Me revoilà ! J'ai perdu un peu l'habitude d'écrire, donc j'ai un peu de mal à reprendre un rythme régulier. Mais ça va revenir, j'en suis sûre.

Arthur et Feliciano se regardaient en chiens de faïence.

L'anglais avait accepté le rendez-vous politique que par politesse. Il était de notoriété publique que Feliciano avait pété une durite depuis l'avènement de Mussolini. Il était donc inespéré de pouvoir négocier quoi que ce soit de tangible avec lui. Arthur voulait surtout s'assurer de l'état de Feliciano.

« Le grand Angleterre résiste encore à l'armée allemande. Pour combien de temps ? Je suis sûr que ta population crève de faim. »

Le sourire satisfait et vicieux de Feliciano le fit frissonner de dégoût.

« Et ça te plaît ?, tenta Arthur.

- Tu es mon ennemi. »

Feliciano secoua la tête, comme s'il tentait de chasser ses mauvais penchants.

« Je me réjouis de ta défaite proche. Allemagne ne parle que de toi.

- Ton nouveau petit ami ? »

Feliciano eut un rire démentiel.

« Les bêtas ne m'attirent pas particulièrement. Je préfère faire croire que j'ai quelqu'un. J'ai eu un tas de propositions depuis que je suis célibataire. »

À ce moment-là, Feliciano lui parut plus humain qu'auparavant. Une grande fatigue semblait le caractériser. Les cernes sous ses yeux lui apparurent plus clairement.

« Dormir dans le lit d'Allemagne a l'air de t'épuiser, le taquina Arthur.

- Il ne passe rien dans ce lit, soupira Feliciano. Ça reste entre nous. Ludwig ronfle toute la nuit. »

Arthur était assez rassuré que la relation entre Feliciano et Ludwig reste amicale. Il avait toujours des vues sur l'Italien, même si sa relation avec Francis le contentait énormément. Il n'avait pas envie de laisser sur le carreau son autre âme sœur. De plus, il ne lui faisait aucun doute qu'il le désirait. Mais pas dans cet état-là.

« J'ai appris de source sûre que je ne suis pas le seul à partager mon lit. »

Si le regard de Feliciano pouvait tuer, il l'aurait fait à l'instant même.

« Et pas en tout bien, tout honneur », l'accusa Feliciano.

Sa voix hargneuse mit en garde Arthur, bien avant que Feliciano se lève de son siège et passe de l'autre côté de la table. L'Italien avait clairement l'intention de passer ses nerfs sur lui. Arthur arrêta à temps son point et ne résista pas à l'envie de le pousser dans ses retranchements :

« Il ne fallait pas lui rendre sa liberté. Francis s'est tourné naturellement vers moi. »

Feliciano continuait à le fixer avec ce regard noir et dangereux, comme s'il évaluait ses chances en combat au corps à corps. Après un sourire mesquin, Feliciano fit tomber la chaise d'Arthur d'un coup de pied bien placé. Ces chaises étaient bien trop légères, pensa Arthur en se réceptionnant par terre. Un peu sonné, Arthur eut le temps de se protéger d'un coup de poing à temps.

« Je te déteste ! », hurla Feliciano.

Même si Feliciano s'était positionné sur lui pour tenter de l'immobiliser, Arthur réussit à les faire basculer sur le côté grâce à la chaise. Profitant de son élan, Arthur reprit le dessus. Feliciano était plus faible que lui physiquement. Il l'avait toujours su.

En temps normal, Feliciano n'aurait jamais osé l'attaquer de front.

Il devait être profondément blessé.

Arthur fit tout son possible pour l'immobiliser. Feliciano frappait dans le vide et se contorsionnait pour tenter de lui échapper. Arthur n'aimait pas vraiment se l'avouer à lui-même, mais la situation l'excitait quelque peu.

Arthur réussit à attraper les avant-bras de Feliciano et à les plaquer sur sa poitrine. En un bref instant, il revit le vrai visage de Feliciano. Une larme avait coulé sur sa joue. Son regard innocent et un peu perdu avait refait surface pendant quelques secondes.

« Feli… Écoute-moi.

- Il n'y a pas de Feli avec moi. Tu m'as volé Francis. »

Mince, son caractère dément revenait en force.

« Je ne te l'ai pas volé. Il n'avait plus d'obligations envers toi. Et il fait ce qu'il veut. Féli. Je ne te lâcherais pas tant que tu ne seras pas calmé.

- Je suis calme ! »

Feliciano avait presque crié cette phrase.

« J'ignore pourquoi tu as voulu une entrevue politique avec moi. Si c'est pour parler de Francis, je ne vois aucun intérêt à poursuivre cet entretien.

- Mon jumeau veut te voir. Seulement, il est d'usage diplomatique de passer par moi. Romano n'est pas le représentant officiel de l'Italie.

- Je veux bien le rencontrer. Et ce, très prochainement. Maintenant, pars d'ici, Feli. »

Arthur libéra Feliciano. Celui-ci partit en lançant que sa vengeance serait terrible.

Arthur préféra avertir Francis de la réaction de Feliciano quant à leur couple et à la possibilité d'avoir un espion entre les murs de leur bunker. Feliciano était bien trop renseigné sur leurs habitudes. Francis était peiné de l'état de Feliciano. L'Italien faisait n'importe quoi dans de nombreux domaines. Il regretterait certainement ses actes à la fin de la guerre.

Quelque part, Francis était rassuré de la réaction de Feliciano face à leur mise en couple. Même s'il s'était exprimé de manière violente, Feliciano semblait toujours tenir à lui. Ses émotions étaient remontées à la surface. Peut-être que la fin de la guerre approchait également.

Arthur rencontra peu de temps après Romano. Lui, au moins, avait toute sa tête.

« On va parler business, l'embêta Romano.

- Je ne vais pas me rendre.

- J'espère bien, le taquina Romano. J'aim… J'appréc.. Putain ! Je tolère mon frère à la tête de l'État italien. Il se prend tout le boulot chiant des putains de rencontres diplomatiques et des ronds de jambe à la con. Il paraît que je présente mal. Tant mieux, je déteste cette partie du boulot.

- Viens-en au fait.

- Dans son état, on peut dire qu'il présente encore plus mal que moi. Je suis d'avis de te donner un petit coup de pouce pour que les Alliés gagnent la guerre. J'ai envie de retrouver mon frère d'avant. Évidemment, il y aura des contreparties à mon aide.

- Je suis tout à fait ouvert à ce genre de discussion.

- La mafia et la résistance italienne vont coopérer avec toi. »

Arthur écouta attentivement Romano. Il ignorait que Romano avait un pied dans le milieu de la mafia italienne. Arthur s'était toujours tenu éloigné de ce genre d'organisation, mais s'imaginait bien ses frères et sœur plongés dans leurs mafias respectives à son insu. Romano avait tout préparé pour que la coopération se passe au mieux et n'avait pas des exigences extraordinaires. Arthur les lui accorda sans problème.

« Tu préfères rester en Italie ? Si Feliciano apprend que tu le trahis, il risque de te faire du mal.

- Je ne crains pas particulièrement Feliciano, lui sourit Romano. Il n'oubliera jamais qu'il a besoin de son jumeau pour toute la paperasse administrative. »

Arthur soupira devant cet argumentaire foireux. Il se faisait du souci pour Romano.

« Ne t'en fais pas, le rassura Romano. Je connais encore mieux que Feliciano les passages secrets pour m'enfuir de Rome. Il peut me perdre à Venise, mais pas dans mon fief. Ce n'est pas un hasard, si j'ai imposé cette capitale. »