Salut ! J'ai eu du temps pour écrire. C'est un peu relaxe en ce moment. Donc, j'en profite.
Évidemment, Arthur et Francis furent pris sur le fait par le Général de Gaulle et le Premier ministre Churchill venus aux nouvelles de la nation française suite à l'appel du 18 juin.
Même si le Général était soulagé par l'état de santé de sa nation, il s'insurgea contre la proximité d'Arthur avec Francis. Un alpha devait se tenir à l'écart d'un oméga. Francis défendit Arthur devant les deux hommes et n'oublia pas de préciser que sa vie privée ne concernait que lui. Il pouvait inviter qui il voulait dans son lit. De plus, il ne s'était rien passé de fâcheux.
Depuis ce jour, le Général tenait à l'œil Arthur.
Arthur mettait ceci sur un instinct alpha protecteur très présent chez le Général envers sa nation oméga. Ce n'était pas le premier alpha dirigeant charismatique auquel Arthur avait eu affaire et ce ne serait certainement pas le dernier. C'était juste que c'était celui qui se trouvait en travers de son chemin alors que Francis était plutôt réceptif à ses avances plus ou moins évidentes.
Arthur tenait à cœur d'aider Francis à s'installer et à trouver ses marques sur un territoire qui n'était pas le sien au départ. Il était également d'une aide précieuse pour faciliter les négociations entre les Français et les Anglais, puisqu'il souhaitait plus que tout assurer à Francis une situation stable en tant que France libre et la reconnaître comme telle.
De plus, les Forces françaises libres n'étaient pas négligeables pour se battre contre l'Axe.
Arthur avança tout un argumentaire pour défendre Francis, tout au long des négociations pour la reconnaissance de la France libre.
Ceci les rapprocha considérablement. Arthur adora quand Francis le remercia de toute son implication dans sa sauvegarde et le respect de sa dignité.
Ils trouvèrent un accord définitif le 7 août 1940 qui garantit à Francis de retrouver l'intégrité et l'indépendance de la France à la fin de la guerre.
Même à partir de ce jour-là, Francis avait toujours froid. Ils savaient tous les deux que tant que Francis ne serait pas rattaché à ses terres d'origine d'une manière ou d'une autre, il en souffrirait. Et Arthur trouvait la situation aussi agréable qu'inconfortable.
Arthur adorait tenir Francis dans ses bras, sentir son odeur et dormir avec lui en tout bien tout honneur. Il savait que Francis aurait choisi l'un de ses frères latins plutôt que lui, s'il avait eu le choix d'un autre alpha à proximité. Bizarrement, la fratrie d'Arthur ne le tentait pas le moins du monde. Arthur apprit d'ailleurs qu'Alba avait plutôt les mains baladeuses, ce qui déplaisait énormément à Francis. Et les autres ne lui inspiraient pas vraiment confiance. Avec Arthur, Francis se sentait en sécurité. Il savait qu'Arthur était devenu un vrai gentleman.
Le vrai gentleman contenait ses pulsions tant bien que mal. Il était difficile de dormir avec l'oméga dont il était amoureux, sans pouvoir le toucher. Il cachait autant que possible les réactions inévitables de son corps.
Francis n'était pas dupe et se rendait compte que l'érection d'Arthur pointait le bout de son nez le matin, mais aussi à d'autres moments de rapprochements intenses. C'était ce qui énervait le plus Arthur, Francis savait à quel point il l'aimait et le désirait, mais il ne faisait que faire l'autruche et noyer le poisson dans l'eau quand le sujet était abordé.
Tout ceci commençait à s'apparenter à une douce torture.
Arthur souhaitait y mettre fin, mais se dégonflait dès qu'il avait Francis dans ses bras. Sa présence le rendait fou. La nuit, comme la journée. Mettre en place la France libre demandait souvent son approbation ou son aide. Arthur passait souvent la matinée à gérer ses propres affaires, mangeait le midi avec Francis qui lui faisait part de ses doléances et les mettait en œuvre avec lui dans l'après-midi. La présence d'Arthur au gouvernement britannique pouvait être requise à tout moment, puisqu'il était toujours en guerre. Arthur avait insisté sur le fait que donner les moyens à Francis de s'organiser au plus vite pourrait aider les Anglais dans cette guerre et avait donc été affecté à cette tâche.
Il voyait donc Francis bien plus que d'habitude et en tombait encore plus amoureux. Francis ne se laissait pas démonter par son état instable et organisait avec son Général ce qu'il restait de ses troupes et de ses sympathisants.
Arthur avait toujours admiré la ténacité et l'ingéniosité de Francis. Arthur n'était pas toujours d'accord avec lui. Il n'aurait pas privilégié les mêmes solutions que lui, mais lui faisait confiance pour relever la tête de l'eau à sa propre manière. Arthur devait accepter qu'il était vraiment différent de lui dans sa manière de s'organiser et de s'adapter à une situation difficile.
Arthur essayait parfois de lui faire part de sa manière de voir. Francis l'écoutait. De temps en temps, Francis acceptait ses idées, parce qu'elles lui semblaient plus adaptées à sa situation d'étranger dans un pays d'accueil.
Ils se faisaient de plus en plus confiance et se rapprochaient inexorablement.
Arthur espérait vraiment que Francis ouvrirait les yeux sur leur situation peu banale. Francis l'aimait, mais n'avait jamais osé franchir le pas d'une relation amoureuse avec lui parce qu'il n'avait pas confiance. Seulement, cette barrière s'effaçait tout doucement. Et rien ne changeait dans leur relation.
Francis venait le rejoindre dans ses draps la nuit venue pour profiter de sa chaleur et de sa présence. Ils parlaient un moment de la fin de la guerre et s'endormaient l'un contre l'autre.
Un soir, ce fut différent. Arthur avait réussi à manœuvrer suffisamment bien la conversation pour qu'elle tourne autour des changements de leur relation. Francis était allongé près de lui, ce qui ne facilitait pas les choses.
« Je te fais vraiment confiance, lui avoua Francis. Tu as vraiment changé d'attitude envers moi depuis l'époque pirate. Je pense que j'ai été aveuglé par notre esprit de concurrence ces dernières années et notre historique tumultueux. Je te vois différemment maintenant. Tu m'as prouvé à maintes reprises que tu tenais réellement à moi. Je te crois quand tu dis que tu m'aimes. »
Le cœur d'Arthur battait rapidement. Il ne s'était pas attendu à ce que Francis reconnaisse autant ses torts. Il était plongé dans ses yeux de ciel et voyait toute sa sincérité. Arthur faisait appel à tout son self-control pour ne pas l'embrasser. Il savait qu'il risquait de l'effrayer et de le refaire revenir sur sa décision.
« Je sais que j'ai mis ta patience à rude épreuve ces temps-ci. J'en suis désolé. Je ne savais pas trop où j'en étais et j'avais vraiment besoin de toi. Je te remercie d'avoir attendu autant de temps. Seulement… »
Arthur se figea. Qu'allait lui dire Francis ? Qu'est-ce qui clochait encore ? Qu'est-ce qui les empêchait d'être heureux ensemble ?
« Je me sens encore engagé envers Feliciano, lui confia Francis.
- Vous avez rompu. »
Arthur serrait affreusement les dents, ce qui donna à sa phrase un air de sifflement.
« Il n'était pas lui-même. Je m'en voudrais de ne pas attendre qu'il reprenne ses esprits et que je sois sûr de sa décision. »
Arthur croisa les bras sur sa poitrine pour s'empêcher de dire ou de faire quelque chose qu'il regretterait. Il réfléchit à toute vitesse pour sortir de cette impasse amoureuse. Il devait prendre en compte les sentiments de Francis envers Feliciano et surtout ne pas s'en moquer. Même si Feliciano n'était plus lui-même, ils avaient vécu une très belle histoire d'amour qui ne s'oublierait pas facilement. De plus, il était tout à fait possible que Feliciano regrette cette rupture prise sur le coup de la folie.
Le tout résidait dans le fait que Francis et Feliciano n'avaient pas la même conception du couple que lui. Et il ne pouvait en parler qu'avec Francis pour le moment.
« Tu oublies quelque chose d'important, Francis. Je ne t'empêcherai jamais d'aimer quelqu'un d'autre que moi. »
Les joues de Francis se colorèrent d'un rose vif, en comprenant toute l'implication de ses paroles.
« Je ne peux pas contraindre tes sentiments, et encore moins, t'empêcher de les vivre. Feliciano a certainement rompu avec toi pour de mauvaises raisons, lui expliqua Arthur. Seulement, je suis là maintenant à t'attendre encore et encore et à t'offrir la possibilité de nous aimer tous les deux. C'est à toi de choisir.
- Tu ne serais pas jaloux ? Je te connais suffisamment pour savoir que tu aurais été jaloux à d'autres époques de ta vie, se méfia Francis.
- J'ai changé d'avis sur le couple au fur et à mesure de mes histoires d'amour. J'ai d'abord pensé que je serais quelqu'un d'exclusif vu à quel point je t'aimais. J'ai connu le père d'Alfred et Matthew avec qui je vivais une relation exclusive : John. J'étais inconsolable à sa mort. C'est là que Yao m'a repêché. Et j'ai dû accepter qu'il aimait aussi Ivan. J'en ai beaucoup discuté avec lui. Et maintenant, ça me semble évident qu'avec nos vies millénaires, nous pouvons aimer plusieurs personnes. Et parfois, ces amours différents tombent en même temps.
- Pourquoi ça n'a pas marché avec Yao ?
- Notre relation était basée sur mon chagrin d'avoir perdu John. Yao aime bien les âmes à rafistoler. Au bout d'un moment, j'allais trop bien pour lui.
- Yao est toujours avec Ivan ?
- J'ai essayé d'aborder ce sujet délicat pour savoir où Alfred mettait les pieds. Et on m'a clairement fait comprendre que ce n'était pas mes affaires. J'ai essayé d'interroger Alfred avec des allusions subtiles, mais il les a toutes ignorées. »
Francis était passé en mode « papa protecteur », ce qui ne gênait pas Arthur en temps ordinaire.
« Pour l'instant, ce qui nous intéresse, c'est nous, Francis. Et ce que tu ressens.
- Je pense que je serais jaloux de te savoir avec quelqu'un d'autre. Je n'ai jamais envisagé le couple de cette manière-là. Tu m'as présenté tous les avantages pour moi : pouvoir t'aimer et aimer Feli librement. Seulement, je ne saurais jamais si tu craques pour quelqu'un d'autre…
- Francis, je ne te cacherai jamais rien. Si j'envisage de me mettre avec quelqu'un, je te le dirai forcément avant. Ce ne sera jamais pour une coucherie sans lendemain.
- Ce sera forcément du sérieux, blêmit Francis.
- Je n'envisage pas d'aller voir ailleurs à la moindre occasion, lui expliqua Arthur. Si Feliciano redevient l'homme que j'aime, je ne te cache pas que je tenterai de le séduire. Il me plaît et c'est mon âme sœur. Tout comme toi. »
Arthur tendit la main pour caresser la joue de Francis. Il savait que ce qu'il venait de dire n'était pas facile à entendre pour quelqu'un qui envisageait le couple de manière classique. Il ne voulait pas interdire à Francis de vivre son amour pour Feliciano. Et il ne voulait pas s'interdire de vivre une telle histoire également.
« Je dois y réfléchir, Arthur. »
Arthur ferma les yeux, se mit sur le dos et soupira fortement.
« Tu bouscules mes convictions, Arthur. Je…
- J'attendrai autant de temps que nécessaire. Je t'aime. »
Arthur se le répéta mentalement pour se donner la force de respecter ce qu'il venait de dire. Francis s'agita à côté de lui, cherchant à s'installer correctement sans pour autant oser se rapprocher de lui comme d'habitude.
Arthur attendit quelque temps pour calmer la tempête sentimentale qui lui vrillait le cœur. Il ignorait encore si Francis allait au-delà de sa conception du couple pour lui. De son point de vue, c'était la meilleure solution pour concilier leurs sentiments, mais Francis ne le voyait pas forcément de cette manière.
« En fait, j'ai peur que Feliciano ne l'accepte pas, dit Francis avec une légère peur dans la voix.
- J'aurais aimé en parler avec lui, mais il n'est pas en état de l'entendre », répondit Arthur.
Ses mains tremblaient, parce qu'il savait que c'était le point faible de sa solution. Une fois redevenu dans son état normal, Feliciano ne serait peut-être pas prêt à partager Francis avec quelqu'un d'autre.
Francis lâcha un profond soupir à son tour et le regarda intensément, comme pris d'une impulsion.
« Ce qui compte maintenant, c'est toi. »
Arthur n'eut pas le temps de réaliser tout ce que cette phrase impliquait que Francis s'était glissé tout prêt de lui pour l'embrasser. Arthur l'accueillit dans ses bras, tout en quémandant l'accès à sa bouche. Une immense joie s'était emparée de lui en sentant ses lèvres sur les siennes. Sa langue dansait à présent avec la sienne, provoquant un désir enfoui en eux depuis des années.
Une pointe de luxure les prenait à chaque fois que leurs langues se frottaient l'une contre l'autre ou s'enroulaient ensemble. Leurs mains ne tardèrent pas à rentrer en action. Ils se caressaient à travers leurs vêtements de nuit, cherchant à exciter l'autre autant que possible.
Arthur savait qu'il n'arriverait pas à s'arrêter s'ils continuaient ainsi. Il rompit à regret leur baiser langoureux et chuchota à Francis que c'était le moment ou jamais de s'enfuir de sa chambre. Francis rit doucement et l'embrassa chastement avant de lui répondre :
« Tu ne me fais plus peur. »
La main de Francis se faufila sous l'élastique du pantalon d'Arthur et se posa ensuite sur son sexe en érection. Un plaisir intense le parcourut à l'idée que Francis le touchait ainsi pour la première fois. Arthur enleva son haut. Il avait envie de sentir la peau de Francis tout contre lui. Ils s'empressèrent de faire valser leurs vêtements hors du lit.
Arthur haletait sous les attouchements de Francis. Il le touchait également, appréciant la dureté et la forme de son pénis sous ses doigts. Ils alternaient les caresses précises sur leurs verges avec des mouvements de va-et-vient bienfaiteurs. Ils s'embrassaient entre deux gémissements. Ils vinrent assez rapidement tellement ils avaient attendu ce moment où ils partageraient leurs sentiments et se donneraient du plaisir.
Merci d'avoir lu. N'hésitez pas à laisser une review !
Alors, on passe à la partie de l'histoire où ce sera différent sur Archive Of Our Own (AO3). Ce chapitre-ci est identique, mais les prochains non. J'ai prévu de publier ici au même moment qu'AO3 et de vous tenir au courant s'il y a des chapitres supplémentaires sur AO3.
