Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se retrouva au milieu d'une plaine, une grande plaine verdoyante, un grand soleil se trouvait au dessus d'air, le vent autour d'elle était agréable. Elle baissa rapidement les yeux sur sa marque lorsqu'elle pouvait sentir qu'elle chauffait légèrement, la marque brillait, même à travers son gant noir. Elle fronça les sourcils et s'apprêtait à retirer son gant lorsqu'une voix la fit sursauter.
« Bienvenue, Héroïne Choisie. » commença une voix douce mais à la fois puissante, la Princesse leva les yeux puis les écarquilla en voyant un immense dragon blanc dans le ciel, il était si grand que la plupart de son corps était caché par les nuages, il ressemblait d'avantage à un serpent qu'aux dragons qu'elle avait pu voir dans les livres.
« Qui êtes-vous ?! » demanda précipitamment la blonde, une main se posant sur la poignée de son épée avant qu'un rire ne résonne tout autour d'elle. Un flash blanc la força à fermer les yeux et lorsqu'elle les ouvrit, ce ne fut plus un dragon devant elle mais une femme, un peu plus grande qu'elle, avec de longs cheveux blonds et des yeux émeraude en robe blanche qui flottait dans le vent, une copie conforme d'elle si ce n'est que ses pupilles ressemblait à ceux d'un serpent.
« Veuillez m'excusez si ma forme draconique vous a effrayée, ce n'était pas mon intention. » s'excusa la femme en s'inclinant légèrement. « Si je devais me présenter, je crains que vous soyez capable de me croire. »
« Où suis-je ? » demanda alors la blonde en reculant de quelques pas, ne lâchant pas la poignée de son épée, les sourcils légèrement froncés.
« Vous vous êtes endormie il y a quelques heures, je me suis permise d'apparaître dans votre esprit à ce moment. Votre marque n'est pas encore à sa pleine puissance, de ce fait, je ne peux pas vous parler pendant que vous êtes réveillée. « Vous vous trouvez dans le monde que j'ai créé. Une vaste plaine qui ne connaît pas d'horizon, c'est ici que je suis depuis votre naissance. »
« Vous êtes liée à la marque ? » demanda Emilia en retirant son gant pour lui montrer la marque qui brillait. « Êtes-vous une sorte de représentation de la marque ? »
La femme laissa échapper un doux rire avant de secouer la tête. « Je suis en effet liée à la marque mais je n'en suis pas sa représentation. Mais je suis persuadée que vous me connaissez, vous vénérez après tout le dragon blanc, la Déesse de la Création et de la Paix, celle qui veille sur le peuple d'Ashta depuis 500 ans. »
La réalisation lui ait venue en quelques secondes, un immense dragon blanc, ressemblant à un serpent, lié à la marque de la paix, cela ne pouvait être qu'Alya. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour la questionner encore une fois mais leva une main à sa tête lorsque cette dernière s'est soudainement mise à lui faire mal.
« Argh.. » gémit la blonde en tombant à genoux, sa marque brillait et chauffait comme jamais elle ne l'avait fait auparavant et elle pouvait à peine discerner l'inquiétude de la déesse.
« Enfant, il nous manque du temps ! » s'écria la déesse en s'approchant pour s'agenouiller en face d'elle. « Tu vas être testée enfant, tu seras jugé pour déterminer si tu es digne ou non un jour ou l'autre, cela peut se faire aujourd'hui comme dans deux années. Soit prudente ! »
Elle haleta, se redressant, une main sur son front, elle transpirait, avait-elle rêvé ? Était-ce seulement son imagination ? Non, cela semblait trop réelle pour que cela soit issu d'une imagination. Elle secoua la tête et tourna son regard vers la fenêtre, elle pouvait voir le soleil malgré les rideaux. Elle soupira, repoussant les couvertures qui recouvraient son corps et se redressa, sa robe blanche atteignant à présent ses pieds, ses cheveux attachés en une tresse pour la nuit.
Elle s'approcha de sa fenêtre, écartant son rideau et ouvrant les vitres afin de prendre l'air frais du matin. Elle inspira et ressassa ce qu'elle avait vu durant ce rêve. La Déesse Alya était apparu dans ses rêves ? Elle l'avait prévenu de faire attention car un jour, elle serait testée, qu'est-ce que cela signifiait ?
Elle secoua la tête et s'apprêtait à se retourner pour s'habiller pour la journée quand des cris attirèrent son attention. Elle baissa les yeux pour voir la zone d'entraînement des chevaliers, elle repéra les cheveux écarlates de Ryn sur le côté, une lance en bois dans la main, au centre de la zone, un homme aux cheveux également écarlates et aux yeux noirs se battait avec une lance en bois, c'était Kalem, un Chevalier Dragon, le seul à avoir comme monture un dragon, un bon ami également, le Capitaine de l'escadron des Wyvernes.
Son adversaire aux cheveux noirs tenaient deux épées en bois dans ses mains et reculait de plusieurs pas pour essuyer la sueur sur son front. Son Vassal s'était entraîné tout les jours pendant de nombreuses heures, elle le soupçonnait de s'entraîner toute la journée.
« Alors Ryam, tu abandonnes ? » demanda Kalem avec un rire, jouant à tournoyer sa lance dans ses mains avant de reprendre sa position.
« Ne t'inquiètes pas Kalem, je n'abandonne pas ! » répondit le jeune homme avec un sourire, prenant position, agrippant fermement la poignée de son épée et reculant son pied gauche de quelques centimètres, la pose qu'Emilia avait commencé à appeler : La pose de Ryam.
Il se précipita dans la direction du guerrier, abattant l'une de ses épées que Kalem bloqua avec sa lance, il fit tournoyer son arme, forçant Ryam à s'accroupir pour éviter l'attaque, envoyant balayer ses jambes pour tenter de le faire tomber. Kalem afficha un sourire, sautant en arrière, s'aidant d'une main au sol pour faire son salto avant de se précipiter vers son adversaire qui écarquilla les yeux quand la pointe de la lance se retrouva sous son cou.
« Perdu. » affirma Kalem avec un sourire qu'il effaça quelques secondes plus tard en sentant la pointe de l'épée en bois de l'une des armes de Ryam contre son cou.
« Tu en es sûr ? » demanda le jeune homme avec un sourire moqueur.
« Bien, match nul ! » coupa Ryn en criant alors qu'elle se rapprochait. « Un match nul est toujours mieux qu'une défaite, félicitation Ryam. Kalem, je suis déçue de voir que tu n'as pas pensée à l'éventualité qu'il tente de faire un assaut suicide. »
« L'aurais-tu prévu ? » demanda le jeune homme avec un sourire en reculant pour jeter un regard moqueur à Ryn qui bomba le torse avec fierté.
« Bien évidemment. » répondit Ryn qui leva sa lance pour frapper le crâne de Kalem avec sa pointe avant de s'avancer pour se retrouver en face de Ryam. « On reprend l'entraînement, Ryam. »
Emilia afficha un sourire avant de se retourner dans sa chambre, Ryam progressait rapidement, ses mouvements étaient plus précis et plus assurés, au départ, quand Ryn s'est proposée pour l'entraînée, elle a été un peu choquée, Ryn a toujours été très possessive envers elle, s'assurant qu'elle était la seule à être capable de la protéger.
Avait-elle vu le potentiel en lui comme elle avait pu le faire ? Ryn a subi de nombreux entraînements très rigoureux pour devenir Capitaine des Chevaliers Pégases. Il était fort probable qu'elle tente de faire subir le même genre d'entraînement à Ryam pour qu'il puisse rattraper son retard, mais malgré tout l'entraînement qu'il pouvait avoir, son premier combat sera décisif, voir la mort quitter un homme empalé sur son épée pouvait détruire le soldat le plus puissant.
Elle se lava rapidement, s'habillant de sa tenue habituelle sans son armure qui était posé sur le porte armure dans un coin de la pièce avec son épée. Attrapant ses nombreux livres et les quelques feuilles et sortit de sa chambre pour se diriger vers la bibliothèque, elle devait faire des recherches, ce rêves n'était pas normal.
Elle croisa quelques serviteurs qui s'inclinèrent quand elle passa devant eux, elle ne répondit que par un signe de tête et un sourire, parcourant les longs couloirs et les nombreux escaliers, parfois, elle se demandait qui a eu l'idée de construire un bâtiment aussi grand et dans lequel il fallait une carte pour se repérer quand on ne vivait pas à l'intérieur depuis vingt années.
Elle poussa une grande porte en bois et entra dans une grande pièce dans laquelle de nombreuses étagères qui atteignaient le plafond se trouvaient, des livres se trouvaient dans chacune des étagères et une échelle étaient accrochés à chaque étagère pour permettre d'attraper les livres les plus en hauteur.
Elle posa ses affaires sur l'une des nombreuses grandes tables rectangulaires qui se trouvaient dans la pièce, ouvrant l'un de ses nombreux livres dans lequel était raconté les légendes de sa famille, elle parcouru les nombreuses pages à la recherche d'indice concernant sa marque ou bien la marque de Ryam, elle soupira, elle allait avoir du travail pour le reste de la journée.
Il grogna en attrapant l'une de ses épaules, en deux semaines, il avait apprit une chose, Ryn n'était pas une femme douce, elle ne retenait aucun coup, il l'avait apprit à ses dépends. Il soupira et s'étira légèrement en tentant d'ignorer la douleur.
Il s'était réveillé tôt aujourd'hui, aux premières lueurs du soleil pour s'entraîner dehors avec Kalem et Ryn. Kalem était quelqu'un d'intéressant, il était un homme très décontracté et rigolait souvent, il s'entendait bien avec lui, et comme lui, il redoutait les entraînements avec Ryn, signalant qu'il n'en pouvait plus des douleurs qu'il subissait durant presque une semaine après un entraînement.
Il afficha un sourire en enfilant une tunique noire dont la partie inférieur était rentrée dans son pantalon, il s'approcha de son porte armure, il avait reçu une armure quelques jours après avoir été nommé Chevalier et Vassal. Il attacha les plaques d'armures au niveau de ses avant bras et de ses genoux, serrant les sangles en cuir souple pour qu'elles ne bougent plus. Il enfila la plaque d'armure sur son torse qui le recouvrait de son bas du cou jusqu'à la taille, les plaques étaient d'un gris sombre, il attrapa ses gants noirs qui laissaient passer que ses doigts et les enfila.
Enfilant ses bottes marrons il attrapa les sangles qui lui permettait d'attacher ses deux épées et enfila l'une des sangles autour de son torse tandis que l'autre était accrochée autour de sa taille. Son épée argent et Íroas reposaient contre le mur, dans leurs fourreaux, il attacha l'épée argent sur son côté droit tandis que l'épée que la Princesse lui avait offerte termina sur son dos.
En tant que Chevalier, il n'avait pas le droit de se balader sans son armure, il n'était pas un membre haut placé de la famille royale, et dans ces conditions il devait respecter le code qui était instauré. Avec un sourire il attrapa son écharpe blanche sur son lit et l'entoura autour de son cou, lançant les deux extrémités derrière lui quand il sortit de sa chambre, fermant la porte derrière lui.
Il avait reçu l'ordre de Ryn de se reposer pour le reste de la journée afin qu'ils puissent commencer un autre entraînement le lendemain, il n'a pas cherché à répondre à ses ordres, elle était plus expérimentée que lui dans tout les domaines, tant qu'il ne pouvait pas rivaliser avec elle dans ne serait-ce qu'un domaine, il suivrait ses directives.
Il soupira et sursauta presque quand il faillit percuter un soldat qui trottait dans un couloir à sa droite, ils s'arrêtèrent tout les deux à temps avant de se percuter et Ryam recula légèrement pour le laisser passer mais le soldat s'arrêta devant lui.
« Veuillez m'excusez Sir Ryam ! » s'excusa le soldat en s'inclinant rapidement. « J'ai un message pour vous de la part de la Princesse Emilia. »
« Un message ? » répéta le jeune homme en fronçant les sourcils, croisant les bras. « Que veux la Princesse ? »
« Elle souhaiterait que vous la rejoigniez dans la Bibliothèque du palais. » expliqua le soldat qui pointa le couloir par lequel il était arrivé. « Suivez ce couloir puis tourner à gauche, vous aller rencontrer un escalier, montez tout en haut et suivez le couloir encore une fois, vous tomberez sur une grande porte en bois, un dragon est sculpté dans le bois. »
« Très bien. Merci de m'avoir apporté ce message. » remercia Ryam en s'inclinant légèrement avant de suivre la route indiquée, que voulait la Princesse ? Si elle se trouvait dans la bibliothèque cela signifiait qu'elle faisait des recherches, était-ce sur sa marque et la sienne ? C'était fort probable.
Il enjamba les marches deux à deux et se retrouva dans un couloir, au bout, il pouvait voir la fameuse porte en bois sur laquelle était sculpté un dragon sur le devant, il s'y approcha et frappa, il n'ouvrit que lorsqu'il entendit une réponse à l'intérieur et il poussa la porte.
Il écarquilla les yeux quand il fit quelques pas vers l'intérieur, la porte se refermant derrière lui, il n'avait jamais vu autant de livre dans un même endroit. Il y avait tellement de connaissance et de chose à apprendre ici que cela pouvait être le paradis pour tout chercheurs dans n'importe quel domaine.
Il baissa les yeux pour voir la princesse, assise derrière une table, de nombreux papiers éparpillés autour d'elle, des livres ouverts devant elle ou des piles qui faisaient la moitié de sa taille sur le sol ou sur la table. Elle leva les yeux de son parchemin et afficha un sourire quand elle l'aperçut à l'entrée.
« Ryam ! Viens voir, j'ai découvert quelque chose ! » s'exclama la jeune femme en lui montrant de loin le parchemin qu'elle tenait dans ses mains.
Il s'approcha, un sourire au visage et se pencha derrière elle pour voir le parchemin qu'elle tenait, cela représentait une épée qu'il n'avait jamais vu, le schéma mentionnait sa taille, son poids ainsi que d'autre caractéristiques secondaires comme sa capacité à fendre des morceaux de bois ou percer une armure.
« Ceci est un croquis fait sur la Sainte épée Eiríni, c'est le trésor le plus important du Royaume, cette épée a appartenu à Erhim, le premier roi. Depuis personne n'a pu ne serait-ce que la porter, on raconte que son poids est insoutenable si elle juge que l'on n'est pas digne d'elle. » expliqua la princesse en montrant l'arme dessinée. « Elle repose dans le sous sol, elle a été enfouis dans un piédestal par Erhim à la fin de la guerre. »
« As-tu essayé de retirer cette épée du sol ? » demanda le vassal en croisant les bras, baissant les yeux sur la femme qui acquiesça avec un petit sourire.
« J'ai tenté de la retirer il y a trois ans, mais avant même que je puisse toucher sa poignée, j'ai été repoussée par un puissant coup de vent sortit de l'épée. » expliqua la jeune femme, laissant échapper un rire quand la scène lui revint en tête. « Depuis, je n'ai pas tentée de la retirer. Mais peut-être que ce n'est pas moi que l'épée attend. »
« Pourquoi dire ça ? » demanda le jeune homme avec surprise. « Tu as la marque de la paix, la même marque que portait Erhim il y a 500 ans, il n'y a que toi pour porter cette arme. »
« Certes, mais regarde ici. » répondit la blonde en lui montrant la garde de l'épée, il plissa les yeux pour voir se qu'elle lui montrait, il y avait une marque sur la garde, si petite qu'elle était presque indiscernable. « La marque ici, est la même que celle que tu as à ton cou. »
« Comment est-ce possible ? » demanda le jeune homme en déglutissant, reculant instinctivement de quelques pas.
« Il aurait été possible de dire que tu étais l'élu si la marque tu portes à ton cou était la même que celle sur l'épée. Mais actuellement, il n'y a plus cette marque sur la garde de l'épée sainte. » expliqua la princesse en croisant les bras. « Pourquoi cette marque est à présent sur ton cou je l'ignore. D'après les écrits cela fait un moment que cette marque n'est plus sur l'épée. Mais il reste encore quelque chose d'important à apprendre, qu'est-ce que cette marque, à quoi sert-elle, d'où sort-elle et que signifie-t-elle ? »
« Lorsque tu as touché ma marque avec la tienne quand nous nous sommes rencontré, une voix masculine m'a dit que l'Emblème avait été trouvé et qu'il doit combattre le mal avec l'héroïne choisie. » ajouta le jeune homme, passant une main dans ses cheveux. « De plus, depuis quelques jours, j'ai remarqué que l'un des cercles s'étaient colorés en bleu sans que je m'en aperçoive. »
Elle écarquilla les yeux en l'entendant dire la dernière phrase, elle se souvenait, dans la foret, elle avait vu une lumière bleu émaner de sa marque quand elle était avec lui, était-elle lié à cela ?
« Dans la foret il y a deux semaines, j'ai pu voir une lumière bleu émaner de ta marque, c'est sûrement à ce moment là que le cercle s'est coloré. » expliqua la jeune femme en tournant sa chaise pour lui faire face, prenant un morceau de parchemin et un stylo pour écrire. « Décrit moi ce que tu as ressenti à ce moment là, chaque détail est important. »
Il laissa échapper un petit cri, reculant jusqu'à percuter l'une des étagères derrière lui, il pouvait entendre des livres tomber mais il les ignora, la princesse s'était levé, le regard dur et s'approchait, toujours son morceau de parchemin dans ses mains, il détourna le regard, essayant de cacher la rougeur de ses joues à cause de la proximité.
« Je-Je crois que lorsque j'ai levé les yeux pour vous voir à ce moment là, un puits de lumière se trouvait au dessus de vous. » commença le jeune homme, jetant un coup d'oeil à la jeune femme pour la voir écrire. « Et, vous chantiez cette musique, la Fin du Silence. » Il pouvait la voir acquiescer, lui indiquant de continuer, il détourna son regard encore une fois, déglutissant et finit par terminer sa phrase aussi vite qu'il le pouvait. « Et à ce moment là je vous ai trouvé magnifique. »
« Vraiment ? » demanda la jeune femme en s'arrêtant d'écrire pour lever les yeux vers lui, elle avait un léger sourire sur les lèvres, elle rangea l'une de ses mèches blondes derrière son oreille et il jura qu'elle faisait ça pour l'embêter. « Lors de cet évènement, as-tu entendu une voix ? »
« Non. » répondit le jeune homme, tirant sur le col de sa tunique quand elle se retourna pour s'asseoir à sa place. « Je n'ai rien entendu. »
« Pour ma part, j'ai entendu une voix de femme qui me disait que l'Emblème avait brisé l'un des cinq paliers. » expliqua la jeune femme en cherchant l'un de ses livres pour l'ouvrir sur une page qui mentionnait une légende. « Il n'existe dans ce pays, qu'une légende faisant mention d'un Emblème, et c'est la légende de l'Emblème du feu. »
« L'Emblème du feu ? » répéta le jeune homme en s'approchant pour regarder le livre qu'elle tenait.
« La légende raconte que l'Emblème du feu est un puissant artefact qui contiendrait une puissante immense capable de tuer un dieu. Elle aurait été un cadeau aux hommes il y a fort longtemps. » expliqua la jeune femme en soupirant. « Mais nous ne savons pas qui a fait ce cadeau, ni même pourquoi l'avoir fait. »
Le jeune homme fronça les sourcils, l'une main tenant son menton tandis que l'autre se trouvait sur sa taille. Un pouvoir capable de tuer un dieu se trouverait dans la marque qu'il porte ? Il devait avouer que c'était assez difficile à croire.
« Lorsque j'ai affronté ce soldat à Haypre, je me souviens d'avoir entendu une voix masculine, la même qui m'avait parlé lorsque tu as touché ma marque. » évoqua le jeune homme en haussant les épaules. « Elle m'a permit d'esquiver une attaque, et lorsque j'ai faillis mourir, lorsque j'ai fermé les yeux, j'ai vu pendant moins d'une seconde un dragon, il était immense, si grand que je suis persuadé qu'il était aussi grand qu'une montagne, il était gris et avait des yeux de la même couleur que les miens. »
« Tu dis avoir vu un dragon ? » s'exclama la jeune femme en se levant rapidement, se tournant vers lui les sourcils froncés. « L'as-tu revu ? En rêve ? »
Il secoua la tête en baissant les yeux. « Je ne l'ai pas revu depuis, je n'ai pas non plus entendu sa voix. Mais il m'a appelé Porteur de l'Emblème et disait que lui et l'Héroïne Choisie n'allait pas me laisser mourir à ce moment là. »
« Ce matin, j'ai fais un rêve étrange, je me trouvais dans une grande plaine verdoyante, et il y avait un immense dragon blanc dans le ciel, si grand qu'il recouvrait presque le ciel. Après il a prit la forme d'une femme qui me ressemblait comme deux gouttes d'eau. Elle disait s'appeler Alya, et elle m'appelait Héroïne Choisie. » mentionna la princesse en croisant les bras, elle pouvait le voir écarquiller les yeux avant de faire un petit rire nerveux.
« La déesse est apparu dans tes rêves ? » répéta le jeune homme, il se dirigea vers une chaise pour s'y asseoir et laissa échapper un soupir, prenant sa tête entre ses mains.
« Elle disait qu'un jour j'allais subir une épreuve afin de dire si je suis digne ou non. » continua la jeune femme en l'imitant, tirant sa chaise pour s'asseoir. « Je n'ai pas eu le temps de lui poser d'avantage de question, j'ai eu une migraine et je me suis réveillée. »
« Bien, récapitulons, veux-tu ? » demanda Ryam en se redressant avec un petit rire. « Donc, nous avons tout deux des marques, toi la marque de la paix que seul le premier roi Erhim avait, fils d'une déesse dragon et d'un humain et si notre hypothèse s'avère exact, j'ai l'Emblème du feu, un artefact possédant une puissance immense capable de tuer un dieu. Mais ce n'est pas tout, nous entendons des voix, toi celle d'une femme et moi d'un homme, tu as vu un dragon blanc et moi un dragon gris et tu dis avoir vu la déesse en rêve. »
« Il est vrai que dit que ça, cela semble ridicule. » concéda la jeune femme avec un rire quand elle le vit soupirer.
« Je crois que nous sommes en train de devenir fou. » se plaignit le jeune homme en grognant. « Ce que je ne comprends pas, c'est quel grand mal devons nous affronter ? Odir est mort lors de son combat contre Erhim, pas vrai ? »
« C'est ce qui est dit dans les mythes qui racontent le combat en effet. » répondit la jeune femme en faisait signe aux livres d'un signe de la tête. « Mais Aldur, le Roi de Valk, possède la marque de la mort. Cela signifie qu'il est peut-être ce grand mal. »
« Très bien, donc éliminer ce grand mal revient à éliminer Aldur ? Et que compte t-il faire ? » demanda le vassal en croisant les bras. « De ce que j'ai compris des leçons de Ryn, il souhaite vaincre Ashta car il a peur de la marque de la paix. »
« C'est exact, Aldur a tenté il y a vingt ans de parler à mon père pour négocier, il disait qu'il laisserait Ashta survivre si mon père me tuait. Il a refusé et Aldur a déclaré la guerre. » soupira la jeune femme en haussant les épaules. « J'ignore pourquoi il a peur de ma marque, est-ce parce qu'elle est liée à Alya et au premier roi ? »
« J'abandonne, je ne comprends absolument plus rien. » grogna le jeune homme en se levant passant une main dans ses cheveux. « Nous tournons en rond, on a aucune réponse à nos questions et plus nous cherchons des répondes plus des questions apparaissent. »
« Tu as raison, laissons ces questions de côtés pour l'instant, je suis sûre que plus tard, nous aurons des réponses. » acquiesça la jeune femme en rassemblant ses affaires en tas ordonné. « Viens m'aider veux-tu ? Une femme aussi magnifique que moi aura beaucoup de mal à ramener tout ça dans sa chambre, pas vrai ? »
Il grogna en détournant le regard, il s'avança pour l'aider et murmura dans son souffle. « Je commence déjà à regretter ce que j'ai dis plus tôt. »
« Ce rat de Richard. Je jure que si nous n'étions pas en guerre j'aurais envoyé toute mon armée chez lui. » grogna le roi en frappant son poing blindé de son armure contre la table avec colère, son action fit sursauter sa femme assise en face de lui, tenant quelques papiers entre ses mains.
« Que se passe t-il Drytus ? » demanda la femme en levant ses yeux dans sa direction, il lui tendit la lettre qu'il venait de lire et la reine la prit entre ses mains, relisant à voix haute. « Cher Seigneurs du pays d'Ashta, voisin du mien, Livei. Moi Richard, Roi de l'Est, possède une armée des plus puissantes. Il n'est pas méconnu que la puissance de mon armée rivalise avec celle du Roi Aldur avec qui je sais, vous avez quelques différents d'opinion.
De ma position dans les grandes montagnes enneigées, il est vrai que vous êtes proche de moi, mais je suis proche de Valk qui, la semaine dernière, m'a fait une proposition des plus alléchantes je dois vous avouez. Il disait que nous pouvions nous allier ! Étant un Roi bon, comme nous sommes voisin depuis des temps immémoriaux, comme nous partageons ensemble un part de l'histoire, après tout, la femme de votre premier roi, Erhim, était marié à Aphia, celle qui dirigeait autrefois mon Royaume.
J'ai décidé de vous offrir mon aide, oui, je suis prêt à mettre mon armée à votre disposition. Mais cela, à une petite condition, rien d'insurmontable pour vous, soyez en rassurés. Je désire simplement la main de votre fille en échange. Après tout, votre femme a vingt ans, il est de son âge de se marier et d'avoir des héritiers afin qu'elle puisse faire perdurer le sang royal, pas vrai ? Si vous veniez à refuser, je n'aurais pas d'autres choix que de m'allier avec Aldur.
Encore une fois, je suis un homme bon, je vous laisse me répondre quand vous le souhaitez, car je pense que la Princesse est une femme qui sait se faire désirer, et de ce fait, je suis prêt à attendre pour l'obtenir. Cela peut prendre un mois, comme cela peut prendre deux années. Mais sachez, que plus le temps avancera, et il y aura un risque que j'envoie mes hommes chez vous, car après tout, je considérerais un manque de réponse comme étant un refus.
Votre bon voisin, Richard. »
« Ce rat profite de la situation pour nous faire chanter ! » grogna encore une fois le roi en croisant les bras. « Son armée est certes très puissante, mais elle est ridiculement petite, son seul avantage est de connaître parfaitement les montagnes enneigées. Sur un autre terrain, Ashta en aurait finit en une journée. »
« Mais l'avoir de notre côté serait un atout puissant. » fit remarquer sa femme qui soupira lorsqu'il grogna encore une fois. « Je ne dis pas que je suis d'accord d'offrir ma fille comme monnaie d'échange pour avoir une faible chance de victoire, mais il faut reconnaître que son aide serait la bienvenue. »
« Oui, mais ce rat est capable de nous trahir. » vociféra le roi en se détournant pour observer le tableau qui représentait sa femme, lui et sa fille. « Rien ne nous dit que si nous acceptons sa demande, qu'il daignera nous aider. Il pourrait tout aussi bien s'allier à Valk dans notre dos. Il fuit toute les confrontations. »
« Et dire qu'il est le possesseur de Fakto. » soupira la reine, croisant ses mains sur sa robe rougeâtre avec un petit sourire. « Fakto, l'arc saint, la déesse Alya a béni cette arme qui est capable de contrôler le vent. On raconte qu'il n'a pas besoin de flèches, car elle se formerait avec le vent. Il fut autrefois porté par Aphia. Lypr, le tome béni par Alya également, il est capable de contrôler le sol, on raconte que lors du combat contre Aldur, un sage l'avait et était capable de créer des centaines et des centaines de golems. »
« Avec Eiríni, ce sont les trois armes que la déesse Alya a béni. » termina le roi pour elle en soupirant. « Nous ignorons où se trouve Lypr, Fakto est utilisé par un crétin et Eiríni est dans le sous-sol du château, attendant qu'un jour, elle puisse être retirée de son socle. »
« Peut-être est-il temps pour Emilia de tenter sa chance pour la seconde fois. » proposa sa femme en se levant, s'approchant de son mari pour poser l'une de ses mains sur son épaule.
« L'épée a refusée de la voir comme digne d'elle il y a trois ans. » prévint son mari en la regardant par dessus son épaule. « Qu'est-ce qui nous dit que le résultat sera différent aujourd'hui ? »
« Elle a vingt ans maintenant, Drytus. Elle est plus mature qu'il y a trois ans. » fit remarquer sa femme avec un sourire. « Je suis persuadée qu'elle sera digne maintenant. Elle porte la marque de la paix après tout. »
Le roi soupira en tournant son regard vers la fenêtre. « Bien, peut-être que tu as raison. Je vais envoyer un soldat pour qu'elle soit prévenu qu'elle tentera de retirer Eiríni demain matin aux aurores. »
« Il fait beau aujourd'hui. » fit remarquer la princesse, les mains derrière le dos, fermant les yeux pour ressentir le vent contre sa peau. « Cela fait tellement du bien de sortir de temps en temps. »
« Souhaites-tu faire un tour en ville ? Je trouve l'air du château pesant ces derniers temps. » gémit le jeune homme, une main se posant sur la poignée de son épée d'argent à côté de sa hanche.
« Tu dis cela car tu t'entraînes avec Ryn. » se moqua la jeune femme avec un rire. « Mais j'accepte ton offre, cela fait un moment que je ne suis pas allée en ville. »
« Très bien, passons prendre Kalem avec nous. Il me tuerait s'il apprenait que je suis allé en ville sans lui. » soupira le jeune homme en prenant la route en direction du secteur des chevaliers wyvernes.
« Tu as l'air de bien t'entendre avec Kalem. As-tu réussi à te lier d'amitié avec quelqu'un d'autre ? » questionna Emilia en tournant son regard vers lui pour le voir réfléchir.
« J'ai discuté avec celle qui dirige l'équipe médicale, Erika. Elle semble être quelqu'un de joyeuse qui aime faire la fête. Elle n'arrêtait pas de répéter que nous devrions aller à une taverne pour boire quelques vers. Il y avait ce mage aussi, Chris, je l'ai croisé une ou deux fois, et nous avons à peine parlé, il semblait bien plus intéressé par ma marque que par autre chose. » raconta le jeune homme, levant un doigt à chaque fois qu'il parlait de quelqu'un. « Et puis, il y a Kalem, je l'ai rencontré quand Ryn a commencée à m'entraîner. Il me ressemble assez, nous avons beaucoup en commun, nous n'aimons pas l'entraînement de Ryn. Je m'entends bien avec lui, c'est un bon ami. »
« Tu n'as pas encore rencontré Eric ? » demanda la jeune femme avec un sourire, quand il secoua la tête elle continua. « Il est le chef de la garde royale. Le vassal de mon père. Le grand-frère d'Erika et celui qui m'a apprit à me battre. Tu as plutôt de la chance de ne pas l'avoir rencontré. »
« De la chance ? » répéta le jeune homme en fronçant les sourcils d'incompréhension.
« S'il avait croisé ta route. Il t'aurait défié. Il est très protecteur envers la famille royale. S'il te jugeait trop faible, il ne fait aucun doute qu'il aurait fait passé ta mort pour un accident lors d'un combat. »
Il déglutit, s'arrêtant et se tournant vers la jeune femme qui se mit à rire de vive voix en remarquant son visage. « Tu plaisantes, pas vrai ? »
« J'exagère bien évidemment, mais je pense qu'il serait capable de faire cela. » répondit la jeune fille, un doigt sur sa joue pendant qu'elle levait les yeux vers le ciel.
« Mon pote Ryam ! » s'écria une voix masculine attirant l'attention de la jeune femme qui baissa les yeux pour voir Kalem qui courait en direction de Ryam, frappant son poing dans le sien avec un rire, il se tourna vers elle et s'inclina, effectuant un salut militaire parfait. « Princesse. »
Un rugissement attira son attention avant qu'elle ne puisse répondre et un dragon à peine plus grand qu'une wyverne se dirigea vers eux, il avait des écailles écarlates et un regard brun, lorsque le dragon remarqua la princesse, il baissa la tête par respect et Kalem posa l'une de ses mains sur son museau avec un sourire.
« Ryam, permet moi de te présenter Scarlet, ma partenaire. » présenta le jeune homme avec un sourire, grattant les écailles du reptiles qui rugit faiblement en réponse. « La dernière de son espèce. »
« Enchanté, Scarlet. » répondit Ryam en faisant signe à la créature qui acquiesça. « Kalem, nous allons en ville, souhaites-tu nous accompagner ? »
« Je suis toujours prêt pour faire un tour en ville ! » répondit le jeune homme en frappant son poing blindé contre son armure. Il portait une armure de couleur noir qui recouvrait la totalité de son corps mais qui ne semblait pas être si lourde que ça en comparaison des chevaliers qu'il avait pu croisé et qui était presque caché par l'immense armure qu'ils portaient. « Princesse, Ryam, permettez moi de vous offrir un voyage gratuit sur le dos de Scarlet. »
« Nous allons accepter ton offre, Kalem. Il me semble que le paysage vu du ciel est magnifique. » répondit la princesse en s'approchant de la créature.
Kalem fut le premier à monter, agrippant les rênes de sa créature qui s'abaissa pour permettre aux autres de monter, la Princesse monta derrière lui et Ryam monta derrière elle, il attrapa les côtés de la selle sous lui pour s'empêcher de tomber quand la créature se releva.
Elle étira ses longues ailes et en quelques battements ils se retrouvèrent dans le ciel, le vent semblait plus puissant là où ils étaient en comparaison du sol, avec un rire, Kalem frappa ses rênes et la créature se dirigea vers la ville. Le soleil était déjà bien haut dans le ciel, éclairant parfaitement toute la citadelle qui arriva rapidement en contre-bas.
Ryam était obligé de plisser les yeux pour voir quelque chose, sursauta presque quand la créature commença à se diriger vers le bas, s'arrêtant seulement à quelques mètres du sol, pour se poser avec douceur à la sortie de la citadelle.
« Votre taxi volant vous indique que nous sommes arrivés à destination. Le voyage fut court, pardonnez la vitesse de ma monture. » se vanta le jeune homme en descendant du dos de Scarlet suivit par le duo, ils s'éloignèrent de quelques pas avant de se retourner vers la monture. « Scarlet, soit un ange, reste ici, veux-tu ? »
La créature répondit par un légèrement grondement et tourna sur elle-même avant de s'allonger, fermant ses yeux, ses ailes repliées contre son flan. Un dragon comme elle attira l'attention et quelques villageois se rapprochèrent, gardant néanmoins une certaine distance.
Ryam posa une main sur la poignée de son arme quand un frisson lui parcouru l'arrière du cou, il regarda autour de lui, était-ce simplement un coup de vent ? Il secoua la tête, et sursauta presque lorsque la main de la princesse se posa sur son avant bras droit.
« Tout va bien ? » demanda la blonde en fronçant les sourcils, il acquiesça avec un sourire avant de répondre.
« Tout va bien, je suppose que je suis un peu tendu, quelqu'un pourrait essayer de t'attaquer. » répondit le jeune homme en haussant les épaules, gardant néanmoins un œil autour de lui.
« Il y a peu de chance que quelqu'un tente de m'attaquer au sein même de la citadelle, mais le risque n'est pas nul. » acquiesça Emilia en croisant les bras. « J'apprécie ton dévouement Ryam, mais n'ai crainte, après tout, je suis entourée de deux puissants chevaliers, je doute que quelqu'un tente me tuer en vous voyant. »
« Je suis d'accord avec la princesse. » ajouta Kalem, les mains derrière la tête avec un grand sourire. « De plus, si quelqu'un venait à essayer quelque chose, il me suffirait de siffler pour que Scarlet vienne et croit moi, la présence d'un dragon dans la zone dissuade même les plus téméraire ! »
« Je suppose que tu as raison. » finit par soupirer le jeune vassal en regardant par dessus son épaule, la sensation avait disparu, était-il trop prudent ?
« Bien, nous sommes ici afin de passer du bon temps et de faire une pause des journées répétitives du château. » intervint la princesse en claquant ses mains ensemble. «Faisons le tour du marché ! »
Les deux chevaliers acquiescèrent silencieusement et suivirent la princesse qui prit les devants avec un grand sourire sur ses lèvres. Le marché était en effet assez grand et s'étendait sur tout le long de la grande ruelle, il y avait également quelques étales dans de petites ruelles.
La plupart des marchands vendaient différents types de fruits ou de légumes venu tout droit du reste du monde, avec la prise d'Ashta, l'économie avait commencée à s'effondrer et le roi a rapidement eu peur d'une crise économique qui aurait causée la famine dans tout son pays. Mais le second port Fray a néanmoins suffit pour maintenir l'économie à flot, mais il ne fallait pas être un génie pour savoir que cette stabilité n'était pas éternelle.
Voir un marché de cette taille là était donc assez rare à Ashta, il n'y avait que la citadelle royale capable de vivre dans la richesse pendant que les autres villages arrivaient à peine à subvenir à leurs besoins, même si le roi a envoyé plusieurs sommes d'argents importantes à différents villages, ce n'était pas suffisant.
« Oh ce sont des livres anciens ! » s'écria la princesse en se penchant sur une étale sur laquelle se trouvait de nombreux livres anciens, l'étale était tenue par une vielle femme qui souriait à l'héritière.
Le vassal s'approcha pour regarder par dessus l'épaule de la jeune femme, en effet, il y avait plusieurs livres anciens, certains se trouvaient dans la bibliothèque royale tandis que d'autres semblaient inconnu, il en prit un et l'ouvrit, il grimaça quand il remarqua qu'il était entièrement écrit en langue ancienne.
« Ces livres, ils parlent de quoi ? » demanda le jeune homme en croisant les bras, il baissa les yeux sur elle quand elle prit l'un des livres entre ses mains pour le feuilleter rapidement.
« Ils parlent de l'époque du premier roi d'Ashta, Erhim. » répondit la jeune femme en s'arrêtant sur une page sur laquelle Erhim était représenté. « Ainsi que d'anciennes légendes concernant Alya et Odir. »
Il acquiesça, se contentant de simplement la regarder payer pour les quelques livres qu'elle achetait avec un sourire envers le marchand. Il suivit la jeune femme à travers la grande rue de la citadelle, parfois, elle s'arrêtait pour discuter avec quelques villageois, n'enlevant jamais le sourire de ses lèvres.
D'après Kalem, ils allaient bientôt se diriger vers Altria pour tenter de reprendre la ville, une énième tentative, beaucoup de soldats disaient que cela allait encore se terminer par une défaite. Il soupira, cela allait être sa première bataille, l'une des nombreuses qui suivront s'il ne mourait pas.
Il secoua la tête en soupirant, il devait arrêter de penser à ça, et profiter plutôt de la journée, il sursauta presque en entendant les bruits de pas d'un cheval qui s'approchait derrière eux, ils se sont arrêtés pour se retourner, un chevalier en armure rouge écarlate se trouvait dessus, il s'arrêta non loin d'eux et descendit de sa monture.
« Princesse. » s'excusa le chevalier en s'inclinant légèrement. « J'ai un message de votre père, le Roi. »
« Que se passe-t-il, Eric ? » demanda la princesse, son sourire disparaissant en quelques secondes pour être remplacé par un froncement de sourcils.
« Il m'a demandé de vous prévenir que demain matin, aux aurores, vous tenterez une nouvelle fois de la retirer. » répondit l'homme, les bras derrière le dos, son regard fixait celui de la princesse qui sursauta, un halètement silencieux se faisait à peine entendre.
Ryam fronça les sourcils, parlaient-ils de l'épée sainte, Eiríni ? Si telle est le cas, pourquoi maintenant ? Était-ce parce qu'ils allaient bientôt tenter une attaque sur Altria ? Il se tourna vers la jeune femme qui acquiesça avant de s'avancer vers le chevalier rouge avant de se tourner vers lui et Kalem.
« Kalem, Ryam, excusez moi, c'est une affaire urgente. Je dois retourner au château, j'ai passée néanmoins un agréable moment à vos côtés. » s'excusa la blonde avec un sourire avant de suivre Eric qui l'aida à monter sur son cheval.
Le vassal garda son regard vers eux quand ils s'éloignèrent, il pouvait entendre Kalem soupirer, son armure résonna quand il posa l'une de ses mains sur son épaule, le faisant sursauter, il tourna son regard azur dans sa direction, il souriait.
« Je dois régler un truc, ce soir, viens à la Taverne du Lion. Tu pourras la trouver dans cette ruelle. » indiqua le soldat en lui montrant la ruelle en question. « Profites-en pour visiter un peu Ashta. »
Il acquiesça, suivant le jeune homme du regard avant de se tourner vers la grande porte en bois à l'entrée de la citadelle. Il s'y dirigea, parcourant la grande ruelle, tournant parfois son regard dans les ruelles adjacentes. Si le sol de la ruelle principale était faites de pierres propres, le sol des ruelles n'était que de la terre mouillée.
Si les peuples des autres pays disaient qu'Ashta était un pays riche, que sa capitale était une ville riche, il pouvait à présent dire qu'ils avaient tord. Ashta n'est en rien une ville riche, c'est une ville qui tente de survivre à la guerre en se cachant derrière un masque. Il soupira, ses mains se refermant en des poings.
Il salua les soldats qui se trouvaient à la porte d'un sourire et se dirigea vers l'entrée réservée aux soldats permettant de monter sur la murailles, les nombreux escaliers seulement éclairés par des torches attachés aux murs faisaient résonner le bruit de son armure.
Une fois en haut, le vent vit virevolter ses cheveux un peu partout, le forçant à plisser les yeux pour regarder devant lui, une main se levant instinctivement pour se protéger du vent. De là où il était, il pouvait facilement voir l'horizon, bien que le paysage soit moins impressionnant que sur les murailles du château, cela restait un spectacle magnifique.
Si Eric était venu chercher la princesse pour qu'elle tente de retirer l'épée, c'est que le Roi avait un plan en tête. Cela signifiait qu'ils allaient bientôt partir pour Altria. Il s'assit contre les remparts et baissa son regard sur ses paumes, bientôt, ses mains seront tachés de sang, le sang d'humains, le sang d'hommes et de femmes. Quand il était enfant, il pensait que l'on se battait uniquement pour protéger quelqu'un, que cela n'avait aucun sens sinon. Mais aujourd'hui, il comprit qu'il avait tord.
Maintenant, il ne suffit pas d'avoir comme raison de protéger quelqu'un pour se battre. Il n'allait pas se battre car il fallait protéger le Royaume, ce n'était pas les ordres après tout. Ils allaient tous se battent contre des hommes et des femmes, tuant des pères et mères de familles uniquement car ils ont une idéologie différente de la leur. Il soupira, passant une main dans ses cheveux et leva les yeux en direction du ciel, il souhaita qu'un jour, le soleil se lèvera sur une terre dénuée de tout combat.
Des rires se faisaient entendre autour de lui, il se tourna pour y voir un groupe regroupé autour d'une femme qui dansait dans la rue, portant une robe rose pale, un chapeau non loin d'elle, avec à l'intérieur quelques pièces. Certains hommes avaient des bouteilles dans leurs mains, et non loin, un jeune garçon avait une guitare dans les mains, jouant une mélodie qui permettait à la jeune femme de danser.
Il afficha un petit sourire et continua sa route, Kalem lui avait donné rendez vous dans la Taverne du Lion, la taverne la plus connue d'Ashta. Il l'a trouva non loin, de la musique résonnait même à l'extérieur, des hommes et des femmes riaient, certains poussaient les portes et avaient du mal à marcher, le visage rougi par l'alcool.
Il poussa la porte, l'odeur de l'alcool fut la première chose qu'il pouvait sentir, il y avait de nombreuses tables, au loin, un homme se trouvait derrière un bar, nettoyant un verre tandis que d'autres étaient assit devant lui, buvant des bouteilles.
« Ryam ! » appela la voix de Kalem, il se tourna vers la voix, il avait assit à une table avec une femme et un homme qu'il pouvait reconnaître comme étant Erika et Chris. Il s'avança et s'assit à la table avec un sourire.
Erika était la sœur cadette d'Eric, elle avait comme lui, des cheveux bleu attachés en une tresse et des yeux brun qui brillaient, elle était celle qui s'occupait de l'équipe médicale, il était parfois venu la voir après les entraînements de Ryn lorsque ces derniers avaient été un peu violent.
Chris était un mage qui parlait peu, il n'aimait pas que l'on lui parle d'ailleurs, préférant s'isoler dans un coin pour lire. Il avait de courts cheveux blancs et des yeux bruns. Ici encore, il ne levait pas les yeux de son livre.
« Bienvenue dans la Taverne du Lion, le lieu parfait pour boire et se détendre après une bonne journée ! » présenta Erika en levant son verre avec un rire avant de le vider d'une gorgée. « Serveur, encore un ! »
« Je suis d'accord avec elle, c'est un lieu plutôt sympa, beaucoup de soldat aiment passer du temps ici après le service. » ajouta Kalem avec un rire, plantant sa fourchette dans une saucisse pour la dévorer. « Et puis, il faut profiter de ça rapidement, nous n'aurons plus la possibilité d'y aller bientôt. »
« Parce que nous allons devoir nous diriger vers Altria, pas vrai ? » termina Ryam avec un sourire, baissant les yeux sur le verre qu'on venait de lui poser devant lui.
« Exactement. Si tu veux mon avis, nous serons envoyé dans moins d'un mois. » soupira le chevalier dragon en haussant les épaules. « Tu devras assister à la cérémonie demain, Ryn viendra te chercher peu de temps avant l'aube. »
« Cette épée, Eiríni, est si importante que ça ? » demanda Ryam en fronçant les sourcils, buvant une gorgée d'alccol.
Kalem acquiesça avant de lever son regard. « Jusqu'à présent, seul Erhim, le premier roi s'est battu avec, il a vaincu Odir avec, on dit d'elle qu'elle peut contrôler la lumière. On ignore comment et quelle est la matérialisation de son pouvoir, mais c'est l'une des armes saintes. Il n'y a que peu d'écrit sur Erhim et Eiríni, donc nous plaçons beaucoup d'espoirs sur cette épée. »
« La petite Emilia a déjà tentée de retirer l'épée de la pierre dans laquelle elle a été plantée, mais elle a échoué, l'épée l'a repoussée. » expliqua Erika en jouant à faire tournoyer le liquide dans son verre. « Je ne peux qu'imaginer ce qu'elle doit ressentir maintenant, et ce qu'elle va ressentir devant cette arme. Depuis qu'elle ait née, son destin a été écrit. La marque de la paix était sur sa main, à partir de ce moment là, elle n'avait plus son mot à dire. Elle a été choisie par la déesse elle-même, devant l'esclave d'un destin qu'elle ne souhaite peut-être même pas. Il n'y a pas qu'elle, nous sommes tous l'esclave de quelque chose. »
« Nous sommes tous l'esclave de quelque chose.. » murmura le jeune homme, une main se levant sur la marque à son cou. « Suis-je moi aussi l'esclave de ma marque, l'Emblème du feu ? »
« Père,je dois vous demandez, êtes-vous sûr de vous ? » demanda Emila en abaissant la fourchette qui tenait un morceaux de viande. « Êtes-vous réellement sûr de vouloir me faire passer la cérémonie d'Eiríni ? Il existe la possibilité que j'échoue encore une fois. »
« Ne t'inquiètes pas. » répondit l'homme, prenant une serviette pour s'essuyer la bouche. « Tu vas réussir. J'en suis persuader. Tu es ma fille après tout. J'ai foi en toi, je suis sûr que tu es digne de porter Eiríni tout comme Erhim était digne. »
Emilia acquiesça, sa main posant la fourchette qu'elle tenait pour baisser les yeux sur son assiette. Était-elle réellement digne de porter Eiríni ? L'épée pourra t-elle reconnaître la détermination en elle ? Elle secoua rapidement la tête, elle était la princesse d'Ashta, unique héritière du trône, un jour, elle sera Reine. Elle devra porter les espoirs de chaque habitants sur ses épaules, elle devra être signe des croyances et des espérances des autres, elle ne pouvait pas douter maintenant.
« Emilia, excuse nous. » s'excusa sa mère en baissant les yeux, ses mains se refermant sur le tissu de sa robe.
« Pourquoi vous excusez-vous, mère ? » demanda la princesse en levant les yeux vers sa mère.
« Encore une fois, nous devons nous reposer sur toi, encore une fois, nous te mettons la pression. » expliqua la mère en détournant le regard, sursautant quand sa fille se leva, sa chaise menaçant de tomber avec la vitesse à laquelle elle s'était levée.
Elle avait une main sur son coeur, son dos était droit et ses yeux fixaient ceux de ses parents. Sa main libre était fermée en un poing et tremblait légèrement.
« Ne vous excusez pas, mère, père. » commença la blonde en secouant la tête. « Je porte la marque de la paix, depuis ma naissance, je savais que j'aurais le poids du monde sur mes épaules. Je suis l'Héroïne Choisie par la déesse. Je connais mon destin, et je l'accepte. »
