Vraiment désolée d'avoir autant de retard, j'ai eu une montagne de chose à faire avant mes vacances (en ce moment donc) et je me suis laissée déborder ! Mais le chapitre est finalement là ! J'espère que ça vous plaira, cette fanfiction est elle aussi bientôt terminée, j'ai noté 11 chapitres mais il est possible que je n'en fasse que 10, faisant de celui-là mon avant-dernier chapitre ! Bonne lecture, et prochain chapitre le 22 ou 23 février !

Chapitre 9

Eren était toujours interloqué. Mikasa et Levi étaient toujours dans les bras l'un de l'autre. Et il avait l'impression que le soleil pouvait exploser à tout moment, mais qu'aucun n'y porterai attention. Il finit par se reprendre et se racler la gorge.

« On peut m'expliquer ?! Comment est-ce que vous vous connaissez ?! »

Les deux bruns semblèrent se souvenir de la présence d'Eren et s'écartèrent loin l'un de l'autre.

« Je pensais ne jamais te revoir, » dit Mikasa.

« Je te croyais morte, » renchérit Levi.

Le jeune homme cligna des yeux encore plusieurs fois, puis les deux se tournèrent vers lui et sa sœur eut l'air étrange.

« Tu sais comme tout mes souvenirs d'avant la plage avaient disparu ? »

Mikasa avait été trouvé par Eren et ses parents lors d'une balade, nue, couverte de sable et de sel. Ils l'avaient emmené chez un médecin qui lui avait diagnostiqué une amnésie, et ils l'avaient adopté après plusieurs mois à chercher ses parents en vain. Eren hocha la tête.

« Oui, le médecin avait dit que peu importe ce que tu avais vécu, le choc avait effacé ta mémoire ! »

« Effacé n'était pas vraiment le terme correcte, en réalité mes souvenirs ont juste été mis de côté jusqu'à ce qu'un élément de ma vie d'avant ne surgisse et ne me fasse me souvenir. Ça va te paraître dingue Eren, mais je suis une sirène ! »

Effectivement – bien qu'ayant Levi sous les yeux – il eut du mal à croire que sa sœur était une sirène. Il eut un petit rire nerveux :

« Mais oui bien sûr, non en réalité vous vous êtes rencontrés avant et vous avez décidé de me faire une blague, c'est ça ?! »

Mais il n'y croyait pas lui-même. Il fut frappé par la ressemblance entre Mikasa et Levi quand les deux lui jetèrent un regard plat avec un sourcil levé. Eren sentit sa tête tourner. Son intuition de tout à l'heure avait été bonne.

« Oh là, j'ai besoin de m'asseoir … »

Il se posa sur la roche la plus proche et prit sa tête dans ses mains.

« D'accord donc tu es une sirène, comment as-tu perdu ta queue alors ? »

Levi répondit :

« Lorsqu'une créature du peuple sous-marin reste trop longtemps hors de la mer son corps va se dessécher entièrement et il va perdre ses écailles. Il va muer, pour s'adapter. »

Eren les yeux écarquillés, se tourna vers sa sœur :

« Mikasa … tu était entourée d'écailles lorsque nous t'avons trouvé ! Des rouges, magnifique, et papa a cherché les poissons pendant des jours après, mais sans résultat ! »

Les yeux de la brune s'allumèrent d'une lueur qu'Eren ne lui avait jamais vu. Mikasa avait toujours été travaillée par ses origines, bien qu'elle n'en ait jamais parlé. Mais elle avait souvent effectué des recherches sur des disparitions d'enfants et des appels à l'aide de parents, de bateau touristiques et de pêches qui auraient pu naviguer au moment de la tempête. Mais rien. Elle ne trouva rien. Aucun enfant n'avait disparu, aucun bateau n'avait été assez inconscient pour tenter de sortir du port, rien. La mer avait été complètement vide.

Cette explication était la plus logique.

Elle porta sa main à son cou comme un réflexe. Elle avait toujours eu ses six cicatrices, trois de chaque côté de son cou, que le médecin avait mis sur le compte de blessure pendant la tempête. Il était loin d'avoir la bonne réponse.

« Qui es-tu pour Levi ? » demanda Eren.

Elle se tourna vers le triton, lui indiquant de répondre.

« Mikasa est ma cousine. Je ne t'ai pas tout dit sur moi, mais ma famille faisait parti des grandes familles de sirènes. Ma mère régnait avec son frère, mon oncle Kenny, tandis que sa sœur, la mère de Mikasa, s'était retirée de la chaîne d'héritage du trône. Seulement, mon oncle était un connard. Il voulait le pouvoir pour lui seul, mais avec moi sur son passage, ça compliquait les choses. Ma mère a donc simulé ma mort, m'envoyant au loin. Mais ça ne suffit pas … »

Mikasa fronça les sourcils, comme si il y avait encore des flashs, que tout ne lui était pas revenu. Elle tenta d'assembler les pièces :

« Ma mère s'étant retirée de l'héritage, c'était moi la suivante sur la liste et non Kenny. Il a décidé de faire un coup d'état. »

Levi reprit le fil :

« Il a tué ma mère et les parents de Mikasa. Mais avant de mourir, ma tante avait confié Mikasa a des sirènes de confiance, qui n'étaient pas alliées de Kenny. Ils se sont enfuis avec elle, mais c'était le jour de la tempête. »

« Nous avons été séparés à ce moment-là. Je dormais donc je ne me souviens pas de grand-chose. »

Mikasa aurait pu pleurer de soulagement. Elle ne rêvait, n'imaginait rien : c'était bien son histoire et sa vraie nature.

Pendant des années elle avait fait ses rêves étranges où elle se voyait jouer avec un autre garçon plus âgé qu'elle, qui avait été comme un frère ils étaient tous deux des kilomètres sous l'eau, et avait des queues à la place des jambes. Elle revoyait le doux visage de sa mère, ses longs cheveux bruns et ses yeux onyx. Mikasa était son portait craché. Tout comme Levi ressemblait en tout point à sa mère.

Toute sa vie elle s'était sentie différente, ailleurs, comme étrangère à tout ceux autour d'elle, sans jamais savoir pourquoi. Elle avait vu des psycologues après l'incident, et même des années après, pour essayer de comprendre sans jamais trouver de réponse... elle l'avait enfin trouvé, et son cœur sembla se desserrer de l'étau dans lequel il était compressé depuis déjà une dizaine d'année. Elle ferma les yeux le temps de se remettre de ses émotions, et les rouvrit pour regarder Eren avec un sourire lumineux :

« Je suis si heureuse. »

Le jeune homme avait les yeux écarquillés. Jamais il ne l'avait vu avec une telle expression, mais qu'est-ce qu'il ne donnerait pas pour la voir plus souvent.

« C'est une histoire de dingue, » finit-il par dire. « Je voulais vous présenter, je m'inquiétais de la confrontation, et au final vous êtes apparentés ! »

Mikasa sembla soudain être inquiète de quelque chose.

« Eren ! »

« Oui ? »

« Levi est mon cousin, et même si nous ne sommes pas de la même espèce, tu restes mon frère ! »

Le châtain la regarda surpris.

« Bien sûr, quelle idée tordue tu te mets encore dans le crâne ! »

Il l'a prit dans ses bras, et lui murmura :

« Je suis heureux pour toi Mikasa, vraiment. Toi qui cherchais depuis si longtemps d'où venait, c'est merveilleux que tu trouves enfin tes réponses ! »

Il recula et se tourna vers Levi :

« Je vais vous laisser faire vos retrouvailles, Armin m'attend pour finaliser les détails du plan. Mikasa, je te fais confiance pour en parler à Levi le mieux possible d'accord ? »

« Oui ! »

« Parfait, je vous laisse. »

Il s'apprêtait à partir mais Mikasa le retint encore :

« Demande à Annie de venir, s'il te plaît, » elle semblait inquiète mais déterminée.

« Tout se passera bien Mikasa, Annie est géniale, elle t'accepte déjà comme tu es, il n'y a pas de raison que ça change ! Promis. »

Et il put enfin rejoindre Armin. Tous leurs amis étaient dans le salon, et après avoir expliqué rapidement la situation avec Mikasa (en omettant le secret de la jeune femme) et demandé à Annie de la rejoindre, il s'installa et laissa son ami blond diriger.

« Pour l'instant on n'a pas encore de quoi trop avancer. Mais demain a lieu mon premier cours avec les scientifiques et Erwin j'en profiterai pour observer où nous allons, et retenir au mieux les dispositions des pièces pour reproduire des cartes par la suite. On sait déjà qu'Eren et moi n'allons pas pouvoir nous approcher de Farlan et Isabel autant que nous le souhaitons, du moins, c'est ce que je pense. J'ai réussi à obtenir des informations sur un groupe d'élève en échanges à la fac, qui ont la possibilité de venir en dehors des heures de travail des chercheurs, aux même heures que moi. Ymir, Historia, avec vos noms et vos traits, vous passerez pour des étudiantes allemandes sans problèmes. Essayez de couvrir votre accent lorsque vous parlerez anglais. »

« Attend tu veux dire qu'on est des japonaises qui avons déjà un accent japonais quand on parle anglais et tu veux qu'on ait un accent allemand maintenant ?! » demanda Ymir.

Armin grimaça.

« C'est un peu ça oui … »

« Ça va être génial, » rit la brune.

« Ymir et moi parlons déjà allemand, ça simplifiera les choses pour l'authenticité si on parle directement dans cette langue entre nous, non ? » informa Historia.

« C'est parfait ! » s'exclama Armin ravi.

Armin s'était surtout inquiété pour Ymir, Historia étant comme lui Germano-japonaise.

« Et nous ? » demanda Jean.

« Toi et Marco seront déguisés en agent de nettoyage, il y en a toujours une vingtaine dans tout l'établissement après les heures de cours. Vous devrez attendre la fin de nos cours pour avoir accès à la salle de recherche, et vous serez sûrement escortés par des gardes. C'est là qu'interviennent Ymir et Historia, qui seront chargées de les distraire le temps que Marco et Jean récupère Isabel et Farlan dans un énorme bac rempli d'eau déguisé en chariot à produit ménager. »

Jean siffla.

« Incroyable, tout est déjà prévu du début à la fin ! »

« Je n'ai plus qu'à cartographier les salles et vous dessiner un chemin et ça sera bon. »

« Il n'y a pas que ça, » intervint Marco, « mais Jean et moi n'avons pas vraiment d'attirail d'agent de nettoyage. Et ils ont des badges en plus … »

« Mince, j'y avais pas pensé. »

« Je peux fabriquer les faux badges, » dit Eren. « Reiner connaît des gens, non ? »

« Je veux même pas savoir, » frissonna Connie. Il se reprit et se tourna vers Sasha : « Nous on aura ton bateau prêt en bord de mer, comme ça dès que Jean et Marco arrivent on jette les sirènes dans le bateau et on se casse ! »

« Déjà, non, on ne jette pas les sirènes dans le bateau, et ensuite comment vous allez, à quatre, porter un bac rempli d'eau contenant deux créatures marines qui font le poids de trois hommes adultes ? » se moqua Eren. « Il y aura toute la plage à traverser, et le chariot roule. »

Connie grogna.

« A part les porter, je ne vois pas d'autre solution. On pourra porter des combinaison de plonger qu'on aura mouillé pour éviter de les dessécher. »

« Je vous rappel qu'il y a une terrasse. On n'aura peut-être pas besoin d'arriver à ça ! Si les sirènes en sont proches, il faudra faire descendre le bac directement dans le bateau et après faire glisser les sirènes dans le bac. »

« Sachant qu'avec les rochers ont ne pourra pas s'approcher trop près. Connie et moi auront quand même les combinaisons sur nous. »

« Exactement. »

« Ça risque d'être plus compliqué que prévu … »

« On garde l'idée de la passerelle, elle pourra servir de toboggan, et dans ce cas-là elle sera directement sur le bateau. »

« C'est noté. »

Armin décida de laisser une semaine s'écouler. Ymir et Historia auraient l'occasion de venir trois fois à la fac, et c'est pendant ces trois fois qu'elles devront initier le contact avec les créatures, et gagner leur confiance.

« Vous devrez parler de Levi en priorité ! Si il y a bien un nom qui peut attirer leur attention c'est celui-là ! »

Deux jours plus tard, Eren avait récupéré avec Reiner les fausses cartes métalliques de Jean et Marco, et Armin avait son premier cours 'spécial'. Lunette sur le nez, cheveux attachés et carnet de note prêt, il retrouva Erwin devant l'ascenseur du premier étage après les cours communs de la fac. En voyant le professeur sourire, Armin dut se rappeler de rester concentrer sur sa mission. Il devait retenir le chemin qu'ils prenaient ainsi que l'architecture des pièces pour pouvoir tracer un chemin à Jean et Marco.

Ils descendirent donc au troisième sous-sol – après qu'Erwin est tapé sur un clavier secret de l'ascenseur un code qu'Armin ne réussit pas à avoir entièrement – et déjà, à la sortie de l'ascenseur attendait deux gardes armés. Armin sursauta et Erwin se rapprocha de lui :

« Ils sont là pour s'assurer qu'il n'y aurait pas de tentative de meurtre où de libération des sirènes, » expliqua-t-il.

« Qu'est-ce qu'il y aurait de mal à les libérer ? »

Le professeur sembla réfléchir.

« Rien je suppose, mais la faculté ne serait pas dans une bonne position si cela devait arriver. »

Armin déglutit. Il y avait tellement d'éléments moraux que lui et Eren n'avaient pas pris en compte. Ils avaient leur propre moral, mais était-ce bien suffisant s'ils devaient justifier ce qu'ils comptaient faire ?

Ils traversèrent le couloir face à l'ascenseur, puis tournèrent une fois à droite, une fois à gauche, une autre fois à droite, et le troisième problème se posa : une porte qui ne pouvait s'ouvrir qu'avec une carte magnétique spéciale, surveillée par deux autre gardes.

« Je ne sais pas si tu étais au courant, mais des étudiants étrangers vont aussi avoir ses cours particuliers et privés avec toi. Ils viennent des facs de toute la région. »

« Ah ? Non, personne ne m'avait mis au courant, » mentit Armin.

Ils passèrent la porte et arrivèrent enfin dans l'entrée du laboratoire. Ils furent scannés pour être sûr de ne rien avoir de dangereux sur eux, et furent autorisés à passer dans la salle principale. Armin se croyait dans un vrai rêve. Autant les laboratoires de la fac étaient extrêmement développés et complets en terme de matériels, autant ils n'égalaient pas un vrai laboratoire professionnel. Et c'est ce dans quoi le jeune homme venait d'arriver. Partout, des hommes et femmes en blouses blanches, avec des gants, des lunettes de protections, circulaient entre les différentes tables sur lesquelles reposaient des dizaines de tablettes dernier cris. Il vit même deux ordinateurs/projecteurs : les claviers et l'écran étaient projetés à l'aide de minis caméras reliées entre elles par magnétisme. Ils ne prenaient aucune place, et se déplaçaient en suivant les scientifiques qui les utilisaient.

Il avait le visage d'un enfant dans un parc d'attraction, et Erwin l'observait attentivement, un sourire aux lèvres. Arlert allait avoir sa peau un jour, il en était sûr.

« Oh verdammt ! » (oh putain)

Il se tourna et découvrit sans surprise Ymir et Historia, accompagnées d'autres élèves. Elles avaient vraiment un look de scientifique (surtout Historia), puisqu'elles portaient toute deux des chemises avec pantalon et jupe, et Historia avait même fait l'effort de mettre des lunettes. Ymir quant à elle avait bien serrée ses cheveux en un chignon et non sa queue basse et bordélique habituelle.

« Ymir ! »

Les deux avaient un accent incroyable. Si Armin ne les connaissaient pas, il les aurait vraiment pensé Allemandes. Elles notèrent qu'il les observa et Ymir s'approcha.

« Bist du auch Student in einem Spezialkurs ? » demanda la jeune femme fluidement. (Toi aussi tu es un étudiant en parcours particulier ?)

Armin bégaya légèrement mais répondit approximativement :

« Ja mehr oder weniger, » (oui, plus où moins) Son accent japonais était fort présent, contrairement à son Allemand habituel.

Erwin se tourna vers lui surpris :

« Je ne savais pas que tu parlais Allemand. »

Je m'appelle Arlert Erwin, c'est évident …

« Légèrement, j'ai quelques bases grâce au lycée. Mais je ne saurais pas en dire plus. »

« Veuillez excuser mon amie, » s'introduit Historia avec le pire japonais jamais entendu.

L'illusion était parfaite puisqu'Erwin grinça.

« Elle a tendance à oublier que l'Allemand n'est pas vraiment internationale ! » elle continua en anglais, mais toujours avec un accent marqué.

« Ce n'est rien, » répondit Erwin. « Vous faites parties du programme d'échange de la faculté de Sina, c'est bien ça ? »

« Oui en effet. C'est super de pouvoir être ici. Vous enseignez dans cette université ? »

« Oui. »

« Quelle chance ! »

« Historia, komm her ! » appela Ymir de l'autre côté de la pièce, sur-excitée. (Historia, viens ici !)

Erwin fit signe à Armin de la suivre et ils passèrent dans la deuxième partie de la salle, celle de réalisation. En entrant, le blond fut marqué par la lueur bleue qui illuminait la pièce, avant de voir qu'elle venait d'un énorme aquarium murale dans lequel reposait Isabel et Farlan. Malheureusement, les deux étaient séparés par une vitre en verre à l'intérieur de l'aquarium, et il nota les paires d'ailes qui marquaient leur peau.

Ils devraient avoir une marque qui témoignent de leur union. S'ils sont séparés et que la marque est presque transparente, cela veut dire que leur lien va bientôt se briser et ils risquent de mourir. Quitte à attirer l'attention sur toi, tu devras tout faire pour les convaincre de les laisser ensemble !

Les mots d'Eren résonnèrent dans la tête d'Armin. Les sirènes n'avaient en effet pas l'air au mieux de leur forme, et depuis leur première apparition à la télévision, elles semblaient avoir empirées, c'était évident que quelque chose n'allait pas.

« Elles sont malades, » souffla Armin.

Ymir et Historia se tournèrent vers Armin qui leur confirma que ce n'était pas normal. Ymir tenta une approche :

« Was ist mit den Sirenen los? Sie sehen krank aus! » (Qu'est-ce qui se passe avec les sirènes ? Elles ont l'air malades !)

Un scientifique lui répondit en anglais :

« Elles sont comme ça depuis qu'elles sont arrivées ici ! »

Historia fit semblant de traduire à Ymir et Armin alla voir le scientifique.

« Est-ce qu'elles sont séparées depuis leur arrivé également ? »

« Oui, depuis qu'elles ont été pêchées à vrai dire. On essaye de comprendre qu'elle est cette marque sur leur flanc avant de les remettre ensemble. »

« Vous devez le faire maintenant, cette marque est ce qui les relie entre eux, une sorte d'alliance mermédienne si vous préférez, séparés trop longtemps ils risquent de mourir ! »

Le scientifique lui jeta un regard dédaigneux.

« Et comment un gamin sait ça ?! »

« J'ai fais mes recherches ! »

« Sûrement trouvées sur des blogs d'enfants qui imaginent que ces créatures sont celles de leurs contes de fées ! La marque disparaît, ils ne vont pas mourir. »

« Mais justement ! Quand elle aura totalement disparu ils mourront ! Vous ne risquez rien à les laisser être ensemble, regardez-les ! Vos créatures ne sont même pas fraîche ! »

« Oï c'est qui le spécialiste ici ? »

« Pas vous visiblement ! »

« Armin ! » appela Erwin.

« Si elles meurent, la faute reviendra sur vous, et si vous tentez d'étouffer l'affaire, j'irai moi-même aux journalistes raconter la vérité ! »

Le scientifique hésita, mais poussé par un de ses collègue appuya sur un bouton qui fit descendre la vitre. Dès qu'Isabel et Farlan s'en rendirent compte, ils commencèrent à s'agiter en rond dans l'aquarium, jusqu'à ce qu'enfin ils puissent se jeter dans les bras l'un de l'autre. Dès qu'ils ne furent ne serait-ce qu'en contact, leur marque reprit ses couleurs vives, et même leurs écailles qui avaient gravement ternies devinrent éclatantes de nouveau. Les deux créatures avaient bien suivi l'échange et elles remerciaient Armin grandement en langage des signes.

Il n'aurait pas dû mais Armin leur répondit : de rien, soyez naturels, mais je viens de Levi. Heureusement, personne ne l'avait vu, puisque tous étaient tourné vers les créatures.

Isabel se figea mais Farlan réagit en la prenant dans ses bras et tournant sur eux-même.

« Qu'est-ce qu'ils ont dit ?! Qu'est-ce qu'ils se disent ?! »

« Ils m'ont remercié. Quant à ce qu'ils se disent, ça ne concerne qu'eux. »

Le scientifique jeta un dernier regard noir à Armin mais Erwin intervint :

« Je pense que vous devez non seulement des excuses, mais aussi des remerciements à mon élève. »

L'homme observa Erwin choqué. Certes il aurait pu jouer les arrogants parce qu'il faisait parti de l'équipe qui étudiait les créatures marines, mais Erwin était un poids lourd dans le domaine scientifique. Quand en plus, les autres élèves étrangers remercièrent tous Armin (et en japonais s'il vous plaît) le scientifique fit de même, mais à contre cœur.

Sa collègue – la responsable de ce département visiblement – s'approcha, un calepin en main, l'autre dans la poche de sa blouse, et parla dans un anglais correcte :

« Bonjour à tous, je suis la Professeur et Chercheuse Nanaba Zacharias. Je serai celle qui va répondre à vos questions et vous expliquer notre travail ici pendant la semaine. Je tiens à commencer en remerciant Monsieur Arlert pour son intervention, qui nous a en effet été forte utile. Erwin ne tarit pas d'éloges sur vous, » ajouta-t-elle en japonais, « je constate qu'il ne laissait pas parler que son cœur. »

« Nanaba ! » gronda Erwin.

La jeune femme rit et reprit en anglais.

« Bien. Ce que nous faisons ici est très important. Pour le reste du monde ? Pas tellement, pour nous ? Non plus. Nous le faisons pour la science. »

« Qu'est-ce que ça peut réellement apporter à la science ? » demanda un élève étranger.

« De nouvelles connaissances. Notre monde est vaste, et même avec notre époque de modernité, nos avancées technologies, nous continuons, jour après jour, de découvrir de nouvelles choses dont nous n'avions même pas idée ! Les mythes deviennent réalité, et au sens littérale du terme ! Qui sait les autres qui nous reste à découvrir ! »

Ce que Nanaba disait n'était rien qu'Armin n'avait pas déjà entendu à la télévision ou sur youtube. Il commença à noter des choses sur son carnet, en faisant attention à ce qu'Erwin ne le remarque pas. Mais le professeur était trop occupé à écouter sa collègue. Armin savait qu'Erwin et Nanaba étaient amis de longues dates, avant qu'ils ne découvrent être cousins éloignés. C'est Erwin qui a présenté Nanaba à son meilleur ami, Mike Zacharias, dont Nanaba porte aujourd'hui le nom.

Armin nota qu'Ymir tenta une approche des sirènes, mais il était difficile de leur parler avec tant de gens autour. Il vit la brune griffonner rapidement sur son carnet, vérifier qu'elle n'était pas observée (en faisant un clin d'œil à Armin en le remarquant) et tourna la feuille vers les sirènes.

Armin était impressionné de voir qu'elles furent très discrètes et subtiles. Elles nagèrent dans tout l'aquarium de haut en bas, n'attirant pas du tout l'attention. Elles échangèrent un regard avant se te tourner vers Ymir. Historia prit le relais et le jeune homme se força à ne pas regarder dans leur direction.

Fais leur confiance, elles savent ce qu'elles font.

Isabel lui sourit timidement, mais Farlan resta la fixer avec un air septique. Il éloigna Isabel et resta fixer sur Armin, malgré l'intervention des deux jeunes femmes. Le blond sourit mal à l'aise. Ça n'allait pas être une mince affaire, mais les créatures semblaient déjà les avoir repérés. Ça ne commençait pas si mal que ça.

Une heure plus tard, tous quittèrent le troisième sous-sol. Armin voulait poser une dernière question à Nanaba, et Erwin l'accompagna.

« Professeur Nanaba- »

Elle le regarda surprise :

« J-j'ai dit quelque chose qui ne fallait pas ? » bégaya le petit blond.

« Non justement, peu sont ceux qui savent qu'il ne faut pas m'appeler par le nom de mon mari. »

« Heu … je lis beaucoup de magazines scientifiques. »

« Armin suit de très prêt tout ce qui se passe dans notre métier. Il est calé dans énormément de sujet, et à un avenir très prometteur dans le milieu. »

« J'ai eu la chance d'en avoir la preuve, plus tôt. Mais dites-moi, comment avez-vous su pour leur marque ? »

Les rouages s'activèrent sous sa tignasse blonde et il réussit à ne pas mettre trop de temps à répondre :

« Simple déduction. Énormément d'espèce animal se marque pour se reconnaître, et celle de ses créatures semblaient très originalle et personnelle pour n'être qu'une marque portée par tous ceux de leur espèce. »

« Un cerveau brillant qui ne se contente pas que de croire ce qu'il lit mais relie les points par lui-même, ça se fait rare ses temps-ci. »

Le blond rougit sous la douche de compliment et tenta de retrouver ses mots :

« O-oui … Je me demandais ce que vous comptiez obtenir de vos recherches ? »

« Tu n'as pas étais attentif, tout à l'heure- »

« Tout à l'heure, les étudiants vous ont interrogé sur les centres de vos recherches, pas sur ce que vous comptiez obtenir ? »

« N'est-ce pas la même chose ? »

« A vous de me le dire ? »

Nanaba eut un sourire.

« Tu as raison en effet. Notre but est de comprendre cette nouvelle forme de vie pour pouvoir mieux l'approcher. »

« L'approcher ? » Armin écarquilla les yeux.

« Nous espérons pouvoir obtenir des informations sur les lieux de vie de ces créatures, dans le but d'organiser des plongés pour étudier en profondeur – sans mauvais jeu de mot. »

« Vous voulez détruire leur habitat ? »

« Détruire est un mot un peu fort- »

« Analyser et étudier pour des scientifiques c'est prendre le sujet de l'étude et le ramener en laboratoire ! Vous allez détruire leurs habitats en les prenant pièce par pièce. Le Japon ne sera pas le seul pays sur le coup ! Comme chaque autre espèce sur cette terre, vous allez les détruire et les tuer ! Où pire, ils seront vendus aux riches de chaque pays comme animaux de compagnie et décorations vivantes ! »

Nanaba était sous le choc. Armin avait presque fini en criant, et elle ne pouvait pas réellement le contrôler. Elle ne s'attendait pas à quelque chose de cette ampleur, venant d'un étudiant en science. Habituellement les étudiants en sciences – sans dire qu'ils étaient des connards – ne pensaient pas trop à ce genre de chose, et plus à leur propre réussite via ce qu'ils pouvaient tirer des recherches qu'ils effectueraient (ils en tiraient généralement des quantités d'argents énormes et la popularité).

Le jeune blond s'était laissé emporté, et il recula, surpris par lui-même.

« Pardon, je ne voulais pas- »

« Armin, Nanaba a encore du travail et il se fait tard. »

Erwin avait lui aussi été surpris par la soudaine explosion d'Armin. Il mit une main sur l'épaule du blond et le tira vers la sortie cependant le petit n'en avait pas complètement fini :

« Vous comptez au moins les relâcher ? »

Nanaba ne produit que des sons sans formes et Armin lui jeta un regard noir. Erwin l'avait maintenant pris par le bras pour le traîner. Le silence fit place entre eux toute la montée jusqu'au rez-de-chaussée – il avait néanmoins réussi à noter la combinaison totale du code. Il fumait encore, mais au fur et à mesure, il sentit la colère émaner d'Erwin et écraser la sienne. Seulement, le jeune homme n'avait pas l'impression qu'elle était dirigée entièrement vers lui. À peine sortit de l'ascenseur, Erwin ne le laissa pas le temps de s'enfuir et le prit par le bras, le traînant dans son bureau. Il le lâcha au milieu de la pièce et se cala sur son bureau :

« Je peux savoir ce qui t'as pris ? »

« Je ne peux pas m'expliquer, ça m'est venu seul … Isabel et Farlan ne sont pas heureux … »

« Isabel et Farlan ? »

Merde, pensa Armin.

« Ils me l'ont dit, » dit-il à toute vitesse.

« Comment ? »

Erwin leva un sourcil sceptique, et s'approcha.

« Il y a quelque chose que tu ne me dis pas ? »

« Heu … j'ai appris la langue des signes ? »

Erwin écarquilla les yeux.

« Je ne m'attendais pas à ça … Armin je pensais tu étais heureux de cette occasion qui t'étais donné, je te repose la question, qu'est-ce qui t'as pris ? »

Armin resta silencieux. Il se mordit la lèvre inférieure, et leva les yeux vers Erwin.

« Je peux comprendre que tu n'approuves pas certaines méthodes, et l'évolution de ce projet, mais tu n'y peux rien. Tu n'es qu'un étudiant. Alors étudie. »

Armin serra les poings. Il avait pourtant toujours été un droit dans ses bottes, qui contrairement à Eren ne s'amusait pas à contredire et reprendre les professeurs à chaque cours. Mais là ça ne lui plut pas. Qu'on lui demande de rester dans le rang sans rien dire ne lui convenait pas, pas cette fois. Il redressa la tête et flasha un dernier regard noir à Erwin avant de partir.

Le professeur en resta figé. Il ne comprenait vraiment pas ce qui passait dans la tête d'Armin. De plus, le jeune homme semblait connaître plus de chose qu'il ne l'avait laissé paraître, et cela attira la curiosité du grand blond.

Eren pendant ce temps était à la grotte avec Levi. Il l'avait rejoint au moment où Mikasa et Annie repartaient, la blonde un sourire aux lèvres, et Mikasa l'air soulagé. Eren eut l'esprit plus tranquille et c'est avec joie qu'il sauta à l'eau et alla nager avec son triton.

Ils nageaient calmement, laissant la possibilité à Eren de parler tout en respirant longuement. Mais le froid eut raison de lui et très vite il fut essoufflé et Levi le ramena à la grotte.

« Ça fait du bien ! »

« Eren, tu es gelé. »

« Ça ne m'empêche pas d'avoir profité ! Je ne ferais pas ça tous les soirs, je te préviens, » dit-il en rigolant.

Levi prit quelques couleurs.

« Je n'ai pas besoin que tu viennes nager avec moi, ta présence me suffit. »

Eren en resta le souffle court mais sourit :

« Heureux de le savoir, sache que c'est réciproque. »

Ils continuèrent de parler et réchauffer Eren jusqu'à ce que le téléphone de ce dernier sonne.

« Allô Armin ? »

« Eren, je viens de sortir, il s'est passé des choses … bizarres. J'ai légèrement perdu le contrôle sur ma personne et Erwin n'a pas apprécié. »

« Mince, rien de grave ? »

« Je ne sais pas, honnêtement. Il ne m'a rien dit sur le reste des cours, je suppose qu'ils sont maintenus, mais j'ai failli me griller. J'ai un peu trop fait part de mes connaissances … »

« Tu me raconteras ça tout à l'heure, mais je suis sûr que ce n'est rien de grave. Où es-tu ? »

« En route pour l'appart', presque arrivé d'ailleurs, j'ai rattrapé Mikasa et Annie qui sortaient d'un café ! »

« Laisse moi me sécher et je vous rejoins dans une vingtaine de minutes. »

« Te sécher ? Tu es parti nager ?! Mais ça va pas ?! Tu est avec Levi avoues ! »

« Oui, et alors ? » Eren commençait déjà à rougir.

« Rien du tout, mais ça ne m'étonne pas trop, vous vous êtes bien rapprochés tous les deux … »

Armin souriait clairement à l'autre bout du fil, le démon.

« Garde tes sous-entendu pour toi même ! »

Et il raccrocha, gêné à n'en plus finir. Levi le regarda curieusement. Eren lui fit signe que ce n'était rien, mais le triton n'y crut pas. Il ne dit rien cependant, et regarda Eren se changer.

« Armin, Historia et Ymir ont pu faire les premières approches, je t'apporte les nouvelles demain ! »

« Merci à tes amis. »

« Je leur transmettrais ! »

Il s'apprêtait à partir mais s'arrêta. Le baiser de Levi sur sa joue lui revint en tête, et il souffla un grand coup. Il retourna vers Levi qui ne comprit pas son changement d'attitude.

« Eren ? »

Il s'agenouilla au bord des rochers et posa ses lèvres sur celle de Levi. Il ne pressa même pas, ne fit que poser, mais ce fut assez pour les faire paniquer tous les deux. Leur cœur prit un rythme fou, et quand Eren se recula, Levi cacha sa rougeur en plongeant la moitié de son visage sous l'eau.

« Bonne nuit, » dit le jeune homme, peu sûr de lui.

Il entendit une réponse étouffée par l'eau et des bulles suivirent. Il rit et partit, le cœur léger.

Il arriva à son appartement peu après le coucher de soleil, où s'était réuni toute la petite troupe minus Jean et Marco. Les trois infiltrés racontèrent tout en détails, y comprit le sauvetage des créatures par l'intervention d'Armin qui rougit encore de gêne.

« C'est génial Armin ! Je ne t'aurai jamais pensé aussi confiant pour prendre la parole comme ça ! » rit Eren après que le blond ait raconté la confrontation avec Nanaba et Erwin.

« Oh la ferme, j'ai juste dit ce que je pensais ! »

« Je sais bien, mais tu es plutôt discret d'habitude. Oh comme j'aurai aimé voir la tête du Professeur Smith ! »

« Tu la verras demain, on a cours avec lui je te rappel. »

« Pour revenir au plan, Isabel et Farlan savent que Historia, Armin et moi connaissons Levi. Isabel semblait soulagée mais Farlan montrait de la résistance. »

« C'est normal, il est méfiant. »

« Mm, je serai sûrement comme lui à sa place. Et pour la terrasse et l'aquarium ? »

Armin sauta du canapé l'air tout excité.

« C'est la meilleure nouvelle de la journée ! Ils sont dans un aquarium en verre, qui donne directement sur la mer ! »

« On pourrait directement les faire sortir par l'aquarium ! »

« Attendez, n'y a-t-il pas un risque que l'autre côté de la vitre cède sous la pression de toute l'eau et inonde le laboratoire ? » fit remarquer Historia.

Armin se rassit.

« Je n'y avais pas pensé mais c'est une possibilité … »

« La vitre m'avait l'air assez épaisse, » informa Ymir.

« C'est une question qu'il faudra poser à Nanaba au prochain cours ! »

« Ça serait suspect, non ? »

« Bof, pas tant que ça, au contraire ça paraît presque stupide. »

« Eren a raison, » affirma Armin.

« Bon, y a plus qu'à continuer comme ça alors ! Armin, je comprend ton état d'esprit mais tu devrais faire profil bas pour les prochains jours, surtout ceux où Ymir et moi ne serons pas présentes. La mission sauvetage passe avant tout, tu pourras faire tes protestations sur le monde scientifique plus tard, » gronda gentiment Historia.

Et comme elle était la maman du groupe, on ne pouvait que l'écouter la tête basse et acquiescer. Les jours qui suivirent furent intenses pour tout le monde. Armin écouta Historia et resta discret pendant les autres cours, mais il avait déjà attiré l'attention d'Erwin sur lui qui le garda à l'œil tout le reste de la semaine. Il demanda à voir les notes d'Armin tout les soirs, et compléta les trous qu'il pouvait y avoir avec ses connaissances personnelles. Les cours ne portaient plus sur les sirènes en elles-même, mais plus sur les avancées scientifiques et les projets pour le Laboratoire dont Nanaba et Mike étaient responsable.

Un étudiant lambda avait demandé à quel pression d'eau pouvait résister la vitre – au grand bonheur des trois étudiants – mais la réponse ne fut pas satisfaisante : elle n'était pas assez épaisse pour supporter la pression de l'eau si une ouverture sur la mer venait à se faire.

Marco trouva une solution en hackant le dossier sur la fabrication de l'aquarium, et avec les dimensions du filtre, relié directement à la mer, Isabel et Farlan seraient juste mais pourraient s'échapper par là. Marco rajouta que l'aquarium devra être vidé au maximum pour leur permettre de dégager le filtre et passer par l'ouverture.

Ymir et Historia réussirent à communiquer avec les sirènes deux ou trois fois, mais se tenir tranquille après avoir failli se faire attraper. Farlan restait sur ses gardes mais Isabel aimait beaucoup Historia. Les deux jeunes humaines avaient expliqué avec des mots simples comment elles et Armin connaissaient Levi. Eren avait réussi à arracher à Levi l'alphabet mermédien.

Elles avaient griffonné sur des feuilles les mots : Ami à nous sauver Levi tempête, et le jour d'après : discussions découverte votre espèce, Levi parle de vous.

La suite, ils l'avaient deviné. Quand Farlan et Isabel avaient été découvert par les Chinois, l'ami en commun (Eren) les avaient reconnu et avaient organisé tout ça. Mais les sirènes ne semblaient pas encore bien comprendre quel fin tout cela avait.

Ymir et Historia ne pouvant plus venir, ce fut Armin qui finit. Levi avait informé Eren sur la communication en langue des signes. Il avait donc appris ce qu'il lui suffisait de dire et était resté traîner un peu, simulant un besoin de rattacher ses lacets. Isabel s'était soudainement agitée vers Armin, et Nanaba et deux autres scientifiques avaient accouru :

« Qu'est-ce que tu lui as dit ?! Je t'ai vu lui parler, en langue des signes ! Que lui as-tu dis pour la mettre dans cet état ?! »

Il fallait aussi préciser que le laboratoire avait presque été cambrioler deux jours plus tôt, et la vitre de l'aquarium avait été fissurée. Les gardes et scientifiques étaient donc tous à cran, et surveillaient les moindres faits et gestes des étudiants.

Armin jura sous sa barbe et se releva, rouge écarlate.

« Heu je- ... »

« Il lui a dit qu'elle était très belle. Je crois que notre petit Armin n'est pas insensible au charme de cette belle créature, » intervint Erwin.

Armin cacha sa surprise, et hocha la tête devant le regard inquisiteur de la responsable. Farlan avait pris Isabel par les épaules et cracha sur Armin aux mots d'Erwin.

Merde, il manquait plus que ça, pensa le blond. Mais Farlan lui fit un signe discret pour lui montrer que tout allait bien.

« Je ne savais pas que tu parlais en langue des signes … » fit remarqué Nanaba un sourcil levé, suspicieuse.

« J'ai pris des leçons dernièrement, Hange, » expliqua-t-il.

« Mm, je vois. »

Elle continua la leçon mais Armin savait qu'il n'était pas sortit d'affaire. Le regard d'Erwin le lui garantissait.

Sauf que ce soir, Armin ne pouvait pas traîner ! Jean et Marco s'étaient présentés en tant que nouveaux agents de nettoyage le matin même, et Armin et Eren les avaient croisé toute la journée sans pouvoir leur parler. Les badges semblaient bien fonctionner et Marco leur avait créer des faux dossier parfait. Les gardes étaient aussi familier avec leur visage, vu qu'ils étaient partis nettoyer la salle de pause de l'armée plus tôt dans la journée.

Le blond devait les retrouver devant la fa pour les conduire en bas ! Seulement, Erwin le jeta de nouveau dans son bureau dès qu'ils sortirent de l'ascenseur.

« Je peux savoir pourquoi est-ce que tu parlais en langue des signes à ces créatures ? Pourquoi as-tu parlé d'évasion ?! »

Armin était statufié. Complètement figé. Ses yeux s'étaient quand même écarquillés et il regardait Erwin surpris et en détresse.

« Je n'ai pas menti, j'ai pris des cours Armin, je sais parfaitement ce que tu leur as dit. Je ne te parle pas de professeur à élève, mais d'un homme à un jeune homme. Si quelqu'un d'autre avait compris tu te rends compte de ce que tu aurais pu avoir comme problème ? »

« Je débute, j'ai mélangé les signes ... » tenta Armin sans vraiment y croire.

Erwin n'était pas stupide et fronça les sourcils. Il ne pouvait cependant rien dire d'autre à Armin. Mais il le fit quand même.

« Tu as agis étrangement toute la semaine. Juste après ton coup de gueule je m'attendais à te voir féroce, à poser des questions sans cesse pour tenter d'acculer Nanaba dans un coin … au lieu de ça tu as été sage, obéissant … tu t'es fondu dans la masse. Tu as fais profil bas. »

Le stress d'Armin ne cessait de croître. Il devait rejoindre Jean et Marco, et vite ! C'était le jour J, Levi et Eren en avait parlé toute la semaine et le blond ne pouvait pas les laisser tomber.

« Si tu n'as rien d'autre à me dire, je dois retrouver des amis- »

« Pour faire évader les sirènes ? »

La respiration d'Armin eut un accro. Comment ? Erwin le scrutait de haut en bas et fut fière de tirer une réaction au plus jeune.

« Les deux 'Allemandes' du premier cours, je les ai croisé dans la rue avant-hier. Elles parlaient avec ton amie, Mikasa ? Et dans un très bon japonais si je peux me permettre, contrairement au massacre servi par la blonde le premier jour. Et tous les autres regards pendant le reste de la semaine. J'ai eu peur que l'une d'elle est attiré tes yeux loin de moi, mais en réalité elles sont également tes amies. »

Armin se sentait comme un animal coincé dans une cage qui se resserrait tel un piège mortel. Il savait comment il se sentait par rapport à Erwin, mais ne savait pas si ce que ressentait Erwin serait assez pour que l'homme se taise. Là, il semblait vouloir comprendre, mais Armin n'avait qu'une envie : c'était que pour une fois, le brillant professeur ne s'intéresse pas à lui.

« Je dois y aller, » tenta-t-il une dernière fois.

Il sentait ses genoux faiblirent et décida de bouger avant de s'effondrer. Il avait réussi à sortir de la salle quand Erwin lui attrapa le bras.

« Armin, si j'ai raison, pitié ne fais pas ça. Tu ne te rends pas compte de ce qui pourrait te tomber sur le nez. Qu'est-ce qui te pousse à faire ça ? Tu n'aurais pas été insensible à la condition des créatures, mais tu n'aurai pas réagi si violemment si quelque chose d'autre n'était pas arrivé ! »

« Rien Erwin ! Tu te fais des idées ! Tout va bien ! Maintenant lâche-moi ! »

Ce n'était pas crédible le moins du monde mais Erwin lâcha Armin.

Ils se tenaient tous deux de l'un et de l'autre côté de l'encadrement de la porte, et même si celle-ci était ouverte, cela semblait mettre une barrière entre eux. Contrairement à ce qu'Erwin s'attendait à voir, Armin ne ressemblait pas à quelqu'un de résigner, qui ne souhaite pas faire ce qu'il s'apprête à faire mais qui le fait par obligation. Mais le grand blond ne rencontra qu'une furieuse détermination et un courage sauvage dans les saphirs du jeune homme. Le cœur du Professeur eut des loupés.

Armin soupira intérieurement en se disant qu'il était enfin tranquille, mais c'était sans compter sur les arrivés simultanées d'Hange et de Jean et Marco. Ces derniers ne voyaient qu'Armin de là où ils arrivaient, et ils coururent vers lui en criant :

« Armin, enfin ! »

« Putain ça fait dix ans qu'on appelle ! Sasha et Connie vont pas pouvoir maintenir le bateau longtemps dans ce noir et on doit faire signe à Eren pour qu'il plonge ! » déblatéra Jean sans remarquer la mine paniquée de son ami.

« Qu'est-ce qui t'as ralenti ? » demanda Marco avant de se stopper net.

Jean l'imita et ils pâlirent tous deux en voyant Erwin, bien droit, le regard altérant entre chacun d'eux avant de se refixer sur Armin. Hange avait tout entendu et se fit remarquer en lâchant son calepin.

« Oh c'est pas vrai, » murmura Armin.