Salut ! ça y est ! Je reviens avec la suite !
J'ai un peu de mal pour terminer cette histoire, mais je m'accroche. Je vais y arriver.
Si Arthur avait trainé Feliciano par la peau du coup pour atteindre le campement, il serait allé plus vite.
Feliciano avait vraiment du mal à passer de l'autre côté de la barrière. En même temps, Arthur le comprenait. Il était difficile d'abandonner sa fierté de nation, de lâcher sa représentation officielle pour aller abdiquer dans un pays adverse. Qui plus est, les résistants de son pays ne l'avaient pas vraiment à la bonne, puisqu'il avait tué tous ceux qui avaient essayé de découvrir son identité.
« Qui c'est ?, demanda immédiatement celui qui montait la garde devant la planque de la résistance.
- L'indic. Il a besoin d'être exfiltré. »
Le garde jura en italien en comprenant qu'il avait affaire au loup doré. Bien que Feliciano puisse l'apaiser grâce à ses pouvoirs de nation, il n'en fit rien. Cela marchait souvent sur le moment, mais autant de haine rentrée pouvait déferler à n'importe quel autre moment et s'abattre violement sur la nation.
Emilio vint vers eux en comprenant qu'Arthur avait ramené le loup doré.
« Vous êtes sûr de vouloir le prendre avec nous. Il a tué tous ceux qui l'ont identifié.
- Je connais cet espion depuis très longtemps. Je n'ai donc eu aucun mal à le reconnaître à son odeur. C'est très long à expliquer. Nous avons déjà travaillé ensemble et nous nous faisons confiance », lui expliqua Arthur.
Arthur lui révéla ensuite les informations données par Feliciano et lui demanda de tout préparer pour délivrer les prisonniers et arrêter le convoi armé.
« Nous n'avons pas assez d'hommes dans un laps de temps aussi court. »
Arthur réfléchit rapidement. Feliciano pouvait donner l'ordre à ses soldats de se rendre ou de libérer des prisonniers sans trop de difficultés. Seulement, les enjeux étaient tellement importants pour la survie de Feliciano qu'Arthur n'osait pas lui demander un tel sacrifice.
Arthur sursauta. Feliciano s'était approché silencieusement de lui et avait posé la main sur son épaule.
« On s'occupe du convoi armé, Arthur et moi.
- Besoin d'hommes ?
- Ce ne sera pas nécessaire. »
Emilio eut un petit moment d'absence avant d'acquiescer. Feliciano avait certainement fait en sorte qu'Emilio croit que deux hommes soit suffisant pour cette mission risquée.
« Nous allons libérer les prisonniers, dit-il avec entrain. Je vais préparer mes hommes. »
Arthur regarda intensément Feliciano dans les yeux, comme pour y chercher une trace de doute.
« Tu n'es pas obligé de te saboter toi-même.
- Tu connais un autre groupe de résistants, prêt à prendre les armes sur la route de Rome. Et il n'est pas question de laisser ces prisonniers se faire exécuter à quelques jours de la fin de la guerre. »
Inquiet, Arthur conduisit Feliciano à l'intérieur du campement.
« Est-ce qu'il y a un endroit prévu pour les omégas ?, demanda Feliciano avec un stress évident.
- Je ne crois pas. Les omégas présents ici sont en couple ou avec un membre de leur famille. »
Arthur perçut les regards insistants des résistants. Bien sûr, ils n'appréciaient pas que celui qui avait tué certains de leurs compagnons soit présent et encore en vie. Feliciano étant un oméga pouvait donner des idées malsaines à certains.
« Tu peux dormir sous ma tente. Ils n'oseront pas venir t'embêter si je suis avec toi.
- Merci. Si ce n'est pas trop te demander, je préfèrerai partir dès maintenant. »
Arthur hocha la tête. Feliciano sentait certainement plus le danger que lui, puisqu'ils étaient entourés d'Italiens.
« On prend assez de vivres et on se casse. »
Au bout d'une demi-heure, ils étaient prêts à partir. Ils n'hésitèrent pas à se dépêcher sur la première partie du trajet.
Ils pouvaient se rendre à pied jusque dans un village où passerait le convoi pour l'arrêter. Seulement, ils devaient ne pas perdre de temps et surtout ne pas être arrêté par des forces de l'ordre.
Feliciano parlait peu, se concentrant sur le chemin. Arthur ne lui en voulait pas de s'être passé pour fou durant ces dernières années. Toute cette mascarade lui avait permis de se rapprocher de Francis. Arthur pensa à son amoureux resté en Angleterre. Il pouvait sentir à travers leur lien qu'il était inquiet. Evidemment, il l'était après toute cette agitation émotionnelle de ce matin. Arthur aurait aimé à cet instant un lien télépathique avec Francis pour pouvoir le rassurer. Francis pouvait seulement deviner qu'il s'était passé quelque chose et que maintenant la tempête était passée.
Feliciano et Arthur ne se parlèrent pas jusqu'à atteindre un endroit propice pour la nuit.
« Je ne dors plus vraiment depuis le début de la guerre, lui avoua Feliciano. On peut continuer…
- Non. Tu es épuisé. »
Arthur le voyait à ses cernes prononcés et à l'aspect général de son corps. Feliciano était épuisé.
« Je n'arrive plus à trouver le sommeil. Ce n'est pas évident d'être un oméga en temps de guerre… surtout cette guerre. »
Arthur chercha des arguments pour rassurer Feliciano. Il savait très bien ce qui pouvait arriver à un oméga entouré d'alphas peu scrupuleux. Feliciano devait veiller nuit et jour à sa sécurité et ne faire confiance à personne.
« On ne t'a pas fait de mal.
- Non… J'arrive parfois à trouver le repos en compagnie de Ludwig, mais ce n'est pas suffisant. »
Il y avait des rumeurs comme quoi Feliciano couchait avec Ludwig, mais Arthur espérait que ce n'était pas vrai.
« On dort juste ensemble, lui confia Feliciano. Il ne se passe rien de cet ordre-là. »
Arthur rit devant l'empressement de Feliciano à se justifier.
« Il faudra le dire à Francis. Il s'inquiétait vraiment pour toi… Je vais monter la garde cette nuit, tu n'as rien à craindre. »
Feliciano déplia une couverture, tandis qu'Arthur se postait, allongé, dans un endroit stratégique.
Une demi-heure plus tard, Feliciano s'était rapproché de lui pour dormir près de lui. Il avait vraiment besoin d'une présence ami pour se laisser aller. Arthur préférait ne pas s'imaginer ce qu'il avait bien pu vivre pendant cette guerre.
