Laissez moi vous dire qu'aucun chemin ne me parut aussi long que celui-ci. Je connaissais cette rue par cœur pourtant. Le sol de terre lisse, les boutiques traditionnelles qui s'intercalaient entre les maisons de bois et les lanternes éteinte qui menaçaient de vous frapper si vous ne faisiez pas attention, j'aurais pu les dessiner les yeux fermés. Mais cette après midi, la rue semblait s'allonger sur des kilomètres et le vieux bâtiment gris d'Investigation de Konoha qui surplombait la rue donnait soudainement l'impression que cet endroit m'était inconnu.
Je voyais tout sous un nouveau jour maintenant que je savais que j'allais y entrer en tant que suspecte.
Izaya sensei marchait tranquillement à mes côtés en me répétant quelques conseils que je n'entendais pas tellement les battements de mon cœur avaient pris d'assaut mes oreilles.
« ...évidement si tu ne sais pas tu le dis tu n'a pas l'obligation d'avoir toujours réponse à tout... »
Il n'était pas du tout inquiet mon sensei, seulement quelque peu indigné de l'injustice de la situation mais pour lui je n'avais rien à me reprocher.
« ...sois honnête tu n'as rien à te reprocher... »
Oh putain si tu savais…
On entra sans problème dans le bâtiments et je ne prêtais pas vraiment attentions aux bureaux et long couloirs qui m'entouraient me contentant de suivre docilement Izaya qui avait l'air de très bien savoir où aller.
« - Vous avez l'air de pas mal connaître on dirait, je ne pus m'empêcher de commenter dans un rire forcé pour me détendre.
Izaya eu un petit ricanement amère.
- Je pourrais m'y retrouver les yeux fermés, littéralement. Les hauts suspects ont les yeux bandés quand ils viennent ici.
Bon, au moins je n'étais pas à ce point dans la mouise.
Nous arrivions enfin à un couloir étroit donnant sur une porte blindé noir.
Salle d'interrogation numéro 12.
- C'est ici que je te laisse Namie-chan.
Je failli me péter une cervicale tellement je me tournai vite vers lui.
-Vous ne venez pas avec moi, lui demandais je d'une voix un peu trop aigü trahissant mon état de panique.
Izaya haussa un sourcil.
-C'est un interrogatoire Isanami, tu veux pas non plus qu'on appelle ta mère ?
C'est ça attends que ma mère soit au courant, elle se gênera pas pour venir taper un scandale sur comment on traite sa fille de criminelle.
Je ne dis rien haussant les épaules légèrement.
- Est ce que tu as quelque chose à me dire peut être ?
Mon regard se planta dans le sien et j'y vis comme une lueur suspicieuse. Puis je fus prise d'un doute. C'était ma dernière chance de tout lui dire. Peut être que si il savait l'ampleur de ce que je cachais il trouverait une solution, une manière de me sortir de ce pétrin, d'éviter qu'un gars fouille dans ma tête et ne découvre le pot au roses.
La porte derrière moi s'ouvrit.
- Ah, Kagami san, nous t'attendions.
Izaya soutint mon regard quelques instant avant d'échanger quelques mots que je n'écoutais pas avec l'inconnu. Mon sensei se tourna une dernière fois vers moi et m'ébouriffa les cheveux avec son éternel sourire moqueur avant de prendre la direction opposé.
Je venais de laisser passer ma seule chance de tout lui raconter.
Le shinobi m'invita à entrer et je m'exécutais sans un mot.
Inoichi Yamanaka était un grand homme qui paraissait un peu plus fin que les autres shinobi, surtout avec ses long cheveux blond. Je voyais clairement la ressemblance avec Ino. Mais son visage ferme ne trompait pas, c'était un shinobi expérimenté qui avait vu la guerre et n'hésiterais pas à me briser si j'étais une menace. Un frisson me parcouru l'échine.
Mon attention fut attiré tout de suite par Ibiki Morino assit sur un une chaise l'air de s'ennuyer grandement. Je pris ça comme un bon signe, si il donnait l'impression de perdre son temps alors peut être que ça voulait dire qu'il ne pensait pas que j'étais coupable de…
Soudain, tout se figea.
...de quoi justement ?
De quoi pouvaient ils bien vouloir m'accuser ?
D'être l'élève d'un ex-criminel ? D'avoir je ne sais comment déjoué la technique d'un de leur gosses de clan ? D'être plus douée que ce à quoi ils s'attendaient ?
J'eus tout d'un coup envie de rire.
C'était ridicule.
C'est un peu moins terrifiée que je marchai vers la seule table régnant au milieu de la place, et allai m'asseoir sur la chaise qui semblait avoir été préparé pour moi.
Enfin, je suppose que les chaînes c'était ni pour Scarface ni papa Yamanaka.
Ce dernier m'adressa un petit sourire rassurant avant de s'expliquer :
« - Même si ce n'est sûrement pas utile avec toi, c'est le protocole à suivre.
J'hôchai la tête simplement alors qu'il scellait agilement les chaînes autour de mes poignets et de mes chevilles. Mon coeur sembla tomber dans ma poitrine lorsqu'il eu finis et que je me rendis compte la gorge serrée que j'étais menottée, enchaînée, dans une salle d'interrogation crasseuse où je ne sais combien de criminelle avaient été assis à ma place. Des meurtriers, des traîtres…
...des violeurs.
J'étais traité comme le gars qui avait fais ça à ma mère.
Je serrais les poings alors qu'une colère brûlante bouillonnait dans mes veines et que des larmes de rage s'accumulaient dans mes yeux.
La salle resta silencieuse un instant, et même si je n'osais pas relever la tête ne voulant pas qu'ils me voient dans cet état d'humiliation, je compris qu'ils me laissent une chance de me recomposer.
Je pris une longue inspiration et plantai mon regard dans celui d'Ibiki Morino.
- Pourquoi est ce que je suis là ?
Je ne pense pas qu'ils s'attendaient à cette question de ma part. Peut être pensaient ils que Izaya m'aurait dit la raison officielle. Le prétexte de toute cette mascarade. Ils ne pouvaient pas vraiment écrire sur le papier « élève d'un ex criminelle, plus douée que ma gamine, c'est chelou » ils devaient avoir une raison officielle. Et Izaya, si il le savait, ne me l'avait pas dit.
- Tu es ici, répondit Yamanaka même si ma question ne lui était pas adressé, parce que tu montre des aptitudes qui ne sont pas en adéquation avec ce qui avait été reporté de toi par tes professeur à l'académie.
Il me fallut toute la volonté du monde pour ne pas laisser une grimace méprisante de prendre place sur mon visage.
- J'étais parmi les premiers de la classe à l'académie, Yamanaka-san, et depuis presque un an est passé. Ce qui serait inquiétant c'est que après un an d'entraînement avec Izaya sensei je n'ai fait aucun progrès.
Le blond hocha tranquillement la tête alors que Ibiki eu un petit reniflement dédaigneux se calant sur sa chaise les bras croisé sur son torse le regard fixé sur moi.
- Je l'entends bien, répondit Yamanaka, cependant tu montre une capacité assez étonnante à penser hors des sentiers battus et c'est le genre de comportement qu'on peut voir chez certains shinobis très expérimenté, pas chez des genins. Tu a réussi à échapper à une technique ancestrale d'une manière inquiétante. Tout porte à croire que tu es bien plus que ce que tu laisse paraître.
Autrement dit, tu ne penses pas comme le gentil petit soldat que l'on veut que tu sois, un soldat qui pense est un soldat dangereux. Un soldat doué et qui pense est un soldat à éliminer.
Un frisson me parcouru.
- J'ai peut être une manière de penser mes stratégies différente de ce qu'on nous apprend à l'académie, mais Naruto Uzumaki aussi. Alors je ne pense pas être quelqu'un de spéciale.
J'eus un petit pincement au coeur à l'idée de casser du sucre sur le dos d'un gamin aussi naïf et innocent mais pour le coup on ne l'appelle pas le shinobi le plus imprédictible pour rien, alors qu'on ne vienne pas me le reprocher. La seule différence c'est que c'est l'élève de Kakashi Hatake et moi de Izaya Shirano.
-De plus, ajoutais je, d'après ce que j'ai entendus je ne suis pas la seule à avoir paré la technique du clan Yamanaka, Haruno Sakura l'a fait aussi il me semble, alors peut être que votre fille devrait s'entraîner un peu plus sérieusement.
Ibiki essaya de cacher un ricanement dans un toussotement rauque.
Yamanaka ne tiqua même pas à l'insulte à peine cachée que je venais de lui adresser et je savais que je jouais un jeu dangereux mais je ne pus m'empêcher de cracher un peu de mon venin. Et comparé à ce que je ressentais comme colère, vraiment, j'y allais mollo. Je n'avais rien contre Sakura, mais je vois pas pourquoi je serais la seule enchaînée comme une bête à être jugée. La seule différence encore une fois c'est que c'était l'élève du grand Kakashi Hatake et pas moi.
Je commençais franchement à détester ce gars.
Je pinçai les lèvres, essayant de retenir mon égo blessé par ces injustices de s'exprimer sous le joug de la colère qui me prenait à la gorge.
Ibiki Morina soupira en lâchant un juron avant que d'un geste sec et impatient du pied il n'envoie la table valser contre le mur. Il se leva l'air de vouloir terminer cette interrogation au plus vite par n'importe quel moyens. Son visage balafré se tordit dans un rictus méprisant et ses yeux noir se plantèrent fermement dans les miens alors qu'il se levait et posa un pied sur ma chaise entre mes jambes faisant reculer la chaise jusqu'à ce qu'elle vienne buter contre le mur derrière moi, y faisant frapper ma tête violemment tant je fus surprise par le mouvement soudain.
Une onde de douleur traversa ma boite crânienne me troublant la vue un moment.
Le sale fils de pute …
« - Est ce que tu es un espion ?
Sa voie rauque se trouvait toute proche de mon oreille et son souffle sur mon cou me fit frissonner de dégoût. Je voulu ouvrir la bouche mais la nausée me prit subitement. Et je secouait violemment la tête, la bouche sèche.
Faites qu'il s'éloigne…
Alors que je retrouvais une vision a peu près normale, je vis petit à petit son visage menaçant a quelques centimètre du mien. Tout mon corps se tendit, en alerte par l'adrénaline qui se déversait dans mes veines et je voulu le repousser mais mes mains et mes pieds étaient enchaînées.
Une vague de panique me glaça la poitrine quand je me rendis compte que j'étais à son entière merci, il pouvait faire de moi ce qu'il voulait, je n'avais aucun moyen de me défendre.
Des heures, des mois, des années d'entraînements pour me retrouver complètement impuissante, humiliée.
Ma respiration s'accéléra et je sentais la crise d'angoisse vicieusement s'installer en moi, mes poumons commençaient à devenir trop petits et la sueur froide s'insinuait dans mon dos me glaçant jusqu'au os.
La large main de mon tortionnaire fusa vers mes tête et il attrapa une poignée de cheveux qu'il tira sèchement afin que mon regard soit ancré dans le sien.
- Est ce que Shirano Izaya est loyale à Konoha ?
Je détestais le fait que ma voix fut faible et beaucoup trop aigü laissant transpirer ainsi à quel point j'étais terrifié.
- Oui putain ! Il m'en a voulu de ne pas avoir aidé l'équipe sept dans la forêt!
Et j'eus envie de pleurer comme jamais, j'avais l'urgent besoin d'éclater en sanglot mais je fermai les yeux essayant de chasser les larmes brûlantes d'humiliation qui s'accumulaient dans mes yeux.
- Tu as un Kekkai Genkai ? Est ce que Shirano t'as dit de ne pas en parler ?
Il tira plus fort sur mes cheveux son autre main enserra mon cou vicieusement, comme une caresse et j'eus envie de vomir.
-J'ai pas de Kekkai Genkai, je criais presque le visage crispée dans une grimace de dégoût, je peux faire des trucs avec mon chakra mais je sais pas si ça peut être considéré comme un Kekkai Genkai et Izaya sensei ne sais pas non plus…
Il eu un reniflement insatisfait et son emprise sur ma gorge s'intensifia, je ne lui donnait pas les réponses qu'il voulait.
- Est ce que tu as un contact avec ton père biologique ?
Incapable de parler je secouais la tête encore une fois.
- Et tu n'as aucune idée de qui il est ?
Les larmes coulèrent d'elles même et je me détestais de les laisser m'atteindre de la sorte. Essuyant humiliation sur humiliation, comment étais je censé savoir qui était le violeur de ma mère ?! Ils n'auraient jamais osé faire ça à une fille appartenant à un clan ou sous la tutelle de Hatake Kakashi ! La touché, la maltraiter comme si elle n'était qu'une chose avec pas assez de valeur pour lui accorder une dignité. Dans ma poitrine se mêlaient peur et colère, frappant griffant contre les parois ne demandant qu'à sortir. Malgré mes pieds et mains liés, mon esprit s'envolait dans les endroit les plus sombre de ma tête où j'imaginais de quelle manières je pourrais leur faire payer leurs insultes, leurs injustices, leurs attouchements…
Je ne réfléchis pas et je me rendis compte de ce que j'avais fait que lorsque Ibiki libéra mon cou pour essuyer le crachat qui dégoulinait sur son visage.
Les voies aériennes enfin libérés ma colère ne pris pas beaucoup de temps avant de prendre le dessus
- Espèce de fils de pute, lui sifflais je, ma mère est une civil qui a été violé par un shinobi en dehors de konoha ! Je ne sais pas qui il est, peut être qu'il a un Kekkai Genkai et que j'en ai hérité, peut être que c'est un démon et que je suis la fille du diable, qui sait ! Vous êtes ceux qui étaient censé enquêter sur cette putain d'histoire si y'a quelqu'un qui doit savoir quelque chose sur mon père c'est vous !
Ce n'est que lorsque Ibiki Morino déploya ses propres envie meurtrière qui me firent suffoquer que je réalisais que moi aussi je venais pour la première fois de faire sentir mes intentions de tuer envers quelqu'un.
Le coup de poing que m'asséna mon tortionnaire me fit valser avec ma chaise et mes chaînes tout le long du mur. Je clignais des yeux plusieurs fois pour y voir plus clair alors que le côté droit de mon visage me lançait douloureusement. Violemment je sentis ma chaise être tiré pour me remettre droite sur le sol.
- C'est marrant ça Kagami, dit il dans une grimace mauvaise, il me semblait que c'était ta mère la pute…
- Morino ça suffit, intervint Yamanaka.
Si il repose une main sur moi ça suffira pour électrocuter cet enfoiré…
Nous sommes resté quelques seconde à se regarder les yeux dans les yeux et j'espérai qu'il voit dans les miens à quelle point je pensais qu'il était une raclure.
- Je prends le relais Morino, réitéra Yamanaka.
Ibiki eu un reniflement dédaigneux avant de se redresser et m'adresser un regard méprisant mais il recula laissant Yamanaka s'approcher.
Je ne le lâchais toujours pas du regard.
Enflure.
- Je vais mettre un terme à cette interrogation en m'introduisant dans ton esprit Kagami-san, me prévint le père d'Ino.
Mon regard se porta sur lui et je compris que je n'avais pas le choix, il était juste assez gentil pour me prévenir.
Mais pas assez pour empêcher l'autre pédophile de me toucher.
Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit parce que il lia ses mains et tout d'un coup je me sentis partir comme lors d'un malaise.
Mon esprit ne resta pas bien longtemps embrumé parce que une minute plus tard je me retrouvais dans un métro vide avec pour seule compagnie Inoichi Yamanaka.
Celui ci sembla surpris de me voir là.
- Ce n'es pas habituelle de voir le possesseur de l'esprit mais ce n'est pas plus mal, dit il finalement, quelle est cet endroit ?
Je haussai les épaules.
- Je ne sais pas, c'est la première fois que j'y viens, mentis je.
Ce qui n'était pas tout a fait un mensonge puisque ce n'était pas le même métro que lors de mon sommeil mystique avec Nolwen.
Le métro se mit en marche doucement et à ma grande surprise les paysage autour du wagon changea. A travers les fenêtre vitrée on voyait une petite Isanami de deux ans cachée derrière une porte où sa mère et sa grand-mère se disputaient de l'autre côté. Puis au fur et a mesure que le train avançais d'autre souvenir de ma vie en tant que Isanami défilaient, Inoichi Yamanaka n'en perdant pas une miette. Il me jetta un petit regard en coin quand il me vit éclater en sanglot dans le souvenir ou Izaya m'expliquait pourquoi c'était important de pouvoir se sacrifier en tant que shinobi, juste après la forêt de la mort. Soudain je vis se dessiner un bac à sable et je vis une petite Nolwen construire un château de sable avec Thibault et Solène. Mon coeur tomba dans ma poitrine et ma gorge se serra alors que j'essayais de retenir mes larmes. Je jetai un rapide coup d'oeil à mon compagnon de voyage mais celui ci ne sembla pas tiquer.
Pour lui ça ne doit être que mes souvenirs de mes amis d'enfance, juste des gamins qui jouent dans le sable.
J'espérais que les prochains n'éveillent pas non plus ses soupçons.
Soudainement le train s'arrêta et Yamanaka leva la tête vers le plafond en fronçant les sourcils.
Il se tourna vers moi.
- Nous sommes appelés à revenir.
Je le regardais ne sachant pas de quoi il parlait.
-J'en ai vu assez, Isanami-san. »
J'eus à peine le temps de hocher la tête que j'eus l'impression de tomber et la même sensation de malaise me pris.
Quelle ne fut pas ma surprise quand je rouvris les yeux sur la salle d'interrogatoire avec Takeshi, le copain de ma mère, debout au milieu parlant assez violemment avec Ibiki Morino.
« - … c'est un ordre qui vient d'en haut, alors désolé de t'enlever ton joujou du jour mais il va falloir que tu aille noyer quelques chiot pour satisfaire tes envies sadiques quotidiennes Ibiki, gronda Takeshi.
- Que se passe t'il ? Demanda Yamanaka alors que je papillonnais encore des yeux pour me remettre de mes émotions.
Takeshi posa son regard sur moi, une moue indigné se dessina sur son visage alors qu'en deux grandes enjambées il arriva à mes côtés et se mit à défaire mes liens. J'eus un soupire de soulagement quand je pu bouger mes jambes et mes bras librement et j'eus le besoin de me mettre debout immédiatement.
Hors de question que je reste en position de faiblesse une seconde de plus.
Takeshi posa une grande main sur mon épaule me tenant fermement à ses côtés avant de s'adresser à Yamanaka.
- Le clan Kagami a été mis au courant que l'un des leurs a été soumis à un interrogatoire sans raison officielle valable, commença-t-il avant de se faire interrompre par Ibiki
- Sans raison ? La gamine est suspecte et son sensei l'est encore plus.
Takeshi lui lança un regard désintéressé mais lui répondit tout de même.
- Le clan Kagami ont engagé quatre avocats spécialisé dans la législation des shinobis et il se trouve que les quatre cabinets sont d'accords sur le fait que cet interrogatoire est le témoin d'un abus de pouvoir sur un clan de civil face aux preuves insuffisantes contre Isanami Kagami qui a d'ailleurs montré un parcours exemplaire de shinobi depuis l'académie.
Ibiki lâcha un petit bruit sarcastique en levant les yeux au ciel d'un air agacé mais Takeshi continua le plus calmement du monde.
- Le clan Kagami est furieux et a saisi les tribunaux contre le conseil des Jounin pour diffamation et abus de pouvoir. Ils menacent de couper court à toute subvention aux orphelinats du village, de l'académie et de sécher toute aide financière aux village en dehors des impôts obligatoire. L'Hokage après avoir été mis au courant de la situation s'est rangé du côté du clan Kagami et demande la libération immédiate de Kagami Isanami.
Pardon ?
Est ce que j'ai bien entendue ou le pain que m'a mis l'autre psychopathe me cause des hallucinations où le clan de maman vient à ma rescousse ?!
Yamanaka hocha simplement la tête avant de lâcher dans un soupire :
-Notre boulot c'est de suivre les ordres, lança-t-il a Ibiki, j'en ai vu assez dans l'esprit d'Isanami pour savoir que ni elle ni son sensei ne sont un danger pour Konoha, c'est une affaire classé et j'en parlerais personnellement aux autorités compétentes.
Son regard se posa sur moi avant d'incliner légèrement la tête ouvrant la porte nous invitant à sortir.
« j'en parlerais personnellement aux autorités compétentes ». Est ce que c'était sa manière de montrer sa sympathie envers moi en m'assurant qu'on ne m'embêtera plus ?
Je ne réfléchis pas bien longtemps quand Takeshi me poussa en avant je suivi le mouvement et sans un regard en arrière je m'engouffrais dans le long couloir étroit. Ce n'est qu'une fois que je fus aveuglé par la lumière du jour et que la brise calme et chaude de l'après midi me caressa le visage que je me rendis compte que j'avais littéralement déguerpis des quartiers d'investigation en courant.
J'inspirais profondément humant l'odeur de la nourriture qui cuisait dans l'échoppe à quelque mètres et écoutant le brouhaha de la rue commerçante en face de moi. Devant les quelques regards intrigués des passants je fis deux pas en arrières pour me cacher derrière un pilier du bâtiment dont je sortais. Mes jambes tremblaient et résignée je m'accroupis lentement le long du pilier de pierre, la tête dans les mains et je retins un juron face à la douleur qui éclata dans la partie droite de mon visage au contact de mes mains.
J'entendis Takeshi s'approcher, ses pas tranquilles s'arrêtèrent à mon niveau et il attendit sans un mot.
Les minutes passèrent et personne ne parla. Takeshi nonchalamment appuyé contre le pilier regardait passer les gens dans la rue alors que je m'autorisais encore quelques minutes à me cacher, recroquevillée comme si mes bras autour de mes genoux suffiraient à éloigner tout ce que je ne voulais pas avoir à faire face.
Ma respiration se faisait plus lente, mon cœur moins bruyant et je laissais le son familier de la vie qui grouillait autour de moi me bercer.
Lorsque je rouvris les yeux j'étais plus calme. Et même si la colère n'était que refroidit et que l'angoisse veillait toujours au aguets je pus me mettre de nouveau à penser de manière lucide.
Et ma première pensée fut que mon secret était sauf.
Personne ne sait mon secret !
Inoichi Yamanaka n'avait pas eu le temps de voir tout les souvenir de ma vie en tant que Nolwen.
Et c'était grâce à Takeshi.
Et au clan Kagami.
Je me redressais chancelant un peu à cause de mes jambes engourdie et le jounin se tourna vers moi.
« Je pense que c'est mieux qu'on aille faire un petit tour à l'hôpital avant, conseilla-t-il avant de rajouter avec hésitation, ton visage n'est pas vraiment euh, symétrique. »
Je ne pus m'empêcher de lâcher un bruit sarcastique devant son choix de mots.
Si j'en crois la douleur je dois ressembler à un légo.
Je me contentais de le suivre lorsqu'il se dirigea vers l'hôpital et une vague de gratitude m'envahit quand je compris qu'il prenait la voie des toits pour ne pas attirer l'attention des civils sur mon état.
La visite à l'hôpital fut rapide, en vingt minute une infirmière arriva et s'occupa de moi. En partant de l'hôpital j'avais retrouver une tête normale si ce n'était le coquard que j'arborais à droite et qui prendra une petite semaine avant de s'effacer. Mais la douleur était parti et je n'étais plus défiguré.
Et surtout mon secret était sauf ! Je n'avais pas à me plaindre un petit coquard même pas enflé pour garder mon secret intact vraiment je devais m'estimer heureuse.
Malgré mes tentatives pour relativiser tout ce qui venait de m'arriver je ne pus m'empêcher de sentir la morsure acide de l'injustice me prendre à la gorge.
Je détestais ça.
Si il y avait bien une chose qui me faisait bondir peu importe, le monde, l'époque ou les gens, c'était l'injustice. Depuis l'enfance de la petite Nolwen qui ne comprenait pas pourquoi être une fille l'interdisait de jouer au foot jusque Isanami dans cette vie, ça me faisait rager comme jamais.
Si j'avais été réincarné dans Harry Potter en tant que sorcière j'étais sûre à cent pour cent que j'aurais atterris à Poufsouffle. Thibault et Solène n'arrêtaient pas de me le répéter en se moquant, vu qu'ils étaient tout les deux plutôt Serpentard.
« Le clan Kagami veut te voir »
Quoi ?!
« Quoi ?! »
Takeshi soupira en prenant la direction des beaux quartiers de Konoha. J'hésitai un instant mais voyant qu'il ne comptait pas s'arrêter de si tôt je me dépêchai d'arriver à sa hauteur.
« - Tu ne crois tout de même pas qu'ils te sortiraient de cette mouise sans même que tu ailles leur faire un petit coucou ?
Mais ma mère allait me tuer !
-Je leur ai rien demander moi, marmonnais je regrettant aussitôt mes paroles ingrates.
Takeshi me lança un petit regard réprobateur
- Toi non, mais ta mère oui.
Mon cœur se fit lourd dans ma poitrine à ses mots.
Maman avait tellement du ravaler sa fierté pour aller se confronter à sa famille qu'elle n'avait pas vu depuis au moins dix ans.
- Et ils ont accepté comme ça, de bonté de cœur ? Demandais je suspicieuse.
Takeshi haussa les épaules.
- Ça tu le saura bientôt, ta mère sera là aussi.
Je fronçais les sourcils.
-Pourquoi est ce que c'est toi qui est venue me chercher ?
Il me jeta un petit regard en coin.
-Ton sensei était occupé avec Hokage-sama, dit il simplement avant d'ajouter en se frottant la nuque, et puis j'ai pensé que tu n'aurais pas voulu que ta mère te voit dans l'état dans lequel tu étais, alors je suis venu seul.
Je restai silencieuse un moment.
En effet, me voir battue comme un poulpe, c'est pas vraiment l'image que je veux que ma mère garde en tête.
Ça devenait difficile de lui cacher la violence du monde shinobi. Malgré le fait que Tsuna me rafistole toujours, que je ne parle jamais de mes missions, que je lui cache que j'ai déjà tué quelqu'un, la réalité se dévoilait subtilement plus flagrante chaque jour. Comment peut on cacher des crises d'angoisse, des terreurs nocturnes, des tâches de sang quand on vit littéralement dans un quatre pièces.
-Merci, dis je simplement. »
Il ne répondit pas et nous continuions de marcher tranquillement passant les boutiques de luxe dont la moitié appartenait au Clan qui avait décidé de sauver ma peau aujourd'hui. Les rues étaient plus spacieuse, les gens s'habillaient plus traditionnellement, les bâtiments plus aérés et on retrouvait de moins en moins d'habitation lambda. A la place de long murets s'élevaient protégeant les domaines traditionnelles des familles riches qui vivaient ici. Même les quelques stands de nourritures et de produits avaient l'air plus sophistiqué. Takeshi s'arrêta enfin, et j'avoue que le mur de pierre blanches qui entourait l'entrée aux porte noir et lisse du clan Kagami m'a presque aveuglé.
Ils font pas dans la demi mesure les cousins.
Avant que Takeshi ai pu faire quoi que se soit je me précipita sur la cloche à l'entrée et l'agitai deux ou trois fois.
Oui, ça sonne aussi pompeux que ça en a l'air.
La porte s'ouvrit presque aussitôt sur un jeune homme me faisant sursauté. Je me forçai à me concentrer sur mon entourage, on a pas idée de ce faire surprendre par des civils.
Après avoir échangé quelques mots il nous invita a le suivre et je zappais vite ce qu'il racontait puisque j'étais bien trop occupé à observer les jolies jardins de verdures et d'eau qui entourait les petits chemins de bois et de pierre grises que nous empruntions.
Le domaines était constitué de plusieurs maison traditionnelles qui s'agençaient autour du jardin parfaitement. Nous traversions un petit pont de bois sous lequel coulait un petit ruisseau (y'avait même des poissons!) pour rejoindre ce qui ressemblait à la maison principal.
Purée, ça c'est du bois de qualité.
On pouvait se voir dedans. Et j'aurais préféré que ce ne soit pas le cas, je ressemblais à rien. J'essayais de régler quelque peu mon apparence mais bien vite nous prîmes un couloir sur la droite et le jeune homme fit coulisser la porte sur une pièce spacieuse.
Je ne prêta pas attention au bois luisant de luxe, au fresques pâles qui ornaient les murs fin ni au tatami beige qui devait coûter au moins la même chose que notre maison toute entière, parce que autour d'une petite table sculpté avec raffinement se trouvait maman le visage fermé, ma grand-mère et un homme âgé à la stature droite et le port noble.
Lorsque maman me vit un air de soulagement passa sur son visage avant qu'elle se lève à toute vitesse pour m'enlacer avec tout l'amour d'une mère inquiète qui n'a pas vu sa fille depuis des jours. C'est à dire que Takeshi a du lui rappeler que j'avais besoin de respirer pour vivre.
« - C'est eux qui t'ont fais ça ?! Dit elle les yeux luisant de colère en caressant du bout des doigts mon coquard multicolore. Je ne pu m'empêcher de grimacer à cause de la douleur et elle retira sa main comme si elle s'était brûlée.
- Non maman, mentis je tout de suite, c'était pendant les examens ça, tu sais je suis pas aller à la pêche cette semaine. Enfin si mais les poissons faisaient ma taille et ils avaient des dents.
Ma mère fit les gros yeux.
- Isanami-chan. »
Notre échange fut interrompu par ma grand-mère et je me figeai aussitôt ne sachant pas vraiment comment réagir au fait qu'elle m'ait appelé si familièrement.
Mon regard accrocha celui de l'homme assit à ses côtés et d'un geste sans appel il m'indiqua la place en face de lui. J'entendis ma mère échanger quelques mots avec Takeshi derrière moi avant que celui ci ne disparaissent, et je vis ma grand-mère tiquer légèrement devant le fait que quelqu'un utilise une technique shinobi dans sa maison.
Bien trop fatiguée pour faire ma difficile je m'exécutais aussitôt, détaillant cet homme sans même essayer d'être discrète. Je m'assis, aussi gracieusement que possible alors que ses yeux identiques au miens suivaient avec assiduité chaque mouvement de mon corps. Même assis je pouvais voir qu'il était grand et ses larges épaules le rendait encore plus impressionnant. J'eus presque envie de rire en voyant ma grand-mère à côté, c'était presque ridicule à quelle point elle était petite.
Elle est littéralement assise dans son ombre.
Mais en même temps, n'importe qui semblerait minuscule face à ce colosse, et puis la grand-mère était classe quand même. Parce que oui il faut un certain talent pour exprimer à travers son attitude qu'elle trouvait mon coquard hyper moche tout en donnant l'air qu'elle regardait un champs de roses.
« - J'aurais préféré que notre première rencontre ai été plus tôt et dans d'autres circonstances Isanami, bienvenue dans le clan Kagami.
Je sentis maman se tendre à côté de moi et je resta un moment sans vraiment savoir quoi dire, surprise par la voix à la fois douce et ferme de cet homme.
Maman me jeta un petit regard en coin l'air de dire « t'as pas intérêt à leur faire croire que j'ai élevé un mollusque »
- Merci de m'accueillir, dis je simplement en m'inclinant, fière que ma voix semblait assurée. »
BAM.
Ugh, sa mère !
J'y crois pas, je viens de me bouffer la table en m'inclinant.
Ma mère soupira.
J'essayais de frotter discrètement mon front en faisant mine de remettre des mèches de cheveux dans ma queue de cheval.
Ok, d'après la lueur amusé dans les yeux du bonhomme et le sourcil levé de la grand-mère j'ai convaincu personne.
Je posai mes mains sur mes genoux, consciente que malgré que mes yeux étaient courageusement planté de ceux de mon supposé grand-père, je devais avoir une tâche rouge sur mon front en plus de mon coquard.
Bon, c'est gênant, on fait quoi maintenant ?
Grand mère sans un mot, tendit le bras vers un paquet de feuilles au coin de la table et d'un geste élégant en disposa quelque unes devant moi.
C'est quoi ça ?
Je lisais sans vraiment comprendre ce qui ressemblait à une sorte d'arrêté de justice mis en place par le « conseil des jounin », chose dont je n'avais jamais entendu parler.
« … ainsi par la présente, nous convenons après délibération et vote du conseil que l'interrogatoire du Genin Isanami Kagami est nécessaire... »
Devant mon air confus maman prit la parole.
« - C'est comme ça que on a été mis au courant, Takeshi fait partie du conseil des Jounin alors quand les résultats des votes ont été en ta défaveur il m'a prévenu et Oto-sama et Oka-sama on accepté de tirer quelques fils. Ton sensei s'est occupé de prévenir l'Hokage de la situation et de le prévenir que le clan n'était pas vraiment ...euh…. Content.
Grand-mère eu une grimace dédaigneuse.
- Pas content, répéta-t-elle hautaine alors que maman levait les yeux au ciel en croisant les bras, c'est une injustice, un abus de pouvoir, une insulte envers le clan Kagami…
- Hibana très chère, je crois qu'Isanami a compris ce que qu'il en est, intervint mon grand-père en voyant ma mère ouvrir la bouche pour répliquer.
Je me contentai de hocher vivement la tête quand les deux femme se tournèrent vers moi en une fraction de seconde.
- Cependant, reprit il, ta grand-mère a raison, le clan Kagami ne sera le bouc émissaire de personne, il est hors de question qu'on utilise un de nos membre injustement pour atteindre un ninja suspect. Ta mère a bien fait de venir nous en parler, vous faites toute les deux partie du clan Kagami après tout.
Malgré qu'il s'adressait à moi dans sa manière de parler, son regard resta posé sur maman avec quelque chose de doux et de ferme dans les yeux. Un message dont je ne comprenais pas l'ampleur mais une lueur à la fois nostalgique et amère passa dans le regard de ma mère avant qu'elle ne détourne le regard.
L'atmosphère devint pesante, personne n'osait briser le silence tandis que maman occupait ses mains en remettant de l'ordre dans les feuilles disposé devant nous et que son père les yeux rivés sur elle semblait vouloir graver son image dans ses rétines.
Grand mère, tendit la main et attrapa délicatement celle de sa fille qui se stoppa net.
« Tu as toujours cette fâcheuse habitude de plier les manches de ton kimono à l'extérieur. »
Et malgré son ton réprobateur, ses gestes étaient doux, ses mains prenant celle de sa fille plus longtemps qu'il n'était nécessaire pour refaire un simple ourlet.
J'eus une boule dans la gorge face à ce spectacle. C'était un triste tableau que de voir cette famille brisée.
C'est trop. Je veux rentrer.
Ma sortie d'hôpital, mon interrogatoire et maintenant ça. J'en pouvais plus, j'avais l'impression de pouvoir éclater en sanglot à tout moment.
- Pourquoi je suis là ?
Ma question résonna dans la pièce, découpant le lourd silence par sa simplicité.
Mon grand-père ferma les yeux un moment s'empêchant de soupirer profondément comme l'homme fatigué qu'il était probablement. Mais c'est grand-mère qui répondit.
- Cela aurait dû se faire depuis bien longtemps, Isanami-chan, c'est regrettable que cela se fasse dans de tel conditions mais malgré les erreurs passées nous sommes une famille nous prenons soins les uns des autres.
Maman se tendit à côté de moi les poings serrés sur ses genoux mais elle ne dit rien.
- Notre intention, continua cette fois ci mon grand-père, était d'éviter cette injustice contre le clan mais surtout de montrer à tous, civil comme shinobi, que toutes les deux appartenez au clan et qu'ils devraient réfléchir à deux fois avant d'oser quelconque agissement contre vous. Je m'occuperais personnellement de quiconque osera porter atteinte à l'une de vous, tout les haut fonctionnaire de ce village le savent maintenant.
L'air déterminé de mon grand-père fut accueilli par le visage fermé de maman et un silence s'installa encore une fois, seulement troublé par grand-mère qui malgré son air calme réajustait nerveusement son kimono.
Et moi je ne savais pas quoi penser. Est ce que je me retrouvais en plein milieu d'un jeu politique où je n'étais qu'un pion , ou est ce que ces deux parents rongés par les regrets et les non-dits tentaient vraiment de sauver ce qu'il restait de leur famille ?
Je n'eus pas le temps de tirer une conclusion
« - Isanami tu rentres, me dit maman d'une voix blanche sans même me regarder.
- Mais elle vient d'arriver...
-...on ne lui a même pas encore fait visiter le domaine …
- Elle rentre immédiatement ! »
Tout le monde se stoppa net.
Malgré mon inquiétude face aux mains tremblantes de ma mère je me levais de suite, sous les yeux écarquillés de grand-mère et le regard résigné de mon grand-père. Je m'inclinais respectueusement devant chacun des membres de ma famille et je pris la poudre d'escampette.
Longeant les long couloirs de bois vernies et traversant les jardins d'une traite, pressée de sortir de cet endroit remplis d'amertumes et de rêves brisées, ce n'est qu'au dernier moment que j'évitais la personne qui venait de surgir devant moi au détour d'une maison de bois.
Celle ci trébucha et elle se serait retrouvé tête la première dans l'eau de l'étang si je ne l'avais pas rattrapé au passage.
Nous restâmes un moment à nous dévisager l'air aussi surprise l'une que l'autre. Elle devait avoir quelque années de plus que moi, délicate dans son kimono vert…
Elle a les même cheveux que maman.
Ses jolis yeux chocolats s'arrondirent et sa fine bouche forma un « O » parfait.
« Tu es la fille de Tante Miwaku! »
Mon coeur s'accéléra et je ne sais pas pourquoi j'eus envie de fuir.
Et c'est ce que je fis.
Oubliant toute règles, je concentra du chakra dans mes pied et en en quelques saut j'étais de l'autre côté de ces murs blancs.
Je me sentis bête. Quelle genre de personne se mettait à fuir sa cousine ?
Ma cousine…
Ce mot résonnait bizarrement dans ma tête, irréel. Tout comme ses murs blanc qui me séparaient d'un monde, une dimension parallèle où j'avais des grands parents, une cousine, tout un clan avec le même sang et qui semblaient vouloir de moi.
Ou alors qui voulaient m'utiliser comme une arme politique.
Sentant le mal de crâne arriver, je pris une longue inspiration et pris le chemin de la maison.
Tout cela n'avait pas d'importance.
De l'autre côté de ces murs, c'est seulement Maman et moi, comme on l'a toujours été.
Pourtant j'avais toujours cette boule dans la gorge que je ne saurais pas expliquer.
« Allé Nolwen , souris à la vie et ... elle te niqueras pas trop ! »
Je serrais les dents.
Pourquoi Solène devait toujours réapparaître quand j'étais déjà au plus bas ?
Je traînais des pieds, le cœur lourd essayant de bloquer toutes les voix de mon passé qui ressurgissait toujours dans ses moments là. Quand je n'avais qu'une seule envie c'était de me réfugier dans le canapé qui sentait la campagne, la tête sur les genoux de ma mère qui lisait un livre une main dans mes cheveux, bercée par Solène qui grattait sa guitare quelque part à l'étage.
« Arrêtes, pleures pas Nono tu va pas leur donner la satisfaction de te voir pleurer, on est des bonhommes nous on pleure pas ! »
Même Thibault s'y mettait.
Bien trop concentrée à retenir les larmes je ne me rendis d'abord pas compte au moment où j'ouvris la porte de chez moi que deux personnes se trouvaient déjà assise à la table de ma cuisine.
Et je devais vraiment avoir l'air misérable, parce que Tsuna s'avança avec précaution, comme on approche un animal blessé de peur de le voir s'enfuir.
Et Kazuki me regardait avec de gros yeux inquiets à l'affût de chacun de mes mouvements.
Putain c'est vraiment des mecs, démunis devant une fille sur le point de pleurer.
Et cette pensée me fit rire, un rire qui se bloqua quelque part dans ma gorge pour laisser place à des larmes qui m'échappèrent malgré tout.
Je sentis plus que je ne vis ces deux handicapé émotionnelles qu'étaient mes camarades se regarder affolés, avant que Tsuna ne se décide à poser une main sur mon épaule et que kazuki vienne me tapoter la tête.
Ils me consolent comme si j'étais un petit toutou.
Cela m'arracha un petit éclat de rire au milieux de mes pleurs qui fit sursauter Kazuki.
« - Nan mais à un moment pleure ou ris mais fais pas les deux en même temps t'es flippante comme meuf
- Grave, ajouta Tsuna en se grattant la tête gêné, désolé Namie-chan mais tu sais même pas pleurer »
Cela finit de transformer mes pleurs en réelles éclat de rire.
Non, mais quelle genre d'amis disaient à leurs amie en pleurs qu'elle savait même pas pleurer. Aucun respect ces deux là j'vous jure.
Et alors que je séchait mes larmes, l'esprit plus claire et le cœur moins lourd je leur adressais un sourire réellement reconnaissant. Purée qu'est ce que je ferais sans ces deux là.
« - Yo vous deux
Kazuki exaspéré soupira,
- Je vais faire du thé.
- Ca va ? s'enquit quand même Tsuna méfiant.
- Beaucoup mieux t'inquiètes, comment ça se fait que vous êtes là ?
Tsuna s'affala sur la table et croqua dans une pomme.
- C'est sensei qui est venu nous chercher pour tout nous expliquer, dit il la bouche pleine, alors kazuki et moi on s'est dis qu'on allait t'attendre ici.
- Et sensei vous a dit pourquoi toute cette merde nous est tombé dessus ?
- Ouai, répondit kazuki en posant le plateau de thé sur la table un peu plus vivement que nécessaire, c'est une embrouille cette histoire et c'est complètement injuste, si on était pas des traîtres avant ça, j'ai la soudaine envie de le devenir maintenant.
J'eus un frisson devant la colère noir que je vis briller dans ses yeux.
- Kazuki, dis je presque en chuchotant, tu devrais pas dire ce genre de chose, si quelqu'un t'entendais tu irais faire un tour dans les cellules d'interrogation et crois moi ils n'attendent que ça pour trouver un truc contre Izaya sensei.
- N'empêche, ajouta Tsuna, c'est typiquement ce genre d'injustice qui crée des traîtres.
Un silence tomba dans la cuisine.
- Alors on ne joue pas le jeu, dis je en essayant d'être ferme, on se met au dessus de ça et on continue à bosser pour être les meilleurs. »
Ils ne dirent rien, Tsuna m'adressa un vague hochement de tête mais personne n'était convaincu.
Un poids lourd tomba dans le creux de mon ventre et j'eus soudain l'impression de manquer d'air.
Je ne sais pas si les jounin qui avaient initié toute cette embrouille se rendaient compte de ce qu'ils avaient fait en voulant atteindre Izaya.
Mais ils venaient sérieusement d'écorcher la confiance de trois jeunes shinobis envers leur village.
Et personne ne savait combien de temps il y avait avant qu'elle ne se brise totalement.
Même pas moi.
Merci à tous pour vos encouragement et vos commentaires que je relis souvent pour parce que vous pouvez pas savoir comment ça fait du bien , merci pour votre patience vous êtes les meilleurs cornichons du net.
Comme vous l'avez peut être sentie l'histoire va prendre une tournure un peu particulière, et la famille de Isa va prendre de plus en plus de place dans l'intrigue !
Au prochains chapitres on va avoir à faire à de la sueur comme toujours, des confrontations et quelques révélations sur des questions jusque là sans réponses ...j'ai hâte de les publier mais il faut que je tire quelques petites choses au clair avant héhé
Dîtes moi ce que vous pensez de tout ça comment est ce que vous pensez que les choses vont tourner à partir de maintenant ?
Amour et chocolatines 3
