Chapitre 1 : Un enlèvement pour une nouvelle vie
« Ne courez pas trop vite dans la maison les enfants s'il vous plait! » Hurla le majordome à la petite troupe de collégiens.
À peine avait-il finit sa phrase que son jeune maitre, un certain Shaolan Li, glissa sur le sol mouillé pour finir sa course sur les fesses. Ses trois amis arrêtèrent de courir pour le regarder, abasourdis. Un ange passa, et les quatre adolescents éclatèrent de rire sous le regard tendre du majordome.
« Désolé Monsieur, je n'ai pas eu le temps de vous prévenir.
- Ce n'est rien, Wei. J'aurais du m'y attendre.
- Le grand Li qui tombe comme une vieille chaussette...
- Je regrette de ne pas avoir ma caméra sur moi.
- Il aurait du faire plus attention.
- Bon, ça va vous trois. Saki, tu m'aides à me lever? Grogna Shaolan en tendant sa main vers sa petite amie. »
Toujours en rigolant, la jeune femme aux cheveux blonds et aux yeux verts émeraude s'approcha de lui et l'aida à retourner sur ses deux pieds. Le jeune homme profita de cette occasion pour voler un baiser à la jeune fille, qui rougit sous ce geste qu'elle jugeait trop intime pour qu'il soit fait devant d'autres personnes. Le rouge aux joues, elle se détacha de lui et retourna vers Tomoyo. Cette dernière l'accueillie à bras ouverts et lui caressa les cheveux en guise de soutien. L'attitude de sa meilleure amie l'amusait. Elle la trouvait diablement mignonne à être si timide. Une main vint se placer autour de l'épaule de Sakura. La jeune femme tourna son regard vers son ami: un jeune homme au visage pâle, les cheveux noirs et un regard d'un bleu profond. Saki lui sourit. Quand elle regardait ses amis, elle se disait qu'ils étaient tous bien différents les uns des autres. Tomoyo semblait être une poupée de porcelaine: la peau d'une blancheur laiteuse, des yeux améthystes hors norme, une chevelure noire à en faire pâlir plus d'une. Shaolan, chinois au teint pâle, des cheveux à la couleur chocolatée et des yeux ambrés magnifiques. Oui, ils étaient tous les quatre bien différents. Mais c'était ces différences qui soudaient leur groupe. Depuis la chasse aux cartes, les quatre amis ne s'étaient pas séparés. Peut-être par nostalgie.
« Le repas va bientôt être prêt. Continua Wei. Je vous propose d'aller vous préparer pour ce diner avec Madame votre Mère et de vous diriger vers la salle de restauration.
- Merci. Nous faisons ça de ce pas. Vous pouvez disposer. »
Le majordome ne se fit pas prier et quitta la pièce pour vaquer à ses occupations. Tomoyo observa son ami chinois et l'encouragea du regard. Jouer ce rôle de maitre était très épuisant, elle le savait. Sakura alla s'emparer de la main de son petit ami et déposa un baiser en son creux. Le regard du brun se chargea de douceur. La petite troupe se dirigea vers l'étage pour profiter de la chaleur d'un bon bain. Les deux demoiselles se dirigèrent vers une première salle de bain. Habituées depuis toutes petites à être ensemble, prendre un bain toutes les deux n'était plus qu'une routine. Les garçons, quant à eux, allèrent se préparer chacun de leur côté. Au bout d'une heure, les quatre collégiens descendirent et allèrent dans la salle à manger. À peine étaient-ils installés que la mère de Shaolan, Yelan Li, arriva dans la pièce. Le majordome s'inclina en signe de respect et tira la chaise de sa maitresse de maison pour qu'elle s'installe. Une fois fait, les domestiques apportèrent les plats, en silence.
« Je suis ravie de vous accueillir ici mes enfants. Faites ici comme chez vous.
- Merci de votre accueil Madame.
- Sakura, je t'ai déjà dis des centaines de fois de m'appeler Yelan. Ne soyez pas intimidés les enfants. »
La dame de maison commença le repas. Durant tout le temps qu'il dura, le silence était de la partie. Chose qui étonna tous les adolescents. Certes, Yelan était quelqu'un qui était imposant et qui nous forçait le respect. Mais, jusque là, elle s'était toujours comportée comme une hôte adorable et qui ne laissait aucun temps mort. Or, là, c'était différent. Sakura l'observa un instant et la trouva soucieuse. Toutefois, elle n'était pas assez intime avec elle pour se permettre de la questionner sur ses tourments. Le repas se termina dans la même tension que celle qui avait plané au dessus de leurs têtes. La soirée étant bien avancée, les quatre adolescents se dirigèrent tous vers leurs chambres. Après un dernier baiser, Shao' quitta Sakura. Cette dernière ferma la porte de sa chambre, chambre qu'elle partageait avec sa cousine et meilleure amie Tomoyo. Très rapidement, les deux jeunes femmes sombrèrent dans le sommeil.
La place était plongée dans l'obscurité. La voûte céleste revêtait ses plus beaux attributs. Dégagé, le ciel nous offrait un spectacle à couper le souffle: des milliers d'étoiles scintillaient les unes à côtés des autres. La lune était absente, alourdissant encore plus l'obscurité due à la nuit. Mais ce qui choquait Sakura, c'était plutôt le fait que l'éclairage public restait désespérément éteint. Une ombre bougea, suivit de près par une autre. Sakura tenta de s'approcher mais son corps ne lui obéissait pas. Bientôt, les deux ombres furent suffisamment prêts pour qu'elle puisse les identifier. Shaolan et Eriol. Un sourire vint étirer ses lèvres et leurs deux noms franchirent ses lèvres. Rien. Aucune réaction des deux hommes. Intriguée, la demoiselle les appela une nouvelle fois, puis encore et encore. Rien à faire. Ils ne l'entendaient pas. Alors, la panique commença à la gagner. Que se passait-il? Puis, tout s'accéléra. L'air autour des deux hommes s'opacifia, vibra. Shaolan appela son épée, Eriol son sceptre. Sans qu'elle ne comprenne comment, un homme arriva devant eux, traversant l'air comme si un portail s'était ouvert. C'était comme lorsque la carte Time avait ouvert un passage vers le passé. Un deuxième homme traversa le portail et se planta aux côtés de son acolyte. Les deux adolescents se regardèrent et se mirent en position d'attaque. Les deux étrangers, quant à eux, sourirent avec sadisme. En une fraction de seconde, ils fondirent sur les deux adolescents. Le combat s'engagea. Les coups s'échangèrent. Rapides. Précis. Mais très vite, les deux étrangers prirent l'avantage dans cette danse presque mortelle. Et, encore plus vite, Shaolan et Eriol se retrouvèrent à terre.
« Le Seigneur souhaite vous rencontrer Messieurs. Et mon Seigneur n'aime pas attendre. »
Sans ménagement, ils s'emparèrent des deux adolescents quasi inconscients, les jetèrent sur leurs épaules et traversèrent en sens inverse le passage. Puis, tout redevint normal. Après un court instant, après avoir compris ce qui venait de se passer, Sakura hurla.
oOo
« NOOOOOOON! »
Le souffle court, la jeune femme aux cheveux aux reflets miel se redressa vivement dans son lit, réveillant en sursaut sa meilleure amie.
« Sakura? Tu vas bien? »
La nommée regarda Tomoyo avec un regard empli de peur. Elle se sentait paumée. Ce rêve... quelque chose lui disait qu'il était plus qu'un simple rêve. Son impuissance face à au combat qu'avait mené son petit ami l'effrayait. La hantait. C'était plus qu'un simple rêve. Elle en était sûre.
« Oui, oui. Juste un cauchemar. Ne t'inquiète pas. Je vais prendre l'air deux minutes. »
Sans lui laisser le temps de répondre, la japonaise quitta la chambre après avoir enfilé un peignoir.
« Comme si je pouvais me rendormir en te laissant comme ça. » Murmura Tomoyo pour elle-même.
La jeune femme quitta la chaleur des draps et enfila, elle aussi, un peignoir avant de sortir de la chambre.
oOo
L'air frais rassurait, calmait Sakura. La propriété des Li était reposante. Effrayante la nuit, mais diablement reposante. Le vent jouait avec les mèches déliées, les faisant virevolter autour du visage encore rouge de la jeune japonaise. Accoudée à la rembarre, Saki observait l'obscurité. Ce rêve... Il l'oppressait. Elle savait que ce rêve faisait partit des rêves prémonitoires. Mais, jusque là, elle pouvait agir dans ses rêves. Mais là, non. Elle n'était qu'une étrangère.
« Pourquoi? Souffla-t-elle.
- Parce que ceci n'est pas ton combat apparemment. »
La japonaise sursauta légèrement en entendant la voix envoutante de sa belle-mère, enfin sa future hypothétique belle-mère. D'un geste, elle se retourna pour l'observer quelques secondes avant de retourner à sa contemplation. Yelan vint se placer près d'elle. Un silence pesant s'installa.
« Avez-vous vu ce que j'ai vu? Demanda doucement Sakura
- Si tu parles de l'enlèvement de mon fils et de la réincarnation de Clow par deux hommes venus d'un autre univers... Alors oui.
- Est-ce pour cette raison que vous sembliez soucieuse durant le repas?
- Était-ce si visible? Rigola la maitresse de maison. Désolée, je ne voulais pas vous importuner avec mes problèmes...
- Nos problèmes, vous ne croyez pas? Je refuse de laisser les choses se faire. Je dois agir.
- Et comment?
- Je ne sais pas... Mais je ne vais pas rester ici sans rien faire! »
Le silence s'installa de nouveau entre les deux femmes. Le vent s'intensifia légèrement, donnant un frisson à la jeune collégienne.
« Je... je compte y aller moi-même. Avoua Sakura après réflexion.
- C'est trop dangereux. Contra Yelan.
- J'ai les cartes avec moi. Je serais plus apte à me défendre.
- Et risquer de perdre les cartes? Ce pouvoir est immense Sakura. Tu dois le savoir mieux que quiconque! C'est beaucoup trop dangereux.
- Je refuse de laisser Shao' et Eriol se faire enlever sans rien faire! Renchérit Saki en haussant légèrement sa voix et en sentant ses yeux piquer.
- Je te comprends... Je ne veux pas perdre mon unique fils non plus, crois-moi. Ne pleure pas, nous trouverons une autre solution. Mais perdre le pouvoir de tes cartes seraient une tragédie pour nous. Et on ne sait pas ce qui se passera.
- Et si je vous promets que vous ne perdrez les cartes? Je préfère largement me mettre en danger que de laisser cet enlèvement se faire! »
Sans laisser le temps à Yelan de répondre, Sakura quitta l'esplanade et rentra dans la demeure. À peine avait-elle fait un pas à l'intérieur qu'elle tomba sur Tomoyo, qui la regardait avec inquiétude.
« Qu'est-ce qu'il se passe Saki?
- Je n'en sais rien. Mais je ne compte pas rester sans rien faire.
- Je veux t'accompagner!
- C'est trop dangereux! Opposa Sakura.
- Ça, j'ai cru le comprendre. Railla Tomoyo. La chasse aux cartes était aussi dangereuse et je t'ai accompagné toutes les fois, ou presque. Je t'accompagne! Répliqua-t-elle sans laisser de place à une quelconque réplique.
- Très bien. Accepta-t-elle après un moment de réflexion. Mais au moindre problème... Tu t'en iras.
- Tout ira bien. Sourit la brunette. »
La place était plongée dans l'obscurité. La voute céleste revêtait ses plus beaux attributs. Dégagé, le ciel nous offrait un spectacle à couper le souffle: des milliers d'étoiles scintillaient les unes à côtés des autres. La lune était absente, alourdissant encore plus l'obscurité due à la nuit. Mais ce qui choquait Sakura, c'était plutôt le fait que l'éclairage public restait désespérément éteint.
« Pourquoi les lumières sont-elles éteintes? Demanda Tomoyo.
- Je n'en sais rien. Dans mon rêve, c'était déjà comme ça. Elles ne se rallumeront pas. »
Les deux jeunes femmes étaient sur leur garde. Depuis une semaine, la chasseuse de carte faisait ce rêve. Alors, Sakura savait parfaitement ce qui allait se passer. Son sceptre en main, les cartes prêtes à être utilisées... Tout son corps était empli d'adrénaline. Puis, tout s'accéléra. L'air autour des deux collégiennes s'opacifia, vibra. Sakura resserra l'étreinte autour de son sceptre, Tomy se posta derrière sa meilleure amie, la caméra à la main. Sans qu'elles ne comprennent comment, un homme arriva devant eux, traversant l'air comme si un portail s'était ouvert comme lorsque la carte Time avait ouvert un passage vers le passé. Un deuxième homme traversa le portail et se planta aux côtés de son acolyte. Les deux adolescentes se regardèrent et se mirent en position d'attaque. Enfin, pour Tomoyo, c'était plus de l'esbroufe qu'autre chose. Sakura lui ordonna silencieusement de s'écarter. Les deux étrangers, quant à eux, sourire avec sadisme.
« Il était prévu de trouver deux hommes... Et non des femmes. Mais bon, on peut un peu s'amuser avant d'aller chercher nos véritables cibles.
- Vous ne leur ferez rien.
- Oh, mais c'est qu'elles mordraient presque !»
En une fraction de seconde, ils fondirent sur les deux jeunes femmes. Tomoyo hurla de terreur. D'un geste, Sakura appela Windy et envoya sa cousine à l'abri, ahurissant les deux intrus.
« Finalement, le Seigneur sera peut-être plus satisfait avec ces deux là. »
Le combat s'engagea. Les coups s'échangèrent. Rapides. Précis. Mais très vite, les deux étrangers prirent l'avantage dans cette danse presque mortelle. Sakura invoqua Fly pour prendre de la hauteur. Les deux inconnus ne furent pas étonnés plus d'un instant. Ils s'envolèrent, comme si c'était aussi simple que de dire bonjour. La stupéfaction se marqua sur le visage d'enfant de Sakura. Erreur. Un des deux étrangers la frappa par surprise. Elle chuta. Sa rencontre avec le sol lui coupa le souffle. Son hurlement ne dépassa pas ses lèvres mais lui fit l'effet d'une bombe à l'intérieur d'elle-même. Avant qu'elle n'ait pu se relever, son agresseur la frappa dans le dos pour l'achever. Cette fois, le hurlement transperça la nuit. Tomoyo se jeta sur celui qui faisait souffrir sa cousine. Sans douceur, il attrapa le bras de la fillette et la lâcha brusquement à terre. Puis, il lui empoigna le cou et la souleva violemment du sol. Avec un sourire en coin, il la neutralisa d'un coup sur la tête. Sakura vit avec horreur sa cousine sombrer dans l'inconscience. Voyant qu'elle ne s'en sortirait pas, elle se souvint de la promesse faite à Yelan. Dans un dernier effort, la jeune femme sortit son paquet de carte de sa poche.
« Obéissez-lui comme si c'était moi. Je vous en prie... Désolée. »
Une larme coula sur sa joue alors que le paquet scintillait avant de disparaître. Elle sentit son corps se soulever et, bien vite, son regard se posa sur son agresseur.
« Le Seigneur souhaite vous rencontrer Mesdames. Et mon Seigneur n'aime pas attendre. »
Sans ménagement, ils s'emparèrent des deux adolescentes quasi inconscientes, les jetèrent sur leurs épaules et traversèrent en sens inverse le passage. Puis, tout redevint normal.
oOo
Une lueur mordorée illumina la table de chevet de la maitresse de maison. Cette soudaine luminosité attira son attention. Son regard se posa sur le paquet de cartes et une larme roula sur sa joue. Tout était fini.
