Note de l'auteure: Les personnages de Cassidy et Butch ne m'appartiennent pas. Mon but est seulement de tenter de leur donner une toute nouvelle vie. Bonne lecture!
PROLOGUE
Enfermés dans leur cellule, les deux partenaires dans le crime voyaient le temps défiler sous leurs yeux, avec une lenteur folle. L'un s'amusait avec une bille verte avec un œil de chat qu'il avait retrouvé dans ses poches, tandis que l'autre, repliée dans un coin de la cage sombre, patientait avec appréhension. La peur la saisissait mais, part fierté, elle se refusait à en discuter avec son camarade. Le mouvement de la bille, qui glissait sur le sol gris et bétonné, créait un son qui, au fur et à mesure, paraissait devenir désagréable aux oreilles de la blonde. Celle-ci, désespérée, lança un regard glaçant et réprobateur à son collègue, qui ne le perçut pas directement.
— Butch… Peux-tu avoir l'amabilité de cesser de jouer comme un enfant, avec cette bille, s'il te plaît ? dit-elle avec une voix faussement aimable, cynique.
— Je n'ai rien d'autre à faire, tu sais, Cass. Pourquoi m'arrêterais-je ? lui répliqua-t-il avec violence.
— Parce que ça me gave ! Tu peux comprendre ça ?! Ça m'énerve de t'entendre jouer avec cette satanée bille ! Tu ne crois pas qu'on a à songer à des choses plus graves ?!
— Comme penser au Boss qui va sûrement nous incendier lorsqu'il apprendra qu'on est en taule par ta faute ? Je préfère autant occuper mon esprit avec cette bille.
— À cause de moi ?! Tu te fiches de moi, là ! Nous ne sommes pas dans cet endroit par ma faute, mais bien par la tienne ! Si tu cessais de t'énerver pour ton prénom, nous n'aurions pas perdu de temps, et donc, nous aurions pu retrouver rapidement notre hélicoptère et déguerpir ! Mais non ! Môsieur Butch n'est pas capable de garder son sang-froid, juste parce que son prénom est déformé !
— Tu ne sais pas ce que c'est, Cassidy, que d'entendre son prénom sans arrêt déformé par les autres. Mais c'est normal puisque tu es une garce dénuée de sentiments, tu ne penses qu'à toi et à ton petit minois : jamais tu ne penseras à quelqu'un d'autre qu'à toi-même ! Pas étonnant que tout le monde te laisse tomber, après tout. C'est compréhensif.
— « Dénuée de sentiments » ?! Parce que tu te penses mieux que moi peut-être ?! Oh c'est sûr, tu es tellement populaire que tu passes inaperçu absolument partout où tu passes, crétin.
Butch observa son amie dans un mutisme profond. La pénombre créait des reflets magnifiant la jeune femme, qui, étant positionnée de manière sécuritaire, s'était elle-même murée dans le silence. Ils étaient en prison pour un vol raté, qui ne s'était pas déroulé comme chacun l'avait prévu, et cela mettait sa collègue en rogne. Lui-même était répugné par leur défaite si simpliste, effectuée par un simple contretemps qu'aucun n'avait calculé à l'avance. Jamais ils n'auraient pu savoir que dans leur plan se trouvait néanmoins une faille, faille qui ne leur sautait pas aux yeux bien qu'ils préparaient chacun de leur vol avec une minutie que seule Cassidy possédait. Son intelligence si aimée par le jeune homme aux cheveux verts, n'était pas infaillible, et cela s'était répercuté directement sur le terrain, à leur grand damne. Pas de doute que la jeune femme, dont certaines larmes coulaient sur ses joues pâles, s'en voulait d'avoir mal préparé cette mission, et que les répercussions allaient être violentes envers eux.
Soudain, la lumière s'alluma dans le couloir, et des pas en cadence militaire se firent entendre. Les talons de la policière Jenny retentissaient, tandis que d'autres, plus rauques, la suivaient, avec une parfaite résonnance. La jeune policière se plaça devant la grille, sous les regards scrutateurs et intéressés des deux prisonniers, qui ne purent s'empêcher de s'échanger un long regard emplit d'espoir. Cependant, les deux autres policiers se mirent de part et d'autre de la belle Jenny, qui commençait à ouvrir la grille argentée, ce qui réduisait les espoirs des deux voleurs, dont une boule naissait aux creux de leurs estomacs respectifs.
— Cassidy Evans, veuillez nous suivre sans un mot. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous, ordonna Jenny avec fierté.
— Et… Et moi ? osa demander Butch.
— Vous restez là sans un mot, sinon je vous inculpe pour outrage à agent, et cela pourra peser lourd dans votre dossier, vous n'êtes pas sans le savoir, bien entendu.
L'homme se tut, s'avouant lui-même vaincu. Il ne souhaitait pas avoir une sanction plus sévère que celle qu'il risquait déjà. Il fixa sa coéquipière qui s'était levée avec peine et avancée vers les officiers de l'ordre public, se laissant menotter sans ne rien dire. La grille se referma sur le jeune homme, tandis que la jolie blonde, affichait un léger sourire sur son visage blanc, puis échangea un rapide coup d'œil avec celui qu'elle considérait comme son ami le plus fidèle. Puis elle disparue de son champ de vision, le bruit de son pas lent retentissant dans les couloirs vides de la prison, avant de sombrer ne nouvelle fois dans la pénombre. Étant seul avec lui-même, il se sentit abandonné, et semblait ne plus avoir confiance en sa propre sécurité.
