Un nouveau drabble.


12. PrussIta (Prusse/Italie)

Gilbert ouvrit un œil, puis l'autre. Il se releva en positon assise sur son lit. Il bailla bruyamment, sans la moindre classe, tout en étirant les bras, déliant ses muscles engourdis par le sommeil. Il jeta ensuite un rapide tout d'horizon de sa chambre. Oui, rien n'avait changé depuis hier soir, depuis le moment où il s'était couché. Ses habits étaient toujours correctement pliés sur la chaise de son bureau, celui-ci était parfaitement rangé si on omettait les quelques feuilles qui s'étaient entassées depuis quelques jours dû à son statut de nation, ses rideaux mauves étaient tirés ; laissant à peine passé les quelques rayons du soleil...

Cependant, il avait la curieuse impression que quelque chose avait changée, comme si un je-ne-sais-quoi venait perturber la quiétude et le rangement irréprochable de son espace personnel. Le prussien se rendit cependant bien vite compte que des ronflements légers troublaient le silence de la pièce. Des ronflements qui ne venaient ni de lui ni de Gilbird, assoupit un peu plus loin sur un coussin. Des ronflements qui semblaient étonnamment venir... De ses côtés !

Le regard rubis de Gilbert fut, de suite, attiré par une masse mouvante sous les draps à côté de lui. Il bondit hors de son lit en poussant un hurlement sans virilité aucune en faillit se ramasser par terre comme un gros sac. Son cri eut pour résultat de réveiller le petit poussin qui, surprit du comportement anormal de son maître, vint se poser sur son épaule, ainsi que de faire se lever la masse. Une adorable petite tête brune, surmontée d'une mèche rebelle qui formait des espèces de zigzag au bout, émergeait de sous la couette et de sous les paupières délicates se dévoilèrent de grands yeux ambrés.

- Fe... Feli-li... Feliciano ! Qu'est-ce que... Qu'est-ce que tu fais là ?!

Le petit italien se frotta les yeux embués de sommeil, faisant naître une agréable impression de chaleur dans le ventre du prussien. Mais surtout, que faisait le garçon dont il était amoureux depuis des siècles dans son lit ?

- Bah... Hier soir, Ludwig ne voulait pas dormir avec moi. Alors je me suis dit que ça ne te dérangerait pas que je vienne chez toi.

Sa petite voix donnait à Gilbert l'envie de lui sauter dessus.

- Ah... euh... d'accord ! Murmura-t-il, gêné.

Il se gratta l'arrière de la tête, nerveusement, un petit rire lui échappa.

- Tu... Tu sais, ça ne me dérange pas que... que tu dormes avec moi. Préviens-moi juste la prochaine fois, pas que je me réveille et que je crois qu'on ait fait je-sais-pas-quoi.
- De quoi ?

Sa naïveté et son innocence faisaient fondre l'albinos. Il allait vraiment lui sauter dessus si ça continuait.

- Bah... tu vois... Ce genre de chose !
- Oh~ !

Feliciano sembla comprendre, et pour signe, il déposa un doigt pensif sur son menton et leva les yeux au ciel, paraissant réfléchir.

- Pourquoi ? Tu n'aimerais pas qu'il se passe ce genre de chose entre nous ?

Cette fois, l'allemand rougit fortement, en proie à une gêne dont il avait peu ressenti dans sa vie. Il ne s'était vraiment pas attendu à ce que l'italien si adorable lui pose une telle question. Que devait-il répondre à ça ? Lui dire qu'il en rêver depuis des années et des années ou bien mentir en disant que jamais il n'aurait de telles pensées pour son ami ?

- Bah... c'est pas ça... c'est juste que... euh... c'est pas trop ce que des amis font entre eux...
- Nous ne sommes qu'amis ?
- Euh... ouais... Pourquoi ?

Cette fois-ci, par contre, se fut à Feli de réfléchir avant de répondre. Il semblait lui aussi assez embarrassé. Une douce couleur rosée vint colorer les joues à croquer du Méditerranéen avant qu'il ne dise, la voix presque aussi basse qu'un murmure :

- Disons que ça ne me dérangerait pas trop qu'on aille... plus loin. Enfin, je veux dire... être plus... que des amis...

Gilbert eut la sensation que son cœur venait de rater au moins trois battements, avant de repartir à toute allure. Son cerveau ne réfléchit plus et il se jeta sur l'italien pour débuter un splendide baiser qui leur fit voir plus haut encore que les étoiles. Leur premier baiser ! Et sûrement pas le dernier !