Pardonnez cette (interminable) attente, j'espère que ce chapitre vous plaira. Le bonus arrivera dans les prochains jours.

M.


Ses mains lâchent mes poignets, descendent le long de ma taille puis de mes hanches qu'il agrippe fermement. Il me soulève du sol, me jetant sur son épaule comme un fétu de paille.

_ Seulement la chambre ? souligne-t-il amusé en se dirigeant vers celle-ci.

_ Ce que tu es agaçant parfois ! Je fulmine : poses-moi tout de suite !

Il continu de me balloter, imperturbable, alors que mes mains tambourinent contre son dos.

_ Christian !

Il ne consent à me poser par terre qu'une fois arrivé dans ma chambre.

_ Tu es incorrigible !

Il ne répond rien, ses mains écartent les mèches qui gênent l'accès à mon cou et ma peau s'échauffe sous les effleurements de ces doigts. Son visage se penche vers ma gorge qu'il couvre de ses lèvres, et je frémis malgré moi, lorsque son souffle brûlant m'effleure. .

_ Tu sens divinement bon, Ana.

Ses mains descendent le long de mes flancs, qu'il tâte, jusqu'à trouver la fermeture. Il commence déjà à la dé-zipper, empressé mais se fige brusquement :

_ Je peux t'enlever cette robe ?

Son visage se redresse pour s'approcher du mien, qu'il domine de sa hauteur. Ses yeux me jaugent, prudents.

_ Oui, je souffle en essayant de la retirer par moi-même.

Il m'arrête aussitôt :

_ Laisse-moi faire.

Ses doigts, habilles, descendent les bretelles de la robe, qui glissent le long de mes épaules. Il termine d'ouvrir la fermeture et le vêtement tombe mollement à mes pieds.

Il fait chaud tout à coup.

J'ai pour vague projet de m'écarter afin d'enjamber le vêtement, mais une fois de plus, il me devance et s'accroupi pour le faire, passant mes pieds l'un après l'autre en dehors de la robe. Ses mains effleurent mes bas et je l'entends soupirer. Il retire mes chaussures et se relève ensuite pour me faire face. Mon visage s'empourpre un peu sous son regard inquisiteur et curieux.

_ Ne te sens pas gênée, tu es belle Ana.

Il s'écarte, déboutonne sa chemise.

_ Je croyais que tu voulais seulement dormir ? Je demande, avec une certaine pointe d'ironie.

_ C'est précisément ce que nous allons faire.

Son ton est ferme, mais j'ai peine à le croire.

_ La salle de bain est là ?

Il désigne la porte sur sa gauche.

_ Oui.

Il s'y dirige et disparaît de mon champ de vision.

J'entends l'eau couler dans le lavabo. J'en profite pour mettre un peu d'ordre dans mes affaires. Ma période de vide affectif n'a en effet pas était propice au ménage… Je pousse rapidement les affaires posées sur le sol pour les rouler en boule, et les mettre dans le bas de mon armoire, que je referme soigneusement. Ma conscience secoue négativement la tête en me regardant de haut. Je refais correctement mon lit, rebordant le drap puis la couette. Je jette un coup d'œil nerveux vers la salle de bain, où il est encore avant de retirer mon soutien-gorge et passer mon pyjama. Un simple débardeur rouge et un pantacourt, un peu trop grand. Je grimace et cette fois c'est à ma déesse intérieure de secouer la tête avec dédain. Je n'aie pas le temps de me changer pour mettre quelque chose de plus féminin, il sort, pose ses affaires sur la chaise près de ma commode et se tourne vers moi. Son front se plisse, visiblement contrarié alors qu'il s'avance. Mon cuir chevelu picote, distrait par ce Cinquante Nuances qui arpente ma chambre en simple boxer noir… Merde, j'avais oublié à quel point il était à la fois intimidant et beau.

Ses mains recouvrent mes épaules, qu'il effleure doucement. Je frissonne.

_ Alors Mademoiselle Steele, puis-je dormir avec vous ce soir ?

_ Combien de fois vais-je devoir le répéter pour satisfaire votre égo ?

Ma répartie le surprend un instant avant qu'un sourire n'étire ses lèvres charnues.

_ Bon, puisque j'ai votre assentiment…

Il m'entraîne vers le lit :

_ De quel côté dors-tu ?

Je me défais de ses bras pour gagner mon côté, à gauche, près de l'unique table de nuit. Veut-il vraiment rester ici pour… dormir ?

Bien sûr que non ! Minaude ma déesse intérieure.

A quoi joue-t-il ? Que cherche-t-il à faire ? Me déstabiliser ? C'est réussi… Il appuie sur l'interrupteur et la pièce est plongée dans l'obscurité. Il se couche à son tour, je sens les draps bouger. Ses pieds rencontrent les miens sous la couette et je sursaute surprise.

_ Tu as froid ?

_ Non, ça va.

Un silence s'installe entre nous. Je ne parviens pas à y croire, il est là, dans ma chambre. Ses mains m'attirent contre lui, jusqu'à ce que son torse touche mon dos. Ses doigts parcourent la peau nue de mes bras, qui s'hérisse de frissons.

_ Mademoiselle Steele vous m'avez manqué…

_ Vous aussi, monsieur Grey.

Ses lèvres déposent un rapide baisé sur ma nuque.

_ Alors, que m'autorisez-vous à faire cette nuit ?

Son ton est badin, moqueur. Notre position ne me permet pas de distinguer l'ombre de son visage dans l'obscurité. Comme à son habitude, il s'est arrangé pour que je sois dans l'incapacité de le toucher. Ne pourrais-je jamais embrasser son torse, ou poser mes lèvres contre ces cicatrices ? Le toucher reste-t-il une limite pour lui ? Ma poitrine se serre à cette perspective

_ J'aimerais sentir ta peau contre la mienne, Ana. Ça m'a tellement manqué.

Ses mains effleurent mon pantacourt, le long de mes cuisses.

_ Est-ce que tu me le permets ?

L'obscurité est rassurante, presque confortable. Je me laisse tenter alors que ma conscience me jette un regard mauvais par-dessus ces lunettes en demi-lunes. Il ne se fait pas prier, d'un geste rapide, il abaisse mon pantacourt qu'il termine de retirer en le poussant au fond du lit avec ses pieds. Ses mains relèvent ensuite mon haut qu'il jette sur le sol.

La caresse des draps est troublante sur ma peau, mais elle n'est pas comparable à celle de ces paumes, qui effleurent mon dos. Son étreinte se resserre, presque étouffante :

_ Je préfère ça. Bonne nuit Anastasia.

Ses lèvres déposent un chaste baiser sur ma joue.

Je me fige, surprise. Il est donc sérieux ? Non, je ne pense pas. Il attend surement de voir ma réaction. Je ne fais rien et attend ce qu'il va faire ou dire. Rien ne se passe, son souffle contre mon cou est serein, il ne bouge plus. Ces mains restent sagement posées sur mes cuisses. J'hésite moi-même à bouger, mais fini par me tourner pour lui faire face.

_ Cette position ne te plaisait pas ? Souffle-t-il.

_ Non.

A tâtons, ma main s'avance vers l'ombre de son visage et rencontre sa joue, un peu râpeuse.

_ Et pourquoi ça, Mademoiselle Steele ?

Je poursuis ma caresse, mes doigts effleurent à présent ses lèvres charnues et légèrement ouvertes. Je déglutie, le cœur battant en descendant ma paume contre sa gorge.

_ Je ne peux pas te toucher.

Je le sens se raidir. Il dégluti et sa main se saisit instinctivement de la mienne dans un geste brusque, empreint d'angoisse. Il l'écarter du haut de son torse.

_ Ana je… Non ! gémit-il plaintivement : Le touché, je ne peux pas. C'est une limite à ne pas franchir pour moi.

Je me fige. Jamais ? Jamais je ne pourrais moi aussi profiter de la chaleur de son torse, jamais je ne pourrais caresser cette peau, palper ses muscles. Je m'écarte, un peu frustrée :

_ Jamais ?

Il s'est raidit contre moi lui aussi, mal à l'aise :

_ Je ne pense pas.

_ Pourquoi ?

Ses lèvres déposent un léger baiser sur ma joue :

_ Je ne veux pas m'étendre sur le sujet. J'ai eu une enfance difficile. Aussi loin que je me souvienne, je n'aie jamais apprécié que l'on me touche.

Un silence étrange s'épanouie entre nous. Je m'en veux d'exiger ça, de devoir lui quémander des contacts corporels, aussi bénins soient-ils, mais j'en aie tellement besoin, tellement envie.

Moi aussi, moi aussi ! répète ma déesse intérieure.

_ Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise. Bonne nuit.

Je me retourne encore, et appuie lourdement ma tête sur l'oreiller.

_ Ana je suis désolé, mais… ce n'est pas possible.

_ Jamais ?

Il se tait, et j'ai peur en envisageant sa réponse. Je ne veux pas le faire culpabiliser, ou le forcer, mais j'ai peur de ne jamais pouvoir me permettre ce qu'il s'autorise à faire avec moi.

_ Je promets d'essayer, mais pas ce soir…

Son étreinte se resserre.

_ Pour l'instant : j'ai besoin de dormir un peu, et toi aussi. La semaine m'a semblée si longue.

Sa voix semble s'éteindre peu à peu alors que son souffle se ralentie. Il est vrai que quelques heures de sommeil ne me feront pas de mal. Ses bras autour de moi sont si rassurants, si chauds, que je me laisse aller au sommeil moi aussi.

J'ignore quelle heure il peut-être ou combien de temps j'ai pu dormir mais une caresse le long de mon ventre me réveille en sursaut. J'ouvre les yeux sur la pénombre persistante qui règne dans la chambre, un peu désorientée. Le drap caresse ma peau nue, déclenchant mes frissons. Je tourne la tête pour voir l'heure et constate qu'il n'est que deux heures du matin. Je baille et ferme les yeux pour me rendormir lorsque des lèvres déposent un sillon de baisers le long de ma gorge. Un souffle bas et rauque effleure mon oreille, puis les baisers se mettent à descendre, longeant mon sternum. Ils bifurquent sur le côté, et brusquement, des lèvres emprisonnent mon sein. Un souffle brûlant et irrégulier hérisse ma peau de frissons.

_ Je suis désolé, murmure mon cinquante nuances, d'une drôle de voix.

J'ouvre les yeux, pour le voir penché sur moi. Ses mains agrippent le drap de chaque côté de ma tête

_ Christian ?

Il attrape alors le tissus de ma culotte qu'il fait rouler sans mal le long de mes jambes. Ses doigts effleurent la peau de mes cuisses alors que sa bouche descend encore et toujours.

_ Je devrais attendre que tu me le dises.

Ses lèvres embrassent mon nombril.

_ Je devrais attendre que tu m'y autorise, mais…

Sa main droite pousse contre ma cuisse, qu'il écarte avant de glisser ses doigts le long de ma toison.

_ Ana, je n'en peux plus d'attendre.

Son index plonge soudain en moi et je hoquète de surprise. Mon cœur se met à battre rageusement alors qu'il alterne entre de longues caresses et de rapides va et viens dans mon intimité. Je gémis lorsqu'un deuxième doigt se joint au premier.

J'ouvre les yeux pour de bon, désorientée, la respiration rauque. Ma main se porte contre le bas de mon ventre, effleurant le tissu de ma culotte, belle et bien à sa place. Mon corps est une vraie guimauve, il git mollement sur le lit, livré à mes hormones en furie. Je suis sur le dos et mes yeux grands ouverts fixent le plafond. J'ai chaud, horriblement chaud… et ma déesse intérieure agite fébrilement un éventail devant son visage rougit.

_ Ça va ?

Je sursaute violemment, malgré le murmure doux de sa voix, et mon cœur joue à l'hélicoptère dans ma poitrine. Pourquoi doit-il se réveiller maintenant ?

Une main s'avance sur le lit, et se pose contre ma joue.

_ Est-ce que tout va bien ? Tu t'es mise à bouger tout à coup, et tu m'as appelé.

Ses doigts effleurent mon front, le lit remue un peu alors qu'il s'approche de moi. Je déglutis, les joues en feux. Son touché n'arrange rien. Si seulement il savait…

_ Un rêve, juste un rêve…. Je chuchote, pour qu'il ne perçoive pas les trémolos de ma voix.

_ Un cauchemar tu veux dire ?

Ses bras m'enlacent et soudain il se fige :

_ Ana, tu es brûlante…

Je frissonne sous ses mains prises autour de ma taille, alors que l'inquiétude pointe dans sa voix. L'obscurité est troublante. Le cocon des couvertures, la proximité de son corps, ce mélange de savon et de son parfum qui émane de lui, sa voix calme, et reposante; tout est là pour me tenter.

Je ne veux plus dormir…

Ma déesse intérieure se redresse aux aguets, avant de s'avachir dans un canapé capitonné rouge, un boa de plumes rose autour du cou. Elle débouche un rouge à lèvre flashi qu'elle étale généralement sur ces lèvres avant de faire une moue malicieuse.

Le désir me brûle les reins, faisant trembler le bout de mes doigts. Ma main se pose sur l'une des siennes, remontant avec précautions le long de son bras qui s'hérisse de frissons. Il ne me repousse pas, apparemment ce toucher ne l'incommode pas. Je tends alors mon visage vers l'ombre du sien et l'embrasse.

Il met quelques secondes avant de me répondre. Ses mains sur ma taille deviennent plus empressées.

_ Ce n'était pas un cauchemar ? Souffle-t-il alors entre deux baisers.

Mes doigts agrippent ces cheveux, le ramenant de nouveau près de moi.

_ A dire vrai, ton gémissement n'était pas empli de peur…

_ Tais-toi Christian.

Un souffle rieur effleure ma joue et il se redresse mutin. Sa bouche s'écarte, rode près de la mienne sans pour autant s'en saisir. Je le sens planer non loin de mes lèvres délaissées.

_ Vous devenez une petite chose très autoritaire, Melle Steele. Il va falloir y remédier.

_ Je croyais qu'il fallait que je communique ?

Il couvre ma tempe de baisers légers, avant de descendre le long de mon cou. Mon corps s'échauffe aussitôt.

_ J'aime beaucoup cette forme de langage, sachez-le.

Je sens son bassin s'appuyer contre le haut de ma cuisse. De toute évidence, je ne suis pas la seule à être la proie de mes hormones. Je l'ai rarement senti aussi excité : son érection, dure et impétueuse, frotte contre le tissu de son boxer.

_ Je croyais que tu voulais juste dormir ? Je souligne mutine en me cambrant davantage à sa rencontre.

_ Et c'est toi qui oses me dire ça ? rétorque-t-il alors en reprenant enfin mes lèvres.

Sa bouche se fond sur la mienne, dure et demandeuse. Son corps me brûle, provocateur. Soudain, ses mains font descendre le drap, découvrant mon buste jusqu'au niveau de mes hanches, qu'il palpe de ces doigts.

_ Ana tu dois manger…

_ Je n'aie pas envie de nourriture maintenant!

Le matelas bouge et soudain, la lumière envahie la chambre. Il vient d'allumer la lampe de chevet, et plus que cette nouvelle clarté, c'est la profondeur de ces yeux gris ardoises qui me déstabilise. Il me jauge, mutin.

_ Et de quoi avez-vous envie Mademoiselle Steele ?

_ Christian s'il te plaît, ne jouons pas aux devinettes : tu le sais très bien.

_ La communication Ana. J'ai besoin de savoir. Si tu refuses dis-le tout de suite, j'ai peur de ne pas pouvoir m'arrêter sinon.

Sa voix tremble légèrement, alors que sa respiration fait osciller son ventre musclé. Ses lèvres longent mon sternum alors que son souffle effleure ma poitrine. L'envie de le toucher est si forte, mais je sais que ça va le mettre mal à l'aise.

_ Je t'ai déjà laissé entrer dans ma chambre, de quelle preuve as-tu encore besoin ?

_ Ana, ne me pousse pas à bout.

Ses lèvres reviennent me torturer, demandeuses et gourmandes.

_ Alors, que dois-je faire, Mademoiselle ?

_ Eteins cette lumière.

Son sourire s'élargit, creusant des fossettes dans ses joues.

_ Ça je ne veux pas. Je veux tout voir ce soir. Absolument tout.

Mon visage s'échauffe aussitôt sous son conscience le fixe d'un regard mauvais, par-dessus ces lunettes en demi-lune. Mon Cinquante Nuances est incorrigible !

_ Ces rougeurs sont magnifiques, souffle-t-il en effleurant mes joues du revers de sa paume : alors, puisque tu ne veux pas me dire ce que tu veux, j'aimerais savoir ce qu'il se passait dans ce rêve.

Ma peau s'embrase davantage,

Oh mon Dieu, non…

_ Je touche un point sensible visiblement ?

Le goujat arbore un sourire pervers et ne me lâche pas des yeux. Son corps, plus lourd, emprisonne le mien.

_ Tu étais moins indécis, ça je peux te l'assurer !

_ Tiens donc ? Et en quoi ?

_ En tout.

_ Il va falloir être plus précise, je le crains.

Jamais je ne l'ai vu aussi espiègle. Il arbore un sourire carnassier, qui s'efface lorsque ces lèvres viennent prendre les miennes brusquement. Sa bouche est plus rude, plus pressée. Une de ces mains s'empare de la mienne, l'approchant de mon corps :

_ Alors guide-moi, souffle-t-il entre deux baisers : fais-le.

Ma paume se pose sur le dessus de sa main, et je la place sur ma peau échaudée. L'appréhension se mêle au désir vif, qui m'a envahi depuis mon réveil. J'ai l'impression qu'il y a une éternité que nous ne l'avons pas fait.

_ Ana, s'il te plait.

Je regarde nos doigts mêlés un moment. La lumière de la lampe éclaire mon corps nu, le drap ne recouvrant que sa partie la plus… compromettante. Sa main frémit contre ma peau avec impatiente, et je décide alors d'agir. Je la fais glisser le long de mon sternum et de mon ventre, lentement. Ce dernier s'hérisse de frissons. J'inspire une grande goulée d'air, le visage toujours brûlant et franchit la barrière du drap. Ma main guide la sienne, encore plus bas, sous le tissus de ma culotte, alors que mon cœur recommence à jouer au trampoline.

Ses doigts rencontrent ma peau rugueuse et humide et commencent à la caresser sans attendre davantage. Son index trouve presque aussitôt mon clitoris, qu'il frotte avec une lenteur insupportable. Je retiens mon souffle, alors que son majeur m'investit facilement.

_ Ce rêve devait être fort intéressant… Tu es déjà prête.

Soudain, il retire sa main pour saisir mon sous-vêtement qu'il descend le long de mes jambes et jette à travers la chambre. D'un geste tout aussi impatient, il descend le sien, dont il se débarrasse également. Mes yeux dérivent sur son sexe tendue. C'est à son tour de se saisir de ma main, qu'il presse contre la sienne pour venir l'amener contre la peau brûlante et douce de sa verge.

_ Caresses-moi aussi.

Il siffle entre ses dents, lorsque mes doigts l'encerclent fermement. . Je lui prodigue les mêmes soins que lui précédemment, allant et venant le long de sa hampe durcie.

_ Doucement Ana, tu vas me castrer…

Ses lèvres m'embrassent :

_ Doucement, répète-t-il presque à bout de souffle.

Sa main se posant sur la mienne pour en ralentir la cadence. J'essaye de m'appliquer en effet, et mon air concentré le fait rire. Le goujat ! Je me penche alors, ma bouche venant embrasser l'extrémité de son pénis. Il hoquète lorsque ma langue s'enhardit à en dessiner le tour.

_ Ana, arrêtes ça tout de suite !

Je n'ai pas le temps de poursuivre ma démonstration orale, ses mains se saisissent de mon visage. Nos bouches se joignent en un ballet effréné et fiévreux. Son bras se tend vers la table de nuit où il a déposé son portefeuille.

_ Tu prends toujours ta pilule ?

Je me sens blêmir, honteuse et frustrée. Il me jauge un bref instant et se saisit d'un emballage argenté qu'il déchire rapidement. Il se détache de moi, pour l'enfiler sur sa longueur impressionnante. Mon ventre frémit d'anticipation.

_ Juste dormir, hein ? Je relève malicieuse.

Il se fige, ses traits empreint d'une expression étrange. Le gris en fusion de ses yeux me foudroie et il se jette littéralement sur moi :

_ Oh, pour l'amour du ciel, Ana ! Oses me dire que tu ne veux pas.

Une main agrippe mes poignets, les maintenant au-dessus de ma tête sur l'oreiller, l'autre rejoint mes cuisses, qu'il écarte afin de pouvoirs y glisser ses doigts.

_ Oses me dire que tu n'en meurs pas d'envie toi aussi…

Je ne réponds rien effectivement. Mes hanches ondulent, pour accentuer ces caresses et les frottements délicieux que me procurent ses doigts. Il souffle, comme soulagé, et bientôt, ce ne sont plus ces doigts qui me pénètrent avec diligence.

La danse est torride, prenante, rapide.

Il m'emprisonne sous son corps, et mes doigts vibrants, à défaut de pouvoir le toucher, se glissent dans les cheveux drus de sa nuque. Il me pilonne sans relâche, son bassin butant contre mes hanches. Nos visages sont proches l'un de l'autre, sans se toucher. Il me regarde, me dévore presque de ses iris argentées. Je ferme les miens, incapable de lui faire face plus longtemps sous cette lumière crue.

_ Ne m'abandonne plus jamais, je t'en prie…

Il halète, ses râles rauques résonnent jusque dans les profondeurs de mon ventre. Je me sens partir, déjà. Mes cuisses resserrent leur emprise autour de ses hanches alors que mon corps se cambre à la rencontre du sien.

Je m'écroule sur le matelas, et il m'y rejoint après quelques instants. Ma déesse intérieure s'évente sur son canapé, et même ma conscience doit essuyer ses lunettes pleines de buée, le visage rougi.

_ Tu m'as tellement manquée.

Je frisonne, lorsqu'il se retire. Mes yeux s'ouvrent enfin avec difficulté pour le voir faire un nœud au préservatif et le poser par terre. Il se retourne, me couvant d'un regard doux. Un soupire d'aise franchit ses lèvres :

_ Ne me regardes pas comme ça, souffle-t-il en m'enlaçant à nouveau, m'amenant contre son torse.

_ Pourquoi ?

_ Car je vais me sentir obligé de recommencer.

Un sourire étire mes lèvres, alors que je ne le quitte pas des yeux.