21. PrussVia (Prusse x Lettonie)
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Mots à introduire :
- Transgression
- Argent
- Drapeau blanc
Gilbert s'ennuyait un peu. D'accord, beaucoup, en fait. Il fallait dire qu'il n'y avait pas grand-chose à faire dans le manoir d'Ivan. Surtout pas en plein hiver. Alors qu'il s'agitait dans son fauteuil dans l'espoir de trouver une bonne position, il vit passer le petit Raivis, un tas d'assiette dans les mains qu'il commençait à disposer sur la table. Gilbert eut un sourire narquois à la vue de ce petit corps tremblant. Raivis était attendrissant dans sa manière d'être et Gilbert adorait le taquiner. Il venait de trouver quoi faire pour s'amuser.
« Hé, Raivis ! »
L'interpellation fit sursauter le petit letton qui laissa tomber l'assiette qu'il avait en main. Elle vint s'écraser sur le sol carrelé. Raivis poussa un cri apeuré et se précipita de se pencher pour ramasser les débris de porcelaine. Monsieur Russie allait le tuer pour avoir brisé sa vaisselle. Le prussien prit pitié de lui et vint l'aider à nettoyer. Mais il avait une idée en tête. Leurs doigts se croisèrent sous la volonté de Gilbert et celui-ci attrapa le poignet du plus jeune avant de le tirer vers lui, faisant glapir le petit blond. Gilbert murmura alors à son oreille.
« Viens dans ma chambre, ce soir. Ne t'avise pas de me désobéir, tu pourrais le regretter. »
Et il planta là un Raivis tremblant, les larmes aux bords des yeux.
…
Il y avait une règle au manoir Braginski, qui n'impliquait aucune transgression : à l'heure du couvre-feu, toute personne surprise en dehors de son chambre serait sévèrement punie.
C'est pourquoi, lorsque la nuit fut depuis longtemps tombée, et qu'il eut fini ses corvées, Raivis se dirigea prudemment vers la chambre de Gilbert. Il ne fallait surtout pas que Monsieur Russie l'entende, où il ne donnait pas cher de sa peau. Il se planta finalement devant la porte en bois de la chambre du prussien et hésita quelques secondes à faire demi-tour. Mais il se souvint de la menace de ce dernier et n'osa pas désobéir. Entre Monsieur Russie et Monsieur Prusse, il n'était pas sûr de qui pouvait être le plus redoutable dans ses punitions.
Alors il toqua légèrement à la porte et attendit qu'on vienne lui ouvrir. Lorsque ce fut fait, Raivis découvrit le prussien déjà en tenue de circonstance, c'est-à-dire ne portant qu'un peignoir.
En quelques secondes, Raivis se sentit propulser sur le matelas et un homme beaucoup plus corpulent que lui au-dessus de son petit corps chétif qui commençait à lui manger le cou. Le petit letton glapit sous la surprise et tenta de se soustraire, mais Gilbert lui agrippa les poignets avant de le maintenir fermement sous lui.
« Si tu fais tout ce que je veux ce soir, et que tu ne le dis à personne, tu auras tout l'argent que tu mérites, est-ce que c'est compris ? »
Le petit blond hocha de la tête, apeuré avant de pousser un nouveau glapissement lorsqu'il sentit ses vêtements lui être sauvagement retirés et que son corps ne soit repris d'assaut. Il sentit des dents acérées se plantaient dans sa peau tendre, des griffes pointues lui égratignait les omoplates, les bras et les cuisses et surtout, il sentait une langue experte s'aventurait sur chaque partie de son corps à découvert. Il ne savait plus différenciait la douleur du plaisir que lui procurait toutes ses sensations et il finit par gémir de ravissement, de douleur, de bien-être, de gêne… Une douleur plus vive que les autres déchira son corps lorsqu'un que quelque chose de particulièrement épais pénétra son corps. Mais un mal pour un bien, il ne tarda pas à agiter le drapeau blanc et se laissa complètement aller sous les coups de butoir de son homologue. La jouissance ne tarda pas à les faucher tous les deux et Raivis se sentit décoller au septième ciel.
Leur affaire finit, le petit letton se rhabilla dans le but de regagner sa chambre. Il n'y eut rien qui tenta de l'en empêcher ou de le retenir. Alors une fois revêtu, il quitta la chambre du prussien et tâcha de se rendre à sa chambre le plus silencieusement possible. Parce que c'était comme ça entre Prusse et Lettonie, il n'y avait pas d'amour, juste du sexe. Car il n'était qu'un jouet pour cette nation plus puissante et plus vieille que lui. Et quelque part, cette situation commençait de plus en plus à le déranger, mais il ne pouvait rien y changer. Gilbert et lui ne jouait pas dans la même cour. Car Prusse était le jouet de Russie, et Lettonie celui de Prusse. Et rien ne changerait.
