Jack l'embrassait avec douceur et déférence.

Il caressait tendrement sa lèvre inférieure puis prenait pleinement sa bouche en chatouillant de sa main la naissance de ses cheveux. D'une main possessive il la maintenait contre lui et Sam posa ses mains sur sa poitrine où elle sentit le cœur de Jack battre à toute vitesse.

Elle avait amorcé ce geste pour le repousser mais au lieu de quoi elle caressait le tissu fin de sa chemise pendant qu'elle répondait à son baiser, emprisonnant elle aussi la lèvre inférieure de son partenaire entre les siennes.

La main sur sa hanche migra vers le bas de son dos où elle décrivit de petits cercles apaisants.

Ce baiser était lent et paisible. Elle ignorait si c'était véritablement l'attention de Jack mais il avait l'air de lui signifier « Tout va bien. ».

Sam ne se lassait pas de la sensation de la bouche de Jack contre la sienne, ses doigts jouant dans sa chevelure. La langue de son ancien supérieur effleura timidement ses lèvres et spontanément elle les entrouvrit pour l'accueillir. La langue de Jack se glissa dans sa bouche et vint caresser la sienne pendant qu'il laissait retomber sa main plus bas vers ses fesses. Sam sentit une sensation caractéristique au creux de ses reins et posa à son tour une main derrière le cou de Jack, l'invitant à approfondir encore un peu plus ce baiser. Il était maintenant plus sensuel et provocateur qu'elle n'aurait jamais du le permettre.

Sam s'étonnait de sa docilité, trompant effrontément la confiance de Pete. La langue de Jack devint plus joueuse et il caressa le galbe de ses fesses.

L'excitation de Sam montra encore d'un cran.

Elle gémit faiblement contre la bouche passionnée de son complice.

Elle ne se rappelait pas la dernière fois que son intimité avait réagit aussi fortement à un baiser. Sans doute fallait-il remonter à l'époque de son adolescence où ses hormones étaient un brasier permanent prêt à déverser des torrents de lave sur ses sens faciles à éveiller. Depuis, la maturité et les conventions sociales avaient émoussé ses sensations et jamais un baiser ne l'avait tant renversé depuis l'âge adulte.

Pourtant, sous l'effet des caresses passionnées de la langue de Jack, et aussi il fallait le reconnaître de sa main raffermissant sa prise sur sa fesse gauche, Sam sentit confusément une humidité se répandre entre ses jambes. Elle poussa à nouveau un petit gémissement de contentement.

Jack rompit leur baiser et plongea son regard dans celui déjà voilé par le plaisir de la jeune femme. Sa respiration était saccadée contre son visage et elle put lire dans ses yeux un désir brûlant. Elle l'avait manifestement ébranlé par sa manifestation vocale.

Ils se tenaient toujours par le cou, essoufflés et tremblants.

Comment un simple baiser pouvait avoir un tel effet dévastateur sur leur sens, Sam n'était plus en état de l'appréhender dans toute sa dimension ou le comprendre. Elle tentait d'allouer le peu de ressources mentales qui lui restait à penser à Pete et à envisager comment mettre fin à cette étreinte qui n'aurait jamais du avoir lieu.

Jack, les yeux toujours accrochés aux siens, fit glisser sa main de la fesse de Sam vers l'avant de jupe et elle cessa de respirer.

Lentement, il remonta le tissu le long de ses cuisses qui se mirent à trembler. Elle vacillait pendant qu'il insinuait sa main brûlante sous sa robe et elle se raccrocha un peu plus à lui. Une voix lui hurlait dans sa tête de tout stopper, de repousser cette main effrontée qui voulait explorer ce que son gémissement avait laissé supposer. Mais elle n'était plus qu'une poupée de chiffon docile sous les yeux sombres de Jack, qui guettait dans le regard de Sam la moindre expression du désir. Elle sentit sa main écarter sa culotte et se glisser à l'intérieur du sous-vêtement avec assurance.

Elle ferma les paupières, n'osant plus affronter la brûlure de son regard. Jack caressa avec avidité son intimité humide et la bouche de Sam trembla sous l'émotion de ce contact interdit. Il y inséra deux doigts, caressant du pouce le point sensible qui envoya entre ses reins une décharge de plaisir. Elle gémit encore et des larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle comprenne comment elle en était arrivée à ce point de rupture.

JACK : « Sam... »

Jack se saisit d'un de ses seins et embrassa son cou avec ferveur. Sa partenaire s'accrocha désespérément à ses épaules et leva une jambe en guise d'invitation à accentuer ses caresses. La respiration anarchique, Sam se mit à faire de lents mouvements du bassin au rythme des va-et-vient des doigts de son amant dans son intimité palpitante.

Elle était ivre de plaisir, savourant avec félicité la masturbation exercée par un Jack la contemplant avec un émerveillement infini.

Alors qu'il fallait habituellement à Sam de longs préliminaires pour trouver sa jouissance, elle constata avec surprise un orgasme naître au creux de ses reins en puissantes lames de fond de plus en plus proches. Sa respiration devint encore plus laborieuse mais Jack lâcha son sein et retira sa main de la culotte de Sam, empêchant sa délivrance. Elle ouvrit les yeux et son regard fou de désir la transperça, envoyant des ondes supplémentaires de délice le long de sa colonne vertébrale.

Il la prit par la taille et la retourna, la plaquant contre le meuble de la salle de bain. Jack posa une main autoritaire entre ses omoplates pour l'inciter à se baisser et Sam posa deux mains tremblantes de chaque côté du lavabo, courbant son dos pour offrir son intimité brûlante à la merci de son amant.

Terriblement excité par sa docilité, Jack défit avec fébrilité sa ceinture de pantalon et Sam entendit avec délectation le bruit d'une braguette qui s'ouvre. Elle écarta un peu plus les jambes et quand elle sentit le pénis en érection de son amant caresser son sexe elle crut à nouveau défaillir.

Ce simple frôlement lui arracha encore un gémissement appréciateur et elle se mordit les lèvres pour contenir l'expression de son excitation, elle qui était si discrète habituellement.

Quand il la pénétra d'un seul coup de rein elle crispa les poings et poussa un petit cri de surprise. C'était brutal mais terriblement bon. Jack gémit encore son prénom et vint caresser ses seins à travers le tissu fin de sa robe. Puis il la prit à nouveau par la taille et entama une série de va-et-vient puissants et impatients.

Elle aurait du trouver ce rapport sexuel trop empressé, bâclé, grossier, mais elle rejeta la tête en arrière sous l'effet de la jouissance provoqué par les violents coups de reins de son partenaire. Elle ne se reconnaissait plus, savourant la position soumise dans laquelle Jack avait décidé de lui faire l'amour.

Jamais elle n'aurait du céder à ses avances jamais elle n'aurait du éprouver autant de plaisir si vite jamais elle n'aurait du aimer le rapport de domination que cette position évoquait chez elle d'habitude. Et pourtant... Pourtant...

Parfois son regard rencontrait celui de son ancien général dans le miroir et ce contact visuel l'excitait à chaque fois, l'obligeant à contenir autant que possible ses gémissements. Elle n'avait que trop conscience de la porte de salle de bain restée ouverte et de la présence des autres invités au rez-de-chaussé. La musique forte couvrait sans doute le bruit de leurs ébats mais Sam ne pourrait le jurer, et n'importe qui pouvait monter et les surprendre en pleine relation sexuelle. Cette situation périlleuse augmentait les vagues de volupté dans son bas ventre alors que généralement tout risque d'être surpris lui coupait son envie.

Jack se pencha en avant et vint lécher le cou de la jeune femme qui se redressa un peu et tourna son visage vers lui. Il l'embrassa en titillant sa langue avec une excitation manifeste et électrisante. Puis Jack posa à nouveau une main dans son dos pour la coucher contre le meuble de la salle de bain et Sam sentit son sexe déserter le sien. L'extrémité brûlante de son érection commença à caresser ses fesses puis se positionna contre le deuxième orifice qu'elle offrait à la vue de son amant. Sam savait ce qu'il voulait, ce qu'il allait faire, et une impatience mêlée d'appréhension s'insinua dans sa poitrine se soulevant au rythme de sa respiration anarchique.

Jamais elle n'avait accepté de pratiquer la sodomie, craignant de souffrir et trouvant cette pratique avilissante pour la femme. Pourtant... Pourtant... quand son regard croisa celui de Jack, elle n'exprima aucun refus et se mordit la lèvre inférieure par anticipation.

Pourquoi en avait-elle envie ? Pourquoi lui, en avait envie ?

JACK : « Samantha... »

Il la pénétra doucement et elle ouvrit la bouche dans une expression de surprise, saisie par la sensation inédite et troublante. Cela lui coupa la respiration, aussi Jack stoppa son mouvement et attendit qu'elle reprenne ses esprits.

Il écarta le tissu de son soutien-gorge et caressa le téton de sa partenaire qui lui jeta un regard d'envie dans le miroir. Il la pénétra à nouveau, plus fortement, et Sam laissa échapper une plainte vibrante.

Les mouvements de bassin de son ancien collègue s'accentuèrent et gagnèrent en rapidité.

La douleur et le plaisir mêlés voilèrent ses yeux qu'elle essayait de garder ancrés aux siens. Leur relation douce-amère de ces dernières années trouvait son expression la plus parfaite dans cette pénétration ambivalente, alliant chez Sam désir et peine. L'émotion était immense et ingérable pour elle, provoquant à nouveau des sanglots, non pas de douleur due aux coups de reins de son partenaire, mais aux sentiments bouleversant son esprit égaré. Totalement abandonnée à la volonté de Jack, elle savourait son visage crispé par le plaisir qu'elle pouvait contempler dans la glace.

Il se retira de la jeune femme puis inséra une nouvelle fois son sexe dans son intimité désertée depuis quelques minutes. Le changement de pénétration surpris Sam qui poussa un cri de jouissance. L'imminence de l'orgasme était à nouveau subitement là. Elle rejeta encore la tête en arrière et murmura le prénom de Jack dans une plainte, le suppliant ainsi de la soulager du feu brûlant dans ses reins. Il se mit à caresser son clitoris en même temps qu'il la pénétrait avec impatience et Sam cria son orgasme sans plus se soucier du bruit qu'elle faisait.

Un voile noir passa devant ses yeux et elle se rendit compte avec consternation qu'un liquide chaud se déversait de son sexe, coulant le long de ses jambes tremblantes.

Elle n'était pas une femme fontaine comme on dit, si cela avait jamais eu un sens de dire cela. Une fois elle avait lu dans un magazine féminin que toutes les femmes éjaculaient, pour peu qu'on les stimule de la « bonne » manière. Elle avait trouvé cette affirmation ridicule : n'avait-elle pas déjà eu plusieurs orgasmes dans sa vie, sans jamais expérimenter ce phénomène ? C'est bien qu'elle n'était pas concernée... Et pourtant... Pourtant...

Elle pleurait et gémissait encore sous l'effet du plaisir de ce rapport, se demandant comment du jour au lendemain elle avait pu devenir cette étrangère appréciant la sodomie. Ce n'était pas elle. Et pourtant c'est bel et bien son reflet qu'elle aperçut dans le miroir quand elle rouvrit les yeux et que le voile se dissipa.

Jack pressait fort contre ses fesses, bougeant désormais son bassin de façon anarchique dans des pénétrations chaotiques, et Sam laissa échapper un dernier gémissement quand elle vit son amant atteindre l'orgasme. Il se déversa en elle dans un râle libérateur.

Il avait le souffle coupé et Sam sentit que ses mains tremblaient alors qu'il caressait amoureusement son dos. Sans attendre il se retira et ils se laissèrent lentement tomber au sol, Jack la serrant contre lui.

Ils se retrouvèrent à genoux sur le tapis de la salle de bain, le sexe de l'ancien général encore pressé contre les fesses de Sam. Elle réalisa que ses cuisses étaient trempées et regarda le liquide clair avec étonnement et perplexité.

Son esprit et son corps s'étaient comportés à l'exact contraire de ce qu'elle connaissait d'elle-même. Ce rapport désinhibé, primitif, avait fait d'elle une inconnue qu'elle ne comprenait pas. Et elle avait honte à présent.

Extrêmement troublée par l'humidité sur ses jambes, elle pensait qu'elle aimerait se nettoyer quand la main de Jack passa devant elle avec une serviette qu'il avait attrapé elle ne savait où. Il passa tendrement le tissu sur ses cuisses mouillées pour retirer cette manifestation troublante du plaisir de Sam. Le geste appliqué avec douceur, additionné à la pluie de baisers qu'il laissait sur sa nuque, lui fendit le cœur.

A cet instant elle éprouvait une immense tendresse pour Jack.

Il finit de l'essuyer puis jeta la serviette souillée en direction de la corbeille à linge sale.

Ils restèrent immobiles quelques minutes, retrouvant un rythme cardiaque plus normal. Sam n'osait pas rompre le contact. Elle ne voulait pas mettre fin à cette scène hors du temps. Parce que malgré la honte elle craignait que le sexe avec Jack ne se reproduise plus jamais. Parce qu'elle ne voulait pas non plus affronter la réalité de sa situation : elle était fiancée et avait trompé Pete avec une volupté indécente. Parce qu'elle n'osait pas croiser le regard de Jack après avoir accepté qu'il la sodomise, malgré le plaisir qu'elle y avait prit et ses caresses bienveillantes dans son dos.

Jack posa un dernier baiser dans son cou et se releva avec peine. Sam l'entendit remonter son pantalon et se tourna timidement vers lui. Il lui fit un petit sourire et lui tendit une main secourable pour l'aider à se relever. Elle se mit sur ses jambes encore un peu fébriles et jeta un regard circulaire dans la pièce, à la recherche de sa culotte que Jack avait du lui enlever pendant leur rapport mais elle ne se souvenait même pas quand.

Voyant son désarroi, son ancien supérieur se pencha et se saisit du sous-vêtement tombé derrière la poubelle de la salle de bain. Sam récupéra l'objet du délit les yeux baissés, contrite, et aurait souhaité disparaître dans le sol quand ses doigts rencontrèrent le tissu humide.

Au rez-de-chaussée les voix des autres invités les appelant leur parvinrent.

Dans un accord tacite Jack se dévoua immédiatement pour aller les rejoindre et laisser le temps à Sam de se redonner une apparence convenable. Avant de la quitter définitivement il se tint quelques secondes dans l'embrasure de la porte, semblant vouloir lui dire quelque chose, mais finalement il s'éloigna et descendit la volée de marches sans un mot.

Sam enfila sa culotte fébrilement, tendant l'oreille pour entendre la conversation au rez-de-chaussée mais la musique était trop forte. Elle s'assit sur le rebord de la baignoire et inspira de grandes bouffées.

Le décor de la salle de bain tanguait. Alcool et émotion mêlés, Sam posa une main tremblante sur le mur froid pour assurer sa position. La jeune colonel scruta son propre reflet dans le miroir en face. Quelques heures plus tôt la jeune femme avait repoussé les avances de son fiancé alors qu'il la plaquait contre un meuble de salle de bain... Et ce soir...

Le colonel se prit la tête entre les mains.