Merci beaucoup pour les reviews.
La fin de la fic approche...
Bonne lecture
Tobias arriva devant la porte d'entrée du bâtiment du Bureau d'un pas décidé. Instinctivement, il se dirigea vers la chambre de Tris. Si la veille, ces couloirs ressemblaient à un labyrinthe, aujourd'hui cela lui semblait comme une évidence. Lorsqu'il ouvrit la porte de la chambre, son engouement disparut quasiment instantanément. Certes, il était heureux d'avoir pu la revoir mais sachant le véritable état de santé de l'amour de sa vie, ces retrouvailles avaient un goût amer. Il l'embrassa sur le front puis s'assit en prenant sa main et devina sous le drap son petit ventre qui commençait à s'arrondir. Il posa alors une main dessus et sourit béatement :
- J'aimerais tellement que tu partages ce moment avec moi mon amour. Je veux que tu saches que je serais toujours là pour notre enfant, toujours. Je serai le père que je n'ai pas eu, je serai son protecteur, son confident. Tu dois savoir que je donnerais ma vie s'il le faut pour notre enfant.
Au même instant, Matthew et Cara entrèrent dans la pièce :
- Bonjour Tobias, commença le scientifique. Comment te sens-tu aujourd'hui ?
- Ca va, merci.
- As-tu pu faire… le point sur la situation ? continua-t-il.
- Je n'ai pas changé d'avis concernant le sérum. Avez-vous avancé là-dessus ?
- Nous avons étudié tes symptômes et tes analyses mais nous n'avons pas trouvé de solutions pour réduire les effets qu'ils t'ont causés, répondit Cara.
- Je ne renoncerai pas, assura Tobias.
- Nous l'avions compris, répondit Matthew. Nous avons donc décidé, en attendant de trouver une amélioration du sérum, que nous ne te l'injecterons qu'une fois par semaine et pour une durée très limitée.
- Ce n'est pas suffisant, commença Tobias.
- C'est pourtant tout ce que tu auras, ordonna Matthew.
- Nous ne pouvons pas risquer de te perdre, ajouta la jeune femme. Déontologiquement, nous ne pouvons pas faire mieux.
- Estime-toi privilégié de pouvoir lui parler.
- Privilégié ? Tu as un sacré culot de me dire ça ! Elle a donné sa vie pour nous tous, elle m'a laissé seul avec tout ça et maintenant je viens d'apprendre que je vais devoir élever notre enfant sans elle et tu veux que je me sente privilégié ! Tu as oublié tout ce que j'ai perdu ?
- Non. Mais si quelqu'un doit te tenir tête pour t'empêcher de te sacrifier juste pour pouvoir lui parler, alors je le ferai. Contrairement à ce que tu penses, nous tenons tous beaucoup à toi. Nous avons déjà perdu Tris, nous ne voulons pas te perdre toi aussi. Est-ce si difficile à comprendre que certaines personnes te veulent du bien ?
Tobias ne savait que répondre. Il était sur la défensive depuis le début avec Matthew alors qu'il ne voulait que l'aider. Si Tris avait été là, elle aurait tempéré ce caractère explosif qu'elle ne lui connaissait pas.
- Excuse-moi. Vous devez juste comprendre que je n'ai rien d'autre qu'elle et notre enfant.
- A ce sujet, nous allons procéder à une échographie, dit Cara. Tu veux y assister ?
- Je peux ?
- Bien sûr, répondit-elle avec le sourire. Voyons comment se porte ton… votre bébé.
Cara approcha l'échographe et leva le t-shirt de Tris. Tobias fut bouleversé de voir le ventre arrondi de l'amour de sa vie. Cara appliqua un gel puis passa l'échographe sur le ventre de Tris tandis que Tobias tenait fermement sa main. Rapidement, les premières images s'affichèrent et on entendit le battement de cœur du bébé. Le jeune homme resta comme figé devant l'écran où il pouvait voir une forme gigoter.
- Donc là, nous avons ses pieds et là, sa tête. Tout à l'air de bien aller, le rythme cardiaque est bon.
- Il est rapide, c'est normal ? demanda-t-il, inquiet.
- C'est tout à fait normal, répondit-elle alors qu'il soufflait de soulagement. Tu veux connaître le sexe ?
- Oh… euh… dit-il en retournant son regard vers Tris. Oui, je veux savoir.
- Très bien. Et bien c'est une fille.
- Une petite fille, répéta-t-il. Tu entends mon amour ?
Le jeune homme pleurait à présent en embrassant la main de Tris mais pas de chagrin cette fois-ci. Non, il s'agissait de larmes de joie alors qu'il pensait qu'il ne pourrait plus jamais l'être à nouveau. Cara figea l'image puis en fit une capture et l'imprima. Elle le lui donna puis il resta un moment à l'observer.
- Christina m'a contacté car elle n'a plus de nouvelles de toi, commença Cara. Tu vas devoir retourner à Chicago pour ne pas éveiller les soupçons.
- Les soupçons ? répondit-il. Pourquoi faut-il que je cache la vérité au sujet de l'état de Tris ?
- Nous ne voulons pas que d'autres croient qu'on peut ranimer les morts, commença Matthew alors que Tobias le regardait, l'air menaçant.
- Oh Matthew, dit Cara. Tu pourrais faire preuve d'un peu de tact pour une fois ! Tobias, nous devons être prudents. Afin d'avancer dans nos recherches, nous devons le faire discrètement. Si nous annonçons que Tris n'est pas morte, on va nous ralentir et nous mettre des bâtons dans les roues. Si tu veux qu'on essaie de perfectionner le sérum de sommeil, on doit le faire sereinement.
- J'ignorais que tu magnais l'art de la manipulation Cara, répondit le jeune homme. Utiliser mon point faible pour garantir mon silence, tu devrais te lancer dans la politique, continua-t-il, sérieux.
- Ce n'est pas ce que j'ai voulu…
- Ne t'inquiète pas, j'ai compris, finit-il. Je vais y aller, je reviendrai dans trois jours.
Tobias quitta le Bureau et alla retrouver sa mère avant de partir de la ville. Il frappa à sa porte puis elle lui ouvrit.
- Tobias, ça va ?
- Evelyn, regarde, dit-il en lui donnant la photo de l'échographie. Je vais être papa d'une petite fille.
- Viens, répondit-elle, émue en le faisant entrer. Elle en est à cinq mois de grossesse si je ne me trompe pas.
- Ouais. Ecoute, tu dois garder ça pour toi pour le moment, c'est mieux pour tout le monde.
- Tout ce que tu voudras mon grand. Je suis tellement fière de toi.
Le jeune homme fixait la photo puis il regarda sa mère :
- Mon petit ange, finit-il, joyeusement.
Il revint donc à Chicago où il rassura Christina sur son absence. Il prétexta, et dans un sens, cela était la vérité, être allé voir sa mère pour un peu de réconfort. Elle sembla le croire sans problème puis il reprit son travail sans rien laisser transparaitre. Il avait la photo de l'échographie en permanence dans son portefeuille afin de pouvoir y jeter un coup d'œil à chaque fois qu'il perdait le moral.
Deux mois plus tard, Tobias était épuisé des voyages dans le subconscient de Tris. Le sérum le fatiguait physiquement mais il ne voulait rien laisser paraitre devant Cara et Matthew afin qu'ils ne lui interdisent pas de l'utiliser. Un beau jour, il revint du Bureau mais une fois en bas de son bâtiment, il fut pris d'un violent vertige. Il s'écroula alors lourdement alors qu'il montait les escaliers et sa tête frappa une marche. Au même moment, Christina descendit, s'apprêtant à sortir avec ses amis quand elle vit son ami par terre, la tête en sang.
- Oh mon dieu, Tobias ! Tu m'entends ?
- Oui, inutile de crier, je t'entends très bien, merci. Je ne vois plus rien.
- C'est peut-être parce que tu pisses le sang ! Apparemment tu t'es pété une arcade sourcilière, continua-t-elle en observant la plaie.
- Oh merde.
Le jeune homme tenta de se relever mais il manqua de tomber à nouveau si Christina ne l'avait pas retenu.
- Tu as bu ? demanda Christina.
- Ca fait des mois que je ne bois plus une goutte d'alcool.
- Ok, là ça m'inquiète. Bon aller, je vais te ramener chez toi.
La jeune femme l'aida donc à revenir chez lui. Elle l'installa sur une chaise dans la cuisine puis elle revint avec la trousse de premiers secours. Heureusement, cette dernière était bien achalandée. Elle nettoya la blessure puis lui posa des strips afin de la refermer.
- Tobias, tu vas me dire ce qu'il t'arrive ?
- J'ai pas mangé grand-chose aujourd'hui…
- Tu plaisantes j'espère ? Ai-je l'air si naïve que ça ?
- Euh… pourquoi dis-tu ça ?
- Ecoute, depuis maintenant deux mois, tu ne prends plus aucun risque dans ton travail, tu ne bois plus et tu as l'air fatigué en permanence. Dis-moi la vérité Tobias, est-ce que tu es malade ?
- Oh non, bien au contraire Christina.
Le jeune homme conclut qu'il était temps de tout lui raconter. Il lui expliqua alors l'état de santé de Tris, sa grossesse et le sérum de sommeil.
- Christina ?
- Elle ne se réveillera pas comme c'était le cas pour Uriah ?
- C'est ça.
- Mais tu as tout de même pu lui parler ?
- Oui, une fois par semaine, je vais la retrouver dans son subconscient grâce à un sérum.
- Et comment va-t-elle ?
- Elle se porte bien et ignore ce qu'il lui arrive. A contrecœur, je suis obligé de ne rien lui dire pour son bien et celui de notre fille.
- Et c'est ça qui t'épuise ?
- Ils ont amélioré la formule, j'ai beaucoup moins de maux de tête mais ça me fatigue pas mal, ouais mais à comparer avec le temps que je passe avec elle, je le ferai toute une vie s'il le fallait. S'il te plait, ne le répète pas à Cara. De toute façon, d'ici peu… dit-il l'air soudainement triste.
- Tu as déjà pensé à un prénom ?
- Euh… non, pas vraiment.
- Merci Tobias.
- Pour quoi ? demanda-t-il, surpris.
- De m'avoir fait confiance.
- Tu es ma meilleure amie, répondit-il. Regarde, continua-t-il en lui sortant la photo de son portefeuille. Je te présente mon petit ange.
La jeune femme regarda la photo, les larmes aux yeux.
- Elle n'est pas morte, dit-elle. Elle vit à travers cet enfant. J'ai hâte de la rencontrer.
- Et moi donc. Christina, tu ne dois rien répéter de tout ça.
- Tu peux compter sur moi mais prends soin de toi, tu veux.
La jeune femme le serra dans ses bras puis elle laissa alors son ami tranquille. Ce dernier se leva et avança prudemment vers la salle de bain où il put voir l'étendue des dégâts. Il changea de t-shirt puisque le sien était maculé de sang puis il s'allongea sur son lit pour se reposer. Son esprit se rappela alors ce qu'il avait vécu quelques heures auparavant :
Lorsque Tobias se retrouva dans le subconscient de Tris, il errait dans une forêt. Il suivit un sentier qui finit par déboucher sur un chalet. L'air était frais et humide mais il continua d'avancer et aperçut Tris, assise en terrasse, sur un fauteuil à bascule, un plaid sur les genoux et une tasse de thé à la main. Il l'approcha.
- Bonjour, bel étranger, dit-elle.
- Bonjour, mon amour, répondit-il en l'embrassant. Qu'est-ce que tu fais ?
- Je t'attendais.
- Viens, entrons, il fait plus chaud à l'intérieur.
Il lui tendit la main puis elle la saisit et ils entrèrent ensemble dans le chalet. Tris s'assit sur le canapé face à la cheminée qui crépitait tandis que Tobias leur apportait un verre de vin. Il le lui en donna un puis il s'assit à son tour et elle se blottit contre lui.
- J'adore ton odeur, dit-elle le visage posé sur son torse.
Le jeune homme profita autant que possible de ces instants merveilleux partagés avec elle, même si ces moments se passaient dans son subconscient. Il était ému de pouvoir sentir l'amour de sa vie tout contre lui mais il n'était pas dupe, il savait que ce bonheur était éphémère. Tris regarda son homme à cet instant et se rendit compte qu'il avait la tête ailleurs.
- Tobias, ici la terre !
- Oh, excuse-moi.
- A quoi tu penses ?
- J'ai une question à te poser.
- Je t'écoute.
- Est-ce que tu as envie d'avoir des enfants ?
- Wow, c'est une sacrée question que tu me poses. Et toi ?
- Tu réponds par une question, tu ne m'aides pas vraiment là.
- Désolée mais j'aimerais vraiment avoir ton avis avant que je te donne le mien.
- Très bien. Tu sais, avec ce que j'ai vécu, j'ai longtemps pensé que je ne pourrais jamais être un bon père, voire même un père tout court. Toute la souffrance que j'ai éprouvée au cours de ma vie, m'a fait penser que la solitude serait ma seule compagne et puis je t'ai rencontrée. Tu m'as fait espérer que peut-être, peut-être, j'avais le droit au bonheur. Alors imaginer avoir un enfant avec toi, cela me comblerait de bonheur.
- C'est une belle déclaration. Quand tu m'as posé la question, je dois t'avouer que tu m'as troublée mais je suis plus que rassurée de ta réponse parce que ce serait le plus beau cadeau que tu pourrais me faire !
Le jeune couple s'embrassa fougueusement puis ils restèrent un petit moment à se regarder les yeux dans les yeux, ensuite elle se plaça à nouveau contre le torse de son homme, entendant par la même occasion les battements de son cœur.
- Tu sais, il était rare que mes parents montrent des signes d'affection aussi bien en public qu'à la maison mais je ne t'apprends rien, tu connais le mode de vie des altruistes.
- En effet.
- Mais une fois, c'était tard le soir, j'avais fait un cauchemar et je m'étais levée pour boire un verre d'eau et là je les ai vus dans le salon, éclairé par la seule lumière d'une bougie. Mes parents étaient dans la même position que nous actuellement. Ils ne parlaient pas, le simple fait d'être l'un contre l'autre leur suffisait. Je les ai toujours enviés pour cela et jamais je n'aurais pensé pouvoir vivre ça un jour. Je t'aime.
- Moi aussi, ajouta-t-il dans un murmure alors que ses yeux commençaient à briller, les larmes prêtes à tomber.
Il ferma alors les yeux, embrassa Tris sur la tête puis ils s'endormirent l'un contre l'autre au rythme de leur respiration.
