22. RusTonia (Russie x Estonie)

Mots à introduire :

- Rébellion

- Droit

- Sang

Une nouvelle claque retentit, forte et violente. Celle-là aussi allait laisser une marque. Une autre. Ce serait pas la première, pas la dernière, pas la plus douloureuse. Mais Eduard savait qu'il n'avait pas le droit de réclamer, c'était de sa faute, après tout. Il méritait ce que Monsieur Russie lui faisait. C'était un moins-que-rien, un pauvre idiot. Il méritait tout ça. Il méritait que Monsieur Russie le batte.

Et les coups pleuvaient sur lui. D'abord, il les avait reçu de sa main, la peau contre la peau, douloureusement, laissant des traces rouges de doigts sur la peau meurtrie. Quand les mains seules n'avaient plus suffit, un fouet s'en était mêlé. Oh, comme Monsieur Russie aimait les coups de fouets dans le dos. Il faisait cela à chacun de ses prisonniers : Raivis, Toris, puis lui. Il lacérait leurs dos et il savait toujours comment frapper plusieurs fois au même endroit jusqu'à faire des entailles profondes, lacérantes. Enfin, quand tout ça ne satisfaisait plus Monsieur Russie, quelque chose de plus dur, de plus solide se rajoutait au jeu. Il a fallu qu'une batte soit justement posée dans son bureau. C'est là que le sang avait commençait à sortir à profusion, s'étalant sur le sol en une marre collante. Monsieur Russie adorait marcher dedans quand il faisait le tour pour le frapper à un autre endroit.

Seul le statut de nation empêchait Eduard de succomber à l'inconscience pour oublier la douleur terrible qui déchirait chacune des parties de son corps. Arrivé à ce niveau, il ignorait bien à quoi pouvait ressembler son visage, dans quel état il avait mis son corps. Parfois, plus d'une fois, il s'était dit qu'il allait ressortir du bureau de Monsieur Russie les pieds devant. Il oubliait qu'il était une nation... Tant que son peuple vivait, lui aussi, et ce n'était pas le passage à tabac du Russe qui tuerait l'incarnation même d'une nation. Non, il en fallait bien plus pour en détruire une. Et il ne doutait pas que Monsieur Russie était capable de cela, ces armées, sa force herculéenne,son esprit tordu était capable de venir à bout de n'importe quelle nation si le désir lui en prenait. Il n'y avait qu'à voir ce qu'il avait failli faire avec Pologne, il n'y avait qu'à voir comment il avait fait disparaître de la carte la nation prussienne. Non, certainement, Monsieur Russie était capable de rayer un pays de la carte par sa seule volonté. Mais en ce qui concernait les Baltiques, il n'était jamais passé à l'action. S'il avait voulu tuer le peuple estonien et Eduard avec, il l'aurait fait.

Non, Monsieur Russie se contentait de torturer les nations sous son pouvoir. C'était tellement plus amusant, tellement plus divertissant et tellement plus lent et douloureux. Monsieur Russie était un sadique, ce n'était un secret pour personne dans le monde, mais seuls certains d'entre eux connaissait sa cruauté, savait à quel point s'étendait son sadisme, aussi vaste que son pays de plusieurs milliers de kilomètres.

- Alors, Eduard, tu en as terminé de ta petite rébellion ?! Susurra la voix purulente de perversion.

Il ne répondit rien. Impossible de répondre, de toute façon. Mais au fond, malgré toute cette douleur qu'il lui faisait traverser, malgré cette vie de prisonnier qu'il lui faisait subir, malgré la vie de terreur et de souffrance qu'il lui faisait endurer, Monsieur Russie était son maître et Eduard n'aurait pour rien au monde envie qu'il en soit autrement...