Bonjour, voici un petit avant goût du point de vue de notre maniaque du contrôle sur les 7 précédents chapitres. La suite à venir, prochainement.


Fifty Shades of Hell

Christian Grey

Prologue

Les portes de l'ascenseur l'engloutissent, la protégeant de moi à jamais.

Lorsqu'elles se ferment tout à fait, me dérobant la vision de son visage, une ombre se reflète sur leurs parois chromées. Une ombre étrange, fantomatique, qui me fixe, un spectre horrible et menaçant : celui qu'elle vient de fuir.

Figé, je halète, essoufflé par cette peur panique qui enfle dans ma poitrine. Au loin, le BlackBerry vibre, indifférent au maelstrom qui se déchaîne en moi.

Elle est partie…

Cette litanie infernale se met à tourner dans ma tête, amenant son lot d'images avec elle, les traînant de force devant mes yeux hagards qui fixent encore l'ascenseur, tandis que mes oreilles perçoivent encore les échos torturés de sa voix.

Elle est partie…

Quelque chose frappe rageusement la porte, puis l'interphone. Je geins, impuissant, alors que l'ascenseur amorce une interminable remontée. Les portes s'ouvrent sur la cabine vide dont elle vient de s'échapper, et je manque de m'effondrer.

Elle est partie…

Qu'ai-je fait ? Pourquoi lui ai-je fais? Que suis-je sensé faire maintenant ?

« Je ne veux pas m'en aller ». Cet aveu qu'elle m'a fait la nuit derrière me frappe telle une gifle. Menteuse !

Mon poing vient à la rencontre du mur, il glisse et se venge sur le grand vase de l'entré. Ce dernier vacille, tombe et se brise avec fracas. Ses éclats, d'un blanc immaculés se répandent dans le couloir, glissants sur le parquet, le jonchant comme la neige recouvre le sol. Pendant une fraction de seconde, je suis soulagé. Mais ma souffrance intérieure revient m'engloutir presque aussitôt.

Un bruit de pas résonne.

_ Monsieur Grey ?

Mme Jones.

_ Oh, seigneur ! Que s'est-il passé ?

Elle s'approche, prudente et je remarque qu'elle est encore enveloppée dans sa robe de chambre. J'ignore totalement l'heure qu'il est.

_ Vous êtes blessé ?

Mon visage se crispe douloureusement : si seulement elle savait à quel point... Quelque chose glisse contre mon visage glacé. Je passe ma main dessus, essuyant une goutte qui brille contre mes doigts.

Je pleure ?! Moi qui n'avais plus pleuré depuis ce jour, à Detroit... Ma main se serre en un poing, et je surprends le regard attristé de mon employée. Elle me fixe, lèvres pincées, traits tirés. Ses sourcils se froncent imperceptiblement, comme désapprobateurs. Elle vient de comprendre…

_ Elle est partie ?

Sa question me gifle sauvagement, me poussant contre le mur. Je manque de glisser sur un morceau de porcelaine.

_ Je vais chercher de quoi nettoyer. Je m'en occupe, ne vous inquiétez pas.

Elle disparait à nouveau au détour du couloir, et je fais la même chose, quittant le corridor pour rejoindre mon bureau.