETE : « Non effectivement ! Je sais que tu as un boulot difficile et des préoccupations mais on est deux Sam ! Et j'aimerai de temps en temps que tu t'intéresses à moi, que tu partages des choses... Tu ne me dis plus rien ! C'est comme cette soirée, le retour de ton ami... C'est... Ça peut paraître pas grand chose mais ça fait des semaines que... Même avant çà... »
Pete s'embrouillait, ne savait plus quoi dire et il se détourna pour masquer son chagrin avec une pudeur virile.
Sam n'osait rien dire. Elle se sentait comme la dernière des connes.
Pete avait raison, elle l'avait abandonné depuis son retour et il ne méritait pas çà. Sans compter toutes les fois par le passé où elle l'avait évincé de sa vie... Timidement, elle posa à nouveau une main hésitante sur le bras de son fiancé qui ne la repoussa pas cette fois.
PETE : « C'est pas comme çà que je voulais t'en parler... »
SAM : « Je sais. »
Pete fit volte face et planta son regard dans le sien, encore partiellement énervé mais en quête de réconfort. Sam posa son autre main sur sa joue avec tendresse puis le prit dans ses bras. Il logea son visage dans son cou mais ne la serra pas contre lui, encore hésitant à effacer sa colère. Dans un effort de conciliation et pour le rassurer sur leur relation Sam l'embrassa brièvement et finalement Pete lui fit un sourire discret.
PETE : « Bon... N'en parlons plus aujourd'hui OK ? Je ne veux pas que tu arrives à ta soirée les yeux bouffis parce que je t'aurai fait pleurer ! Les gens vont penser que je te maltraite ! »
Il l'avait dit avec second degré et Sam eu un petit rire amusé. Mais dans le fond il avait raison, il ne manquerait plus que ses collègues pense qu'elle était fiancée à un goujat alors que c'est elle qui merdait dans leur relation !
PETE : « Je me dépêche de prendre une douche et on y va. »
Sam n'eut pas le temps de masquer son étonnement et Pete s'en aperçut. Elle n'avait pas envisagé une seule seconde qu'il l'accompagne, même après avoir apprit qu'il était libre ce soir. Pourtant ils étaient en couple et cela aurait du lui venir à l'esprit comme une évidence. Il était trop tard pour camoufler son erreur et le policier se dégagea de ses bras avec encore une colère froide dans le regard.
PETE : « Ah je vois... Tu n'as pas du tout envie que je vienne avec toi... »
SAM : « Mais si Pete viens. Je n'y avais pas pensé c'est tout, excuse-moi c'est juste que... »
PETE : « Sam... Laisse tomber. »
Il quitta la pièce sans un regard en arrière, laissant sur le carrelage froid de la salle de bain une Sam mortifiée, et claqua la porte de la maison.
