Bonjour ! Voici la suite !

Les personnages m'ont menée par le bout du nez, les vilains ! C'est un peu le problème quand on a une idée d'histoire depuis plus d'un an. Enfin, je suis arrivée à mon objectif de chapitre, c'est le plus important.

Le cœur d'Arthur battait à mille à l'heure. Il essayait d'analyser la situation de manière objective, de se projeter dans différents avenirs pour savoir comment agir dans les prochaines minutes.

Feliciano ne se décidait toujours pas à parler, ce qui l'angoissait.

Il y avait une forte probabilité qu'il soit tombé dans un piège tendu par les membres de l'Axe et qu'il soit fait prisonnier.

Dans ce cas, se débattre ne servirait qu'à se retrouver criblé de balles.

Arthur aimerait ne pas trop affoler Francis. À cause de leur lien, Francis avait accès à ses états d'âme et devait se douter qu'il était en danger.

Feliciano avait sûrement placé ses agents tout autour de l'Église pour assurer sa capture.

Arthur était tombé dans un piège. Seule la négociation pourrait le sortir de là. Arthur ignorait ce que Feliciano exigerait pour le relâcher.

La voix de Feliciano au sérieux inquiétant le tira de ses spéculations

« Si tu fais quelque chose de stupide, j'appelle des membres de l'OVRA pour t'arrêter.

- N'en arrivons pas à ces extrémités, tenta de le calmer Arthur. Nous pouvons discuter de pas mal de choses…

- Je ne m'attendais pas à te voir débarquer en personne.

- Nous pouvons trouver un terrain d'entente.

- J'espère bien. »

Arthur se contint au calme. La situation était tendue entre eux. Il devait à tout prix rassurer Feliciano sur ses intentions pour instaurer un climat de confiance.

« Je ne m'attendais pas non plus à ce que tu sois le loup doré. Il aurait pu s'agir d'autres membres omégas du gouvernement.

- Si tu avais fait plus attention aux derniers remaniements de mon gouvernement, tu aurais su que je suis le dernier oméga au pouvoir.

- Les informations ne sortent pas facilement de ton pays. Tu voulais attirer mon attention. Me voilà.

- Je cachais ma nature oméga sous des artifices olfactifs alpha. Je ne voulais pas attirer ton attention.

- Mon contact a l'odorat fin et m'a averti que tu étais un oméga. Je l'ai su un peu trop tard à mon goût. »

Un silence s'installa entre eux. Ils réfléchissaient tous les deux au fait qu'ils n'avaient pas voulu cette rencontre. Arthur ne s'en sentait pas soulagé pour autant. Feliciano pouvait facilement appeler des Italiens hostiles à sa présence juste par la pensée. C'était son pouvoir de nation sur son propre territoire. Et Feliciano était fou aux dernières nouvelles. Il ne raisonnait pas comme d'habitude et pouvait prendre une décision inconsidérée…

« Je suis là pour délivrer des informations aux Résistants. Et je n'ai pas beaucoup de temps à te consacrer, dit Feliciano pour relancer la conversation. Demain, des prisonniers politiques vont être amenés ici et exécutés. Dans deux jours, un convoi avec des armes va arriver pour ravitailler Rome. Il faut arrêter ce convoi. La ville est à court d'armes.

- Feli, il s'agit de ta capitale, s'en inquiéta Arthur. Tu ne peux pas laisser cette ville sans ressource pour se défendre.

- L'Italie sera obligée de capituler, soupira Feliciano. J'aurais aimé que ce soit quelqu'un d'autre que toi qui l'entende. »

Un pressentiment secoua Arthur. Feliciano parlait très posément, contrairement à ces derniers temps.

« Tu as retrouvé tes esprits ?

- Je n'ai pas envie de parler de ça, Arthur.

- Parce que cette information pourrait te tuer. Je doute que tu aies réellement toute ta tête.

- Je capitulerai avant que ce soit trop dangereux pour moi. »

Arthur porta sa main sur le grillage qui le séparait de Feliciano. Il pouvait voir ses yeux mordorés briller dans l'obscurité.

« C'est une grosse prise de risque. Et je suis étonné que tu précipites ta chute.

- J'ai toujours été opposé à cette guerre. Depuis le début, je donne des informations aux Résistants italiens. »

Les rouages dans le cerveau d'Arthur se mirent à tourner à toute vitesse. Feliciano lui en disait beaucoup sur lui-même. Il n'avait pas du tout perdu la tête, s'il aidait depuis le début la Résistance. Il était resté fidèle à ses idéaux et s'était caché derrière une folie apparente. Francis allait être furieux de l'apprendre.

« Tu n'es jamais tombé dans la folie, en conclut Arthur.

- Je vais partir, Arthur. Je n'aime pas du tout notre conversation…

- Attends, Feli. Je serais plus rassuré si tu venais avec moi.

- Quoi ? », s'étonna Feli.

La proposition d'Arthur était vraiment insensée au premier abord et devait bien dérouter Feliciano.

« Je vais devoir faire un rapport à mes supérieurs sur ta véritable identité. Si ça fuite, tu seras en danger.

- Tu n'es pas obligé de tout leur dire. Tu peux très bien avoir échoué dans ta mission.

- Avec tout le temps qu'on a passé ensemble, ce sera difficile à le faire comprendre à mes contacts sur place.

- Je dois capituler dans quelques jours, Arthur.

- Tu peux le faire dès maintenant. La situation est déjà critique, le titilla Arthur.

- Ce n'est pas drôle.

- Tu peux tout à fait le faire à distance de ton gouvernement.

- Je doute que ce soit efficace… »

Arthur se mit à réfléchir à toute vitesse. Il savait que certains gouvernements extrémistes ne supportaient pas que leurs nations prennent des décisions aussi importantes et se retournaient contre elle, parfois très violemment. Feliciano risquait sa vie dans cette affaire.

« Ou alors, tu deviens mon prisonnier, lui proposa Arthur. Et c'est réglé. L'Italie sera obligée de capituler pour te récupérer.

- Tu oublies Romano.

- Oh. Romano est déjà dans notre camp et peut se faire capturer aussi. »

Feliciano mit du temps à se décider. Il avait plusieurs alternatives, mais celle que lui proposait Arthur était la plus sécurisante pour lui. Feliciano finit par lui donner son accord. Il exigeait seulement qu'on ait l'impression que sa capitulation intervienne dans un mauvais vraiment critique pour l'Italie. Seuls les dirigeants des pays étaient au courant pour l'existence des nations. Il fallait donc donner l'illusion que cette capitulation soit provoquée par de récents évènements militaires.