Bonsoir bonsoir !

Première fan-fiction sur MHA... frustrée de voir qu'Ochaco n'avait jamais eu son propre arc (c'est pourtant un personnage principal !), j'ai décidé de l'écrire (n'est-ce pas la meilleure raison pour commencer une fan-fiction ?).

Les faits se déroulent plus ou moins après l'arc de descente chez les Huit préceptes (première partie de la saison 4).

N'hésitez pas à laisser un commentaire, c'est toujours un plaisir de vous lire !

Et...

PLUS ULTRA


PDV: Ochaco Uraraka

"Froppy, Uravity ! Occupez vous du dernier !"

Un frisson parcourut Uraraka et remonta jusqu'à sa nuque. Elle jeta un bref regard à Tsuyu, mais elle avait déjà bondi en direction du dernier villain. Elle serra le poing. Ce n'était pas le moment de réfléchir. Elle s'élança à sa suite.

Lors de leur patrouille habituelle de l'après-midi, elles étaient tombées nez-à-nez avec des villains : un trio d'hommes qui avaient décidé de s'attaquer à une banque. L'un des trois possédait un alter qui permettait, à l'instar de leur camarade de classe Toru, de se rendre invisible lui et ce qu'il touchait pour un court laps de temps. Ayant remarqué l'attitude nerveuse des deux autres postés devant la banque, des sacs grand ouverts à leur pieds, elle les avait interpelés. A peine avait elle demandé s'ils avaient un problème que le plus nerveux des deux lui lança une immense vague d'eau salée. Simultanément, l'alarme de la banque s'était déclenchée. Il fallut un quart de seconde à leur mentor pour activer son alter et bloquer sous ses pattes celui qui l'avait attaquée et à peine plus de temps à Nejire pour attraper l'homme invisible. Malheureusement, il avait fallu moins de temps que ça pour que le troisième n'ait déjà décampé bien loin. A présent, Tsuyu et Ochaco le poursuivait.

A cause de l'alarme, la police ne tarderait pas à arriver, tenta de se rassurer Ochaco. Nejire et Ryukyu restreignaient les deux autres membres du trio, à savoir l'invisible et celui qui avait eu la mauvaise idée de l'attaquer avec son alter d'eau. En cas de besoin, elles viendraient les aider après avoir remis les larcins à la police... Mais pour une raison qu'elle ignorait, Ochaco n'était pas sereine. Quelque chose se tramait avec le dernier. Et le fait qu'il n'ait pas encore utilisé son alter ne la mettait pas en confiance non plus.

Elles l'avaient finalement rattrapé. Ochaco se jeta sur lui et chercha à l'immobiliser. Mais elle vit son regard. Terrifié. Il avait suffi d'un instant d'hésitation. Elle cligna les yeux. Il s'était dégagé. Ochaco se redressa, paniquée. Comment ? Comment s'était il dégagé ? Avait elle désserré inconsciemment sa poigne ? Il n'aurait pas pu ! Il n'aurait pas...

"Là-bas !"

Elle tourna la tête dans la direction qu'indiquait Tsuyu et se releva rapidement. Il se retourna, puis s'engagea dans une ruelle. Ochaco fut presque soulagée : cette ruelle était sans issue. Tsuyu avait déjà bondi vers l'entrée, mais elle s'immobilisa. Ochaco la rejoignit, inquiète.

"Croa, où est il ?"

Devant elles, le cul-de-sac était vide. La ruelle sombre n'abritait rien de vivant si ce n'était un écosystème qui devait avoir été créé par les ordures. Est-ce que... L'impression de malaise gagna en puissance et Uraraka se força à calmer sa respiration. Ne pas y penser. Pas tout de suite.

"Comment... souffla Uraraka

- Croa..."

Elle leva la tête. Rien. Il n'était nulle part. Il s'était tout simplement volatilisé. C'était impossible ! Elle parcourut la ruelle, la fouilla de fond en comble. Le moindre recoin de saleté fut soulevé, elle farfouilla frénétiquement jusque dans les ordures. Il n'était pas là. Il n'était pas là. Il n'était pas là. Il leur avait échappé. Alors qu'il était si proche, il leur avait échappé. Alors qu'elle le tenait. Elle l'avait tenu. Juste un quart de seconde... Elle aurait pu... Soudain, Uraraka sentit une main sur son épaule et elle sursauta. Elle était à deux doigts de réaliser une des prises enseignées par Gun Head lorsqu'elle comprit qu'il s'agissait de Tsuyu.

"Retournons voir Nejire et Ryukyu, croa."

Ochaco sentit ses épaules s'affaisser. Dans les yeux de son amie, elle lut une déception qu'elle ne lui connaissait pas. En y pensant, ce n'était pas étonnant. Elles avaient été si proches du but. Mais avaient échoué. Et pire : c'était de sa faute.

Dire que le trajet jusqu'à la banque vandalisée lui avait parut plus long aurait été un euphémisme. Sur le chemin, elle n'avait cessé de chercher à comprendre comment il avait pu leur filer entre les doigts. Elle cherchait à déterminer à quel moment elle avait pris la mauvaise décision, à quel moment elle avait scellé son destin. Etait ce dès le début, lorsqu'elle avait hésité à le poursuivre alors que Nejire et Ryukyu restaient en retrait ? Etait ce lorsqu'elle l'avait plaqué au sol ? Avait elle mal réalisé la prise de Gun Head ? Etait ce lorsqu'elle avait cligné des yeux ? Ou bien lorsqu'elle s'était crue sortie d'affaire en le voyant s'engouffrer dans une voie sans issue ?

Au fond d'elle, elle le savait bien : elle avait hésité. Elle avait vu un homme terrifié qui lui renvoyait toutes ses inquiétudes, toutes ses indécisions, tout son désespoir, comme un miroir d'elle-même. Cet homme lui avait paru bon. Il n'avait pas eu, à ce moment précis, l'air d'avoir de mauvaises intentions. Peut-être était-ce son alter. Peut-être qu'il avait manipulé ses émotions. Peut-être qu'elle s'était figée pour une raison autre. Peut-être aussi qu'elle se cherchait des excuses. Mais le fait était le suivant : elle avait entraîné Tsuyu là-dedans. Elles avaient échoué, et c'était de sa faute à elle. Cette pensée lui laissait un goût amer dans la bouche.

Penaude, elle laissa Tsuyu faire le rapport à Ryukyu. Elle fuyait son regard, les yeux résolument rivés sur le sol. Ses bottes d'héroïne. Elle ferma les yeux, serra les poings. Elle ne se sentait pas digne de les porter. Le dernier clou fut enfoncé lorsque Tsuyu omit de mentionner son placage. Cela signifiait qu'elle la couvrait. Cela signifiait qu'il fallait la couvrir. Cela signifiait qu'elle était bel et bien responsable, et que Tsuyu le savait. Ochaco serra la mâchoire.

"Quoi qu'il en soit, dit Ryukyu, ne vous inquiétez pas. La police va les cuisiner et on retrouvera bientôt le dernier. Personne n'a été blessé et rien n'a été volé, c'est le principal."

Ochaco ne put que hocher la tête. Elle avait le sentiment que si elle ne serait ce que desserrait les dents, les larmes de rages et de déception déferleraient. Silencieusement, Tsuyu, Nejire et elle regagnèrent les dortoirs de Yuhei.

Nejire les abandonna à l'entrée de l'aile des dortoirs pour se diriger vers son propre bâtiment. Comme le craignait Ochaco, Tsuyu profita qu'elles soient seules pour briser le silence de plomb qui les avaient raccompagnées.

"Ne t'en fais pas, croa. Ryukyu l'a dit : personne n'a été blessé et rien n'a été volé. Mais je voudrais comprendre... comment a-t-il pu se dégager ?"

Elle était toujours si directe. C'était quelque chose qu'Ochaco appréciait habituellement, mais à cet instant précis, elle aurait préféré qu'elle se taise. Pourtant, elle avait le droit de savoir. C'était de sa faute. La brune posa la main sur la poignée de porte. Yeux baissés, elle prit une grande respiration et rassembla son courage pour murmurer les quatre mots qui lui tournaient dans la tête depuis qu'elle l'avait comprit.

"C'est ma faute."

Elle poussa la porte et monta les escaliers quatre à quatre sans attendre Tsuyu. Heureusement, elle ne croisa personne dans le dortoir. Elle ouvrit sa porte à la volée, la referma aussi sec et se laissa glisser au sol dans un sanglot.

C'est ma faute. Ma faute. Ma faute.

Elle ramena ses jambes contre elle, encercla ses genoux. Les sanglots la secouaient alors elle essaya de caler sa tête entre ses bras. Elle avait hésité. Elle ne cessait de se le répéter. Elle ne cessait de se repasser ce film, comme si elle pouvait en analyser chacune des séquences, comme si elle était capable d'en modifier le cours. Mais à chaque fois qu'elle réalisait que c'était impossible, quelque chose d'autre se brisait en elle.

Pour quelqu'un avec l'alter zéro gravité, son coeur pesait infiniment trop lourd.