Bonjour tout le monde.
Merci à toutes les personnes qui suivent cette histoire. Vous pouvez commenter, partager vos impressions à tout moment. J'y répondrai avec joie. Sur ce, bonne lecture.
Tom lisait tranquillement la Gazette du Sorcier allongé sur le canapé. Enfin tranquillement, il supportait avec agacement les bruits incessants du chiffonnement de papier d'emballage. Il avait trouvé une solution pour éviter que son fils ne lui monopolise tout son temps libre lorsqu'il rentrait le soir. Des petits œufs de dragons en chocolat. Tom s'autorisait un détour après le travail pour aller chercher ces sucreries. Coba en raffolait, du coup en débarquant le soir, le père se pressait de donner les cochonneries au gamin. Ainsi Tom obtenait la paix, pendant que l'enfant dévorait ses chocolats. Ce qui lui prenait bien une heure, le sorcier s'assurait toujours de prendre le paquet extra large.
Évidemment Glass piquait une crise à chaque fois. Soi-disant que le môme pouvait avoir une crise de foie. N'importe quoi, son fils était capable d'ingurgiter une quantité de sucre impressionnante. Jusqu'à maintenant il n'avait jamais été malade, au plus grand bonheur du père. Ainsi il pouvait aisément continuer à gaver le petit garçon et apprécier le calme.
Lorsqu'il entendit un léger bruit de toue, Tom s'empressa de lever les yeux discrètement de son journal. Il ne manquerait plus que le gosse s'étouffe et adieu les sucreries miracle ! Mais non, le bambin de deux ans et demi était installé sur le tapis, la bouche recouverte de chocolat. Gazouillant paisiblement, le garçon avait même décidé de faire partager son trésor avec le chat. De temps en temps Coba envoyait un œuf au félin, ce dernier s'empressait alors d'attraper la friandise pour la dévorer. Tom abaisse son journal les sourcil froncés. Les chats mangent du chocolat ?
Bien attentif le petit remarque la subite attention de son père. De son sourire édenté il tend sa menotte toute collante vers le sorcier.
"Tu veux ?"
"Non." Grogne Tom.
Le petit hausse les épaules, tant pis, cela en fera plus pour lui. Mais son jeu avec le chat devient soudain beaucoup plus captivant. Au moins Banzaï voulait bien s'amuser avec lui. Ne supportant plus le bruit des boules de chocolat sur le parquet Tom intervient.
-"Coba ! On ne nourrit pas le chat sur le sol !" Il gronde sévèrement.
-"Pourquoi ?" Il interroge de sa voix fluette.
Merlin, quelle idée de lui avoir appris à parler. Assez précoce, depuis quelques temps il arrivait à construire des phrases compréhensibles. Un vrai calvaire, son fils ne lâche jamais l'affaire avant d'avoir une réponse qu'il est en mesure de comprendre. En plus d'être d'une curiosité débordante, il a le chic pour poser des questions dérangeantes. C'est vrai, encore hier le môme lui avait demandé pourquoi Nagini les entendait tous les deux, alors qu'elle n'avait pas d'oreille. Même lui ne connaissait pas la réponse !
-"Parce qu'il a une gamelle pour ça ! Je ne te balance pas ta nourriture sur le parquet à ce que je sache." Dispute Tom à bout de patience.
Merde, seulement 30 minutes de calme aujourd'hui. Et comme par hasard, Glass en avait profité pour prendre son bain. L'enfant fige une moue boudeuse sur son visage joufflu dû aux rondeurs de l'enfance. Seulement quelques secondes, car un éclair de malice recouvre ses yeux gris clairs.
-"Moi' veux bien manger par terre."
Le père le darde de son regard sévère en signe d'avertissement. Si cela ne tenait qu'à lui il aurait déjà assouvi les désirs du môme, mais encore une fois Glass ne lui aurait jamais pardonné. Il y avait des limites comme elle disait.
-"Trouve un jeu moins bruyant, où je te mets au lit tout de suite."
-"Non !" Proteste le bambin colérique.
-"Alors, tu arrêtes." Prévient Tom.
Vexé l'enfant tire la langue à son père. Habitué à ces pitreries, l'homme ne relève même pas et continue sa lecture interrompu. Le môme a détalé, sûrement parti embêter sa mère. Tant mieux. Il pensait vraiment être débarrassé, mais c'était sans compter sur la ténacité de son fils. Au loin dans la cuisine, il entend la voix de son épouse.
-"Coba ? Qu'est-ce que tu fais ?"
-"J'nourris le chat."
-"Qui t'a demandé de mettre du chocolat dans la gamelle de Bonzaï."
-"Papa qui l'a dit."
-"Tom !?"
Tom pesta intérieurement, son fils tournait sa mère en bourrique facilement, car elle n'osait jamais le remettre à sa place. Sa femme le rejoint dans le salon, avec le bambin caché derrière ses jupes. Le petit avait très bien compris qu'il allait avoir des ennuis.
-"Je ne lui ai jamais dit de donner du chocolat au chat."
-"Si ! T'as dit 'pas nourrir par terre."
-"Tu as très bien compris ce que je t'ai demandé. D'arrêter de goinfrer l'animal de chocolat ! Attention Coba, je n'aime pas que l'on se moque de moi !" Gronde l'homme en montant le ton.
L'enfant commence à pleurer, en levant les mains vers sa mère pour trouver refuge. Comme d'habitude, Glass s'empresse de répondre aux caprices du gamin et le porte dans ses bras. Elle le rassure avec tous pleins de bisous. Cette attitude énerve Tom, sa compagne n'avait toujours pas compris que son môme était bien trop futé.
-"Il n'a pas compris, ce n'est pas grave. Pas de quoi en faire un drame."
-"Évidemment qu'il a très bien compris ! Il le fait exprès." S'énerve le sorcier.
-"Tom, il n'a pas encre trois ans." Réplique la femme outré par la colère de son conjoint.
Coba avait compris que son âge lui procurait des privilèges pour justifier ses bêtises. Mais Tom ne l'entendait pas de cette manière. Si sa femme refusait de remettre son fils à sa place, lui ne se laissait pas marcher sur les pieds.
-"Tu es un menteur Coba. Plus la peine de venir me réclamer quoi que ce soit. Tu n'auras plus rien en ce qui me concerne."
-"T'es méchant !" Chouine le gamin.
-"Tom, tu exagères il ne te t'avait pas compris." Rouspète Glass.
Le petit se frotte les yeux atteint par les paroles de son père. Entre deux pleures, il arrive a bafouiller sa colère.
-"Et bah jt'aime plus d'abord !"
-"Moi non plus." Conclut l'homme en reprenant sa place sur le canapé.
-"TOM !" S'oppose Glass sidéré par les paroles de l'homme.
Quel petit morveux, ça n'allait pas se passer ainsi tous les soirs. Il était le chef et ne se ferait certainement pas dicter des ordres. Tom n'était pas du tout atteint par les paroles de son fils, à deux ans et demi il y avait très peu de chance que le gamin comprenne réellement le sens de ces mots. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il s'était autorisé à répliquer sur le même ton. Est-ce qu'il aimait ce pleurnichard ? … Présentement, il le haïssait. Après tout Amour et Haine étaient proches dans l'alphabet .
Ce talent inné pour embobiner les gens, était profondément irritant. Cet idiot est aussi doué que lui. Sauf que sa bouille angélique dépasse largement le charme naturel de son père. La beauté agaçante de l'enfant hypnotise tout son entourage. A l'exception de Tom qui arrive souvent à ne pas céder aux caprices du bambin.
Orgueilleux, Tom n'a pas partagé le repas de cette soirée. Rattrapant son retard de tranquillité, il n'a pas quitté son canapé. Allongé paresseusement il s'instruit sur de nouveaux maléfices. Malgré son statu de Directeur des Aurors, il se doit d'acquérir d'avantage de compétence. Ces devoirs sont loin d'être une corvée. Plus une passion, ce métier lui permet d'être en apprentissage continuellement. Exactement, ce qu'il recherche. Acquérir du pouvoir, pour être encore plus puissant. Absorbé par toutes ces nouvelles connaissances, il fut surpris par un petit pois logé sur son ventre. Connaissant la source de ce dérangement, il s'apprête à râler à l'encontre de Coba.
-"C'est moi qu'ai fait avec maman."
Fraîchement lavé, le petit lui tend un copieux sandwich. Quelques mèches bouclées lui tombent sur le front. Une frange bien nette sépare ses cheveux, lui donnant une allure sérieuse qui ne lui ressemble pas. A l'horreur de Tom, sa femme copiait beaucoup ses propres traits physique. Comme si, cette ressemblance entre son fils et lui ne suffisait pas. Assis en tailleur sur le ventre de son père le bambin insiste. Coba tend l'assiette vers son père.
-"Pour toi, mon papa."
Tom crispe sa mâchoire. Il ne voulait pas accepter cette assiette en échange d'un acte de paix. La comédie de l'enfant ne sera pas pardonnée. Tom ne pardonne pas. L'homme darde son garçon d'un regard sévère. Comprenant la colère du sorcier, les yeux du gamin se remplissent immédiatement de tristesse.
-"Pardon, papa." Il supplie en mâchouillant sa tétine.
Sans un mot, Tom attrape son repas pour en avaler une bouchée. Son regard inquisiteur ne quitte pas son fils. Passant à la vitesse supérieur, Coba accroche ses petites menottes autour du cou de son papa. Puis pose un bisou baveux sur la joue de l'homme. Impassible, Tom ne produit aucun mouvement à l'encontre des câlins du petit. Étrangement comme avec sa femme, ces élans de tendresses ne le dérangent pas.
-"Recommencerais plus, j'te promets." Murmure l'enfant à son oreille.
-"Tsss." Siffle Tom.
Il n'en croit pas un mot, de la promesse du gamin, mais décide de clore le sujet pour ne pas être dérangé par les gamineries de son garçon. Au plus grand bonheur de Coba, son père l'autorise à se blottir contre lui. Naturellement Tom glisse une main sous le pyjama de l'enfant pour profiter de la chaleur de son petit corps.
-"Papa, j'ai menti. Jt'aime encore. Et toi. T'as menti ?"
Tom n'arrivait pas à prononcer ces mots. Avec difficulté il avait réussi à les formuler une fois à son épouse, il s'était senti tellement vulnérable en s'abaissant ainsi. Non il ne peut pas les prononcer, mais ça ne change pas ce qu'il ressent.
-"Oui."
Pour accompagner cette monosyllabe, la seule don il est capable, Tom embrasse le front de son garçon. Bien trop content de sa chance, son fils s'abstient de l'interrompre dans sa lecture. Attendrit par ce tableau trop rare, Glass apporta le biberon à son petit garçon qui le savoura entre le bras protecteur de son papa.
