Heyyy! Voilà un nouveau chapitre, qui était dans les tiroirs depuis plus d'un an et qu'il a donc fallu dépoussiéré avant de vous le présenter. Il est relativement court (seulement 18 pages open office..) mais c'est ainsi que je voulais l'agencer. Bref, trêve de blabla, on se retrouve en bas pour une conversation plus poussée!
PS: Merci aux personnes qui m'ont très récemment suivit et commenté, sachez que cette publication n'était absolument pas prévue mais vous m'avez donner la foi de vous sortir ce nouveau chapitre!
D'où suis-je ? Je suis de mon enfance. Je suis de mon enfance comme d'un pays
Antoine De Saint-Exupéry
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Chapitre 3
Tenten délaissa ses chaussures de sport à l'entrée de chez elle et soupira un bon coup. Quel jogging. La jeune femme s'était réveillée dans la matinée et trouvant la chaleur de ce mi-juillet assez supportable, elle avait rapidement enfilé sa tenue de sport et était partie courir dans le parc pas loin de là. Elle n'était pas une sportive hors du commun et n'avait pas les qualités physiques de Lee, mais elle s'entretenait un minimum. Cette habitude d'aller courir un petit temps lui était venue au collège, lorsqu'elle accompagnait de temps en temps son ami hyperactif dans son entraînement. Petit à petit, elle y avait prit goût et maintenant, la jeune femme sortait se changer les idées en s'épuisant toute seule.
Aujourd'hui, en ce dimanche, la future étudiante avait un programme bien chargé. Après avoir prit une petite douche et préparer quelques choses à manger, elle comptait s'enfermer dans sa chambre pour commencer ses cartons. Son déménagement paraissait si loin et si proche en même temps. Elle ne voulait pas s'y prendre à la dernière minute. La brune n'emménageait pas très loin, certes, mais elle n'avait pas envie de revenir tous les trois jours en s'apercevant qu'il lui manquait un bon nombre d'affaires.
C'est donc en début d'après-midi qu'elle s'affaira à sa tâche. Tout d'abord, un tri dans ses vêtements. Elle avait de tout dans sa grosse penderie en bois. Elle possédait ce meuble depuis l'enfance, une armoire en bois de chêne massif, d'une tinte ocre et miel. Les nervures du chaîne imprimées dans les planches de bois formaient toutes sortes de dessins auxquels son imagination avait de nombreuses fois donné vie. Ce mobilier, qui au départ, lui semblait gigantesque, a au fur et à mesure que les années passaient, rapetissé, aussi bien le contenu que le contenant. Enfin, c'était plus Tenten qui grandissait et qui accumulait les vêtements.
La jeune femme allait vivre dans un neuf mètre carré, une chambre d'étudiante tout ce qui il y a de plus basique. L'espace allait forcément manquer, et elle ne pourrait pas emmener tout son linge.
Sur son lit, elle fit deux tas. Un hiver, un été. Puis, un second filtrage, elle plia et mis en carton tous les vêtements hivers qu'elle comptait emmener, et remit le reste dans sa commode, pour les vêtements été, s'était plus compliqués. Il lui restait un mois environ à vivre chez son père et elle ne pouvait pas se passer de vêtement, elle laissa donc le tout dans son meuble et de poursuivre cette tâche plus tard.
Un bon bout de l'après-midi été déjà entamé, mais la brune était loin d'avoir fini, maintenant, c'était au tour de ses livres, cahiers, notes, cours. Quoi garder, quoi jeter, quoi emmener ? Savoir quelles notes allaient lui être utiles ou non? La future étudiante soupira lourdement. Faire ça toute seule n'était vraiment pas distrayant, en plus elle avait besoin d'aide pour y voir plus claire.
La brune prit donc son cellulaire et appela Lee, il était déjà étudiant lui, et même s'il ne vivait pas dans une résidence universitaire et que son studio était un peu plus grand que son futur lieu de vie, il avait quand même une expérience qui pouvait être utile. Son ami faisait une licence dans le sport, pour devenir coach personnel. Tenten ne doutait pas de lui, il allait réussir. Il n'avait peut-être même pas besoin d'un quelconque diplôme, l'hyperactif était déjà très talentueux dans son domaine.
Il avait d'ailleurs, à ce sujet, obtenu à ses deux précédents semestre la mentions très bien à ses examens.
Après plusieurs tonalités le brun répondit et ils purent commencer à échanger. Ça tombait bien d'ailleurs, Gaara était sous la douche et comme le roux était toujours très lent dans tout ce qu'il faisait, cela leur laissait un peu de temps pour discuter.
A cette remarque, une pensée osée traversa son esprit, la jeune femme s'était toujours demandé quel résultat cela devait donner au lit, entre son ami hyperactif, et son copain, qui était le calme incarné. Un jour, Tenten osera assouvir sa curiosité en questionnant son confident.
Tenten posa le téléphone sur son bureau et mit le haut-parleur. Au fur et à mesure qu'elle ouvrait ses cahiers et ressortait ses babioles la brune questionna le jeune homme sur leur hypothétique utilités. La conversation était joviale et l'entrain de son ami remit la jeune femme de bonne humeur. La discutions s'éloigna peu à peu du domaine scolaire, les deux compères reparlèrent de la journée d'hier, puis de la soirée qu'avait passé Lee et Gaara ensemble.
Apparemment, les deux amoureux s'étaient arrêtés dans un bar sur le chemin du retour, avait bu un verre en tête à tête, sans alcool pour lui, avant de rentrer chez le brun et finir la soirée dans les bras l'un de l'autre. Quelques détails croustillants et de longues tirades sur leur romance. Tenten sourit à l'entente du ton particulier que prenait Lee quand il parlait de son copain. Sa voix était chargée d'émotion, inqualifiable, c'était de la retenue enthousiaste, une pudeur à demi-cachée par la tendresse qui résonnait à l'évocation de ses souvenir. C'était de l'amour, et Tenten sourit à ce constat.
Un instant plus tard, sa voix se brisa. Il n'eut même pas besoin de commencer à raconter les faits que la brune comprit déjà que la conversation allait s'assombrir.
Elle n'eut pas tord, Lee lui raconta, rapidement, crachant ses mots dans une expression faussement détachée, qu'ils avaient encore dû subir les remarques emplies de dégoût et les regards plein de haine des autres clients du bar.
Sa flegme qu'il s'imposait à lui-même lorsqu'il abordait se sujet le trahissait plus qu'autre chose. Lee était joyeux, jovial, entraînant, pour lui, chaque discussion méritait débat et passion. Alors, quand il ne donnait même plus de vie à ses propos, quand sa voix devenait atone, ne tremblait plus de vigueur, Tenten savait que c'était dans ce cas qu'il était vraiment touché.
Personne ne peut supporter une telle chose, un tel traitement. Si seulement ces imbéciles savaient qu'elle force il y avait dans cette amour, quelle voix les deux amants adoptaient inconsciemment pour parler d'eux.
L'histoire du bar était devenue tellement tendu que, d'après ses dires, Gaara avait même faillit se battre mais son petit ami avait su le calmer. Fort heureusement. Le roux était très doué de ses poings, et il l'avait démontré de nombreuses fois par le passé.
Soucieux de rassurer son amie, Lee tendu a finir sa tirade par par faite que finalement, cela ne lui important que peu, qu'ils avaient tout de même passé une super soirée. Gaara rendait tout plus beau, se plut-il à conclure.
Un silence s'installa quelques instants, Tenten était accroupit devant son bureau, retournait un vieux carton dans lequel elle stockait des fournitures de cours inutilisées aux fils des ans. Jaugeant ce qui était encore potable ou non. Concentrée sur ses affaires, la voix de Lee retentit de nouveau dans la pièce.
-Et toi...? Demanda Lee, d'un ton incertain, mais la curiosité n'en était pas moins présente.
-Moi quoi ? Répliqua la brune en se relevant et en soufflant sur une mèche de cheveux qui était venue lui chatouiller le visage.
-Tu penses avoir quelqu'un en vue? J'aimerais tellement te voir profiter du printemps de ta jeunesse aux côtés d'un bel homme! Et ne t'inquiètes pas! Si il ose mal se comporte avec toi je–
-Oui je sais, le coupa-t-elle avec un sourire dans la voix, «tu lui feras comprendre de la moins agréable des manières qu'il est impardonnable de jouer avec le cœur de quelqu'un » finit-elle par compléter d'un ton faussement lassé mais au fond d'elle, cela la touchait beaucoup. Lee était protecteur, et surtout sincère, elle se savait soutenue avec lui.
-Tout à fait! Alors, avec ces vacances d'été et tous ces jeunes hommes qui défilent personne ne semble à ton goût?
-…La question n'est pas vraiment là, déjà, c'est sûr que je ne me laisse pas séduire comme ça, mais encore admettons que ce soit chose faite, faut-il encore que ce sentiment soit réciproque.
-Tu es très jolie Tenten, regarde, Kiba pas plus tard qu'hier essayait sans cesse de te séduire! Ait confiance en toi, tu es une très belle femme!
-Merci Lee c'est gentil… On verra bien, je ne peux pas forcer les choses, tenta la jeune femme pour balayer le sujet. De plus ça ne dépend pas que de ça, quelqu'un de beau peut être un vrai salaud, je préfère me méfier des hommes trop propre sur eux.
-Je te l'accorde.
-Bien, conclu Tenten, satisfaite d'avoir écarté le sujet plutôt aisément.
C'était sans compter sur la détermination légendaire de Lee.
-Et? s'inquiéta-t-il d'une innocence trop marquée pour être authentique
-Oui? répondit tranquillement la brune, jouant le jeu malgré tout.
-…Neji, tu sembles bien t'entendre avec lui non?
Tenten rigola un peu, prit son téléphone en main, enleva le haut-parleur et se coucha peu gracieusement sur son lit.
-Non, tu n'y es pas du tout je pense. Oui, on discute bien, mais, c'est le genre de type totalement inaccessible, et puis il n'a pas l'air très démonstratif, je ne le vois pas du tout en couple, ou avec une femme très calme et discrète… Un peu comme sa cousine tu vois?
-Ah vraiment? Répliqua son ami, semblant la défier, pourtant, crois le ou non mais il a déjà eu une relation et elle était l'exacte opposée d'Hinata.
-Vraiment? Tenten ne portait pas trop d'intérêt à la question, Lee la menait où il voulait, elle en était consciente mais se plia à sa volonté. Quoique, une curiosité mal placée commençait distraitement à surgir. Les ragots étaient toujours intéressant.
-Oui, il est sorti avec Ino Yamanaka, ça te dit quelques choses?
-Pas du tout.
-Une blonde, très longs cheveux, des courbes généreuses. Elle était dans le même lycée que nous et en première on faisait sport ensemble, c'est comme ça qu'ils se sont rencontrés. Ino ne faisait que le draguer et vers la fin du premier trimestre ils sont sortis ensemble.
Neji, avec une blonde à forte poitrine? Une association assez improbable aux yeux de la future étudiante. Lee et elle formaient un sacré duo de commères, rigola intérieurement la brune. Ne commentant pas sa révélation, Lee poursuivit son récit.
-Ça a duré quelques mois, sept ou huit un truc comme ça. Puis Neji la quitté, il m'en avait parlé un peu.
-C'était pourquoi ?
Lee avait gagné, la brune voulait des détail maintenant.
-Il m'a dit qu'il ne s'entendait plus du tout avec elle…. Qu'elle était inintéressante, grossière et… Je suis certain qu'il y avait quelques choses d'autres... Le brun réfléchit un peu, puis au bout de quelques secondes il retrouva ses mots, ah oui! Vulgaire et qu'elle avait tendance à se laisser approcher trop tactilement par les autres hommes. Il devait sûrement y avoir autres choses mais c'est tout ce que j'ai retenu je crois.
Tenten fit les yeux ronds, les motifs de séparation étaient hallucinants.
-Apparemment cette fille lui a laissé un mauvais souvenir, se contenta-t-elle d'ajouter.
- Ça a fait le tour du lycée, Neji et elle était un couple assez populaire malgré lui, et il ne m'en a jamais reparlé plus que ça. Elle fait un peu partie de notre groupe en plus, donc je te laisse imaginer l'ambiance durant les semaines qui ont suivit le ''drame''.
-Hé bien… Que de potins, je ne me souviens même plus pourquoi on s'est mis à parler de lui comme ça, rigola la jeune femme.
-Parce que je te demandais si il te plaisait? Répondit son ami sur le même ton.
-Ah oui! Nous y revoilà! Pour le coup, Tenten se sentit bête, elle avait un peu tendu le bâton pour se faire battre. Et quitte a subir l'obstination de Lee, autant le contenter. Elle ajouta ;
-D'ailleurs je le vois demain, j'ai oublié mon sac dans sa voiture l'autre soir et on est censé se retrouver en ville, annonça-t-elle en toute simplicité.
Lee accueillie avec bonheur la nouvelle et Tenten fit tous ses efforts pour le convaincre qu'il n'allait rien se passer. Ils se connaissaient à peine, il était très intriguant et pouvait avoir des comportements bizarres.
L'énergumène comprit que tous ses assauts seront vain et changea son fusil d'épaule en argumentant alors sur un autre homme.
Il avançait que si Kiba avait la volonté de s'assagir, il serait quelqu'un qui pourrait sans doute lui convenir. La jeune femme le cassa immédiatement dans son délire, et lui dit qu'actuellement, ce n'était pas sa priorité, avec son déménagement, son boulot, ses études, sa vie prenait un trop gros tournant pour avoir les yeux rivés sur les garçons.
Lee sembla retrouver la raison à l'énonciation du contexte et poussa même son amie à rester dans une ligne de vie aussi droite.
Leur conversation prit fin peu de temps après, avec l'arrivée du père de la brune. Tenten ne s'était pas rendue compte qu'il avait parlé aussi longtemps, quoique, cela faisait un moment qu'elle avait entendu Gaara sortir de la douche et venir par la suite se plaindre auprès de son amoureux pour le presser un peu.
La jeune femme alla rejoindre son géniteur. Le patriarche ne semblait pas de très bonne humeur, la brune essaya de lui faire la conversation et de lui montrer sa progression dans ses cartons, mais Tosiharu balaya assez rapidement le sujet, visiblement réfractaire aux préparations pour le départ de sa fille.
Tenten pouvait comprendre, sa mère était morte de maladie alors qu'elle n'avait que cinq ans, et sa grand-mère paternel habitant à la campagne à plusieurs heures d'ici, aux yeux de son père, la jeune femme était donc tout ce qui lui restait.
La future étudiante s'occupa du dîner qu'ils mangeaient en silence puis entreprit de partir rapidement se coucher, cette journée l'avait fatiguée. Alors qu'elle se brossait les dents devant le lavabo de la salle de bain, son portable se mit à vibrer dans sa poche arrière. Elle prit son cellulaire de la main gauche et jeta un coup d'œil à l'écran éclairé pour découvrir qu'il s'agissait de Neji.
- «Bonsoir Tenten, ça te vas toujours pour demain?»
La brune ne put s'empêcher de sourire à la lecture de ce SMS, il était si sérieux dans sa formulation, cela la faisait rire. Elle laissa sa brosse à dent se maintenir seule dans sa bouche, puis tapota sa réponse.
- « Salut! Oui pas de problème, devant Akimichi donc? Et tu as une heure en tête? »
Tenten se rinça la bouche à l'eau, reboucha le dentifrice puis partie dans sa chambre pour se mettre en pyjama. Elle privilégia seulement une culotte et un débardeur, la chaleur de cet été ne redescendait jamais. Une fois au lit, elle reprit son portable et se rendit compte que son collègue lui avait répondue.
- «Oui ça me paraît bien. Plus en fin d'après-midi si possible, vers 18h tu peux ?»
- «Attend je regarde si j'ai un bus dans ce créneau»
La brune chercha rapidement les horaires sur internet, elle avait mis la page en favoris, la jeune femme la consultait presque tous les jours.
-«J'ai un bus qui arrive vers 17h50, c'est bon?»
-«Oui, on fait comme ça alors, à demain, bonne soirée. »
- « Merci toi aussi, à demain! »
Tenten mit en veille son cellulaire et enfonça la tête dans son oreiller. Elle prit une lourde inspiration, sa journée avait été bien remplie et la brune n'avait cessé de s'agiter de tous les cotés. Peu après, elle se laissa presque immédiatement emporter par le sommeil.
De son côté, Neji rejoignit le salon familiale pour y passer la soirée.
Le faite que Tenten puisse le rejoindre en fin d'après-midi l'arrangeait beaucoup, il devait aller chercher Hanabi chez l'une de ses amies pour 19 heures. Le brun trouvait que sa cousine sortait trop pour son âge, mais il se gardait de faire la réflexion à son oncle, ne voulant pas provoquer de tensions entre lui et l'adolescente. En tout cas, cela allait lui éviter de faire des détours et des allers-retours inutiles, il allait pouvoir faire tout d'une traite, c'était temps mieux.
Le jeune homme s'assit dans un des fauteuils en cuir du salon, et écouta les discussions autour de lui.
Son oncle et sa tante parlèrent de leur départ prévu pour le lendemain midi, ils partaient à une conférence à 200 kilomètre au Sud. Le couple était engagé politiquement. Les Hyuga étaient des touches à tout, ils argumentaient sur tous les fronts, que ce soit question de sécurité, d'économie ou d'aménagement de la communauté, la famille avait une influence monstre dans tout le pays. Du moins, les gens informés de ces problématiques étaient conscient du poids que représentait cette famille, cependant pour les non-initiés, pour le peuple, ils étaient de simples anonymes, tout au plus réputés fortunés.
Son oncle était en liste pour peut-être accéder à un post au sein du cabinet du ministre de l'intérieur, qui était actuellement occupé par un Uchiwa. Vraisemblablement, ce dernier avait fait des vagues et pouvait être évincé au profit d'Hiashi. Ces deux familles ne s'entendaient pas au mieux, et son oncle fut ravi de cette nouvelle.
Le départ du couple n'était pas inhabituel, souvent, ils arpentaient le pays et même quelques fois, partaient à l'étranger pour leur travail. Ce qui justifiait la présence de Natsu, la gouvernante des enfants depuis leur naissance et du gardien, Kô, qui était là presque tout le temps, pour veiller à leur sécurité. Tous deux étaient employés par les Hyuga depuis un peu moins de 20 ans et faisait comme partie de la famille.
De l'autre côté du séjour, Naruto et sa cousine, étaient assis l'un à côté de l'autre discutaient sur la couleur des vêtements d'un des comédiens qui venait de faire un numéro à la télévision.
Hinata était revenue dans la journée accompagnée de son petit ami. Les parents de la jeune femme était très stricte avec elle, presque autant qu'avec Neji et longtemps elle du cacher ses sentiments au blond, parce qu'elle savait pertinemment que leur relation serait prohibée. Mais ce fut lui qui vint à elle, et Hinata n'avait pas eu la force de le repousser.
S'en suivit des présentations avec les parents assez maladroites de la part du jeune homme, puis un dîner qui convia le maire de la capital, et sa femme, soit disant passant, les parents de Naruto, et leur relation fut complètement acceptée. Hiashi était même satisfait que sa fille ait une relation avec un si bon parti, même si à leur âge, cela ne les engageaient à rien.
Sa mère, quant à elle était beaucoup plus souple en apparence, elle s'était occupée de toute la partie pédagogique, c'est-à-dire, préventions sur les risques de grossesse et prise de contraceptifs. Neji se souvenait, lui aussi était passé par là à ses 17 ans et il ne se remettrait sûrement jamais de toute la gêne qu'il eut ressenti durant ses dix pauvres minutes de mise en garde. Sa tante était très protectrice, et de bien des manières. Maintenant qu'il y repensait, le jeune homme se sentait un peu bête de s'être autant braqué, s'il devait avoir la même conversation aujourd'hui, il était certain qu'il serait bien plus serin.
A vrai dire, il avait un peu honte de ses années d'adolescence en général. Il avait un caractère des plus irritables et se vexait beaucoup. Il était têtu et borné, en voulait à la terre entière pour ses malheurs et n'écoutait que lui-même. Il n'avait pas été un ado facile contrairement à ce que l'on pourrait croire. Le brun fit pas mal d'erreurs, comme sortir avec une fille qu'il n'a jamais réellement aimé, ou dit plein de mots blessants à ceux qui comptaient pour lui, Hinata a été l'une de ses cibles favorites, et il le regrettait amèrement.
C'est donc pour cette raison que dès ses 17 ans, son oncle l'avait forcé à travailler comme serveur chez les Akimichi, pour qu'il se discipline un peu et comprenne la rudesse du travail et de la vraie vie.
Normalement, Neji n'avait pas l'âge requis pour ce job mais grâce à l'influence et au poids de son nom il put quand même être embauché, son statut différait simplement, il était compté comme saisonnier et non comme employé jusqu'à sa majorité.
Cela avait eu l'effet escompté, au bout de quelques mois de services éprouvants, de disputes éclatantes avec le chef de maison et de sermons à répétitions par sa tante, le jeune homme se calma enfin, se remit en question. Il tenta de corriger ses anciennes erreurs, il quitta sa soit disant copine et essaya du mieux qu'il put de changer sa manière de vivre. Son oncle lui offrit l'opportunité d'arrêter le travail s'il le voulait, mais le brun refusa et argumenta qu'il ne voulait pas dépendre à cent pour cent de lui, qu'il était maintenant temps que son argent de poche soit légitime.
Les relations que Neji entretenait maintenant avec sa famille était bien plus posées et agréables, il était redevenu le génie, excellant dans toutes les disciplines. Il n'y avait pu tellement de problèmes, le jeune homme était devenu mature et sage.
Le brun continua à regarder le spectacle diffusé à la télévision durant une petite demi-heure, mais ne trouvant que peu de charme dans les activités proposées par le cirque, il s'excusa auprès de famille et se retira dans sa chambre.
Tous les soirs, c'était le même rituel, un brin de toilette, cheveux, pyjama. Il s'assit sur le bord de son lit, prit le livre qu'il avait commencé en début de semaine et le feuilleta pour retrouver son marque page. La climatisation avait été lancée dans la journée et maintenant toute la demeure était d'une douce fraîcheur, l'air soufflé par la grosse machine passait par tous les conduits d'aérations et rendait l'atmosphère beaucoup supportable qu'à l'extérieur.
Il faisait toujours très chaud, l'été, dans la capitale du pays.
Il était seulement dommage que la métropole soit située à l'intérieur des terres et non pas sur le littoral pour profiter de la mer. L'hiver, Konoha jouissait cependant de températures particulièrement basses et d'épaisses couches de neige qui tombaient en masses. Quant à l'automne et le printemps, ils étaient soient beau et sec, soient pluvieux et froids. Le juste milieu n'était jamais atteint.
Mais cela ne dérangeait pas vraiment Neji, qui appréciait de vivre dans un pays ou les paysages changeaient constamment au fils des saisons, se reformant sans cesse. La nature n'était jamais vraiment la même selon les températures et les variations climatique obtenues.
Et il trouvait ça beau.
Les pays monotones comme Ame ou Kaze qui était pourtant leur voisins mais qui n'avait que deux saisons, dont une principale qui occupait la majeure partie de l'année l'aurait sûrement lassé très rapidement.
Il s'allongea dans ses draps frais et reprit la lecture de son livre. Un roman qui mélangeait histoire et aventure, un samouraï parti abattre ses ennemis pour sauver son honneur après le viol de sa fiancée. Une histoire assez sombre avec en fils rouge, l'amour du protagoniste à sa belle qui bravait vent et tempête pour réparer cet affront. Ce n'était pas forcément son registre préféré mais cela l'occupait et la lecture était une activité que le jeune homme appréciait beaucoup.
Il lut une trentaine de pages, puis se sentit emporté par le sommeil. Le brun éteignit sa lampe de chevet, reposa son livre sur le meuble en bois massif et s'installa confortablement pour passer sa nuit. Il se repassa rapidement son emplois du temps du lendemain, le matin il avait un dernier entraînement de taijutsu avec son oncle avant qu'il ne parte, puis l'après-midi, il devait passer à la préfecture et aux services d'assurances pour sa voiture, et enfin déposer rapidement le sac à Tenten avant d'aller chercher Hanabi à trente minutes du centre-ville. Il fronça les sourcils, demain, il avait une grosse journée.
Tenten chercha un peu partout dans le salon où son père avait bien pu lui laisser les clés. Son trousseau étant dans son sac, son géniteur lui avait prêté son double pour qu'elle puisse fermer leur apparemment le temps de son allé retour. La jeune femme se maudissait de ne pas s'être préparer un peu avant, si elle continuait à traîner ainsi, elle allait louper son bus et imposer à Neji un gros contre temps.
Elle passa les mains sur ses poches de jean et fit l'inventaire, son portable déformait le tissus sur sa cuisse et lui donnait chaud à cet endroit, elle sentit un peu de monnaie dans la poche opposée, plongea sa mains et en ressortit quelques sous, suffisant pour pays le bus en tout cas. Sa carte de transport étant, elle aussi, dans son sac à main.
La brune s'arrêta devant la table basse du salon, la balaya du regard avec intensité, puis, au sol, ses yeux accrochèrent une lumière argenté. La jeune femme se baissa rapidement et avec conviction, si ce n'était pas le trousseau de son père, il était certain qu'elle allait louper son arrêt.
Tenten poussa un lourd soupir de soulagement en s'apercevant qu'il s'agissait en effet de l'objet recherché. Elle se regarda une dernière fois dans le miroir, sa queue de cheval n'était pas trop décoiffée. Elle ferma son appartement à toute vitesse puis descendit les marches avec empressement. Le ramassage était prévu pour 17h, elle n'avait que trois pauvre minutes pour rejoindre son arrêt. La brune pria fort pour que le bus n'ait pas d'avance.
Elle pria même un peu trop fort. Car presque sept minutes après l'heure dite, il n'y avait toujours aucun transport en commun à l'horizon. Autour d'elle, la petite dizaine de personne pestait plus ou moins discrètement. Tenten s'inquiéta, elle allait être en retard.
Quelques minutes plus tard, le gros bus arriva, des gens descendirent, visiblement énerver. Les passagers ne se retenaient pas pour râler ou lancer un regard noir au conducteur, qui ne devait sûrement n'y être pour rien. La brune se contenta de monter, payer puis se mit debout au fond du véhicule.
L'habituel trajet vers le centre-ville avait commencé.
Pour s'occuper, elle regarda par la fenêtre le soleil à mit-hauteur. Il était encore accroché haut dans le ciel mais le presque blanc éclatant de ses rayons laissait maintenant place à un jaune doux.
Les faisceaux de l'astre réchauffaient moins fortement l'air et il ne faisait plus aussi lourd et étouffant que ces derniers jours. La température était parfaite pour se balader en débardeur sans n'avoir ni froid, ni chaud. Tenten adorait ça, et c'est bien pour cette raison qu'elle en portait un actuellement, de couleur bordeaux, avec son pantacourt en jean bleu et sa paire de sandale. Cette température parfaite accompagnée d'un ciel dégagé et joliment teinté en faisait une fin d'après-midi particulièrement agréable.
Elle regretta simplement les nombreux immeubles qui tellement haut, pouvaient lécher le ciel et obstruait sa contemplation durant de longues minutes.
Elle ne détacha néanmoins pas son attention de la fenêtre, la jeune femme ayant senti le regard appuyé que lui portait un homme un peu plus loin dans le compartiment. Elle décida d'ignorer en s'évadant dans l'animation de la rue.
Se laissant aspirer par le spectacle du dehors, Tenten sursauta lorsqu'elle sentit son téléphone vibrer dans sa poche. En sortant son appareil, la brune fit les gros yeux, Neji venait de lui envoyer un « Je suis arrivé », son regard se pencha alors vers l'heure, 17h48, Son bus avait pas mal de retard. Ils leur restaient encore trois stations à faire, elle s'empressa de lui répondre.
-« Salut! Je suis désolée, mon bus a du retard, je ne pense pas être là avant au moins 10/15 minutes... »
-« D'accord, ce n'est pas grave. Je pense aller en terrasse le temps que, on se rejoint au Sarutobi's ? »
Tenten ne voyait pas bien où se situait ce bar mais elle n'allait pas chipoter, la jeune femme était débrouillarde.
- « D'accord pas de problème, à tout de suite alors »
La brune respira un grand coup alors qu'elle s'accrochait plus fermement à la poignée suspendue pour stopper l'attraction de bus qui s'arrêtait. Ce n'était peut-être pas si mal que Neji lui ait donné l'adresse d'un endroit où se poser car le prochain bus pour revenir chez elle n'était qu'à 18h50.
La future étudiante lança d'ailleurs une recherche sur internet pour connaître la position de ce café et ne pas arriver encore plus en retard. Il était seulement un peu plus haut dans la rue, au commencement de la rue piétonne et des nombreux magasins qui s'étalaient ensuite.
Tenten sentit toujours ce désagréable regard posé sur elle. Elle ne leva plus la tête de son portable.
Quelques minutes plus tard, elle était arrivée, la jeune femme remonta d'un pas rapide les premiers mètres, puis pressa encore plus le pas lorsqu'elle se rendit compte que l'homme en question semblait la suivre de loin. Peut-être qu'elle délirait, que c'était une simple impression. Peut-être, mais il valait mieux rejoindre Neji au plus vite.
Au loin, la brune reconnue l'enseigne. Son cœur rata un battement. Ce n'était pas un rendez-vous, cela y ressemblait, certes, mais Tenten ne devait pas céder au stress qui se pressait dans son estomac.
Le Sarutobi's était une très belle brasserie. Il s'agissait aussi apparemment d'un hôtel puisque tout l'immeuble portait le nom de l'établissement. La terrasse était dans l'espace réservé aux piétons et s'étalait sur une large partie de l'allée dallée. Tenten regardait les serveurs et serveuses aller d'une table à l'autre et compatit, maintenant elle connaissait la rudesse de leur travail.
Tenten chercha Neji du regard, passait en revue chaque table pour la plupart occupées. Il y avait surtout des groupes d'amis, assez bruyant mais qui dégageaient une réelle joie de vivre, ils étaient tous un peu près dans la même tranche d'âge que la brune. Quelques couples aussi, et quelques personnes seules qui profitait seulement de la douceur et de l'ambiance estivale de ce mi-juillet.
La jeune femme plissa les yeux, elle pensait l'avoir repéré. Oui, c'était bien Neji, assis à une table à l'opposé d'elle, assez proche du mur de l'hôtel. Elle slaloma entre les clients déjà attablés pour aller le rejoindre, il ne l'avait toujours pas vue et avait la tête dans sa main. Tenten s'inquiéta un peu, était-il irrité par son retard? Il n'y avait qu'un seul moyen de le savoir, la brune s'approchât et le salua un peu prudemment.
Neji leva vivement la tête et lui sourit courtoisement.
-Bonjour, je ne t'ai pas vu arriver, lui dit-il en l'invitant à s'asseoir silencieusement, d'un mouvement de tête discret.
Tenten aurait très bien pu l'ignorer tant ce mouvement était fin et discret. Elle ne savait même pas si il l'avait réellement fait en somme. Elle pouvait juste prendre son sac et repartir, mais elle s'exécuta.
Une fois installée elle regarda plus ou moins discrètement derrière, vérifiant que l'homme qui suivait sa trace avait abandonné. La brune ne le vu nul part et s'en réjouit.
Lorsqu'elle se retourna face à son collègue, il l'a regardait bizarrement, cherchant à comprendre. Tenten se sentit obligée de se justifier maladroitement.
-Désolée, je vérifiait juste un truc mais c'est bon, lança-t-elle sans trop de conviction, encore désolée pour le retard.
-Un problème ? Contra-t-il, ne se satisfaisant pas de la réponse évasive de sa camarade, Et ne t'inquiètes pas, c'est tant mieux même.
-Il y avait un homme suspect dans le bus, j'ai cru qu'il m'avait suivit jusqu'ici mais tout va bien
Neji fronça dangereusement les sourcils à l'entente du récit et se baissa pour ramasser quelque chose au sol avant de lui tendre, son sac était maintenant de nouveau avec sa propriétaire.
Tenten lui offrit un grand sourire, d'abord parce qu'elle était contente de récupérer son bien, mais aussi parce qu'elle voulait changer de sujet. Elle le remercia chaudement et lui demanda des nouvelles.
-J'ai été dans la paperasse toute l'après-midi, et je dois aller chercher ma cousine ce soir.
-Hinata ? Questionna Tenten, innocemment.
Elle ouvrit son sac, sortie son porte-monnaie et y rangeait les quelques pièces qu'il lui restait de sa poche avant de regarder si elle avait assez pour une consommation, ce n'était pas un rendez-vous, il était hors de question qu'il paye pour elle.
Après vérification, elle constata qu'elle était juste bien si elle ne prenait pas une boisson alcoolisé ou trop compliquée.
-Non, sa petite sœur, Hanabi elle n'a que 13 ans.
-Oh, et tu as de la route ? Relança la brune pour éviter un blanc inconfortable.
-Pas vraiment, une demi-heure quelque chose comme ça, mais j'aurais été content de me les épargner ce soir.
En relevant la tête, elle s'aperçut qu'il la regardait pendant qu'il parlait. C'est vrai qu'il avait l'air fatigué. Elle tomba encore sur ses yeux gris. Même à l'ombre des hauts bâtiments de pierres qui les abritaient du soleil dans toute les directions, ils étaient toujours aussi clairs, peut être que ses iris ne tendaient pas autant vers le blanc qu'au soleil mais elles n'en restaient pas moins d'une clarté surprenante.
Tenten se sentait hypnotisée.
Leur discussion continua, et peu à peu la brune se sentit pleinement à l'aise en sa présence.
Le jeune homme était habillé d'un simple t-shirt noir à manches courtes et d'un pantalon en toile beige. Rien de plus simpliste mais Tenten se laissa aspirer par la tenue de l'homme devant elle, en coups d'œil discrets, elle observa sa musculature dessiné sous le tissus. Sa peau blanche tranchait parfaitement avec le noir intense du vêtement.
Neji était adossé sur sa chaise, l'un de ses bras était tranquillement appuyé sur son accoudoir, la brune remarqua une élégante montre montée sur un bracelet en cuir marron accrochée à son poignet gauche, tandis que son membre droit était replié et poser sur la table métallique devant lui.
Les muscles de ses bras, se dévoilant à moitié sous les manches de son habit étaient parfaitement dessinés. Visiblement, son excellant taijutsu lui avait donné un corps d'athlète, à moins que ce soit du travail personnel pour améliorer ses techniques de combat.
Tenten ne savait pu où regarder.
Son corps était sujet à songes, et lorsqu'elle le regardait dans les yeux bien trop d'interrogations la prenaient.
La brune n'avait aucune idée du temps qui était passé depuis qu'elle s'était installée, depuis combien de temps elle l'observait, se fascinant en secret, discrètement.
-Tu ne commandes rien? A moins que tu ne sois pressée, je ne te retins pas sinon.
-Si tu as raison, mon bus pour rentrer est dans un petit moment, j'ai le temps.
Neji acquiesça d'un signe de tête. Pour chasser le silence qui s'annonçait, la jeune femme reprit la parole.
-Tu as quelque chose à me conseiller? C'est la première fois que je viens ici. Pas trop cher et sans alcool, ajouta elle en plaisantant.
Le brun croisa ses bras sur son torse, semblant réfléchir, cherchant visiblement à satisfaire sa requête. Tenten sentit son cœur s'emballer sans aucun motif, juste comme ça, et parce que très actuellement Neji était dans une position anormalement séduisante. La future étudiante détourna le regard, préférant s'intéresser à l'animation de la rue.
-Peut être un tropic menthe, c'est rafraîchissant.
Tenten ne savait si s'était son expérience en tant que serveur qui parlait, ou simplement qu'il avait l'habitude de fréquenter des bars et cafés.
La brune appela une serveuse qui vint très rapidement à leur table. Elle passa sa commande, Neji prit également une boisson pour l'accompagner. Un thé bergamote, tout simplement. Qu'elle idée par cette chaleur, mais la brune se garda de faire un commentaire.
La jeune femme qui les servait semblait un peu désagréable avec Tenten, et elle se demanda un court instant si ce n'était pas à cause de Neji. Elle devait sûrement la jalouser en la prenant pour sa petite amie. Un fin sourire moqueur étira ses lèvres, elle avait très envie d'en rire.
Ils n'eurent pas à attendre longtemps avant que boissons soient servit. Tenten observa son verre, la couleur était très jolie, un vert pastel uniforme et doux. Le cocktail sentait bon et fort la menthe. Une paille jaune était joliment plantée dans le liquide et n'appela que ses lèvres à se poser dessus. Ce que la jeune femme fit sans attendre.
C'était à la fois doux et acidulé, frais et sucré, une boisson vraiment très bonne, fruité et rafraîchissante. La brune en reprit une autre gorgée.
Neji aborda le sujet de la fac, et la future étudiante lui raconta son trie de la veille.
-Désoler, je ne peux pas vraiment t'aider là dessus, j'habite encore avec ma famille.
- Ça ne te fait pas trop de route tous les matins?
-Non, pas vraiment, 20 minutes environ, un peu plus si il y a des bouchons.
-Ah, dans ce cas-là, c'est sûr que c'est mieux que de vivre dans une toute, toute petite chambre, dit-elle en plissant les yeux, moi je suis obligée de bouger, je ne pourrai pas faire 50 minutes de bus matin et soir...
-Oui c'est certain... Tu as déjà ton appartement de réserver ?
-''Appartement''... ce serait un peu abusif, commenta-elle sur un air amusé, je vais loger en résidence universitaire, c'est une chambre de 9m², sanitaires compris, avec des cuisines communes. Je ne me réjouit pas particulièrement de la situation...
-9 mètre carré seulement ? Tu ne peux pas chercher un petit studio dans le centre-ville? Ce serait sans aucun doute plus grand que la résidence universitaire.
-Non, ce serait bien au-dessus de mes moyens, là, je ne vais payer que 230 ryôs par mois. J'ai regardé par curiosité, mais toutes les offres près de ma fac sont hors de prix, si je veux rentrer dans mon budget il faudrait m'excentrer hors cela n'a pas d'intérêt car c'est justement pour la proximité que je déménage.
Neji sembla réfléchir un instant. Son visage devint curieusement sérieux.
-Je vois, la situation est délicate... commenta-t-il réellement concerné.
Tenten lui sourit, il n'avait pas à prendre son problème tant à cœur.
-Ça va aller, d'autres l'on fait avant moi, et d'autres le ferons après. Il vaut mieux peiner quand on est jeune pour profiter du reste de sa vie paisiblement.
Neji leva un sourcil à ce relativisme soudain. Il acquiesça d'un signe de tête.
-Tu as raison... Cependant, je peux te proposer quelque chose. Un de mes grand-oncle a plusieurs appartements en ville, il m'avait proposé un studio pas très loin de la fac si je voulais, mais j'ai refusé et je crois qu'il n'a pas encore trouvé de locataire. A vrai dire, il n'en cherche même pas. Je pense que si je lui demande, il accepterait de te le laisser pour le même prix.
Tenten fit les gros yeux. Il était en train de la pistonner pour lui avoir un appartement en ville. Ce serait vraiment super, mais en même temps, ça impliquait pas mal de choses. Ils ne se connaissaient que depuis une semaine, à peine, certes ils s'étaient beaucoup vu pendant cette semaine, et visiblement ils étaient bien partis pour devenir amis, mais, imagions qu'ils se disputaient ou perdent contact pour diverses raisons, son appartement serait peut être mal venu.
-Pourquoi as-tu refusé ? C'était la seule réponse que Tenten était capable de formuler dans l'immédiat. Elle s'en voulu de suite, cela devait sembler grossier et ingrat. Elle failli ajouté un remerciement mais Neji répondit sans attendre à son interrogation indiscrète.
-Je voulais rester habiter avec ma famille. Je n'aime pas particulièrement me faire à manger et m'occuper des tâches ménagères, surtout avec mes études. Au finale, faire le trajet me gagnait plus de temps de devoir avoir toutes ces charges.
-Oh je vois... Tenten était décontenancé à la fois par l'honnêteté de son collègue et par sa proposition. Il est vrai que sous ce point de vu, cela avait l'air logique, elle reprit, c'est à peine croyable ce que tu me proposes là. Ton grand oncle va perdre beaucoup en terme de loyer s'il me le cède à un tel prix.
-Il ne cherche pas à le louer plus que ça. J'ai crut comprendre qu'il réservait ce bien pour les enfants de la famille pour leur études. J'ai décliné, Hinata va elle aussi rester habiter à la maison et Hanabi est encore au collège. Cela fait plusieurs années que le logement est vacant. Du coté de mes cousins, ils sont tous plus âgés et ne s'en servent pas non plus.
La brune hocha la tête en signe qu'elle avait bien écouté ce qu'il lui racontait. Elle l'avait écouté certes, mais compris, rien n'est moins sûr.
Neji lui proposait un apparemment. En centre-ville. Pour un loyer dérisoire.
Habiter dans un neuf carré, désordonnée comme elle l'était, cela pourrait vite devenir invivable. Tenten ne savait quoi répondre.
-Si tu ne veux pas, ne t'inquiètes pas ce n'est pas grave, répondit Neji en fronçant les sourcils devant son silence.
-Non ce n'est pas ça, ce serait vraiment génial, vraiment...Mais je trouve ça presque irréel...Qui sait, j'ai peut-être un côté pyromane dont tu ignores totalement l'existence, dit-elle en plaisantant pour lui faire comprendre son sous-entendu, ils s'entendaient bien, mais au point de lui trouver un appartement et de lui faire confiance pour tout ce qui en découlait?
Neji eu un fin sourire avant de lui répondre.
-Et tu l'es ?
-Non, bien évidemment, rigola-telle.
-Alors autant qu'il serve à quelqu'un. Mon grand oncle possède des biens très important, il n'a que faire de ce studio, et s'il peut t'éviter de passer tes années d'études dans quelque chose d'inconfortable, c'est tant mieux. Je lui demande s'il est d'accord ?
Tenten n'hésitait plus. Le bougre était convaincant.
-Oui, merci beaucoup, c'est vraiment très gentils.
Le brun acquiesça avec un signe de tête.
-Je te préviendrai dans la semaine si c'est bon, pour que tu puisses t'organiser et te faire visiter. Même si tu veux te désister plus tard, cela n'a pas d'importance.
Il reprit une nouvelle gorgé de son thé et reposa sa tasse vide sur la table. Elle aussi, venait de finir son délicieux cocktail. Tenten garda les yeux attachés sur Neji, quelque part au niveau de sa pommette droite, elle n'en revenait toujours pas.
Neji jeta un coup d'œil à sa montre puis fronça les sourcils. Il appela d'un signe de main une serveuse.
-Je suis très en retard, lâcha-t-il préoccupé.
-Quelle heure est-il? S'enquit la brune.
-18h45.
La jeune femme qui les avait servies plus tôt leur apporta l'addition et Tenten s'empressa de chercher son porte-monnaie dans son sac. Elle vue Neji sortir sa carte bleue de nul part et la tendre à l'employée qui l'introduisit dans sa machine portative prévue à cet effet. Il composa rapidement son code puis récupéra son bien.
La brune fut décontenancée, elle allait protester mais c'était trop tard de toute façon. Elle ne voulait pas se faire inviter mais il ne lui avait pas laissé le choix, et de la plus perfide des manières. C'était déjà la deuxième fois en trois rencontres qu'il lui payait quelque chose.
Tenten se contenta de le remercier du bout des lèvres, un peu gênée. Elle ne voulait vraiment pas se faire inviter.
Presque immédiatement après, le jeune homme se leva et elle suivit sans un mot. Et d'un coup, Tenten tiqua, elle aussi était en retard! Son bus était sur le point de passer, si elle le loupait l'attente allait être interminable.
-Moi aussi je suis en retard, lui dit-elle, alors qu'ils quittaient la terrasse, mon bus est dans moins de cinq minutes, et l'arrêt en bas de la rue je ne dois pas traîner!
-Je dois aller chercher Hanabi pour 19h, se plaignit-il à son tour.
Tenten avait envie de s'excuser, elle n'avait pas vu le temps passer et n'a pas surveiller l'heure une seule fois.
Ils se saluèrent rapidement et elle lui souhaita bonne route. Neji était garé dans un parking non loin de là. La brune le regarda de dos un instant, avant de se rappeler à l'ordre et de descendre la rue à vive allure.
En rentrant chez elle, Tenten découvrir la maison vide. Elle ne s'en étonna pas trop, il n'était pas rare que son père finisse le travail avec un peu de retard, ou bien reste discuter avec ses collègues, qui étaient en vérité plus des amis qu'autre chose.
La brune posa son sac dans l'entée, abandonnant négligemment son bien tout juste récupérer. Elle inspira une grande bouffé d'air chaude. Elle avait envie de crier a qui voulait bien l'entendre sa joie de cette nouvelle. Elle trépigna enfantement jusqu'à sa chambre et se lança dans son lit. Bon sang, cela faisait longtemps que la jeune femme n'avait été aussi ravi, excité par un projet si beau, tellement beau cela lui paraissait difficilement réel.
Cette pensée lui fit un électrochoc. Elle se releva brusquement.
Assise en tailleur sur son matelas, la future étudiante se rendit compte de son emballement un peu prématuré. Et si l'oncle de Neji refusait ? Et si l'appartement était trop loin ? Décevant ? Et si Neji regrettait de lui avoir proposé ? Et son père dans tous ça, qu'allait-il en dire ?
Sa joie retomba comme une courte brise d'été.
L'euphorie aura été de courte durée. La brune se leva, entreprit d'aller prendre une douche, histoire de se rafraîchir les idées. De prévoir, d'anticiper, de planifier comment elle allait devoir exposer cela a son père pour minimiser ses craintes.
Tosiharu rentra chez lui en début de soirée. Tenten avait prit soin de s'acquitter de la vaisselle, et avait préparer un repas qu'elle espérait surprenant. Sans en faire trop non plus, pour ne pas avoir l'impression de l'amadouer.
Son géniteur la salua d'un geste de la main en passant devant la cuisine, la brune se retourna vivement et le découvrit, comme bien souvent, les mains noircirent de cambouis et le front perlant de sueur. Il annonça de suite son passage à la salle d'eau, comme d'habitude, Tenten ne savait même plus pourquoi il prenait le soin de la prévenir. Cette routine était journalière, quotidienne. Elle savait que d'ici 20 minutes son père allait ressortir, s'attabler et se sortir une bière pour accompagner le plat de la burne. Il en était ainsi.
Alors elle attendit patiemment. Elle avait préparer une salade composée, accompagnée d'une côte de porc et de frites. La jeune femme avait ouvert la fenêtre au dessus de l'évier pour évacuer l'odeur de graissons qui avait envahi la pièce. Au dehors, des conversations grasses et des rires chaleureux remontaient en une mélodie tranquille. C'était définitivement une belle fin d'après-midi. Enfin, début de soirée en l'occurrence, vu l'heure.
Son père arriva finalement, se sorti une bière du réfrigérateur et s'installa à table devant son couvert déjà mit. Tenten s'enquit rapidement de sa journée, ne dérogeant pas à la morne monotonie qu'ils avaient institué. Au vu de ses réponses évasives, la jeune femme en conclu qu'il devait déjà être un peu saoul. Presque tous les jours, ses collègues et lui buvaient un verre -ou plus, après avoir fermé le garage.
Les conditions n'étaient pas optimal pour l'entreprise, mais la jeune femme avait besoin de recueillir son avis au plut tôt.
-C'est bon, lâcha son géniteur, la tirant de ses pensées.
Tenten prit quelques secondes a comprendre qu'il parlait de sa nourriture. Elle replaça une mèche derrière son oreille, tic nerveux qui lui prenait parfois quand elle stressait.
-Dis papa, aujourd'hui je suis allée récupérer mon sac que j'avais oublié dans la voiture de mon collègue. Et il m'a parler d'un truc vraiment intéressant.
Rendre la chose banale, banale.
Il leva les yeux sur elle, prit une gorgé de bière. L'invita a continuer.
-Bon... On ne va pas se mentir, il est assez aisé, sa famille possède plusieurs maison un peu partout et il m'a parler d'un appartement en ville. Il m'a proposer de me le laisser au même prix que la chambre. Mais cela n'engage à rien pour le moment, il faut déjà le visiter, et se renseigner plus complètement, mais ça avait l'air intéressant.
-C'est non, trancha son père. Un appartement c'est beaucoup trop. Tu ne saura pas gérer ça. En plus, on a pas besoin de ce genre de gosse de riche pour quoique ce soit.
Tenten serra des poings. Comment ça, elle ne saurait pas gérer ? C'est elle qui tenait cette maison entière ! La jeune femme ferma les yeux, elle s'était préparer a ce refus préalable.
-Il va m'en dire plus dans la semaine, j'aimerais beaucoup que l'on aille quand même visiter. Je suis certaine qu'au final, cela peut être une vraie opportunité. J'y tiens.
-Tu m'as pas entendu, j'ai dis non. Si tu continues comme ça tu vas même rester habiter là. Arrête de faire comme si tu savais les conséquences d'un tel engagement. Tu n'y connais rien, je préfère te savoir encadrer dans une résidence que lâcher dans la nature en plein milieu de la capital du pays! Finit-il en tapant du poing sur la table. Il reprit une gorgé de bière, comme si cette simple pensée l'avait assoiffé.
-Je veux t'impliquer dans la démarche, justement. Et vivre dans une toute petite chambre entourée de centaines de voisins, que je connais pas peut être tout aussi dangereux que de vivre seule. Allons au moins voir, s'il te plaît.
Tenten n'allait pas se laisser impressionner par sa saute d'humeur. Elle y était habituée. Son père lui lança un regard noir face à son insistance.
Il se leva brusquement, finit sa canette d'alcool malté d'une traite et lui jeta presque dessus. Tenten ne sursauta qu'un peu, l'emballage métallique roulait au sol, dans un bruit qui se mêla aux sonorités de l'extérieur.
-Qu'elle fille ingrate, crachât-il amère. Pars ! Va-y pars ! Tu veux quoi, que je te supplie d'écouter les conseils de ton vieux père ? Va pas te plaindre quand ce fils de putain plein aux as va vouloir récupérer sa piaule ou qu'il viendra te dire que tu lui est redevable! Je t'ai pas élevé pour que tu fasses ta traînée à la moindre occasion!
Tenten prit son visage entre ses mains. Inspira sans craquer. Ces méchancetés, il ne les pensaient pas. La jeune femme le savait, c'était l'alcool, la peur, la solitude.
-On ira la voir sa merde, juste pour te prouver que c'est une merde. Maintenant laisse moi je sors !
Sans attendre, Tosiharu s'exécuta. Il prit uniquement son porte monnaie et ses clés et disparu par la porte d'entrée, sans manquer de la claquer au passage.
Tenten ne pleura pas, c'était bien inutile. Au contraire même, elle se réjouit du fait qu'il avait a demi-mot accepter d'aller visiter. C'était un accord cher payé, mais on avait rien sans rien. Elle garda cependant bien en tête que le plus dur restait à venir. Comment confronter Neji à son géniteur ?
L'appartement de l'Huguya valait-il une humiliation de cette ampleur? Elle n'en savait rien a vrai dire. L'hypothèse de la rencontre entre son collègue et son père refroidit Tenten plus que tous les mots dégradant qu'elle venait de subir. Elle n'était plus trop sûre de rien.
Il lui fallait des conseils, il lui fallait parler. Elle envoya un message à Temari. Tenten avait besoin de la voir.
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Et... fini! Bam, est-ce que vous l'avez vu? Senti? Il y a (normalement) un petit changement de style entre ce chapitre et les précédents, j'ai repris une grosse partie des dialogues pour essayer de les rendre un peu plus riches, de même sur la fin, tout cela à été ré-écrit pour donner un peu de profondeur à l'histoire. Le même travail sera a faire sur le chapitre 4 que je pensais terminé mais qui en vérité est terrible. Pour les chapitres suivants, qui sont plus récents, la charge devrait être moindre.
Enfin bref, si vous pouviez me faire par de vos impressions sur ça et sur le reste, cela serait très apprécié. Autrement, je profite de cette publication pour rappeler le fait que je suis en prépa à présent, et que le temps me manque cruellement pour assouvir ma passion d'écriture (les dissertations juridiques et économiques étant follement jalouses de tous autres type d'écrit, je passe mon temps a effectuer l'une ou l'autre...) donc veuillez m'excuser de la pause conséquente que je viens de prendre et des autres qui seront sans aucun doute à venir. Ah, et malgré les études et tout ça, tout ça veuillez encore et toujours m'excuser pour l'orthographe qui restera toujours un problème.
D'ailleurs, j'ai un stock de citation sympa que je trouve à travers mes lectures, et j'essayerai de vous les partager au mieux quand celle-ci collent au chapitre, pour celle de Saint-Exupéry, je lui trouvais une résonance avec à la fois Tenten mais aussi Neji, mais je vous laisse vous forger votre propre avis (d'ailleurs, quelqu'un peut-il [sans tricher] nommer le livre dont elle est issue?)
Pour finir, merci de m'avoir lu, merci aux personnes qui me soutiennent, cela fait chaud au cœur! J'essayerai de sortir au plus vite le prochain chapitre et encore une fois tout commentaire est le bienvenu, c'est la consécration des heures de travail! Sur ce, bonne continuation, prenez soin de vous par cet fin d'hiver froid et gris et travaillez à vos rêve. La bise.
