Avec un énorme retard, la suite et fin de cette suite alternative. Encore merci pour vos reviews et vos encouragements qui me vont droit au cœur. Je m'excuse pour l'orthographe ^^" un problème récurent chez moi...
Je compte poster d'autres chapitres sur la trilogie Fifty Shades, sur le même principe que ces 7 premiers chapitres: en reprenant un/des passage(s) du livre que j'envisageais différemment.
Trêve de bavardages: voilà la suite!
Jamais je ne me suis sentie aussi détendue. Enlacée par lui, je dors comme un bébé, le sommeil entrecoupé par ses demandes cavalières. Il semble infatigable, et j'ai peine à le suivre puisque effectivement il s'est senti très obligé… de recommencer. Nous avons remis le couvert, plusieurs fois avant qu'il ne cède à mes suppliques en m'autorisant à dormir un peu, le corps à la fois engourdit et mou. Ces mains restent sur moi malgré tout, son corps tout proche, ces bras entourant mes hanches, comme s'il craignait que je ne disparaisse. Je sens parfois ces mains, aller et venir le long de mon dos, caressantes et douces.
Cette fois se sont ces lèvres, qui explorent la peau de mes épaules avec application. Il gémit, puis son souffle brûlant m'effleure:
_ Ana…
Oh non ! Souffle ma conscience paniquée en fermant les pans de son peignoir.
Oh oui! S'écrit ma déesse intérieure en ouvrant le sien d'un geste théâtral.
Je sens ses mains revenir masser mon dos. Elles se déplacent le long de mes hanches, qu'il palpe, avant de soupirer lorsque ses pouces effleurent les os de mon bassin. Ses doigts caressent ensuite mon ventre avec méthode, y faisant naître une nuée de frissons que je ne peux réprimer.
_ Je sais que tu ne dors plus…
Sa voix est mielleuse, suave près de mon oreille elle me fait frémir davantage. Ses doigts qui évoluent sur ma peau en cercles volatiles, amorcent une descente au sud de mon nombril. Je stoppe sa main de justesse.
_ Christian…
Mes yeux s'ouvrent et je m'étire en gémissant. Il embrasse mon cou, longeant ma gorge. Ses doigts tentent de se soustraire à ma poigne, il grogne, mais je résiste et me retourne dans le lit pour lui faire face. Ses yeux sont deux ardoises sombres et espiègles. Ses iris semblent briller sous les rayons du jour qui filtrent à travers les rideaux. Nous avons tellement bougés que nos positions se sont inversées au cours de la nuit : c'est lui qui est de mon côté du lit, le plus proche de la table de nuit. La couette git au sol, et seulement le drap nous recouvre, enfin, me recouvre. Je constate qu'il est encore nu, et je le sens aussi…
Mon dieu, il est encore prêt à remettre ça ? Ma déesse intérieure ronronne.
_ Vous êtes infatigable Monsieur Grey.
_ Mais vous êtes délicieuse, Melle Steele.
Il dépose un baiser léger au coin de mes lèvres. Je le repousse de mon front, avant qu'il n'en profite. Cette fois c'est un gémissement plaintif qui sort de sa bouche. Je cherche à me défendre avant qu'il n'attaque de nouveau :
_ Je ne pense pas que je sois encore délicieuse après une nuit comme celle-là…
_ Et pourquoi donc ?
_ Nos activités nocturnes m'ont fait quelque peu transpirées Monsieur, j'ai besoin d'une douche.
Un bâillement m'échappe et il sourit.
_ Je vais me sentir obligé de vous aider à vous laver. Allez-vous seulement réussir à marcher ?
Un sourire pervers étire le coin de ses lèvres et je me redresse.
_ Quelle délicatesse !
_ Je reconnais ne pas avoir toujours été très tendre, et d'avoir abusé de vous à plusieurs reprises.
Je m'écarte, lâche sa main et fouille la chambre des yeux. Je me saisis du peignoir accroché à la tête de lit et l'enfile rapidement. Je me lève ensuite, en grimaçant, le corps endoloris et l'entends rire dans mon dos. Je tente de l'ignorer et marche laborieusement jusqu'au salon pour gagner les toilettes. Sur le chemin du retour, mon regard distrait atterri alors sur la pendule. Je me fige horrifiée.
_ Merde ! Je m'exclame en regagnant la chambre.
Jack va me tuer ! Il est plus de dix heures ! Merde, Merde, Merde !
Mon Cinquante Nuance s'étire de tout son long et me regarde tandis que je cherche nerveusement quelque chose à mettre. J'ouvre ma penderie, oubliant au passage que j'y aie entassé mon bazar la veille. Une pile de vêtements atterris sur mes pieds.
_ Ana, qu'est-ce que tu fais ?
_ Il se trouve que je suis sensé être au travail depuis plus d'une heure !
Je dégote un jean sombre et me saisit d'un haut à la va-vite avant de refermer la penderie, puis me dirige vers la commode pour y prendre des sous-vêtements et disparaître dans la salle de bain. Je retire mon peignoir en quatrième vitesse et me glisse sous le jet de la douche. Un gémissement m'échappe lorsque l'eau chaude vient effleurer la peau de mon dos. Mes yeux se ferment alors que je me shampooine à la hâte.
Un bruit derrière moi me fait sursauter.
_ Christian ! Je râle, oppressée de le savoir dans cette salle de bain.
Tout cela va encore dégénérer. Je n'ai plus la tête à ça ! Il faut que sois au travail le plus vite possible !
_ Melle Steele, vous êtes bandante.
Sa voix est basse. Je tâtonne nerveusement à la recherche du robinet pour me rincer. L'eau balaye le shampoing de mon visage et j'ouvre enfin les yeux. Il est là, juste devant la cabine, et son regard longe avidement mon corps. Je le foudroie quant à moi d'un regard réprobateur. Je suis à la bourre comme jamais je ne l'ai été de toute ma vie et Monsieur vient me narguer dans la salle de bain ! Il entre dans la cabine, la refermant derrière lui.
Oh, non ! Pourquoi n'existe-t-il pas de verrou aux cabines de douches ?
Je me retrouve contre le mur carrelé et froid alors qu'il fait obstacle à la sortie. Je verse à nouveau du shampoing et frotte énergiquement mon cuir chevelu, tentant d'agir comme s'il n'était pas là, mais ses mains se saisissent de mes poignets qu'il écarte.
_ Je suis en retard ! Je proteste, en essayant de me libérer de sa poigne.
_ Pour maintenant ce ne sont plus cinq minutes qui feront la différence.
_ Arrête, il n'y a pas de place pour nous deux !
_ Laisse-moi te laver.
Inflexible, il ouvre le robinet, se mouillant les mains, avant de le fermer. Ses doigts viennent ensuite se glisser dans mes cheveux, les massant avec une douceur relaxante. Je me détends presque aussitôt, le laissant faire vaincue.
_ Tu vas être en retard pour ton rendez-vous, toi aussi, je lance alors que mes yeux se ferment malgré moi.
_ Je suis déjà en retard. C'est sans importance et c'est moi le patron après tout. Il est temps de profiter des avantages de ma situation.
Je l'entends sourire, même sans le voir. Ses mains se déplacent, gagnant mes épaules.
_ Mais je ne suis qu'une simple employée, moi.
Je pense à la tête de Jack quand il me verra arriver, et aux réflexions qui risquent de pleuvoir sur mon dos pour le reste de la journée, ou pire de la semaine ! J'ouvre les yeux, bien décidée à lui faire accélérer le mouvement.
_ Christian dépêche-toi !
Je tourne les robinets avant lui, le poussant un peu pour me mettre sous la pomme de douche. Ses yeux me dévorent presque, c'est déstabilisant. Je me sens rougir, et me détourne, l'empêchant ainsi de regarder mes seins qu'il lorgne du coin de l'œil.
Il se saisit du jet, qu'il me prend des mains une fois le shampoing enlevé. Ses bras m'encerclent pour prendre ma bouteille de gel douche. Il en verse dans sa paume avant de le faire mousser. Je suis coincée, je ne peux pas sortir et ses mains gourmandes se mettent à caresser ma peau, en prenant pour prétexte de la couvrir de mousse parfumée.
_ S'il te plaît, je le supplie : ce boulot est trop important pour moi. Je dois y aller.
Ses doigts appuient sur la peau de mes cuisses, qu'il écarte. L'une de ses jambes vient se glisser entre les miennes, frottant contre mes chaires humides. Ses mains remontent ensuite le long de mon ventre, effleurent mes seins et mes épaules avant de savonner mes bras l'un après l'autre. Il insiste sur mes propres mains, puis mes poignets dont il fait doucement le tour, viennent ensuite mes bras et mes aisselles. Je retiens un rire, chatouilleuse.
Il reprend un peu de gel douche et s'applique à effleurer la peau sensible de ma gorge. Ses mains prennent ensuite mes seins, sur lesquels il s'attarde avec une lenteur calculée tandis que ses pouces se mettent brusquement à en titiller les pointes. Je lâche un hoquet, la sensation se répandant jusque-là. Mes tétons durcissent, pointant contre la pulpe de ses doigts.
_ Non, je proteste vainement en me sentant flancher, une nuée de papillon au creux des reins
Ses dents mordillent alors mon oreille:
_ Si tu avais continué ta pilule je te prendrais sans attendre dans cette douche.
Ses mains quittent alors ma poitrine, et il me presse durement contre lui, son érection contre mes fesses.
_ Mais je vais devoir te ramener dans la chambre pour ça.
Il dégage sa jambe d'entre les miennes alors que mes genoux flageolent dangereusement.
_ Tes bras autour de mon cou, ordonne-t-il.
Le corps échaudé, j'obéis, oubliant un instant mes obligations, mon travail, l'heure…. Je suis comme entourée par une brume épaisse. Je me retourne pour lui faire face, mes mains passées autour de sa nuque, je ferme à nouveau les yeux lorsque ses doigts gagnent mon sexe. Il en malaxe le devant avec sa paume, le bout de son index allant et venant le long de mes lèvres sans pour autant les franchir
Mon dieu, il le fait exprès ?
Soudain, il me pénètre. Deux de ces doigts entament un va-et-vient à la fois implacable et langoureux, qui me force à m'appuyer contre la paroi de faïence. Sa bouche s'empare de la mienne, alors qu'il pousse ainsi contre mes chaires, me faisant onduler sous ses caresses. Mon souffle est rauque maintenant, et je peine à reprendre ma respiration. Une de mes mains agrippe frénétiquement ses cheveux, tandis que l'autre, mue par un instinct étrange, cherche le contact de sa peau. Je ne peux me retenir d'effleurer son dos musclé.
Il grogne en se crispant aussitôt:
_ Non ! proteste-t-il.
Il me plaque contre le mur, j'hoquète et ses doigts cessent de me torturer pour se saisir de mes poignets. Il les remonte au-dessus de ma tête, les tenants d'une seule main tandis qu'il ouvre l'eau chaude avec l'autre. Nous sommes plongés sous une pluie de buée et de chaleur, qui ne m'aident en rien à m'éclaircir les idées. Ma conscience frappe du pied sur le sol en regardant sa montre d'un air sévère, mais ma déesse intérieure est totalement abandonnée à ce Cinquante Nuance qui me séquestrer dans ma propre douche. Comment aller travailler maintenant ?
Son bassin prend le relais, dans un frotté-collé-serré grisant et insupportable, qui m'échauffe et me frustre en même temps. Je retiens un gémissement alors que mes reins brûlent d'un désir âpre.
_ Ne. Me. Touche. Pas. Insiste-t-il encore alors qu'il relâche mes poignets.
Sa bouche revient sur la mienne un court instant, puis il se dégage. J'ouvre les yeux, alors qu'il coupe les robinets avant d'ouvrir la cabine. Il disparait un court instant pour revenir avec une grande serviette. Il me la tend et je m'enroule machinalement avec.
Etait-ce donc son but ? Me chauffer avant de me laisser aller au travail, les hormones en vrac ?
_ Qu'est-ce que tu fais ? Je murmure la voix rauque.
Ses yeux gris ardoise se vrillent aux miens, il me fait sortir de la douche et avant que je puisse réagir, m'emporte dans ses bras pour me ramener dans la chambre. Il m'assoie sur le lit et s'agenouille devant moi.
_ Mademoiselle Steele je suis loin d'en avoir fini avec vous.
Ses doigts jouent avec l'ourlet de la serviette qui me recouvre à peine les cuisses. J'ai la chair de poule alors qu'il se penche pour déposer une traînée de baisers le long de mes jambes. Ses lèvres remontent inexorablement et je tremble à l'idée de ce qu'il s'apprête à faire. Il écarte les pants de la serviette, sa bouche longeant à présent l'intérieur de mes cuisses. Je sens mon visage devenir écarlate. Lentement il approche ses lèvres de celles de mon sexe. Le bout de sa langue s'y insinue, et il l'applique contre mon clitoris avant de rester parfaitement immobile. Ses mains posées sur mes genoux, les maintiennent écartés alors que sa langue s'applique à me faire perdre le peu de raison et de dignité qu'il me reste.
Ses yeux se reposent sur moi, observant mes traits avant de commencer de lent va et viens. Des frissons me parcourent : c'est tellement sensuel. Mes yeux se ferment, j'ai chaud, mon sang brûle étrangement. Il déglutit, et recommence une nouvelle fois. Avançant au plus profond de moi.
Oh ! Ma conscience vient de lâcher son livre.
Je bascule en arrière, m'allongeant sur le lit, cambrant mon bassin vers sa bouche. Je ressens tout : le frottement de sa langue contre ma peau rugueuse et humide, la température de mon corps, du sien, les frémissements presque imperceptibles qui me secoue. Je ferme les yeux alors que ma respiration anarchique et bruyante trouble le silence de l'appartement. Sa langue suce, tourbillonne, inspecte, échaude, prend et m'investit avec une aisance arrogante. Je gémis, incapable de formuler une phrase cohérente.
Soudain il s'arrête. Dans ma torpeur j'entends le bruit familier d'un emballage qu'il déchire. Libérées de sa poigne, mes cuisses se relâchent un peu tandis que mon corps proteste, frustré il frémit douloureusement.
_ Tu es sublime…
Il m'investit d'une seule poussée, rude et rapide avant de s'immobiliser quelques instants. Son souffle rauque résonne jusqu'au fond de moi. Il m'agrippe, me maintenant contre lui et entame un va et vient implacable.
Mes bras s'allongent dans le lit sans pour autant y rencontrer d'obstacle. Je sors de ma torpeur avec difficulté, pour constater que je suis seule. Sa voix me parvient pourtant, de l'autre côté du mur. Avec bien du mal, je passe mon pyjama et sors de la chambre.
Il déambule dans le salon en boxer, son portable dans une main et un grand verre d'eau dans l'autre. Son brushing d'après baise me laisse contemplative, de même que les courbes de son dos.
_ A quelle heure avez-vous décalé leur rendez-vous ? Bien, merci Andréa. Dites-leur que je les inviterais à déjeuner au Métropolitan.
Il raccroche, mais compose aussitôt un autre numéro :
_ Welch ? Oui… Pas avant cette après-midi je pense.
Il contourne le canapé d'une démarche désinvolte en écoutant son interlocuteur, et ses yeux finissent par me rencontrer. Il avale une gorgée d'eau alors que je profite du spectacle, dans une admiration silencieuse. Un sourire étire sa bouche
_ Il est probable qu'il faille même décaler à demain après-midi. Je vous tiendrez informé. Il me faudrait un certificat médical… Oui c'est cela. Au nom de Mademoiselle Ana Steele. Deux ou trois jours suffiront, arrangez-vous avec lui.
Quoi ?! Trois jours ! De quel droit est-ce qu'il…
_ Oh, soyez imaginatif. Migraine, coup de fatigue, anémie… Dites à Taylor de l'apporter en personne à la SIP. Je raccroche.
Il éteint son portable, vide d'un trait le reste de l'eau et dépose le tout sur le bar.
_ Problème résolu, lance-t-il d'un air satisfait en me lançant un regard qui frise l'arrogance : je peux profiter de toi jusqu'à demain, en toute impunité.
_ Comment vas-tu te procurer un arrêt de travail à mon nom sans consulter de médecin ?
_ J'ai mes relations, et il sera des plus authentique tu n'as pas à te faire de soucis là-dessus.
Il a le culot de sourire, fier de lui alors que je boue intérieurement en gagnant la cuisine pour me chauffer un thé. Nos récentes activités m'on donner faim. Je préfère m'occuper l'esprit plutôt que de songer à la mine de Jack. Certes l'arrêt de travail m'évitera une retenue sur salaire ou les réflexions scabreuses du personnel et de mon patron sur mon absence matinale, mais ce n'est pas une raison pour profiter du système. J'ai honte et mon visage est rougit d'embarras à l'idée de me justifier et de rassurer Elizabeth ou Hannah sur ma soi-disant maladie à mon retour au bureau.
Je sors une poêle :
_ Des œufs ?
_ Oui s'il te plait, je meurs de faim, avoue-t-il en s'appuyant sur le bar et en me regardant faire.
Il est onze heure et demi, le petit déjeuné va donc plus s'apparenter à un brunch. Je sors une brique de jus d'orange, deux assiettes ainsi que des couverts que je dépose sur le bar. Je toast des tranches de pain de mie et ajoute aussi du bacon aux œufs pour une collation gargantuesque.
_ Tu vas manger ? lance-t-il sans parvenir à cacher sa surprise.
_ Oui, moi aussi j'ai faim.
_ Ça j'avais remarqué…
Il me lance son sourire breveté cinq mille watts et j'ai comme l'impression qu'il ne parle pas que de nourriture. Essayant de faire comme s'il n'était pas là, je m'applique à préparer le petit déjeuné.
Quelques minutes plus tard, nous dégustons une copieuse omelette. Il ne cache pas son appétit, finissant la poêle, puis mon assiette, après m'avoir encore réprimandée. Je débarrasse pour faire la vaisselle. C'est étrange de l'avoir ici, après cette période de jachère affective, j'ai l'impression d'être à l'étroit, sous surveillance. Il me rejoint de l'autre côté du bar, rodant dans mon dos tandis que je lave nos couverts.
_ Mademoiselle Steele, vous avez deux jours devant vous. Que comptez-vous faire de votre temps ?
Au son de sa voix, il s'attend sans le moindre doute à faire partie de mes projets. Il fait bien de remettre le sujet sur le tapis, ma conscience le fixe l'œil mauvais en réajustant ses lunettes :
_ Comment peux-tu obtenir ce certificat ? Pourquoi deux jours ? Je suis assez énervée de ne pas y aller aujourd'hui, alors demain… Et il te faut ma signature sur l'arrêt ! Comment est-ce que…
Je me tais. Ses mains qui effleuraient mon tablier, viennent de se glisser en-dessous, effleurant mes seins au travers de mon t-shirt. Je ne peux retenir leur réaction et ma surprise, mais la colère prend le dessus. Je saisis aussitôt ses poignets pour l'arrêter:
_ Christian ! Je suis sérieuse.
Je le relâche un instant, le temps de rincer nos deux assiettes et de couper l'eau, puis me tourne vers lui, scrutant le gris volcanique de ses yeux :
_ Tu vas imiter ma signature ? Et pour mon numéro de sécurité sociale ?
Il me jauge, lèvres pincées:
_ J'ai fait quelques recherches sur toi, lorsque je t'ai connue.
_ Quelques recherches ?
Un soupire lui échappe, visiblement contrarié, il poursuit :
_ Identité, études, comptes en banque, sécu… Je dispose de toutes les informations nécessaires pour remplir ton arrêt. Par ailleurs ta signature n'est pas compliquée.
Merde alors ! Rien ne l'arrête, c'est plutôt flippant. Ses yeux ne me lâchent pas alors qu'il semble guetter ma réaction. Celle-ci peine à venir, j'hésite entre la peur et l'agacement, mais l'énervement finit par l'emporter, se muant peu à peu en frustration, et en cette désagréable sensation d'être de nouveau sa propriété, sa chose, qu'il suit à la trace et contrôle. Ce même ressenti m'avait envahi lorsqu'il m'avait suivi chez José, au moment de son vernissage. Je m'écarte et retire le tablier que je pose rageusement sur le plan de travail.
_ Tu vas trop loin, Christian ! Je ne veux pas de cet arrêt. Rappelle tout de suite Welch !
_ Non, rétorque-t-il implacable.
Il a remis son masque d'homme d'affaire. Je gagne le salon, énervée alors qu'il argumente :
_ Ces deux jours de repos ne te feront pas de mal, tu es faible et tu manques de sommeil.
_ A qui la faute ? Je rétorque en le foudroyant d'un regard mauvais.
_ C'est toi qui m'a sauté dessus cette nuit je te rappel.
_ Tu n'attenais que ça, reconnais le !
Un sourire pervers étire ses lèvres alors qu'il s'avance vers moi, me saisissant entre ces bras avant que je ne m'échappe encore.
_ Vous êtes très caractérielle aujourd'hui, Mademoiselle Steele. J'ignorais que la frustration sexuelle vous rendrez aussi agressive.
_ C'est ton comportement qui m'énerve en ce moment ! De quel droit m'espionnes-tu de la sorte ? Pourquoi m'empêcher d'aller bosser ?
Jamais je n'ai été aussi téméraire. Son nez effleure lentement ma tempe. Il soupire, alors que ses yeux s'emplissent d'un éclat étrange, presque mélancolique :
_ Je veux que tu te reposes. Certes, je m'y suis très mal pris pour que tu puisses dormir cette nuit, je le reconnais. Mais tu n'es pas innocente, toi non plus. Cependant, je suis pleinement conscient depuis vendredi dernier, d'être responsable de ta fatigue psychologique…. Et de l'état dans lequel tu es aujourd'hui.
Je me mords la lèvre alors que des souvenirs désagréables reflux. « Vas te faire soigner Grey ! » Un frisson de culpabilité m'hérisse, et il se méprend :
_ Je suis tellement désolé Ana, tu dois me croire.
_ Moi aussi, je lance, mortifiée par ma propre conduite, et par les propos que je lui ai jeté à la figure.
_ Non, tu n'as pas à l'être. C'est ma faute, complètement ma faute.
Ses bras resserrent leur emprise autour de moi, et cet éclat tourmenté continue d'hanter ses prunelles :
_ J'ai cru voir un fantôme au vernissage de ton photographe. Tu étais si hagarde, si paniquée en me voyant. Je n'ai pu dormir cette nuit-là. Ça m'a pris un moment avant de demander à Welch de trouver l'adresse de ton photographe. Oui, je t'ai suivi, et ça peut paraître tellement paradoxal vis-à-vis de ce que je t'ai fait subir, mais… j'avais tellement peur qu'il t'arrive quelque chose.
Ses confidences me rendent muette. Je déglutis, incapable d'émettre un son ou de me dégager de ses bras. Il poursuit, visiblement ailleurs, plongé dans ses pensées :
_ Ca a continué au restaurant, et lors de notre nuit à l'hôtel, lorsque tu as dormis jusque tard dans l'après-midi. J'ai essayé plusieurs fois de te réveiller, mais rien n'y faisais. Tu m'as fait peur, c'est pour ça que je suis resté dans la chambre, je voulais m'assurer que tu respirais correctement.
_ Christian… je souffle, désappointée d'avoir été la source de tant d'inquiétudes sans le savoir.
_ Je n'ai pas beaucoup dormit non plus depuis vendredi, et je voudrais m'excuser pour mon comportement insistant d'hier à vouloir passer la nuit ici, mais… il n'y qu'avec toi que je suis bien et que je dors. Ça me fait peur.
Il semble encore plus tourmenté, son visage est crispé. Jamais il ne s'est montré aussi fragile, jamais son masque de maniaque du contrôle ne s'est autant fissuré –notre altercation de la semaine passée mise à part.
_ Qu'est-ce que tu m'as fait ? Souffle-t-il désemparé : tout cela me terrifie Ana, je n'aie jamais ressentis ça. Te perdre a été la chose la plus douloureuse qu'il m'est été d'affronter. Et savoir qu'à tout instant cela risque de se reproduire, c'est… flippant.
Je me racle la gorge, les nerfs en pelote et le cœur battant une chamade désordonnée :
_ Mais je suis là, je reste.
Mes mains caressent maladroitement les siennes, toujours agrippées à ma taille.
_ Tout cela est tout nouveau pour moi aussi, j'avoue la voix enrouée : moi-aussi j'ai peur, que tu me délaisses un jour, que je ne te convienne plus.
Son étreinte se resserre, m'étouffant presque :
_ Ça n'arriveras pas. Laissons-nous une deuxième chance, si tu le veux bien. Je serais ravi de retenter l'expérience avec toi, même si le chemin sera différent de ceux que j'ai eu l'habitude d'emprunter.
Ses lèvres embrassent le somment de mon crâne :
_ Plus de règles.
Son visage se penche vers le mien, ses yeux m'observent, cherchant tout mouvement de recul ou hésitation.
_ Plus de contrat.
Sa bouche s'empare de la mienne doucement, avec une infinie tendresse :
_ Juste toi et moi, souffle-t-il sincère.
