Me revoila avec une fiction cette fois-ci inspirée par les bouquins et non pas les films !
Je reprends donc mon histoire avant l'épilogue du tome 3 de Divergente. J'oublie cet épilogue et pour info je n'adhère pas du tout à ce qu'il se passe dans l'après-Divergente, We can be mended. Je ne me suis pas inspirée de cette fin.
J'ai donc fait une petite suite au tome 3.
Je me rappelle qu'après avoir écrit mon OS, on m'a dit, tu verras, une fois que tu auras lu les livres, tu ne le verras plus de la même façon ! Et c'est bien vrai ! lol c'est pour ça que j'ai fait cette fic qui se compose de 6 chapitres.
Bonne lecture
Cela faisait quatre mois que Tobias vivait, ou plutôt survivait dans la nouvelle Chicago. Il ne ressemblait plus vraiment au Quatre que ses amis et Tris avaient connus : il s'était laissé pousser la barbe et ne se coupait plus les cheveux aussi souvent qu'avant. Il était à présent à l'antipode du look altruiste qu'il avait porté une grande partie de sa vie. Ses amis l'avaient suivis peu de temps après qu'il ne se soit installé dans un appartement au bord du fleuve. Zeke, Shauna, Amar et Georges avaient emménagé en haut de la tour Hancock tandis que Cara et Caleb avaient préféré se loger à côté du Millenium Park. Seule Christina habitait dans le même bâtiment que Tobias. Ce dernier la soupçonnait de vouloir toujours garder un œil sur lui et cela le contrariait au début mais à présent, cela lui était égal. Elle passait le voir de temps à autre et lui, faisait mine de bien aller afin qu'on ne le dérange pas plus. D'un point de vue professionnel, il avait décidé de rentrer dans les forces de l'ordre de la nouvelle Chicago. C'était un métier qu'il savait faire et qui lui permettait de se défouler quand bon lui semblait. On lui avait proposé un poste à responsabilités compte-tenu de son importance dans les évènements passés mais il avait refusé l'offre afin de se retrouver sur le terrain. Il revenait malheureusement souvent blessé à cause de ses interventions musclées et risquées. Un beau jour, il avait fini à l'hôpital à cause d'une chute d'un immeuble haut de deux étages après une course-poursuite. Tobias avait donc été amené aux urgences les plus proches, escorté par Amar, son ami de longue date. Lorsqu'il se réveilla, il remarqua qu'il était dans un lit d'hôpital puis il regarda sur sa droite pour voir Amar, endormi. Il voulut se redresser mais une violente douleur dans les côtes le fit gémir, ce qui réveilla son ami.
- Hey, où crois-tu aller comme ça ? demanda Amar.
- Oh, je comptais faire les jeux olympiques, la routine quoi ! Oh non de…
- Très drôle ! Mais ça va être compliqué avec deux côtes fêlées et encore, tu ne t'en sors pas trop mal !
- Et celui que je poursuivais ?
- Lui, il s'est pété les deux jambes donc tu vois !
- Aide-moi à sortir.
- C'est hors de question ! dit Christina en entrant dans la chambre.
- Tu l'as prévenue ? grogna-t-il sur Amar.
- Il faut bien que quelqu'un prenne soin de toi ! répondit-il en chuchotant.
- Tu n'es pas croyable ! continua la jeune femme.
- Je courais après le méchant, et je l'ai eu !
- Oui mais tu as vu ce que ça t'a coûté ?
- S'il te plait maman, inutile de m'engueuler ! répondit Tobias, nonchalant.
Le visage de Christina qui demeurait inquiet jusqu'à présent, changea du tout au tout et Amar comprit alors que la conversation risquait de ne pas être plaisante. Tobias lui jeta un coup d'œil afin qu'il l'aide mais il ne vit que son ami rester silencieux et sérieux.
- Si tu comptes te tuer au travail, autant prendre le sérum d'oubli, ce sera moins douloureux !
- Pour moi ?
- Pour nous ! hurla-t-elle. Nous, tes amis, qui tenons à toi et qui ne voulons pas te perdre !
- Je ne vous demande rien…
- Mon Dieu mais quand es-tu devenu si ingrat ?
- Tout ce que je veux c'est qu'on me laisse tranquille ! Argh ! gémit-il tandis qu'il tentait de s'asseoir.
- Et moi tout ce que je veux, c'est que tu arrêtes de te précipiter vers le danger dès que tu en as l'occasion. Ce n'est pourtant pas compliqué ! Tu sais, je redoute quand le téléphone sonne les soirs où tu es de garde car je crains qu'un jour, cet appel soit celui qui m'annonce que tu es mort dans l'exercice de tes fonctions.
- Christina…
- Tu n'es pas le seul à l'avoir perdu ce jour-là, Tobias. Certes vous étiez proches mais moi, c'était ma meilleure amie alors tu n'as pas le monopole du chagrin !
Suite à cette remarque, Christina s'en alla. Il ne savait pas quoi penser de cette discussion. C'était la première fois qu'il voyait Christina dans cet état. A cet instant, il vit Amar qui le fixait du regard :
- Pourquoi tu l'as appelé ?
- Mec, on s'inquiète tous pour toi, il n'y a que toi qui ne t'en rends pas compte.
Le jeune homme n'avait pas de réponse à apporter à son ami. Il savait qu'il avait pertinemment raison mais il n'avait pas encore trouvé le moyen de faire son deuil et peut-être n'y parviendrait-il jamais. Amar se proposa pour le ramener chez lui et Tobias l'en remercia car ses blessures lui faisaient un mal de chien et il ne se voyait pas rentrer seul en taxi.
Le lendemain, le réveil fut douloureux mais Tobias prit son temps, il n'avait malheureusement pas le choix ! Le médecin lui avait ordonné de se reposer et l'avait interdit de revenir au travail avant trois semaines de repos forcé voire un mois si nécessaire. Le jeune homme avait alors compris qu'il devait se ménager s'il voulait reprendre le travail au plus vite. La dispute de la veille avec Christina l'avait contrarié, sachant que son amie avait raison sur toute la ligne. Il se décida alors à aller la voir cependant, elle habitait trois étages plus haut et l'ascenseur ne fonctionnait plus depuis bien longtemps. Déterminé, il décida d'y aller tout de même, oubliant les douleurs dans ses côtes. Lorsqu'il arriva devant la porte de Christina, il était en nage, appuyé contre le chambranle et fatigué de cette ascension. Il allait frapper à la porte quand cette dernière s'ouvrit. Christina s'apprêtait visiblement à sortir mais son visage se figea lorsqu'elle le vit sur le pas de sa porte :
- Tobias ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu vas bien ?
- Oh, un peu d'aide ne serait pas de refus.
Christina l'aida alors à s'asseoir sur son canapé et lui apporta rapidement un verre d'eau. Elle voyait clairement qu'il souffrait le martyr.
- Mais enfin que fais-tu là, tu ne devrais pas plutôt être dans ton lit ?
- Je voulais te voir.
- Tu es fou ! Tu aurais pu m'appeler !
- Je ne savais pas si tu allais me répondre compte tenu de notre dernière discussion.
- Oh, répondit-elle, surprise.
- Christina, je suis désolé que tu ais cru que je me moquais de ton chagrin. Elle me manque terriblement que j'en oublie que d'autres souffrent à mes côtés. Je ne veux pas te perdre.
- Tu ne vas pas me perdre voyons. Je voulais que tu comprennes que tu dois avancer sinon…
- Je sais. Excuse-moi.
La jeune femme lui sourit, heureuse qu'il se rende compte que son comportement devait changer.
- Je ne voudrais pas abuser mais tu pourrais m'aider à redescendre dans mon appartement ? demanda-t-il, penaud.
- Mais bien sûr ! Allons-y !
Depuis cet instant, Tobias avait essayé de faire son deuil mais cela semblait relever de l'impossible. Alors il faisait bonne mine devant tout le monde. Ses amis le conviaient souvent à des sorties auxquelles il répondait présent la plupart du temps mais il rentrait quasiment ivre à chaque fois. L'alcool n'était pas vraiment son truc avant la mort de l'amour de sa vie mais il y trouvait un peu de réconfort lorsqu'il était saoul. Et comme à chaque fois, c'était Christina qui le ramenait chez lui. Un soir, peu de temps après qu'il ait repris le travail, alors qu'elle le ramenait tant bien que mal, elle l'allongea sur son canapé tandis qu'il s'endormait puis elle posa un plaid sur lui et s'apprêta à partir quand elle l'entendit parler dans son sommeil :
- Pourquoi tu m'as abandonné ?
Christina resta un instant à l'observer, ne sachant pas si elle devait le laisser seul ou rester pour essayer d'apaiser sa peine grandissante.
- Je voulais faire ma vie avec toi, avoir des enfants mais tu m'as laissé tomber.
- Ce n'est pas vrai, répondit Christina instinctivement. Tu ne peux pas dire ça Tobias.
- Tu me manques tellement, comment je suis censé vivre sans toi ?
Christina blêmit. Elle était perdue dans ses pensées quand elle entendit soudainement que son ami pleurait. Cela lui fit énormément de peine car Tobias était devenu son ami et elle essayait de faire en sorte qu'il ne sombre pas à cause du chagrin mais le voir dans un tel état de détresse émotionnelle, la déstabilisa. Elle s'approcha alors de lui et lui passa la main dans les cheveux ce qui eut pour effet de l'apaiser dans son chagrin. Il finit par s'endormir profondément et elle le laissa à contrecœur.
Le lendemain matin, Tobias se réveilla avec un mal de tête carabiné. Il mit en marche la cafetière et se dirigea vers la salle de bain. Il ouvrit un placard et prit un flacon d'aspirine, en avala un comprimé puis il s'attarda sur une petite fiole sur l'étagère. Il la prit en main et la regarda intensément. Il s'agissait d'un flacon de sérum d'oubli. Il avait facilement réussi à s'en procurer un nouveau après que Christina le lui ait confisqué lorsqu'ils étaient revenus sur Chicago. Tout son corps et son âme le suppliaient de le boire afin de mettre fin à toute cette souffrance mais il entendait irrémédiablement la voix de Tris l'intimant de ne surtout pas le faire et de se battre jour après jour. Alors il reposa le flacon, comme à chaque fois, et retourna dans la cuisine se servir une tasse de café puis s'assit sur une chaise. Il avait du mal à se concentrer pour savoir ce qu'il devait faire de la journée pour son jour de congés quand sa porte d'entrée s'ouvrit pour apercevoir Christina.
- Ah, tu es encore en vie, c'est bon à savoir ! dit-elle.
- On ne t'a jamais appris à frapper avant d'entrer.
- Je vais bien, je te remercie, c'est gentil de demander ! A voir ta tête, je suppose que tu ne pètes pas la forme ! Tu ne veux pas qu'on aille courir un peu après ton déjeuner ?
- Oh non, j'ai un tas de choses à faire …
- Tu plaisantes j'espère ?
Tobias ne sut que répondre. Avec le temps, Christina arrivait à lire en lui comme dans un livre ouvert, presque autant que Tris le pouvait. Le jeune homme resta un instant à repenser à l'amour de sa vie quand on frappa à sa porte. Il n'eut pas le temps de réagir que Christina ouvrait déjà la porte. Il s'agissait d'un coursier qui apportait une lettre pour Tobias. Elle la récupéra et lui donna :
- C'est ma mère qui m'envoie une lettre. Elle s'inquiète pour moi.
- Comme nous tous, répondit-elle.
- Il ne faut pas. Je n'en vaux pas la peine.
- C'est justement à cause de ce genre de remarque qu'on s'inquiète !
Tobias leva la tête et la regarda, un petit sourire au coin de la bouche. Il savait que ses amis ne lui voulaient que du bien mais tout ce qu'il souhaitait, c'était qu'on le laisse tranquille.
- Laisse-moi un quart d'heure et je te retrouve en bas pour aller courir.
- Ok.
Christina se rapprocha et lui fit un baiser sur le haut du front puis partit. Tobias ouvrit la lettre :
« Tobias,
J'ai bien reçu ta dernière lettre et je te remercie de continuer à me donner des nouvelles. Même si tu me dis que tout va bien, tu dois savoir qu'une mère sait toujours quand son enfant a des problèmes. Même si je ne suis pas là, tu dois savoir que je pense fort à toi. Je sais malheureusement ce que c'est de perdre quelqu'un qui est cher à ton cœur. Je ne peux pas te dire que la douleur que tu éprouves en ce moment va disparaître car ce n'est pas le cas. Au mieux, elle s'atténuera mais elle t'accompagnera tout au long de ta vie. J'ai la chance que tu ais accepté que je revienne dans ta vie et je voudrais tellement être auprès de toi pour te rassurer, faire ce que j'aurais dû faire tout au long de ton existence, autrement dit, te protéger. Je te promets que dès que je pourrais, je viendrais à Chicago.
Je t'aime mon fils. »
Lorsque Tobias reposa la lettre sur la table, il sentit son cœur se serrer. A cet instant, le jeune homme n'avait envie de rien sinon d'être seul mais il se rappela qu'il avait dit à Christina de le retrouver en bas du bâtiment. Après tout, rien de tel qu'un jogging pour se défouler alors il enfila un bas de jogging, un t-shirt puis retrouva son amie. Tandis qu'ils avancèrent ensemble, Christina parla au début mais Tobias accéléra la cadence et rapidement, elle n'eut plus le souffle pour continuer. Au bout d'un moment, elle lui dit qu'elle s'arrêtait pour respirer et il lui annonça qu'il continuait mais qu'ils se retrouveraient plus tard à la maison. A partir de cet instant, le jeune homme courut aussi vite que ses poumons le lui permettaient. Cela dura pendant quelques kilomètres puis il rentra chez lui.
Lorsque Tobias entra dans son appartement, il se retrouva nez-à-nez avec Cara. Il savait qu'elle travaillait avec Matthew mais ne l'avait quasiment pas revu depuis qu'il était revenu à Chicago, d'autant plus qu'elle était en couple avec Caleb, ce qui le motivait encore moins à les fréquenter.
- Bonjour.
- Bonjour, répondit-il encore essoufflé de sa course.
- Tu as bien changé depuis la dernière fois qu'on s'est vu. La barbe te vieillit.
- Ouais.
- Comment vas-tu ?
- Cara, qu'est-ce que tu fais là ?
- Hum, tu es devenu impatient. Va d'abord prendre une douche, j'ai besoin que tu sois présentable.
- Et pourquoi…
- Vas-y, je t'attends, répondit-elle sur la directive.
- Je vois que tu es toujours autoritaire !
- Allez, on dirait que tu sors d'une piscine tellement tu es trempé ! Je fais du café en attendant.
Tobias ne répondit pas et se dirigea vers la salle de bain. Il fila sous la douche où l'eau chaude lui détendit les muscles puis il s'habilla et rejoignit Cara qui leur avait versé une tasse de café chacun.
- Bon, tu vas me dire ce que tu fais ici maintenant ?
- Tobias, ce que je vais t'annoncer va changer ta vie.
- Rien que ça ! Je ne vois pas ce qui pourrait m'arriver et qui pourrait chambouler ma vie.
- Tu devrais t'asseoir.
- Bon, tu vas me dire ce qu'il se passe !
- C'est à propos de Tris.
- Oh Cara, pourquoi ?
- Tobias, elle est en vie.
- Je ne te permets pas de dire ça ! hurla-t-il. Tris est morte, elle est morte !
- Non. Elle est bien vivante, et je vais te le prouver.
