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Avant dernier chapitre !

Bonne lecture


Le jour que Tobias redoutait, était arrivé : la césarienne de Tris était programmée pour 10 heures ce matin-là. Il avait été prévu que le jeune homme ne révèle son état à Tris qu'une semaine plus tard étant donné que Tobias entrerait dans son subconscient ce jour pour la préparer à se sentir bien. Compte tenu qu'il fallait une semaine d'espacement entre chaque utilisation du sérum de sommeil, Tobias aurait encore ce laps de temps pour réfléchir à la façon dont il allait faire ses adieux à l'amour de sa vie. Il était 9 heures et le jeune homme était installé dans un lit à côté de celui de Tris. L'avantage, quand il allait dans le subconscient de sa bienaimée, était qu'il n'y avait pas de notion de temps pour elle, autrement dit lorsqu'il la quittait à chaque fois, elle ne ressentait pas son absence, contrairement à lui qui vivait avec ce manque depuis des mois mais sa vie allait changer bientôt. En effet, il allait devenir père.

A côté de Tobias, il y avait Matthew et Cara, toujours à s'assurer de sa santé à chaque fois qu'il allait dans le subconscient de Tris. Quant à cette dernière, elle était entourée d'une sage-femme et d'un obstétricien qui attendaient le feu vert pour la césarienne. Elle ne commencerait que lorsque Tobias serait revenu. Cara injecta alors le sérum à Tobias qui ferma les yeux presque aussitôt.

Le jeune homme se retrouva le long de la fosse, dans l'ancien QG des Audacieux. Il suivit le chemin qui descendait aux rochers proches des remous, ces mêmes rochers où Tris et lui s'étaient retrouvés après avoir été dans son paysage des peurs. Ce fut d'ailleurs à ce même endroit qu'il la rejoignit. Il s'assit derrière elle, l'entourant de ses bras protecteurs :

- Tu te sens nostalgique ? dit-il.

- Tu te souviens comment nous étions heureux mais maladroits ? répondit-elle en souriant.

- C'est ce qui fait ton charme !

- Oh parce que tu savais si bien ce que tu faisais ? continua-t-elle en plaisantant.

- Tu me faisais perdre mes moyens. Personne ne m'a jamais procuré un tel sentiment. Tris, tu sais que je t'aime, n'est-ce pas ? Je donnerais tout ce que j'ai de plus précieux pour toi.

- Je sais mon amour, je n'en doute pas. Moi aussi je t'aime et s'il le fallait, je me sacrifierais pour toi.

Pour Tobias, s'en était trop. Les larmes commencèrent à tomber bien qu'il essaya en vain de les retenir. Tris ne s'en aperçut pas immédiatement mais elle sentit le corps de son homme se crisper puis elle se retourna et le vit en pleurs.

- Mais enfin, pourquoi tu te mets dans cet état ? Je suis là, avec toi !

- Qu'est-ce que je vais devenir sans toi ?

- Ne dis pas ça voyons, je ne vais nulle part.

Il la prit alors dans ses bras et la serra fort contre lui où il laissa déverser ses larmes et sa peine. Tris ne comprenait pas d'où lui venait ce chagrin et sa mélancolie qui l'accompagnait en permanence.

- Hey, dit-elle en desserrant leur étreinte et en prenant le visage du jeune homme entre ses mains. Qu'est-ce qu'il se passe ?

- Rien, souffla-t-il en essuyant ses larmes.

- Je vois bien que tu souffres.

Et elle avait tellement raison ! La voir semaine après semaine lui avait fait du bien, certes, mais c'était aussi un lourd fardeau à porter : savoir qu'il allait la perdre une seconde fois. Il avait fini par en parler à Christina et elle avait essayé de lui fait comprendre qu'il devait voir le côté positif, autrement dit de pouvoir encore passer du temps avec l'amour de sa vie. Il avait fini par reconnaître qu'elle avait raison mais cette bonne résolution s'écroulait à chaque fois qu'il se retrouvait devant elle cependant il ne pouvait rien lui dire, pas encore ! La discussion la plus difficile serait la prochaine, celle où il devrait lui avouer toute la vérité et qu'il devrait la laisser partir. Et si elle ne voulait pas partir ? Que devrait-il faire ? Il rejeta cette idée aussitôt, les choses étaient déjà bien assez compliquées comme ça. Il posa alors ses mains sur les siennes et les embrassa.

- Tu es la femme de ma vie, Tris Prior. Je t'aime.

- Moi aussi je t'aime, Tobias Eaton, répondit-elle en souriant.

Il lui sourit à son tour puis l'embrassa amoureusement mais tendrement. Il fit durer cet instant autant que possible jusqu'à ce qu'ils doivent reprendre leur souffle.

Ils reprirent alors leur position initiale : Tris le dos appuyé contre le torse de son homme, à regarder les vagues s'échouer sur les rochers.

Lorsque Tobias ouvrit les yeux, il vit immédiatement le visage de Cara au-dessus de lui. Et comme à chaque fois qu'il revenait du subconscient de Tris, Matthew et Cara lui demandaient comment il allait avant même qu'il n'ait le temps de reprendre ses esprits.

- Tu vas bien ? lui demanda-t-elle.

- Oui, merci, répondit-il en s'asseyant et en voyant le corps de Tris, prêt pour la césarienne.

- Tiens, ajouta Matthew en donnant un mouchoir à son ami.

Tobias crut d'abord qu'il avait saigné puis il comprit qu'il avait pleuré et que le mouchoir devait lui servir à sécher ses larmes. Il s'exécuta et prit la main de Tris dans la sienne. Il regarda Matthew puis hocha la tête, lui donnant ainsi le feu vert pour procéder à la césarienne. L'obstétricien commença d'abord par faire l'incision le long du ventre de la jeune femme. Sur l'écran, on pouvait voir mais aussi entendre le rythme cardiaque de la mère et la fille. Tobias serra fort la main de Tris tout en suivant attentivement tous les gestes du médecin. Rapidement, il put apercevoir le médecin sortir le petit corps de sa fille. Elle paraissait bien portante, vive, mais ne faisait pas un bruit.

- Elle ne pleure pas, c'est normal ? demanda-t-il, inquiet.

- Ils ne pleurent pas tous, le rassura le médecin. Vous voulez couper le cordon ombilical ?

- Je peux ? dit-il.

- Je vous en prie, dit le médecin.

Ce dernier tenait le clamp en place et lui donna la paire de ciseaux. Tobias se leva et coupa le cordon puis regarda sa fille qu'on emmitoufla dans une serviette puis on la lui posa dans les bras. De prime abord, le jeune homme ne sut pas comment se comporter et sembla maladroit puis il la regarda et la détailla : elle avait le visage de sa mère.

- Tu vas devoir m'aider à être fort mon ange, dit-il tendrement.

Il la berçait machinalement et se rapprocha de Tris. Il se baissa et appuya la tête de sa fille contre celle de sa mère.

- Monsieur, on doit s'occuper d'elle, dit la sage-femme. Je la ramène juste après.

A contrecœur, Tobias dû laisser sa fille aux bons soins de la sage-femme. Il la suivit du regard jusqu'à ce qu'elle quitte la pièce. Il souriait, l'air béat :

- Tu sais comment tu vas l'appeler ? demanda Cara.

- Oh, euh…

Il ne put finir qu'un afflux de sang s'échappa du ventre de Tris alors que le médecin s'apprêtait à la refermer. Les alarmes s'enclenchèrent alors toutes bruyamment, alertant Tobias aussitôt.

- Que se passe-t-il ? demanda Matthew.

- Aidez-moi ! répondit le médecin. Elle fait une hémorragie !

Matthew n'eut d'autre choix que de venir en aide à l'obstétricien. Il lui passa toutes les compresses qu'il pouvait trouver alors que Tobias avait repris sa place auprès de Tris en lui serrant la main.

- On est en train de la perdre ! ajouta le médecin.

- Vous ne pouvez rien faire pour arrêter l'hémorragie ? hurla Tobias.

- Il y a tellement de sang que je ne vois même pas d'où ça vient !

La pression sanguine de la jeune femme descendait en flèche. Après des secondes qui parurent durer une éternité, le médecin parvint enfin à localiser l'origine de l'hémorragie. Il clampa une artère puis regarda Matthew :

- Si on ne lui fait pas une transfusion immédiatement, son corps ne va pas supporter cette perte importante de sang.

Matthew regarda alors Cara et chacun sembla comprendre ce que l'autre pensait, ce que remarqua immédiatement Tobias :

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il.

- C'est que les réserves de sang sont déjà épuisées… commença Cara.

- Et on ne nous acceptera pas de la transfuser compte tenu de son état, termina Matthew.

- Donc vous allez la laisser mourir, conclut Tobias à voix haute.

- Nous ne pouvons rien faire, ajouta Cara. Je suis désolée, Tobias.

- Et le mien ? Je peux lui en donner ?

- Vos groupes sanguins ne sont pas compatibles, rétorqua Matthew.

- Alors je veux la revoir une dernière fois.

- Ton corps ne le supportera pas, dit Matthew.

- Combien de temps lui reste-t-il ? demanda Tobias au médecin.

- Elle ne passera pas la journée, désolé.

- La question est donc réglée et c'est non négociable, rétorqua Tobias. Vas-y Cara, renvoie-moi vers elle.

- Ecoute, tu viens d'être père, tu ne veux pas y réfléchir un instant avant de…

- Je n'ai pas pu lui dire au revoir la première fois et il est hors de question que je ne le fasse pas aujourd'hui. Allons-y, termina-t-il en se rallongeant.

Les deux scientifiques se regardèrent, concluant que le jeune homme ne lâcherait pas l'affaire. Cara reposa tous les capteurs sur le torse et les tempes de son ami puis elle lui injecta le sérum de sommeil.

Lorsque Tobias ouvrit les yeux, il reconnut tout de suite son ancien loft, dans les quartiers des Audacieux. Il vit Tris allongée sur le lit, en position fœtale, visiblement agitée. Il se rapprocha pour lui faire face et put voir que le visage de la jeune femme se tordait de douleur mais qu'elle se tenait aussi le ventre :

- Tobias, aide-moi, demanda-t-elle en le suppliant.

- Mon amour, qu'est-ce qui t'arrive ?

- Je ne sais pas, j'ai subitement eu mal au ventre, comme si on me découpait ! J'ai mal Tobias !

Le jeune homme comprit alors qu'elle ressentait la douleur physique de la césarienne. Il allait devoir gérer sa douleur et lui expliquer aussi qu'elle allait mourir. Il s'assit donc sur le lit, la prit contre lui et lui passa la main dans les cheveux pour l'apaiser puisque malheureusement, il ne pouvait rien faire de plus.

- Ca va aller mon amour. Bientôt, tu ne souffriras plus.

- Tu crois ?

- Je le sais, répondit-il en s'allongeant à ses côtés mais face à elle. Tris, j'ai quelque chose à te dire.

- Ce que tu veux pourvu que ça m'occupe l'esprit !

- Avant que je te retrouve sur la plage, tu as fait quelque chose.

- De quoi parles-tu ? Je ne me rappelle pas.

- Je sais… Quand tu as libéré le sérum d'oubli, David t'a tiré dessus, juste après que tu ais absorbé le sérum de mort.

- Qu'est-ce que tu es en train de me dire ? demanda-t-elle, inquiète.

- Tu as survécu au sérum de mort pour une raison qu'on ignore encore mais les blessures par balle, associées à ce sérum, t'ont plongé dans une sorte de coma dont tu ne te réveilleras pas puisque cela t'a provoqué des lésions cérébrales irréversibles.

- Attends, ce que tu dis n'a aucun sens. Comment pourrait-on se voir si c'était vraiment le cas ?

- Matthew et Cara ont mis au point un sérum de sommeil qui me permet de m'introduire dans ton subconscient.

- Mais pourquoi me garder en vie alors ? C'est cruel !

- Ils allaient te débrancher quand ils ont découvert quelque chose à ton sujet.

- Quoi ?

- Mon amour, tu étais enceinte.

- C'est insensé.

- Pourquoi penses-tu avoir autant mal ? Nous avons dû procéder à une césarienne…

- Je… pourquoi ?

- Que veux-tu dire ?

- Pourquoi tu ne me dis ça que maintenant ? Si je calcule bien, ça fait neuf mois que je suis… partie.

- Je ne l'ai pas su tout de suite. On m'a annoncé ton état il y a quatre mois. Je te croyais morte pendant tout ce temps.

- Mais c'est pourtant bien le cas, n'est-ce pas ?

- Euh…

- Donc je te repose la question : pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Je voulais tout te dire mais on m'a dissuadé de le faire.

- Continue.

- On voulait que tu ne sois pas stressée pour la grossesse et j'ai fini par les écouter, finit-il en fuyant son regard.

- Tobias ? commença-t-elle. Regarde-moi.

- Excuse-moi, dit-il en évitant toujours de la regarder.

- Regarde-moi, lui susurra-t-elle.

Tobias finit par croiser son regard. Il s'attendait à y voir de la colère, de la trahison, de la déception mais il y trouva de l'amour et de la compassion.

- Ca a dû être un enfer à vivre pour toi, je me trompe ? demanda-t-elle.

- Moi, ça ne compte pas.

- Au contraire, il n'y a plus que toi maintenant.

- Tu ne m'en veux pas ?

- Comment je pourrais t'en vouloir ? Tu n'as pas voulu vivre ce chagrin, cette peine. C'est moi qui me suis sacrifiée. Je t'ai mis dans cette horrible situation et tu n'as pu que la subir.

- Je t'aime tellement ! dit-il, les larmes aux yeux. Comment je vais faire sans toi ?

- Tu vas aller de l'avant, tu vas élever notre enfant, tu vas vivre pour nous… pour moi.

Tobias ne chercha plus à retenir ses larmes. Elle les lui essuya avec ses pouces.

- Une fille ou un garçon ?

- Une fille, répondit-il, fièrement.

Tris sourit, émue. Elle était sereine à présent mais lorsqu'elle croisa à nouveau le regard de son homme, quelque chose l'alerta :

- Tu saignes du nez.

- Ce n'est rien, répondit-il en fermant les yeux, tentant de feindra la douleur.

- Tobias, qu'est-ce que tu ne me dis pas ?

- Je voulais te revoir une dernière fois, continua-t-il en souffrant.

- Où as-tu mal ?

- Ma tête… dit-il en gardant les yeux fermés.

- C'est ce sérum qui te fait ça ?

- Je voulais juste te revoir une dernière fois…

- Tu dois y aller maintenant, je ne veux pas que tu te sacrifies !

Lorsqu'elle dit ces paroles, Tobias, dans un effort surhumain, ouvrit les yeux pour lui sourire.

- Oui, bon je sais, je ne suis pas la mieux placée pour te dire ça mais je t'aime trop pour ça. Tu dois repartir.

- Je t'aime.

- Moi aussi, répondit-elle en l'embrassant.

Au même moment, Matthew et Cara trouvèrent le temps long quand ils remarquèrent que Tobias commençait à saigner du nez. Cara s'apprêtait alors à lui injecter une substance qui lui permettrait de revenir parmi eux quand le moniteur cardiaque de Tris indiqua d'un son strident et continu que son cœur s'était arrêté. Tous se regardèrent mais ils n'eurent pas le temps de s'émouvoir que le moniteur cardiaque de Tobias en fit autant.

- Non ! dit Cara. Docteur, faites amener un défibrillateur. Matthew, fais le massage cardiaque, je m'occupe du bouche à bouche. Dépêchez-vous ! hurla-t-elle.

Le jeune homme ne perdit pas un instant et commença à comprimer la cage thoracique de leur ami. A intervalle régulier, Cara lui insuffla de l'air afin de tenter de le ranimer. Après quelques minutes, le médecin revint avec le défibrillateur. Cara plaça les électrodes sur le torse de Tobias puis prévint Matthew de dégager. Elle lui envoya un premier choc, puis un second mais le cœur du jeune homme ne semblait pas vouloir repartir. Seul le bruit continu du moniteur cardiaque se faisait encore entendre dans la pièce.