20. GeRussia (Allemagne x Russie)
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Mots à introduire :
- Drapeau
- Guerre
- Arme à feu
Ludwig se releva lentement, douloureusement. L'entaille sur son flanc gauche était particulièrement cuisante et le sang chaud ne cessait de s'échapper de la plaie sanguinolente sans qu'il ne puisse rien faire pour empêcher son liquide vital de s'échapper. Tous ses membres étaient lourds, épuisés, douloureux. Il n'avait presque plus de force et le simple fait de se relever lui coûtait beaucoup. Il n'y avait pas que son corps qui était épuisé, il l'était aussi moralement. La guerre l'avait épuisé. Il savait que ses vêtements militaires étaient troués, déchirés, en lambeaux. Il était complètement décoiffé et ses cheveux voletaient au grès du vent frais. Il était écorché, blessé, sale… et tellement épuisé.
Il lança un regard tout autour de lui… Des ruines, des murs écroulés, des toits fragiles, des bâtiments entiers explosés, détruits, en morceau. Il ne restait plus rien… ou si peu. La ville était détruite à cause des bombardements. Il ne restait plus rien, et Ludwig était si fatigué.
Puis, dans le silence de mort qui régnait, venant de nulle part, se répercutant contre les parois des bâtiments en ruine, des pas. D'abord lointain, mais de plus en plus proche. Ils devinrent forts, claquant contre le sol recouvert de parcelle de décombres. Finalement, apparaissant de derrière un gros débris de mur, une silhouette, blanche, beige peut-être. Quelque chose volait autour d'elle, on aurait dit les deux extrémités d'une écharpe. Alors Ludwig compris. Il savait que c'était lui. Qu'il avait fini par le trouver. Qu'il venait en finir. Il n'avait aucun chance de fuir, il était tellement amoché, il ne pouvait aller bien loin avec qu'il ne le rattrape. Il n'avait plus qu'à prier pour son salut.
La silhouette se rapprocha de plus en plus. Elle s'arrêta non loin de lui. Un morceau de ce qui avait sans doute été autrefois une armoire, ainsi qu'un cadavre au visage méconnaissable tant abîmé les séparaient encore. De cette distance, il n'y avait plus de doute à avoir quant à la personne face à lui : Russie… Ivan. Lui qu'il avait le plus blessé entre tous. Il était impossible qu'il ressorte vivant de cet affrontement. Il ne lui survivrait pas. Il venait d'avoir tellement de perte humaine dans son pays, son Führer venait de mourir ainsi que tout son gouvernement. Ludwig… L'Allemagne était détruite. Il ne pourrait pas se relever d'un tel coup.
Russie chercha quelque chose dans sa poche, attirant l'attention de l'Allemand dont le souvenir des dernières heures venait de défiler devant ses yeux. De son manteau sortit un objet gris et métallique : une arme à feu, un pistolet Nagant.
Et Ludwig savait que c'était la fin. Il serait tué par son ennemi premier aujourd'hui, et il n'y avait plus rien à faire. Lorsque le bras d'Ivan se tendit vers lui, l'arme visant pile entre ses deux yeux, son regard bleu terne fut alors attiré par un mouvement dans le vent. Non loin de là, accroché à un haut mât de ferraille, un drapeau solitaire, troué, la croix gammée noire entourée de rouge dessinés dessus, flottait dans le vent, dernier résistant d'une longue guerre, dernier symbole du plus sombre moment de l'Histoire.
Pourtant, aucun coup de feu ne retentit, aucun corps ne s'écroula au sol, dénué de vie. Un bras fut abaissé, un soupir fut poussé. Ivan n'avait pas tiré, mais il prévoyait pire.
Sans qu'un seul mot fût adressé, ce dernier tourna les talons et s'en alla sans rien de plus.
Mais le soulagement de Ludwig fut de courte durée lorsqu'il découvrit que son frère aîné avait disparu, Ivan de même.
Personne ne l'aida lorsque lors du procès d'Allemagne et Prusse, il fut décidé que l'aîné des frères appartiendrait désormais au territoire russe, que le cadet sera sous la surveillance des autres Alliés et qu'à partir de cet instant, les deux frères seraient séparés, incapable de se voir à nouveau. Et un mur se forma entre eux…
