Merci pour la review !
bonne lecture
Matthew arriva à cet instant dans la chambre de Tris.
- Tu as l'air de te porter mieux.
- Comment puis-je parler à Tris ? demanda-t-il sans retenue.
- Oh, Cara n'aurait pas dû t'en parler. Nous ne sommes qu'à la phase d'expérimentation.
- De quoi s'agit-il ? continua Tobias.
- Nous avons commencé à mettre au point un sérum de sommeil qui nous permettrait d'accéder au subconscient, expliqua Matthew.
- Et ça pourrait marcher avec Tris ?
- Nous pensons que cette partie de son cerveau n'a pas été touchée mais nous n'en avons aucune certitude.
- Nous ne l'avons utilisé que peu de fois, nous ne connaissons pas encore tous les effets, ajouta Cara.
- Comment vous procédez ?
- Le sujet auquel nous devons accéder à son subconscient est relié à un moniteur et on inocule le sérum à celui qui veut y pénétrer.
- C'est sans danger pour Tris, enfin le bébé ?
- Non, continua Cara.
- Mais comme Cara l'a dit, nous ne connaissons pas les effets de ce sérum sur le corps humain. Tu pourrais ne pas bien le supporter.
- Il n'y a qu'un moyen de le savoir.
- Non Tobias, nous ne voulons pas que tu coures de risque… commença Matthew.
- C'est peut-être ma seule chance de lui dire au revoir, vous ne pouvez pas me le refuser ! Matthew, je t'en prie.
- Bon, on va essayer mais si quelque chose tourne mal, on te ramène immédiatement ! C'est bien clair ?
- D'accord.
Une équipe médicale entra quelques instants plus tard avec un autre lit et un moniteur relié à plusieurs fils. Cara installa Tobias dans le lit et brancha tous les capteurs qui leur permettraient de suivre le rythme cardiaque du jeune homme. Elle brancha le moniteur puis Tobias s'allongea.
- Tu es prêt ? demanda-t-elle.
- Allons-y.
Matthew injecta le sérum dans le cou de Tobias puis ce dernier ferma les yeux :
Lorsque Tobias se réveilla, il se trouva dans un endroit qu'il n'avait jamais connu auparavant. Il n'avait vu que des images dans des livres et cela s'appelait une plage de sable blanc. Il était pied nu dans le sable chaud, la mer était d'un bleu magnifique et on pouvait voir les vagues s'échouer quand il aperçut une silhouette qui était les pieds dans l'eau. Elle portait un pantalon et une tunique blanche en lin. Il se rapprocha d'elle, le cœur battant la chamade reconnaissant cette silhouette parmi mille.
- Tris, dit-il doucement.
La jeune fille se retourna lentement et croisa son regard. Elle lui sourit et le cœur du jeune homme chavira. Il avait tellement de fois rêvé revoir son doux visage ! Elle s'approcha alors de lui et leurs regards se bloquèrent. Soudain, le jeune homme fondit en larmes, bien incapable de les retenir.
- Hey, Tobias pourquoi tu te mets de cet état ? demanda-t-elle en mettant ses mains autour du visage de son amant. On est dans un endroit merveilleux et qui plus est, nous y sommes tous les deux, que veux-tu de plus ?
Tobias n'arriva ni à regarder ailleurs que dans le regard profond de Tris, ni à cesser les larmes de tomber. A vrai dire, il la prit dans ses bras et évacua toute la peine qu'il avait accumulée ces derniers mois. Tris se laissa faire puis, lorsqu'elle sentit qu'il se calma, desserra leur étreinte :
- Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, inquiète.
A ce moment-là, le jeune homme réussit à remettre ses idées en place et il comprit rapidement qu'elle ne savait pas ce qu'il se passait mais il n'avait pas le droit de l'apeurer sur sa situation. Il finit par sourire à l'amour de sa vie :
- Tu m'as juste terriblement manquée.
- A moi aussi mais tu ne dois pas te mettre dans cet état ! Je suis là et je ne partirais nulle part ailleurs.
- Je t'aime, avoua-t-il.
- Moi aussi mon amour.
Tobias était heureux à cet instant précis. C'était un sentiment qu'il avait presque oublié après tous ces mois de chagrin, d'incertitude, d'égarement. Il l'embrassa alors fougueusement et elle le lui rendit bien mais ils furent obligés de se séparer pour pouvoir reprendre leur souffle puis il la prit dans ses bras et tourna sur lui-même, la faisant rire par la même occasion pour ensuite la reposer à terre.
- Tu es tellement belle, ajouta-t-il en lui souriant.
- Et toi… tu as changé ! C'est quoi cette barbe ? Et tes cheveux, ils ne sont pas aussi courts que d'habitude, à croire qu'on ne s'est pas vu depuis des mois !
Tobias sembla soudainement mélancolique, si seulement elle savait ! Il baissa alors la tête, tentant de rassembler ses esprits et de ne pas craquer une nouvelle fois devant Tris. Il respira un bon coup puis releva sa tête en retrouvant son sourire :
- Ce look ne te plait pas ?
- Ça te vieilli mais j'aime bien. Au moins tu laisses tomber le look altruiste, continua-t-elle en lui passant la main dans les cheveux.
Il sourit béatement mais vit cependant qu'elle le regardait bizarrement.
- Qu'est-ce qu'il y a ? la questionna-t-il.
- Tu saignes, répondit-elle visiblement inquiète.
La jeune femme porta sa main à l'oreille droite de Tobias. Ce dernier en fit de même et constata en effet qu'il saignait quand il eut subitement un violent mal de tête. Il porta ses mains sur son crâne alors qu'il entendait Tris appeler après lui.
Quand Tobias se réveilla, la réalité le frappa de plein fouet lorsqu'il tourna la tête vers le lit adjacent au sien. Tris était de nouveau inconsciente, n'étant maintenue en vie que grâce à des appareils médicaux. Il avait un mal de tête carabiné alors que Matthew et Cara étaient en train de lui parler :
- Tobias, est-ce que tu m'entends ? demanda Matthew, paniqué. Bon dieu, je t'avais dit que c'était prématuré ! dit-il à Cara.
- Je crois qu'il revient à lui. Tobias ?
- Moins fort… dit-il en portant une main sur sa tête.
- Tu es revenu parmi nous, souffla Matthew. Ne recommence plus jamais ça !
- Que s'est-il passé ? Pourquoi m'avoir sorti de là ?
- Tu rigoles j'espère ! continua le scientifique. Tes constantes étaient en train de chuter, ta pression intracrânienne était élevée, du sang coule de ton oreille droite et tu me demandes pourquoi nous t'avons faire reprendre connaissance ! Tu veux ma mort ma parole !
- Ce que veut dire Matthew, c'est que ton corps n'aurait pas supporté plus longtemps ce petit voyage dans le subconscient de Tris.
- Elle ne sait pas ce qu'il lui arrive, répondit Tobias, ignorant totalement les inquiétudes de ses amis quant à son état de santé. Je n'ai pas eu le temps de lui en parler…
- Et il ne faut surtout pas lui dire, ajouta Matthew sur un ton plus froid qu'il ne l'aurait voulu. Pour le bien de ton… de votre enfant, elle ne doit pas savoir ce que son corps subit.
- Mais elle a le droit de savoir ! s'indigna le jeune homme.
- Tobias, je comprends ce que tu veux dire mais c'est pour son bien à elle aussi, insista Cara. Il vaut mieux qu'elle croit que tout va bien si on veut que la grossesse se passe au mieux.
- Donc vous me demandez de lui mentir, c'est bien ça ?
- On ne te demande rien du tout puisque tu ne vas pas la revoir, intervint Matthew. On a bien failli te perdre alors on en reste là avec ce sérum.
- Excuse-moi ? répondit Tobias en se levant et en se tenant devant Matthew, menaçant bien que chancelant. Tu veux qu'on garde la femme de ma vie pour qu'elle mette notre enfant au monde et que je ne fasse rien ? Je crois que tu ne me connais pas bien Matthew. Chaque jour que Dieu fait, je me retiens de ne pas prendre le sérum d'oubli, de ne pas venir dans cette ville pour éliminer David de mes propres mains et tu veux que je ne la revoie pas parce que j'ai eu un petit mal de tête ?
- C'est bien au-delà d'un petit mal de tête, ajouta Cara. Je comprends que tu veuilles la revoir, crois-moi, si j'avais la chance de pouvoir le faire avec mon frère, je le ferais mais nous devons prendre en compte tous les éléments et on ne peut pas se permettre de te perdre, tu comprends ?
- Je vous préviens, je reviens demain et vous avez intérêt à avoir trouvé une solution pour que je retourne la voir. Je vous laisse imaginer ce qu'un homme désespéré est capable de faire dans le cas contraire.
Après cette mise au point, Tobias retourna vers Tris, l'embrassa sur le front et sortit du bâtiment. Il avait mal au crâne mais cela en valait la peine puisqu'il avait pu la revoir, la prendre dans ses bras et l'embrasser. Jamais il n'aurait cru cela possible mise à part dans ses rêves. Il devait à présent digérer que l'amour de sa vie n'était encore dans ce monde que pour donner naissance à leur progéniture, le fruit de leur seule nuit d'amour. Il avait beaucoup d'informations à digérer mais il ne se sentait pas le courage de revenir à Chicago alors il se dirigea vers la seule adresse qu'il avait en tête, ne sachant pas si c'était la bonne solution mais après tout, il n'avait pas grand-chose à perdre.
Lorsqu'il arriva devant la maison en question, il hésita un instant avant de frapper à la porte mais tandis qu'il s'y apprêta, elle s'ouvrit pour faire place à la maitresse des lieux.
- Tobias…
- Maman, répondit-il simplement.
Ils restèrent un instant à se regarder quand il craqua et pleura. Elle ne résista pas une seconde de plus et le prit dans ses bras.
- Je suis là mon garçon, dit-elle. Viens, ne restons pas là.
Elle le guida alors jusqu'au salon où ils s'assirent puis elle resserra son étreinte et pour rien au monde ils ne se seraient lâchés. Après plusieurs minutes, elle sentit qu'il ne tremblait plus et qu'il respirait paisiblement et lentement, signe qu'il s'était endormi. Elle se leva tout en l'allongeant et en le couvrant d'un plaid puis elle s'assit en face de lui pour veiller sur son fils qui avait besoin d'elle.
Tobias fut réveillé par les rayons de soleil qui passaient à travers les volets. Une bonne odeur de café flottait dans l'air et le jeune homme se leva pour voir sa mère dans la cuisine qui préparait le petit déjeuné. Il repensa subitement aux évènements de la veille qui avaient fini par le ramener ici. Il voyait qu'Evelyn faisait des efforts pour se comporter comme la mère qu'elle aurait voulu être pour lui. Elle l'avait accueilli à bras ouverts la veille au soir, sans poser la moindre question. Il était en pleine réflexion quand sa mère s'aperçut qu'il était là :
- Bonjour, commença-t-elle.
- Bonjour. Je tenais à m'excuser pour hier soir, de débarquer de la sorte, dans cet état…
- Tobias, tu n'as pas à t'excuser, je suis là pour ça. N'en doute pas un instant.
- Merci.
- De rien mon fils. Tu veux du café ?
- Oui, merci.
- Assieds-toi, dit-elle en lui montrant la chaise. Tiens. Tu veux du pain grillé, j'en ai fait.
- Ca fait bien longtemps que je n'ai pas déjeuné.
- Ce n'est pas grand-chose mais à voir ta silhouette, je suppose que tu ne dois pas manger beaucoup.
- Oh… je ne fais pas attention à ça.
Le silence s'installa ensuite pendant que Tobias déjeunait alors qu'Evelyn s'était assise en face de lui et l'observait. Elle finit alors par briser cet instant de calme :
- Mon fils, je vois bien que quelque chose t'a bouleversé et j'imagine que c'est aussi pour ça que tu es venu ici ?
- Je ne veux pas en parler.
- Je t'en prie, ne m'écarte pas de ta vie Tobias. Laisse-moi t'aider à porter ton fardeau, tu n'as pas à souffrir seul. Tu peux me faire confiance.
- J'ai toujours dû me débrouiller seul et je me dois d'être fort, pour elle, pour nous.
Le jeune homme vit que ses paroles, malgré lui, avait blessé sa mère alors il pesa le pour et le contre quant à la proposition de sa mère. Il avait promis qu'il ferait son possible pour la laisser entrer dans sa vie à nouveau et il devait bien avouer qu'un peu de réconfort était le bienvenu dans tout son malheur.
- Euh… je…, commença-t-il.
- Je comprends, tu n'es pas obligé de…
- Tris n'est pas morte.
- Mais comment est-ce possible ? rétorqua-t-elle, troublée.
- Le Bureau a découvert que son cœur s'était tellement ralenti qu'elle était passée pour morte. Ils ont guérit ses blessures mais elle a eu des lésions cérébrales et elle ne se réveillera jamais.
- Je suis désolée Tobias. Mais quel intérêt le Bureau a-t-il de te torturer de la sorte ?
- S'ils la gardent en vie, c'est pour une raison bien précise… La nuit avant l'attaque qui l'a rendu dans cet état, nous avons… passé la nuit ensemble. Et suite à ça, elle est tombée enceinte. Le Bureau l'a découvert alors qu'ils étaient prêts à la débrancher.
- Oh mon Dieu.
- Comme tu dis. Ils ont trouvé le moyen de me faire entrer dans son subconscient et elle est toujours parmi nous mais elle ne sait pas ce qu'il lui arrive. Le Bureau ne veut pas que je le lui dise pour le bien être du bébé. Je ne sais pas quoi penser de tout ça maman. Je suis perdu.
- Je comprends mon fils mais tu sais, jusqu'ici la vie a été difficile pour toi, à plusieurs reprises et cet enfant, c'est peut-être enfin le moyen pour toi d'être heureux. Tu sais, malgré ma situation avec ton père, ta naissance a été une vraie, voire même la seule source de bonheur dans mon mariage. Je regrette chaque jour que Dieu fait d'avoir dû t'abandonner.
- Même si je dois mentir à Tris pour ça ?
- Tu crois vraiment qu'elle ne comprendrait pas cela ? Ou bien tu crois justement qu'elle serait d'accord pour que tu ne lui dises rien ?
- Honnêtement, je ne sais pas.
- Je pense qu'au fond de toi, tu as la réponse et c'est ça qui te fait peur. Quoi qu'il en soit, je suis fière de toi mon fils. Tu sais si c'est une fille ou un garçon ?
- Non, je ne voyais pas l'intérêt de le savoir puisque pour moi, je ne mérite pas cet enfant.
- Tris te fait un dernier cadeau, plus que cela, c'est un véritable don du ciel. Tu te dois de l'honorer et puis je serai là pour t'aider, tu ne seras pas seul.
- Merci maman pour ton aide. Je dois y retourner.
- Je te demanderais juste une chose : est-ce dangereux pour toi d'entrer dans le subconscient de Tris parce qu'hier soir, tu paraissais épuisé ?
- Non, ne t'inquiète pas, mentit-il.
- Je m'inquièterais toujours pour toi. Tu me préviendras le jour où je serai grand-mère s'il te plait ?
- Bien sûr. Encore merci. A bientôt, finit-il en embrassant sa mère sur le front.
Il sortit de chez sa mère avec les réponses à ses questions. Evelyn avait raison, il les avait au fond de lui depuis le début, il ne voulait simplement pas les admettre.
