Bien le bonjour à tous !

Comme je suis sensée travailler et corriger un nombre incalculable de copies, je vous ai écrit un petit OS...

Celui-ci est totalement indépendant de tous mes autres écrits, même si mes personnages préférés sont dans la place !

Les personnages et l'imaginaire appartiennent à madame Rowling, le reste sort de mon imagination.

Pour être franche, je considère que cet OS est un échec, il devait être mignon. Et je n'ai pas réussi, enfin pas entièrement. C'est du sérieux.

Merci LILYJEM pour la relecture et les encouragements.


oOo

En arrivant dans le hall du magasin, Hermione ne savait pas pourquoi elle avait été appelée. On lui avait juste signifié qu'il y avait un problème avec un client, impliquant un enfant.

Elle avait dévalé l'escalier en refusant d'échafauder des hypothèses forcément horribles, cadenassant son esprit aux élucubrations que n'importe qui aurait fait. Elle n'était pas n'importe qui.

Et elle avait eu raison en un sens, parce que quoi qu'elle ait pu imaginer, elle n'aurait pas pensé à ça.

Astoria Malfoy en train de hurler sur son époux, rouge de colère, au milieu de la foule des clients, de ses clients, dans son magasin.

Magasin moldu, où les Malfoy n'auraient jamais dû se trouver.

Se rappelant qu'on lui avait parlé d'un enfant, elle chercha autour des deux irresponsables qui se donnaient en spectacle, et son regard s'arrêta sur un petit garçon, très blond, très pâle, et surtout, très en train de pleurer, à gros sanglots bouleversants.

Hermione fendit la foule d'un pas décidé, s'approcha du petit bonhomme et d'un geste assuré (après tout, elle l'avait déjà accompli de nombreuse fois), elle souleva celui qu'elle présumait être le fils de Drago. L'enfant hoqueta dans ses bras avant de s'accrocher à elle et d'enfouir son visage dans l'épaule de cette femme inconnue mais qui sentait bon.

Puis, se tournant vers le couple qui avait cessé de hurler devant son geste, elle leur signifia que lorsqu'ils en auraient marre de se comporter comme des sauvages particulièrement isolés de la civilisation, un membre de son personnel les conduirait à son bureau, ou ce pauvre enfant prendrait un goûter.

Quelqu'un dans la foule cria « bien dit ! » avant de se mettre à applaudir, et malheureusement, les gens se mirent à rire et à applaudir vigoureusement.

D'une main ferme mais délicate, Hermione cacha le visage de l'enfant dans son cou et monta les escaliers jusqu'à un petit ascenseur privé.

Elle entra dans la cabine et se retourna, juste à temps pour voir les éclairs de colère contenue sortir des yeux de Drago.

Elle serait certainement dans un état critique s'il avait osé faire usage de la magie dans le magasin, mais il avait au moins su garder un semblant de retenu à ce sujet.

Le petit blond qu'elle portait dans les bras avait arrêté de pleurer. Il avait maintenant cette sorte de gros soupir que les enfants ont lorsqu'ils ont fini une crise de larmes. Il avait pris son pouce et semblait confiant, ayant posé sa tête sans contrainte et attendant sans bouger que la dame s'occupe de son cas.

Ce qu'elle fit, en faisant apparaitre sur son bureau du pain et du chocolat, avec un grand verre de grenadine. Elle l'assit sur son beau fauteuil, puis lui demanda son prénom.

-Je m'appelle Scorpius.

-Et quel âge as-tu ?

-Cinq ans. Il montra sa main grande ouverte devant lui, les cinq doigts bien séparés les uns des autres.

-Alors, tu es déjà un grand garçon. J'ai une fille qui a ton âge.

-Elle s'appelle comment ? en posant la question, il avait attrapé le pain et il entreprenait de découper proprement toute la mie, en laissant sur le bord du bureau toute la croûte.

-Elle s'appelle Rose. Veux tu manger proprement s'il te plait ?

Elle avait froncé les sourcils et Scorpius s'empressa de mettre dans sa bouche les morceaux de croute.

-Papa aussi dit que je dois tout manger proprement.

-Et est ce qu'il y a une règle sur la bouche pleine ?

-Oups… Mais le petit blond avait eu un petit sourire coquin en disant ça et Hermione ne put s'empêcher de rire avec lui.

-C'était ton papa et ta maman en bas ?

-Oui ! ils crient toujours quand je dois changer de maison ! Maman aime pas trop venir dans les endroits que papa décide, elle dit que les gens sont bêtes. Mais papa, il fait exprès, il dit que comme ça, pas de magie !

-Oh ! Alors, tu devais aller dans quelle maison là ?

-Celle de papa. Il va être pas très content que vous m'avez pris dans ce bureau.

-On dit « que vous m'ayez pris »… Il ne fallait pas crier dans mon magasin !

-Papa n'a pas crié lui, c'est maman ! Elle crie toujours ! même sur moi !

-Et papa ne crie pas lui ?

-Bah des fois !

Scorpius en répondant avait levé les bras au ciel, tout en haussant les épaules, l'air de dire que c'était normal. Hermione soupira et tira sur ses cheveux pour combattre le début de migraine qu'elle sentait poindre sur le côté de son crâne.

Elle allait reprendre la parole lorsque l'on frappa à sa porte.

-Entrez ! Bonjour Drago.

L'homme était venu seul, ce qui ne surprit pas Hermione après la discussion qu'elle venait d'avoir.

-Bonjour madame Granger.

-Weasley, tu le sais très bien !

Il soupira profondément avant de relâcher ses épaules en regardant les miettes de pain répandues sur le mobilier.

-Scorpius, je ne crois pas t'avoir appris à en mettre partout comme ça !

-Pardon papa, c'est les émotions !

L'aplomb de son fils fit lever les sourcils de Drago et plus encore lorsqu'il entendit Hermione pouffer à ses côtés.

-Il te ressemble… cette touche d'insolence…

-Malheureusement, il semble qu'il a beaucoup pris de mes mauvais côtés… Nous allons y aller maintenant.

-Non. Répondit l'enfant. Non, je vais pas avec toi. Je veux voir Rose. Je veux rester avec la dame qui crie pas.

Le visage de Drago pâlit et devint encore plus blanc que d'habitude. Il mordit ses lèvres et passa ses mains dans ses cheveux, autant de signes que ne manqua pas Hermione. C'est pour cette raison qu'elle prit la parole.

-Rose est en vacances chez ses grands-parents Scorpius, et je crois que ton papa lui aussi a eu trop d'émotions. Et comme tu m'as dit que lui, il ne crie pas, je pense que tu peux partir avec lui.

-Non.

-Pourquoi ?

Le petit blond se mit à pleurer en silence, le visage penché et les mains crispées sur ses genoux.

Alors Hermione l'attrapa pour qu'il puisse pleurer comme tous les enfants de son âge, dans une position confortable. Elle se tourna vers son ennemi d'enfance, le regard perplexe.

-Que se passe-t-il ?

-Je ne sais pas, il est comme ça à chaque fois que je le récupère. A chaque fois, il dit qu'il ne veut plus venir chez moi. Mais il fait une véritable crise de larmes si je lui propose de retourner dans la maison d'Astoria.

-Oh. Dis moi Scorpius, que pense ta maman de la maison de papa ?

-Elle… elle dit… elle dit qu'il y a des monstres dans les armoires ! Et aussi… Elle dit…

Il mit sa main sur sa bouche, comme s'il ne voulait plus parler et se remit à pleurer en s'accrochant de toutes ses forces au chemisier de la jeune femme.

-Ok mon chéri, tu me fais un peu mal là. Avec papa, nous allons transplaner d'accord ? je ne te lâche pas.

Elle fit signe à Drago qui se saisit de son bras et ils se retrouvèrent dans un bureau de taille moyenne, avec deux espaces de travail bien distincts, l'un recouvert de paperasse et l'autre plus ou moins rangé. Au milieu, un petit canapé deux places ou elle posa le petit garçon en faisant signe à son père de le rejoindre. Puis elle ouvrit la porte et sortit dans le couloir.

Drago profita du moment pour prendre son petit garçon dans les bras et le berça en lui murmurant des mots rassurants.

Il jura dans une langue étrangère lorsqu'il vit entrer dans le bureau ses meilleurs ennemis.

-Salut Malfoy ! Lança le roux d'un air pressé. Désolé de ne pas rester prendre des nouvelles, mais je suis sur un truc et puis, de toute façon, tu as Hermione, je n'ai pas d'inquiétude !

Et il sortit aussi vite qu'il était entré, sans prendre le temps de refermer la porte, il avait juste pris sa cape.

Le brun lui, avait tiré une chaise en face de l'homme et de son fils. Il scrutait avec attention la manière dont les deux étaient agrippé l'un à l'autre. Harry soupira, retira ses lunettes pour se frotter les yeux, puis tout en les remettant, il demanda : « Comment vas-tu Drago ? »

Celui-ci ne répondit pas immédiatement. Il cherchait dans quelle branche de la justice travaillait Potter, afin de comprendre pourquoi Hermione l'avait conduit dans ce bureau avec Scorpius.

-ça va mal Potter, comme tu l'imagines. Je ne serai pas là sinon.

-Mmmh. Tu sais que je travaille pour le département de la justice ? précisément sur les affaires qui concernent des enfants.

-Je me doute que Granger ne m'a pas fait transplaner ici pour rien. En revanche, j'ai besoin qu'elle me dise pourquoi elle l'a fait.

-Malfoy ! La situation ne peut pas durer. Ton fils m'explique que tu donnes rendez-vous à sa mère dans des lieux publiques moldus pour éviter des scènes trop graves, il panique en parlant de sa mère et de ses histoires et il a peur de rentrer chez toi ! quelque chose ne va pas ! et quelqu'un doit entendre ton fils ! sinon il finira cinglé.

-Et pourquoi Potter ?

-Parce que j'ai confiance en lui, et toi aussi.

-Moi aussi ? dit-il en levant un sourcil.

-Toi aussi. La preuve. Et Hermione le montra assis sur le canapé, aussi détendu qu'il pouvait l'être avec son fils somnolant dans les bras.

Un énorme soupir collectif vint résonner dans la pièce.

Harry remercia sa meilleure amie et celle-ci repartit régler d'autre affaires moins difficiles en remerciant le ciel d'avoir une famille équilibrée où faire grandir ses enfants.

-Comment vas-tu procéder ? je peux te donner mes souvenirs, mais lui, c'est un petit garçon…

-Ne t'inquiète pas, nous avons des procédures pour eux. Tu vas devoir porter plainte. Sinon, tu seras considéré comme responsable aussi.

Drago ferma les yeux. Harry lui laissa le temps d'encaisser avant de commencer à l'interroger sur son couple, sa vie de famille et la séparation en cours.

Et Drago, pour la première fois depuis des années, accepta de lâcher prise. Il raconta les années difficiles avec Astoria, de pire en pire à chaque nouvel anniversaire de leur fils. La séparation inévitable, pour essayer de sortir l'enfant de l'ambiance malsaine, les crises de jalousie, de colère. Le chantage pour avoir l'enfant chez elle, toute seule, un week-end sur deux. Le retour des pipis au lit et des caprices incompréhensibles. Les terreurs nocturnes. Et enfin, la dispute monumentale dans le magasin de Hermione. Les hurlements de cette femme à propos de la supposé débilité de son fils. Sa colère froide, profonde, en voyant que le petit garçon entendait et voyait tout ce que sa mère pouvait dire d'horrible sur lui.

Harry avait depuis longtemps jeté un sort sur Scorpius pour qu'il ne se réveille pas et qu'il n'entende rien. Et Drago en s'en apercevant avait déposé le petit garçon à ses côtés pour pouvoir respirer un peu mieux et gérer la crise de panique qu'il sentait venir.

En riant amèrement, il fit remarquer à Harry qu'il n'en avait pas fait depuis la fin de la guerre. Qu'avant, la seule personne capable de provoquer cela, c'était Jedusort.

Harry ouvrit officiellement un dossier, et y glissa la transcription de l'entretien. Il recueilli les souvenirs de Malfoy en respectant scrupuleusement le protocole. Puis, il réveilla l'enfant et lui donna un verre de jus de fruits. Drago avait donné son accord pour qu'une potion y soit versée. Une sorte de veritaserum pour enfant avait dit Harry, et Drago avait hoché la tête en se rappelant d'une publication sur le sujet.

Le soir, lorsque Ginny rentra chez elle, elle fut surprise par le silence dans la maison. Il y aurai du y avoir des bruits d'enfants et des plaintes de l'homme de sa vie. Impressionnée par l'ambiance, elle avança jusqu'au salon et découvrit les jambes étendues de son mari, suivi de son torse allongé sur le canapé. Une bouteille de wiskey pur feu sur la table basse et un verre encore plein.

-Ta journée a été si horrible que ça ? demanda t'elle en faisant disparaitre le wiskey qu'il ne boirait pas.

-Tu n'imagine même pas à quel point. Les enfants sont chez tes parents.

-Oh. A ce point la alors.

Elle souleva les jambes de Harry, s'assit à ses pieds, et posa ses grandes jambes sur elle.

-Nous avons notre soirée alors. Tu veux en parler ?

-Hermione m'a amené Malfoy. Et son fils. Et leur horrible histoire. Horrible.

-Malfoy ? Drago ?

Elle alluma un feu dans la cheminée en un bref coup de baguette.

-Lui-même. J'ai utilisé la potion pour enfant sur son fils. Je vais changer de métier pour ne plus jamais entendre des choses pareils. Je ne peux rien dire, parce que je dois rester professionnel, mais ce petit garçon à vu et entendu des choses atroces. Drago a vomi dans mon bureau. Je n'aurai jamais cru voir ça. Sa femme est folle.

-Son petit garçon a subit des choses ou il a « juste » vu et entendu ?

-Grace à Merlin, elle ne s'en est pas prise à lui physiquement.

Harry se redressa et fit un sourire à sa femme.

-Scorpius veut absolument rencontrer Rose et revoir « la dame qui sent bon » ! Drago était tout rouge quand son fils a dit ça ! c'était drôle.

Un long silence régna dans le salon, un silence agréable entre deux personnes qui n'ont pas besoin de se parler pour se comprendre. Un silence qui permit à Harry de se reprendre et à Ginny de réfléchir à la déclaration de Harry.

-Tu veux vraiment changer de métier ?

-J'en sais rien, mais j'y pense. On va chercher les enfants ?