Bonjour à tous, ravi de pouvoir vous présenter ce troisième chapitre. J'espère que vous apprécierez !

Comme je l'ai expliqué au début du premier chapitre, j'écris notamment pour m'entraîner je suis donc plus que preneur si vous avez des suggestions et/ou des critiques.


~ 3 ~

Harry s'arrêta devant la porte de Kingsley Shackelbot, un peu hésitant. Ce n'était pas la première fois qu'il pénétrait dans ce bureau. Même s'il devait souvent voyager, il était toujours accueilli par le ministre à son retour afin de donner un rapport exhaustif avant de profiter d'une nuit de sommeil. La relation qu'ils entretenaient était certes amicale, puisque Kingsley avait grandement participé à la lutte contre les mages noirs, mais n'avait dépassé le stade d'appréciation et d'admiration mutuelle. Probablement en raison de la montagne de travail qui avait échu au nouveau ministre. Il n'y avait pas eu beaucoup de sortie pique-nique ces derniers temps…

Se rappelant ce qu'il s'était promis le matin même sur le chemin de Traverse, Harry rassembla son courage et toqua à la lourde porte noire. Il n'avait pas de rendez-vous et espérait que le ministre serait dans son bureau et disponible.

La porte s'ouvrit sans faire un bruit et l'intérieur apparut au jeune sorcier. Il n'était jamais entré dans le bureau des précédents ministres de la magie, mais Harry se doutait que Kingsley gagnait le prix du bureau le plus sobre. Cet homme simple n'avait pas investi de temps pour assouplir les lignes de la pièce, ce qui rendait l'aspect du bureau spartiate et dur. Un grand bureau en ébène trônait au milieu de la pièce, entouré d'un grand fauteuil – celui du ministre – et de plusieurs chaises au cuir noir. Au mur étaient accrochés quelques affiches de sorciers recherchés, des listes entières de missions à attribuer et quelques Post-It. Depuis que Kingsley avait rencontré cet objet moldu, il se faisait un plaisir de les utiliser aussi souvent que possible, si bien qu'il était devenu un vrai maître. Certains sorts permettent évidemment d'écrire sur un mur – ou même en l'air - mais Kingsley préférait l'aspect tangible du Post-It. Sur le bureau on pouvait trouver des piles de papiers, rapports, informations, documents administratifs… Malgré cela, on ne ressentait pas une impression de désordre, plutôt un sentiment d'ordre nébuleux que seul le ministre était capable de comprendre. La lampe éclairait d'une lumière jaune la pièce, puisque la grande fenêtre derrière le bureau n'était pas suffisante en raison de la bruine qui s'abattait encore sur Londres

Plus chaleureux que le reste de la pièce, un feu chaleureux brûlait dans la cheminée encastrée dans le mur de gauche, des bougies flottaient proches du plafond comme on pouvait en voir à Poudlard. Sur sa chaise se tenait le ministre du monde magique britannique. Son sourire brillant contrastait tant avec le décor que l'on se sentait étrangement à l'aise et en sécurité. Le maître des lieux enjoint Harry à s'asseoir d'un geste.

- Entre Harry, entre, l'accueillit-il. Je ne pensais pas te voir si vite, mais si tu es prêt à sacrifier ton jour de congé pour régler ce problème, tu m'en vois ravi !

- Comment ça ? demanda Harry qui ne comprenait pas bien ce qu'il se passait.

- Et bien dans ma lettre je te demandais de passer me voir demain, mais je suppose que tu as raison : le plus tôt le mieux !

Harry mit quelques instants avant de se rappeler la lettre qu'il avait laissé close sur la table de nuit de sa chambre au Chaudron Baveur. Il n'avait pas oublié pourquoi il était venu, mais les mots de Kingsley l'intriguaient et l'inquiétaient. Que pouvait être si important ? Un Mangemort ? Il se laissa donc entraîner, se promettant que si le problème n'était pas gravissime, il se désisterait poliment.

- Comme je te l'expliquais donc dans cette lettre, le chantier de reconstruction de Poudlard touche à sa fin, ce qui signifie que l'école va pouvoir rouvrir ses portes.

Les yeux de Harry s'illuminèrent, il était heureux de savoir que l'endroit où il avait vécu ses moments préférés était encore debout, même après les ravages de la guerre.

- Comment les élèves vont-ils pouvoir continuer leurs études si l'enseignement des mages noirs ne correspondait pas du tout aux anciens programmes ? demanda tout de même Harry.

- Justement, après en avoir discuté avec la ministre de l'éducation et le délégué à la jeunesse, nous sommes arrivés à une solution qui pourrait satisfaire tout le monde. J'aimerai t'en parler avant que nous ne l'annoncions publiquement, peut-être avons-nous oublié quelque chose d'important que tu remarqueras.

Devant le geste d'assentiment de Harry, il poursuivit :

- Comme tu le sais, les élèves qui devraient rentrer cette année, en 5ème année par exemple, ne possèdent que l'ébauche des connaissances de 4ème année, il nous est impossible d'ignorer ce décalage. Surtout si on ajoute à ceci le temps nécessaire à la restauration de l'école, l'année scolaire est bien trop tronquée. Nous avons donc décidé de sacrifier une année, c'est-à-dire que tous les élèves redoubleront l'année qu'ils ont perdu sous l'enseignement des Mangemorts.

Harry réfléchit quelques secondes avant d'admettre que cela était la meilleure solution.

- Mais restait la question des 7ème année comme toi et tes camarades. Certains ont eu un semblant d'année scolaire, mais la plupart s'étaient échappés ou résistaient au programme des mages noirs. Dans tous les cas personne n'a passé ses ASPIC. Et pendant que Poudlard était en travaux, beaucoup ont suivi ton exemple et se sont lancés dans la vie professionnelle, parfois en continuant un emploi qu'ils avaient trouvé pour fuir l'oppression, ou alors en pensant après la bataille qu'ils ne reviendraient pas à l'école.

Harry acquiesça. En effet il avait entendu que plusieurs de ses anciens camarades avaient commencé à travailler même s'ils n'avaient pas pu finir leur éducation magique.

- Que pensez-vous faire alors ?

- Nous allons tous les inviter à suivre une septième année aménagée, où seuls les cours qui les intéressent seront obligatoires. Cela permettra à ta génération de sorcier de valider leurs ASPIC ou alors de rester dans le monde du travail, expliqua le ministre.

- Certains trouveront peut-être dommage de retourner à l'école alors qu'ils ont trouvé une place dans le monde professionnel, réfléchit Harry.

Ce n'était certainement pas son cas, il aurait adoré reprendre ses études et passer une septième année à Poudlard avec ses amis. Mais il n'était pas naïf, et il ne voulait pas se voiler la face. Il n'était pas convoqué par le ministre pour ses compétences pédagogiques. Il était probable que son cas allait être différent et que Kingsley allait lui annoncer qu'il ne pourrait pas passer une nouvelle année à Poudlard.

- En effet, reprit ce dernier. Mais nous y avons déjà réfléchi. Comme cette septième année ne comportera que les enseignements que les élèves choisissent, leur volume de cours sera réduit. D'où notre idée de proposer un processus d'alternance, c'est une technique moldue. Les élèves apprennent à l'école mais travaillent en même temps. De cette manière, ceux qui ont trouvé un métier qui les intéressent peuvent valider les ASPIC nécessaire à une embauche officielle tout en continuant de se former.

Harry se prit à se demander à quel point Kingsley avait été impacté par son rôle de garde du corps du Premier Ministre Britannique. Cette solution était en effet une bonne manière de laisser aux élèves la possibilité de reprendre leurs études sans que cela les excluent à nouveau de la vie active.

- J'ai l'impression que vous avez déjà longuement réfléchi à tout cela, je ne vois pas d'objections. Mais, si je peux me permettre, pourquoi me l'annoncer avant de le proclamer publiquement ? Avez-vous quelque chose de spécial à me dire ?

Le ministre avait l'air un peu mal à l'aise que le jeune homme pose cette question si directement.

- Et bien… Comment dire ? il hésita.

Et voilà, j'en étais sûr, se dit Harry. Je n'ai pas mon mot à dire c'est ça ?

- En réalité, se reprit Kingsley avec son calme habituel, tu n'as pas vraiment le choix.

Harry serra son poing sur l'accoudoir en bois froid. Il s'apprêtait à s'énerver lorsque le ministre focalisa son regard sur lui et s'expliqua :

- Plus exactement, c'est le chemin le plus logique que tu dois maintenant prendre. Ton travail et ton dévouement sont appréciés et acclamés au Ministère, ce n'est pas le problème. Mais la crise qui nous permettait auparavant de faire travailler quelqu'un qui n'avait pas ses ASPIC s'est tassée. Nous devons donc nous séparer de toi temporairement afin que tu finisses cette septième année d'étude. Bien sûr, tu es Harry Potter. Tu pourrais trouver du travail ailleurs, même sans tes ASPIC. Mais le Ministère apprécierait grandement de t'embaucher, réellement cette fois, dès que tu finiras ton année. Le choix t'appartient bien sûr, mais je sais que je préférerais t'avoir à nos côtés au Ministère plutôt qu'ailleurs.

Harry ressortit du bureau en tremblant presque. Cet entretien s'était étonnement bien passé. Harry était temporairement renvoyé du Ministère de la Magie afin de pouvoir finir ses études. Il pourrait revenir, mais un an plus tard la charge de travail aurait bien diminué et il serait moins contraint dans ses horaires et ses déplacements.

Il était si heureux qu'il faillit froisser la feuille que venait de lui donner le ministre : sa dernière mission pour le ministère cette année, et par la même occasion une chance de réparer une partie de ses torts.


N'hésitez pas à laisser une review pour me faire savoir ce que vous en avez pensé !

Sinon vous pouvez me trouver là :
Twitter : SolonWill