Voici un nouveau chapitre ! J'ai hâte de finir cette histoire, parce que j'ai de nouveaux projets. Et que c'est pas bon de les laisser trop mariner. Mais ne vous inquiétez pas, on n'est pas encore à la toute fin. Il va se passer encore des choses.
Feliciano était extrêmement nerveux, ce qu'Arthur comprenait parfaitement.
Ils se lançaient à deux dans une mission difficile et essentielle dans cette guerre. De plus, leur intervention mettrait sérieusement Feliciano en danger.
Arthur aurait préféré confier cette mission à des résistants et exfiltrer Feliciano dès que possible. Quand il voyait l'état de son allié de circonstance, Arthur s'inquiétait du succès de leur mission. Feliciano était essoufflé. Même s'il avait dormi la nuit dernière, ce repos avait été bien insuffisant par rapport à toute la pression accumulée et aux insomnies de la guerre.
« On est obligé de passer par le prochain village pour rejoindre notre destination, l'informa Feliciano.
- On risque d'être contrôlés ou pire arrêtés.
- Si ce sont des Italiens, j'utiliserais mes pouvoirs de persuasion, le rassura Feliciano.
- Et si ce sont des Allemands ?
- Ils regretteront de nous avoir croisés. Nous sommes tous les deux de bons tireurs et nous sommes armés. »
Arthur ne doutait pas qu'en temps normal Feliciano puisse abattre un groupe de policiers allemands. Cependant, il était très fatigué. Il risquait d'être plus lent que d'habitude ou de rater des tirs. Heureusement, Arthur se sentait d'assurer à lui tout seul, malgré le fait d'avoir veillé toute la nuit.
Quand ils arrivèrent dans le village reculé, ils le trouvèrent particulièrement animé. Apparemment, les habitants n'avaient pas été très touchés par la guerre alentour. Arthur proposa alors à Feliciano de faire une pause dans l'un des bars, histoire de récolter des informations.
À peine furent-ils assis que plusieurs policiers allemands firent leur entrée pour demander les papiers de tout le monde.
« Laisse-moi parler, lui proposa Feliciano à l'oreille. Ton accent te trahirait. »
Les Allemands arrivèrent rapidement à leur hauteur. Nerveux, Arthur avait jeté un œil à un contrôle qui se passait mal pour un alpha et sa compagne oméga.
« Papiers, s'il vous plaît ? »
Feliciano les présenta à l'allemand qui eut un rictus amusé.
« C'est votre oméga qui tient la culotte, pas vrai ? »
Arthur se contenta de sourire et de hocher la tête. Ses faux papiers étaient italiens, mais son accent restait indéniablement anglais.
« Vous êtes mariés ? »
Feliciano allait répondre que non, mais Arthur l'interrompit juste avec un petit « si ».
Arthur portait son alliance. Et Feliciano avait la sienne accrochée au cou. Il était même un peu étrange qu'ils soient tous les deux engagés envers le même homme. Arthur rapprocha Feliciano de lui. Ils s'étaient assis sur le même côté de la banquette, ce qui facilitait les choses. Jouant le jeu, Feliciano se fit assez câlin. Arthur aimait bien cette proximité. Mais le plus important était de se débarrasser de cet Allemand qui regardait Feliciano avec beaucoup de convoitise.
« Vous êtes liés ? »
L'Allemand posa cette question au même moment où la femme oméga cria dans le bar. Les Allemands l'emportaient dehors. Arthur comprit que la réponse allait être décisive et ne savait pas quoi dire.
« Non, dit Feliciano. Nous attendons le bon moment.
- Mariés et pas encore liés ? Vous vous foutez de moi.
- C'est mon oméga », râla Arthur en attirant Feliciano plus près de lui pour le mordre et le clamer comme sien.
Feliciano émit un gémissement de surprise et de plaisir mêlés, se tendit de désir vers lui et réfugia sa tête contre son cou. Arthur s'était comporté comme tout alpha qui protégeait son oméga et avait un comportement jaloux. Feliciano n'avait pas dû apprécier une telle prise de risque de sa part. De plus, Arthur était sûr de lui avoir donné un plaisir important de cette façon. Ceci avait dû vraiment le troubler, puisqu'il adoptait une attitude soumise.
« Ne t'attarde pas sur eux. Il y a sûrement d'autres omégas liés dans cette ville, lui dit un collègue.
- Dommage. Il me plaisait bien celui-là. »
Arthur comprit qu'il cherchait les omégas liés pour les violer sans conséquence. Un oméga ne pouvait se lier avec deux alphas différents.
« On sort de là, dès que possible, murmura Feliciano.
- Et on aide ces omégas », compléta Arthur.
Dès que les soldats quittèrent le bar, Arthur et Feliciano les suivirent et se dirigèrent vers l'endroit où ils avaient regroupé les omégas. Il s'agissait d'une grange sinistre. Sans aucune hésitation, Arthur et Feliciano canardèrent les soldats pour délivrer les omégas. Ils en tuèrent plusieurs, sans aucun regret. La guerre était la guerre. Et ils n'étaient pas assez nombreux pour les arrêter.
Arthur et Feliciano s'assurèrent que les omégas allaient bien avant de repartir au plus vite.
Le chemin se faisait dans une tension palpable. Feliciano n'arrêtait pas de se masser le cou, en le regardant méchamment. Au bout de deux kilomètres, Arthur brisa le silence ambiant :
« Je suis désolé. Je n'avais pas d'autres choix.
- Je sais. Mais je t'en veux surtout, parce que j'ai aimé ça. Je déteste toutes ces histoires d'oméga qui aiment se faire mordre par leurs alphas.
- C'est pourtant un point sensible très intéressant à stimuler.
- Dans un couple.
- Justement, je devais nous faire passer pour un couple.
- Et Francis ? Il risque de mal le prendre. C'est quelqu'un de jaloux et d'exclusif. »
Arthur sentit toute la colère de Feliciano concernant sa situation avec Francis.
« Il comprendra les circonstances.
- Cette marque ne va pas disparaître du jour au lendemain. De plus, il sait que tu es intéressé par moi.
- Ça t'embête que tu me plaises toujours autant ?
- Bien sûr. Tu es en couple avec Francis, rougit Feliciano.
- Pourtant, tu n'étais pas contre de m'inclure dans votre couple, lui rappela Arthur.
- La situation est différente, râla Feliciano. Francis va m'en vouloir énormément de lui avoir menti. Et je lui en veux de ne pas m'avoir attendu.
- Vous en discuterez ensemble. Mais sache une chose. Francis s'est mis en couple avec moi à une seule condition : pouvoir te récupérer dès que tu aurais retrouvé la raison. Nous sommes un couple libre. Donc, s'il veut reprendre sa relation avec toi, je ne m'y opposerai pas. Il ne t'a pas vraiment attendu, mais c'est tout comme. »
Feliciano eut un sourire timide. Il digérait sûrement toute la situation complexe dans laquelle il se trouvait vis-à-vis de Francis et d'Arthur.
« Et toi ?
- Je compte toujours te séduire. »
Flatté, Feliciano lui sourit.
« J'aimerais démêler ma situation avec Francis, avant que tu ne tentes quoi que ce soit.
- Ça veut dire que je te plais…
- Arthur, soupira Feliciano. J'étais en couple avec Francis. Avant que tu cherches ton âme sœur, je n'envisageais même pas un autre compagnon. Bien sûr, tu m'attires sur bien des points. Rien que le fait d'être allé au secours de ces omégas, malgré le danger, ça m'a plu. Tu as des valeurs proches des miennes. Et un petit côté séduisant, très British… Je pense que ça serait possible entre nous. Seulement, ma situation est vraiment compliquée avec Francis pour le moment. Je l'aime et je sais déjà que ça peut très bien se passer entre nous.
- Je comprends que tu veuilles récupérer ton compagnon. Ça ne te gêne pas de le partager avec moi ?
- Je n'ai pas vraiment le choix, plaisanta Feliciano. Mais je me ferai à l'idée, comme à celle que tu feras tout pour me plaire. »
Le reste du trajet se passa dans un silence agréable, grâce à cette petite mise au point. Feliciano semblait avoir le cœur plus léger. Toujours aussi fatigué, il se coucha aux côtés d'Arthur qui montait la garde. Ça ne dérangeait pas Arthur de veiller deux nuits d'affilée. Il était une nation. Il en avait vu d'autres de nuit sans sommeil. S'il pouvait permettre à Feliciano de se remettre, il le ferait encore des nuits et des nuits.
