Merci pour le j'aime en guest, ça fait toujours plaisir.


Avant que Francis ne mette Arthur à la porte, Feliciano réussit à l'arrêter à grands renforts de cris pour retenir son attention.

« Il allait t'embrasser !

- Je peux tout t'expliquer. Enfin… Arthur va te l'expliquer. »

Arthur frotta sa joue endolorie par la claque de Francis. Il n'y était pas allé de main morte. Francis avait toujours fait attention à ne pas se faire distancer en matière de force brute par les nations alphas, ce qui lui conférait une silhouette athlétique pour un oméga et de quoi lui retourner la tête avec une seule main.

Comment leur dire toute la vérité ? Arthur avait lu qu'il était tout à fait possible d'avoir plusieurs âmes sœurs. Il avait le choix entre deux personnes très séduisantes à ses yeux, ce qui était plutôt inespéré.

Arthur souhaitait ne pas se prononcer pour l'un d'entre eux en particulier. Il les voulait tous les deux. Ce serait assez compliqué de leur faire comprendre ses intentions les concernant. Enfin, il y avait plus urgent.

« Tu es aussi mon âme sœur. »

Feliciano ouvrit la bouche, choqué par la révélation, et bougea la tête nerveusement en comprenant tout ce que cela pouvait impliquer.

Quant à Francis, il le regardait avec suspicion.

« Je ne sais pas ce que tu es allé inventer pour soutirer un baiser à mon petit copain, mais je ne rentrerai pas dans le même panneau. »

Francis ne lui faisait plus confiance depuis très longtemps et se méfiait de chacune de ses actions. Arthur devait bien avouer qu'en matière politique, ils jouaient à celui qui serait le plus finaud des deux. Dans ce qui relevait du personnel, Arthur faisait de gros efforts pour rassurer Francis sur ses intentions louables ou pacifistes. L'oméga se défilait dès qu'il l'invitait quelque part et évitait sa compagnie comme la peste.

« Francis, je ne suis pas en train de plaisanter, commença Arthur. Je préfèrerai ne pas vous quémander de bisous pour échapper à ma horde d'amoureux transis.

- Il a raté un sort, le renseigna Feliciano.

- Pourquoi lances-tu encore des sorts ? Tu les loupes à chaque fois, s'énerva Francis. Et c'est quoi cette histoire d'âmes sœurs complètement débile ? »

Arthur avoua à demi-mots son intention de trouver son âme sœur parmi les nations. Il préférait éviter que Francis se moque de son initiative un peu désespérée.

« Bon. Comme on sait que tu foires tous tes sorts, il y a peu de probabilités que l'on soit vraiment tes âmes sœurs, se rassura Francis.

- Alba m'a dit que j'avais réussi cette partie du sort, se défendit Arthur. De plus, je suis intimement persuadé que vous l'êtes.

- Je pensais que tu ne nous ferais pas l'affront de tenter de nous séduire », râla Francis.

Arthur le regarda de manière intense.

« Je ferai tout pour vous convaincre de sortir avec moi.

- Tu nous veux tous les deux, s'en offusquèrent Francis et Feliciano.

- Je ne vois pas pourquoi je devrais séparer mes deux âmes sœurs.

- Je sens que tu vas être insistant et particulièrement lourd tout au long du siècle à venir, se plaint Francis.

- J'espère que tu ne me feras pas poireauter un siècle de plus », râla Arthur.

Arthur sursauta en entendant quelqu'un taper à la porte.

« Daddy ! Je sais que tu es là, de source sûre ! »

C'était Alfred. Enfin, son fils émergeait de sa dispute avec Ivan. Il avait certainement croisé Matthew. Pauvre Matthew. Il n'avait certainement pas pu empêcher Alfred de se mêler de ce qui ne le regardait pas.

« Tout va bien. Je gère !

- Ah ! Je croyais qu'on devait rameuter tout le monde dans la salle de réunion pour trouver ton âme sœur. Elle est chelou ta méthode.

- C'est bon. Je l'ai trouvé. Evite de dire où je me trouve.

- Je savais que c'était papa. Pas besoin d'un sort. »

Francis eut le bon ton de rougir à la remarque innocente d'Alfred.

« Ne viens pas compliquer la situation, s'il te plaît !

- Mets-moi un texto quand le sort sera rompu. Ivan était tellement intenable que je l'ai enfermé dans notre chambre. J'espère qu'il ne va pas casser tout le mobilier.

- C'est comment dans le couloir ?

- Pour l'instant, les gars à qui tu as donné rendez-vous n'ont pas encore conscience que tu leur as posé un lapin.

- Très bien. Bon. Je vais régler le problème. »

Les joues des deux omégas se teintèrent d'un joli rose.

« On va dire que c'est un baiser d'amour universel, tenta Feliciano pour calmer les esprits.

- Mettez-y tout ce que vous pouvez. Du moment qu'on rompt le sort, ça me va, dit Arthur. Pour le moment.

- Et dire que je vais poser ma bouche sur la tienne.

- Ça me réjouit autant que toi, stupid frog.

- Arrêtez de vous disputer, cinq secondes, que je t'embrasse. »

Arthur fut pris au dépourvu quand Feliciano posa ses lèvres sur les siennes.