Wesh wesh ça faisait longtemps ! J'ai eu un gros syndrome de la page blanche et la deuxième partie de ce chapitre a été compliquée à écrire.
Un truc bonus devrait apparaitre dans pas longtemps, pour me rattraper. Pas un chapitre, mais un truc en plus.
TW : on parle de mort, de relation pas très saine et d'envie de meurtre
J'espère que le chapitre vous plaira (et que le prochain sera plus facile à écrire).
Des bisous et bonne lecture !
Les élèves sont silencieux en sortant de la grande salle d'examen. Personne n'ose souffler une seule parole, comme si tout le monde se recueillait après l'épreuve qu'ils venaient de subir.
- Comment j'ai niqué le bac blanc !
Sauf Xion, bien évidemment. Iel crie de joie dans le couloir en sautillant gaiement, son meilleur ami à ses côtés.
- Je me suis planté. J'ai foiré. Je suis qu'une merde. Je me suis foiré.
Le blond a les yeux dans le vague, mort. Il faut dire que la plupart des élèves le sont aussi. Aucun ne voulait la poésie tout simplement. Encore moins sur la poésie de l'amour, trop niais pour eux. Donc parfait pour Xion.
- Mon père va être trop fier tu vas voir !
Personne ne lui répond, les autres préfèrent l'ignorer plutôt que de lutter. Ils ont bien compris avec le temps que la bonne humeur de lea brun.e ne se contient pas et qu'il vaut mieux ne rien faire. Tous sortent en silence dans la cour pour prendre l'air, la récréation étant censée leur faire du bien.
- Je vais me faire tuer, j'ai foiré…
Roxas est en position fœtale juste à côté de la porte. Son visage a une teinte de craie qui ne le met pas en valeur.
- Reprends-toi ! Tu dis toujours ça mais la plupart du temps tu déchires !
- Et si je déchire pas cette fois ?
Xion soupire. Lorsque son ami est anxieux, rien ne peut le faire sortir de sa spirale. A part la bonne note qu'il va se prendre. Car il a toujours des bonnes notes, il est excellent. Enfin, du point de vue de son ami.e pour qui un 15, c'est vachement cool. Iel n'a d'excellentes notes qu'en français et en anglais, le reste du temps iel essaie de rester dans la barre des 12. Ou, au moins, éviter de descendre sous les 10. Roxas est un génie si on les compare.
- Ecoute, tu vas avoir une bonne note, même si c'est juste 11.
- C'est nul 11 !
C'est bon, iel le renie définitivement. Tant pis pour lui ! Iel le laisse se lamenter dans son coin, lea brun.e à d'autres choses à faire. Comme aller mettre un papier dans le casier de la douce et magnifique Naminé.
Larxene lui a dit d'arrêter. Axel lui a dit d'arrêter. Van s'est foutu de sa gueule. Roxas lui a dit que là, c'était clairement foutu. Mais Xion ne peut pas s'arrêter là. Parce qu'on ne répond pas à une question angoissée avec un silence.
La blonde a peur et c'est tout à fait normal. Iel aurait dû faire plus attention à sa façon de formuler les choses. Mais c'est trop tard, alors tout ce qu'iel peut faire c'est tenter de la rassurer avec son vocabulaire fantasque. Pour ne pas l'effrayer, et ne pas se faire détester, entre autres. Xion tient trop à elle, même si iel ne la connait pas au final.
Les couloirs sont presque vides, le soleil a fait sortir les plus récalcitrants. D'un pas léger, iel se dirige vers le casier de la jeune artiste en essayant d'avoir un air naturel. Mais une personne lui barre subitement la route.
- Xion ! Je te cherchais partout !
Kairi sortit d'absolument nulle part lui bloque le passage. Elle a récemment coupé ses cheveux lie-de-vin en un carré qui met en valeur son visage. Iel peut bien lui reconnaitre le fait d'être incroyablement mignonne, mais il s'agit de sa rivale bordel ! Iel ne va pas être ! Enfin, c'est ce qu'iel se dit avant de repérer Naminé quelques pas derrière la jeune fille.
- Hey heu… Kairi…
- C'est mon nom !
Et elle affiche un sourire éblouissant. Xion n'a rien contre elle, mais les seules fois où iel a parlé à la jeune femme, cela s'est terminé par des cris de sa part. Parce que Kairi est la rédactrice en chef du journal et si elle veut publier quelque chose, elle fera des pieds et des mains pour. Même si ça signifie harceler les gens jusqu'à ce qu'ils acceptent. C'est comme ça que lea brun.e s'est retrouvé.e avec plusieurs de ses textes publiés à moitié à contre cœur.
- J'ai besoin de toi !
- Non.
- Xy enfin, je n'ai même pas expliqué pourquoi !
Elle affiche alors une petite moue boudeuse qui la rend craquante. Lea brun.e comprend très bien pourquoi la blonde flashe sur elle. C'est une fille passionnée, adorable et intelligente. Mais iel a toujours préféré les fleurs des champs aux roses. Les boutons d'or ont un charme que personne ne semble comprendre.
- Je t'explique, on fait une édition centrée sur la poésie. Donc on s'est dit que ce serait cool d'avoir des poèmes des élèves et c'est là que tu entres en jeu !
- Non.
Ses poèmes sont intimes, ne concernent qu'iel et ceux sur qui iel écrit. Les éditer ne lui a jamais traversé l'esprit, ou juste les montrer à d'autres personnes. Et Kairi le sait, ce n'est pas la première fois qu'iel refuse.
- S'il te plait ! On le mettra au milieu des autres, bien caché ! Personne n'y fera attention !
Et elle joint les mains, comme pour supplier. Xion détourne le regard pour ne pas avoir à croiser les yeux bleus suppliants. Malheureusement iel se fait aborder par le regard de l'élue de son cœur. Qui ne l'évite pas pour une fois, au contraire. Il y a de la détermination dans ses yeux azur. Iel sait que Naminé est aussi membre du journal du lycée, iel sait aussi que la blonde a sûrement peur qu'iel révèle son secret. Et lea brun.e aimerait bien se faire voir, pour une fois.
Iel craque.
- J'vais voir. Mais je ne te promets rien !
- Merci merci merci merci !
Kairi ne l'écoute et se content de serrer ses mains tout en les secouant de toutes ses forces. Xion soupire, ses amis n'ont vraiment tort quand ils disent qu'iel s'embarque dans des situations dont iel ne peut se dépêtre.
- Ouais ouais…
Iel tente d'échanger un regard avec la blonde mais celle-ci fixe le sol en souriant un peu. C'est déjà ça.
- On te laisse et merci encore ! Apporte ton texte à moi ou à Nami quand tu pourras ! Ou envoie-le par mail à l'adresse du journal !
Et les deux filles lea plante là, l'une guillerette et l'autre très calme. Xion soupire, iel va avoir besoin de parler à ses amis… Mettant la main dans sa poche, du bout de ses doigts iel sent un morceau de papier. Merde ! Sa mission de base !
- Heu… Naminé !
Lea brun.e court après les deux filles avant de tendre la fille à l'artiste.
- Y a ça qui est tombé de ta poche hum… Fais gaffe quoi…
Iel sait que l'autre n'est pas dupe, mais après un rapide coup d'œil sur sa personne, elle prend le papier et s'en va, Kairi sur les talons. On peut dire que c'est une réussite… non ?
"Chère petite princesse,
C'est le seul moment où tu parais moins adulte, où tu brilles comme les étoiles du ciel ! Savais-tu qu'une personne vivant sur un astéroïde cherchait à les posséder ? J'espère qu'elle ne te trouvera jamais. Tu es une étoile de la Terre, tes gènes de princesse font des miracles.
L'aviateur"
Assis.e dans la chambre de son meilleur ami, Xion le regarde attentivement lire le poème qu'iel compte présenter à Kairi. C'est le dernier qu'iel doit voir, Van et Larxene ayant déjà accepté. Lea brun.e n'est pas sûr.e qu'on fasse le lien entre ce qu'iel a écrit et ses amis, mais sait-on jamais. Sait-on jamais.
Roxas finit par reposer la feuille en soupirant.
- Tu peux.
- T'es sûr ? Je sais pas si les gens vont faire le lien mais voilà quoi ! J'ai pas envie que tu te sentes obligé parce que ça parle d'Axel !
- Nan c'est bon…
Le blond a une mine plutôt triste. Depuis trois jours que le bac blanc est passé, il n'a pas l'air d'avoir repris du poil de la bête. Ou alors c'est autre chose qui le dérange.
- Rox, ça va ?
Il soupire et passe sa main dans ses cheveux totalement ébouriffés. Iel aime les toucher, ils sont tout doux. Mais leur aspect présent lui montre qu'ils ont l'air d'avoir besoin d'être lavés.
- C'est juste que… ça se voit que j'ai un truc pour Axel, non ?
Pour Xion, le verbe voir n'est pas assez gros pour expliquer à quel point Roxas est grillé à des kilomètres. Mais iel se contente d'acquiescer.
- Donc, à ce stade, il devrait s'en être rendu compte… Mais il me dit rien… Donc ça veut dire que c'est pas réciproque, hein ?
Ses yeux se remplissent brusquement de larmes tandis qu'il les lève sur son.a meilleur.e ami.e. Qui actuellement est en pleine panique.
Que peut-iel dire ? Iel n'est pas doué.e pour tout ce qui est consoler. Encourager oui, sécher des larmes non. Doucement Xion passe un bras autour de ses épaules pour lui faire un patpat.
- Je… vais essayer de faire quelque chose, ok ?
Il hoche la tête, toujours des perles au coin des yeux, en reniflant. Alors iel n'a pas d'autre choix que de le serrer dans ses bras parce que s'il commence à vraiment pleurer, iel va s'y mettre aussi. Réaction en chaine : il suffit que son meilleur ami pleure pour qu'iel en fasse de même. Bizarrement, ça ne fait ça qu'avec lui.
Et puis, lea brun.e est un peu désemparé.e. Et en colère. Parce que Roxas a raison, tout le monde a remarqué qu'il en pince pour le grand dadais. Et il est pas con Axel, pas aveugle non plus. Il sait qu'il plait, il sait quand on lui tourne autour. Alors, avec ses manières d'écoliers et ses rougeurs, il a dû voir le blondinet arriver à des kilomètres. Certes, il n'y a pas eu de déclaration ou autre, mais s'il n'est pas intéressé, il pourrait le repousser !
Quelque chose mouille son cou. Flute et crotte et sacrebleu ! Le gamin pleure vraiment. Maladroitement, iel le berce sans un bruit, tandis que le silence rempli la chambre. C'est ça le truc, avec Roxas aussi, il fait tout en silence. Il réfléchit en silence, lorsqu'il souffre c'est en silence, et pareil quand il pleure. Il n'y a que sa colère qui soit explosive.
Maladroitement, iel passe sa main dans les épis blond en reniflant. C'est tout que ce qu'iel peut faire, être là. Et pleurer un peu avec lui.
Xion finit par rentrer un peu tard chez iel, malgré sa privation de sortie. Mais heureusement, son père n'est pas encore rentré et sa belle-mère semble être dans la salle de bain à se laver. Pour une fois que la chance est de son côté !
Iel se faufile discrètement jusqu'à sa chambre afin d'allumer son ordi. Vu que tout le monde est d'accord pour que son poème soit publier, iel va l'envoyer à l'adresse du journal du lycée. Après quelques minutes d'hésitation sur si iel rajoute un petite message sarcastique ou non, lea brun.e finit par envoyer le poème avec un petit mot banal. On ne sait jamais qui pourrait tomber dessus et Xy ne veut pas qu'un pauvre seconde ne lea connaissant pas prenne le truc personnellement.
Quinze minutes plus tard, alors qu'iel se connecte à facebook, iel reçoit une réponse qui lea fait sourire. Il faut croire que tous les membres du journal ont accès à la boite mail de celui-ci.
"Cher toi (le masculin ça va ?),
Je crois que je commence à m'habituer à tes bizarreries, je ne cherche plus à comprendre.
Ton prénom, c'est Xion ? C'est bizarre, ça vient d'où ?
Naminé"
Le journal est sorti, et Xon baisse la tête dans les couloirs. Iel n'a pas envie que l'on vienne lui parler de son poème nouvellement édité et lu par tout le monde. Bien qu'il soit au milieu d'une dizaine d'autre, les gens n'ont retenu que le sien. Et iel n'aime pas ça, déteste ça même. Lea brun.e est trop timide sur ses écrits, ils sont trop personnels pour accepter de recevoir des critiques ou des compliments.
Et puis, il y a trop de choses dans sa tête en ce moment.
Il y a Roxas, le résultat du bac blanc qui pèse comme une épée de Damoclès sur son droit de sortie, son père qui lea surveille comme si iel avait deux ans, et l'anniversaire qui pointe le bout de son nez. L'anniversaire de la mort de sa mère, qu'iel essaie désespérément de sortir de sa tête en vain.
Le blondinet essaie tant bien que mal de lea distraire à l'inviter, lui parler des derniers livres qu'il a lu, lui proposer des films à voir. Et ce n'est pas le seul. Vanitas a décidé d'être plus sympa, il est même d'accord pour lui parler de Ventus pour dire ! Larxene lui a fait les ongles des pieds, parce que iel ne voulait pas les ongles des mains, trop féminin. Quant à Axel… toujours égal à lui-même, mais iel le boude un peu. Il faut qu'ils aient une discussion, qu'iel le confronte mais pour le moment, Xion n'en n'a pas l'énergie ou la force.
Iel n'a même pas répondu au dernier message de Naminé, pour dire ! Iel ne veut pas lui envoyer sa tristesse et ses problèmes de façon sous-entendu. Parce que iel se connait, inconsciemment lorsque ça ne va pas iel le dit sans le vouloir. C'est pour ça que ses amis sont au courant. Mais la blonde n'est pas son amie, mais peut-être sa future copine. Et on ne balance pas ses traumatismes lors de la phase flirt. Le début du message est prêt, mais pas le reste iel verra ça plus tard, lorsque ça ira mieux.
Iel sait que son père ne viendra pas au cimetière, comme chaque année. Il n'est venu qu'au premier anniversaire, puis il n'y a jamais remis les pieds. Et Aqua sait qu'iel ne veut pas qu'elle vienne. Pas qu'elle ait quelque chose contre sa belle-mère, c'est une femme adorable et admirable. Mais ça ne la concerne pas.
Alors, comme chaque année, Xion est seul.e devant la tombe devant la tombe de celle qui fut sa mère, dans un cimetière vide. Très peu de personnes viennent visiter les tombes des défunts, et lea brun.e ne peut pas le leur reprocher iel-même ne vient que quelques fois par an. Mais ce silence solennel, les murmures du vent et l'absence de vie, tout ça fait froid dans le dos.
La tombe est blanche, simple une envie de sa mère. Un lierre ronge la pierre, planté le jour de l'enterrement par son oncle. On peut encore lire son prénom, Yuffie, mais une partie du nom de famille anglais imprononçable est trouée par la plante. Xion a le nom de son père, banal à souhait. La faute au système qui avait refusé le double nom de famille, pour une raison quelconque et stupide.
Lea jeune non-binaire commence à parler dans le vide en anglais. Sa mère et iel se parlaient tout le temps en anglais, et ce depuis toujours. L'adulte voulait absolument qu'iel soit bilingue pour pouvoir lire Shakespeare dans sa langue d'origine. Xion a grandi dans une famille où on parlait deux langues. Trois en comptant les silences de son père. Bien que les trois puissent se parler en français, c'était comme s'il leur était impossible de dire ce qui était important. Que ce soit entre sa mère et son père, son père et iel. Même entre iel et sa mère, Xion peut le voir désormais.
Et maintenant que tout ça a été balayé par la main de la mort, que dit-on au fantôme de sa mère ?
Tu es ma mère
Je suis la chaire de ta chair
Le sang de ton sang
Mais je ne veux pas de toi
Pour être moi
Yuffie était une petite brune, anglaise, déterminée avec un grand sourire. Totalement l'opposé de Terra qui est calme, silencieux et qui doute de tout. Ils sont tombés amoureux, se sont mariés et ont fait un enfant. Tout ça vite, très vite. L'amour leur brûlait les doigts, comme la cire d'une bougie. Puis, à un moment, la bougie entière avait fondu. La relation s'était déliée, elle n'était plus rien et ils n'avaient à leurs pieds que leurs erreurs et leur enfant.
Ils n'ont jamais divorcé, et Xion sait que c'est de sa faute. Ils pensaient que ce serait « mauvais pour son développement », mais iel aurait préféré. Cela lui aurait évité de se sentir au milieu d'un champ de bataille à chaque fois qu'ils étaient dans la même pièce. Cela lui aurait évité les fuites incessantes chez Roxas, dont la mère bien que sévère et seule faisait en sorte de privilégier son petit garçon au reste du monde. Lea brun.e, pour sa part, devait choisir.
Et c'est quelque chose qu'iel n'a compris que des années plus tard, lorsque sa mère mourut et que son père et iel ne surent pas quoi se dire. Parce que Yuffie avait profité de son temps à la maison pour se rendre indispensable auprès de son enfant. Si Xion avait un besoin, une peine, un coup de cœur, une envie, une question, iel allait voir sa mère. Et parce qu'il y avait un mur entre elle et Terra, celui-ci n'osait ni intervenir ni s'interposer. Et maintenant que Yuffie n'est plus et que ce qui les séparait s'est écroulée, les deux ne savent pas se parler.
Et parfois, Xion a la rage au ventre, l'écume aux lèvres contre sa génitrice. Elle voudrait lui hurler qu'elle n'est qu'une sale égoïste et qu'elle déteste ce qu'elle a fait à son père, ce gouffre qu'elle a créé et que personne n'arrive à franchir. Sûrement qu'avec le temps, ça ira mieux. Mais tout ça aurait pu être évité depuis le début.
Mais on ne doit pas en vouloir à une morte, alors lea jeune non-binaire ravale sa boule de sentiments qui bloque sa gorge. De la colère, de la tristesse, de l'amour trop de choses qui broient son petit cœur et dont iel n'ose pas parler.
Peut-être que le psy, au final, ce n'est pas une mauvaise idée…
Et si j'avais su que tu mourrais
Je ne t'aurais sûrement pas aimé
Si j'avais sur que tu m'abandonnerais
J'aurais préféré de mes mains t'assassiner
Alors, ses visites sont courtes, et lea brun.e passe son temps à marmonner à voix basse des choses futiles. Il y a des fois où ça se passe mieux que d'autre, où iel hurle de joie, parle de ce qui l'enchante, récite un ou deux poèmes. Ou alors iel se plaint d'une punition, de quelque chose d'injuste, d'une situation qu'iel ne comprend pas. Mais ce ne sont que lors de passages surprises et impromptus que Xion bavasse sans jeter un œil à sa montre. Lorsqu'il s'agit de l'anniversaire de la mort, ou de l'anniversaire tout court, iel n'a rien à dire.
Son portable vibre dans sa poche, signe qu'iel doit y aller. Vanitas lui a proposé de trainer au centre commercial à la recherche de jeux-vidéos potables, et comme iel ne veut pas rentrer directement après sa visite… Et puis, le truc qui est bien avec le brun, c'est qu'il a une voiture. Ou comme le groupe aime dire « une petite crotte à la couleur indéfinissable ». Soit une Twingo d'une couleur tirant entre le noir et le vert, immonde selon Xion. Mais très pratique.
Il a la gentillesse de venir lea chercher devant le cimetière, alors iel ne dit rien sur la musique qu'il écoute en conduisant. Metallica est certes un classique, mais il y a bien plus approprié pour un petit tour en voiture. Sans lui dire bonjour ou même lui adresser la parole, iel débranche le câble connecter au portable du jeune homme pour pouvoir mettre sa musique.
- Woh woh woh woh ! Tu fous quoi là ?!
- Je vire ton truc pour mettre de la vraie musique !
- Ouais alors nan, tu mets toujours The Smiths et ça me les brise.
- Tant pis pour toi, t'as cas te les faire couper !
Van sait qu'il n'arrivera pas à lea faire changer d'avis. Cela fait un an qu'iel passe en boucle « There is a light that never goes out » lorsqu'un trajet en voiture est prévu. Même s'il ne dure que 5 minutes. Et tout le monde, absolument tout le monde, a fini par haïr cette chanson.
Take me out, tonight
Cause I want to see people
And I want to see life
- Tu sais qu'ils ont fait d'autres chansons hein ?
- Voui, mais je préfère celle-là !
Parce que Xion l'a découverte quand iel étouffait chez elle et voulait passer le moins de temps à la maison. Et, sans aucune raison, les paroles lui font penser que le narrateur est peut-être gay et amoureux du conducteur. D'où la fuite et le fait que mourir de suite ne le gênerait pas. Ce n'est sûrement pas ça, mais ça l'amuse de penser ça. De projeter une partie de sa vie sur la chanson.
Iel fredonne les paroles pendant que l'autre peste dans sa barbe tout en manœuvrant pour se garer pas loin de l'entrée.
- Tu sais, on peut marcher.
- Y fait froid et j'ai pas envie et c'est moi qui conduit donc je me gare où j'veux.
- Pfffff !
Driving in your car
Oh please don't drop me home
Because it's not my home
It's their home
And I'm welcome no more
- Putain elle est toujours déprimante ta chanson là !
D'un grand sourire, Xion commence à chanter en rythme.
Oh, take me anywhere, I don't care I don't care I don't care
Mais le brun éteint la voiture ce qui stoppe la musique sous les cris de son ami.e.
- C'était presque fini en plus !
- J'vais pas polluer pour ton plaisir.
Les deux ados sortent de la voiture, lea non binaire en boudant légèrement parce qu'on ne stoppe pas une musique en plein milieu non mais ! Même si c'était presque la fin ! Mais iel ne garde pas sa mauvaise humeur bien longtemps, Van l'entraine dans des débats inimaginables sur quels jeux-vidéos sont meilleurs que d'autres. Et bien évidemment, ils n'ont pas les mêmes goûts, ce ne serait pas drôle sinon.
Au final, un employé finit par leur demander de quitter les lieux car ils feraient « trop de bruit ». En même temps, Xy était en train de démonter le nouveau jeu que le magasin met en avant en pointant du doigt tous les défauts visibles. Vanitas a beau dire que c'est de sa faute, iel est sûr.e qu'on les a mis dehors parce qu'iel risquait de faire baisser leur chiffre d'affaire.
Ils errent un moment dans le complexe de magasins avant de s'arrêter grignoter un morceau avant de rentrer parce qu'il commence à se faire tard et qu'iel abuse légèrement de son droit de sortie du jour.
- T'es bien silencieux aujourd'hui.
- Pas du tout.
- Il a fallu que je te foute trois jeux sous le nez avant que tu commences à brailler.
- Je ne braille pas ! Je parle fort, c'est pas pareil !
- On s'en fout, balance c'que t'as gamin.
Iel hausse les épaules avant de détourner le regard. Se confier à Vanitas n'est pas son passe-temps favori, pas que l'autre soit vraiment mauvais mais les deux ne parlent jamais de trucs vraiment sérieux. Le brun est trop je m'en foutiste, iel préfère se réfugier dans les jupes de Larxene ou encore chouiner sur l'épaule de Roxy.
- C'est ta mère c'est ça ?
Re haussement d'épaules. Oui et non, plus oui que non surtout. Cette période n'est pas agréable pour iel et plus vite elle sera passée, plus vite iel ira mieux.
- T'as des nouvelles de ta blonde ?
- Et toi de ton blond ?
- J'ai posé la question en prems.
- … J'ai pas répondu à son dernier message…
La blonde a même essayé de l'aborder dans le couloir il y a quelques jours. Ou enfin, iel croit qu'elle a voulu l'aborder. Ce n'était peut-être qu'une hallucination, ou alors son cerveau a transformé la scène pour que ça en ait l'air.
- Et t'attends quoi ?
- D'aller mieux ? Genre, j'vais pas lui envoyer toute ma merde dans la gueule. J'ai pas d'idée de quoi lui répondre…
- Gamin, tu veux avoir une relation avec elle mais t'es pas capable de lui parler des choses qui vont pas ?
- Mais on a pas de relation !
Iel a parlé trop fort et les autres clients lea regardent. Xion rentre sa tête dans ses épaules comme une petite tortue et baisse le regard. Van continue de lea dévisager.
- Vous avez peut-être rien pour le moment, mais si tu te bouges pas le cul, ça va pas changer.
- C'est toi qui dis ça…
Mais il n'a pas tort, iel ne peut pas fuir Naminé éternellement.
- J'envoie ma réponse à Nami et tu vas parler à Ven !
- Pardon ?!
- C'est pas négociable !
Et iel rit, rit à s'en décrocher la mâchoire et à s'en faire mal à ventre. Bien sûr que l'autre ne va pas du tout aller parler au petit blond et qu'iel ne le forcera pas. Mais Xion peut bien répondre à sa chère et tendre et dévoiler un peu de qui iel est.
"Chère petite princesse (c'est iel mais comme les accords neutres n'existent pas, on va s'en contenter),
Je t'intéresse ? Je t'avoue que ça me fait plaisir !
Xion, ça sonne bien non ? C'est moi qui l'ai choisi ! C'est un dérivé de Shion qu'on pourrait traduire par "N'oublier jamais". N'as-tu jamais peur d'oublier ? Ça me terrifie perso.
L'aviateur"
