PDV: Izuku Midoriya
"Remets le son ! cria Kaminari
- Non mais tu rigoles ? rétorqua Jirou. Ca nous casse les oreilles dès le matin, tes infos ! Contente toi des images et des sous-titres !
- Comment oses tu prétendre à être une héroïne si tu ne te tiens pas au courant de ce qu'il se passe dans le monde ? s'indigna le garçon aux cheveux blonds
- Au moins, je ne suis pas inutilisable au bout d'une attaque, moi.
- Jirou, Kaminari, les intima Kirishima en dégageant une mèche rouge qui lui retombait dans les yeux, s'il vous plaît, il n'est même pas 9h..."
Izuku rentra dans le salon en étouffant un bâillement. Ils étaient bruyants le matin. C'était bien loin du silence religieux dont il avait l'habitude dans l'appartement qu'il partageait avec sa mère. Beaucoup plus vivant, dans tous les cas, et ce n'était pas pour lui déplaire. Il s'assit à la table et attaqua le petit-déjeuner que Sato avait cuisiné.
"Dit, Midoriya, lâcha Kaminari qui avait visiblement capitulé, on a quoi comme cours aujourd'hui ?
- Et en plus il ne connaît pas son emploi du temps !"
Un coussin traversa la pièce et manqua Jirou de peu. Elle répondit un cran au dessus par un lancer de télécommande, puis sortit du salon. Kaminari soupira et, l'air désespéré, répéta sa question. Izuku préféra ne pas demander ce qu'il se passait entre eux deux.
"Deux heures d'anglais ce matin à 10h... cet après-midi, vie de classe avec Aizawa-sensei, puis un entraînement pratique de sauvetage à la zone 3 avec Treize et All-Might."
Kaminari soupira à nouveau et laissa tomber sa tête sur la table dans un bong! sonore. Izuku et Kirishima se jetèrent un regard.
"Tout va bien, bro ?" demanda Kirishima
Le blond tourna la tête vers eux mais ne la releva pas pour autant.
"On était obligé de partager le dortoir avec les filles ? On pouvait pas être avec les gars de la 2-B ?"
Izuku se dit que vu la haine que leur vouaient les 2-B, ce n'était peut-être pas plus mal. Kirishima, quant à lui, rit légèrement puis débarrassa sa table. En revenant, il tapa sur l'épaule du pauvre Kaminari.
Izuku attrapa l'arme de destruction massive (aussi appelée télécommande) que Jirou avait lancée sur Kaminari et remit le son. Le blond le regarda comme s'il venait d'une autre planète.
"...la police et le ministère des alters présentera à midi le nouveau plan de régulation des alters. Les premiers chiffres du bulletin signalent que selon un dernier sondage, 82,2% de la population mondiale présenterait un alter..."
... et je faisais partie des 7,8% restants, se dit Izuku. Le pourcentage augmentait régulièrement à mesure que naissaient de nouveaux bébés qui avaient mutés. S'il n'avait pas reçu One for All, un pouvoir qui se transmet de personne à personne, de All Might, il serait encore un sans-alter. All Might, quant à lui, avait renoncé à ce pouvoir et prit sa retraite après son dernier grand combat contre All for One. Il continuait cependant à leur enseigner ici, à Yuei.
"...lorsque nous avions interpellé les membres de la commission chargée de ce nouveau plan, il était transparu que la législation préconisée serait plus dure concernant l'usage des alters. Le nouveau texte, signé par plus de 100..."
Mineta, Sero et Ashido entrèrent bruyamment dans le salon et vinrent eux aussi prendre leur petit-déjeuner.
"Sato a fait le petit-déjeuner à ce que je vois !" lança Sero joyeusement avant d'attraper une part de gâteau.
Quand ils obtenaient un petit-déjeuner sucré, c'était certain que Sato avait fait des siennes. Personne ne s'en était plaint. Au contraire, cela était presque considéré comme un jour de fête. Il était rare que ce qu'il cuisinait pour les besoins de son alter soit partagé à l'intégralité du dortoir.
"...notamment l'usage par les forces de l'ordre dans lesquelles sont inclus les héros, avec une re-définition des droits octroyés par les licenses provisoires et définitives. Autre point de discussion ces dernières semaines à l'occasion de cette commission, l'usage des alters chez les collégiens..."
Tsuyu rentra à son tour dans le salon. Izuku haussa un sourcil en la voyant déjà en uniforme, prête à aller en cours. Que Kaminari ne sache pas qu'ils commençaient à 10h n'était pas étonnant, mais Tsuyu était habituellement bien plus consciencieuse. En le voyant, elle se dirigea vers lui et il passa rapidement en revue ce qu'il aurait pu faire pour l'énerver. Tsuyu avait rarement l'air aussi déterminée. Il posa son muffin à moitié mangé et sonda son regard.
"Vous avez vu Ochaco ce matin, croa ?"
Kaminari releva la tête, seulement pour la secouer. Izuku répondit lui aussi à la négative.
"Croa..."
Kaminari marmonna quelque chose dont Izuku ne comprit que "les filles" avant de quitter le salon. L'apprenti héros aux cheveux verts se leva.
"Il s'est passé quelque chose ?" demanda-t-il
L'inquiétude et la gêne de sa camarade de classe était trop visible pour ne pas l'interroger. Elle qui était habituellement si calme et impassible laissait apparaître des signes de nervosités frappants qui détonnaient avec son caractère.
"Croa... je ne l'ai pas croisée de la matinée, ni aux bains ni nulle part.
- Je peux aller vérifier les bains si tu v..."
Le coup que se prit Mineta eut raison de la fin de sa phrase. Tsuyu était toujours celle qui le recadrait.
"On ne commence qu'à 10h, observa Sero. Elle est peut-être juste en retard."
Izuku aurait lui aussi été convaincu par cette explication s'il n'avait pas senti qu'il y avait bien plus qu'une histoire de retard là-dedans. Tsuyu leur cachait volontairement quelque chose. Il se tourna vers Ashido, qui, s'il se souvenait bien, avait sa chambre au 4e étage avec Uraraka.
"Tu ne l'as pas vue, Ashido ?"
L'héroïne à la peau rose haussa un sourcil coloré puis sembla chercher dans les tréfonds de sa mémoire.
"Je ne l'ai pas vue, c'est sûr, dit elle après un temps. Mais en y réfléchissant, je n'ai pas non plus entendu sa porte de toute la matinée..."
Izuku jeta un regard à Tsuyu.
"Elle ne répond pas quand tu toques ?
- Non, croa...
- On peut y aller ensemble, si tu veux."
Mineta sembla au bord de la crise cardiaque lorsque Tsuyu accepta.
Ils gagnèrent silencieusement l'aile féminine du 4e étage. Il sentait bien que ne pas poser de questions était la meilleure chose à faire. Arrivés devant la porte, Tsuyu toqua tellement doucement que cela n'aurait pas choqué Izuku qu'Ochaco ne l'ait tout simplement pas entendue. C'était l'explication la plus plausible, mais ce dont il était certain, c'était que Tsuyu n'aurait pas pris autant de pincettes s'il ne s'était pas passé quelque chose. Izuku toqua à son tour. Sans réponse.
"Uraraka, c'est Tsuyu et moi. Tu es là ?"
Puis Tsuyu attrapa la poignée et poussa légèrement la porte. Izuku recula d'un pas, gêné, puis fronça les sourcils. La porte ne s'ouvrait pas complètement. Il se rapprocha et comprit enfin. Tsuyu passa par l'entre-baillement et il suivit (avec difficulté).
"Uraraka..." souffla-t-il
Il la vit ouvrir les yeux. Visiblement, elle s'était endormie là, en costume d'héroïne, contre sa porte.
"Tu te sens bien ? demanda-t-il. Tu veux que j'aille chercher quelqu'un ?
- Non, ça va ! Je t'assure ! J'étais tellement fatiguée en rentrant hier que je me suis endormie là... je vais bien, ne t'inquiète pas !"
Izuku risqua un regard à Tsuyu. Soit. Quelque chose se tramait. Mais il semblait clair que ce n'était pas ses affaires... il les salua et quitta la chambre.
Bien décidé à terminer son muffin, il redescendit au premier étage. Kaminari avait visiblement augmenté le volume à sa guise, puisqu'Izuku entendait la voix du présentateur depuis l'escalier.
"...et une tentative de vol dans cette banque qui en fait le deuxième bâtiment du quartier à avoir eu affaire à des villains hier dans la soirée. Deux des trois malfaiteurs ont été interpelés grâce à l'héroïne Dragon Ryukyu, dixième au classement des héros et ses aspirants héros venus de Yuei..."
Izuku tourna la tête si rapidement vers la télévision qu'il failli se briser la nuque.
"...la police a lancé un avis de recherche pour le dernier malfaiteur. A l'international, la France est à nouveau paralysée par des grèves qui..."
