Avant-propos : Merci à NinaHazel ( IACB ) pour réussir à se mettre dans des situations improbables et ainsi donc, stimuler mon imagination.

Aussi, je n'ai pas de bêta reader pour cette histoire parce que j'aime vivre dangereusement.

TW : comportement obsessionnel / scènes graphiques / mention d'alcool et de drogue / meurtres avec un S


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I'm the poison in your bones

My love is your disease

The Devil Whitin – Digital Daggers

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Pour sa défense, c'était entièrement la faute de Google Maps. Et aussi la faute de Hogsmeade qui n'avait pas eu la présence d'esprit d'adapter la circulation pour autre chose que des moyens de circulation à moteur. Et peut-être aussi qu'une très faible part de responsabilité se portait sur lui et sur son indécision légendaire qui l'avait fait respectivement refuser, puis accepter, puis refuser d'accompagner Hermione à une fête étudiante à l'autre bout de la ville. Sa meilleure amie possédant une voiture, il ne se serait jamais retrouvé dans cette situation s'il s'était empêché de changer d'avis la deuxième fois qu'il avait reconsidéré la question – et peser le pour et le contre à l'aide d'un tableau EXCEL – et admit que peut-être cela pourrait être une bonne idée de sortir de son appartement en dehors des cours.

Évidemment, cette résolution n'avait pas duré bien longtemps.

Il avait donc envoyé le matin même un message à Hermione pour lui dire que non, finalement je préfère rester chez moi, mais merci d'avoir pensé à m'inviter.

Ce à quoi la jeune femme lui avait répondu que s'il changeait d'avis au cours de la soirée, il était toujours libre de les rejoindre.

Et Harry avait hoché la tête devant son téléphone, avant de reporter son regard sur l'écran de son ordinateur dont le son diffusait le cinquième hurlement discontinu de Chanel Oberlin.

Les épisodes s'enchaînaient, et il avait confirmé déjà deux fois à Netflix que oui, il était toujours là, quand une pointe de culpabilité avait fusé en lui. Cela faisait déjà la troisième fois qu'il refusait une soirée que Hermione lui proposait, uniquement parce qu'il était dénué de motivation pour sortir de chez lui. Il savait que son amie ne lui en tiendrait jamais rigueur, mais Harry lui, ne pouvait s'empêcher de songer qu'il la délaissait peut-être un peu trop. Elle, et tout le reste de ses amis, d'ailleurs.

Alors, il avait repoussé son ordinateur, avait écarté sa couverture, et s'était mis en quête de se rendre présentable, avant de réaliser qu'au vu de l'heure, Hermione devait déjà être en route et que même s'il lui envoyait un message maintenant, elle ne le verrait qu'une fois arrivé à destination, et il ne pouvait définitivement pas exiger d'elle qu'elle fasse demi-tour.

Hermione – prévoyante comme elle l'était – lui avait fournis les coordonnés du lieu, juste au cas où. Avec cela, il aurait pu appeler un Uber pour effectuer le trajet, mais comme tous les étudiants, Harry avait mieux à faire que de dépenser cinq gallions dans un taxi. Alors, après avoir vérifié l'itinéraire sur Google Maps – une vingtaine de minute à pieds, ce n'était pas grand-chose avec les bonnes chansons – il avait verrouillé la porte de son appartement, et c'était mise en route.

A présent, il regrettait amèrement toutes les décisions qui l'avaient conduites à sa situation actuelle.

-Eh dire que j'aurai pu rester chez moi avec Chanel., Il marmonna tout en réduisant l'itinéraire de ce traite de Google Maps avant d'ouvrir la fenêtre de sa conversation avec Hermione puis de marteler son écran tactile de ses doigts froids.

JE SUIS DEBOUT SUR UNE AUTOROUTE AU MILIEU DE NULLE PART – Harry

Comme mentionné précédemment, pour sa défense, tout était la faute de Google Maps et de la configuration de Hogsmeade. Suivant docilement l'itinéraire de son téléphone, Harry avait marché, marché, marché en ligne droite, jusqu'à ce que le trottoir se transforme en goudron, et que le brun remarque que ses pieds suivaient la ligne blanche continue qui séparait les quatre voient d'une autoroute.

EST-CE QUE CE SONT LES PAROLES D'UNE CHANSON ? – Hermione

PARCE QUE SI CE N'EST PAS LE CAS – Hermione

Harry eut un rire audible. Il n'y avait personne à cette heure de la soirée – heureusement pour le bien-être de sa durée de vie – et il put donc prendre le temps de s'arrêter, pour capturer la partie supérieur droite de son visage avec la nuit sombre et la lueur lointaine d'un lampadaire, avant d'envoyer la photo à Hermione.

JE – Hermione

POURQUOI – Hermione

Si on te demande, c'est uniquement à cause de Google Maps et du gouvernement qui complote contre moi. – Harry

Ne bouge pas, je viens te chercher – Hermione

Harry aurait vraiment voulu dire oui. Vraiment.

Si Google Maps n'est pas plus corrompu, il ne me reste que sept (7) minutes de trajet – Harry

Tout devrait bien se passer – Harry

Si non, je compte sur toi pour prendre soin d'Edwige – Harry

Si tu ne tapes pas à la porte de Blaise dans huit minutes je rassemble un commando et je pars à ta recherche. – Hermione

Et Harry s'apprêtait à répondre lorsque le moteur d'une voiture lui parvint. Le brun avait pensé à allumer la lampe-torche de son portable et il croisait mentalement les doigts pour que cette source de lumière suffise à signaler sa présence au beau milieu de l'autoroute.

Probablement pas. Aurait répondu Hermione, son père, sa mère, et même Sirius.

Tournant la tête pour pouvoir observer la voiture qui arrivait derrière lui, Harry fit un écart sur la deuxième voie de gauche instinctivement. Il la suivit du regard alors qu'elle le dépassa et se raidit lorsqu'elle se stoppa brusquement quelques mètres plus loin.

Harry arrêta sa marche et se tint juste là, indécis sur le comportement à adopter. Il avait suffisamment écouté de podcast sur les meurtres les plus sanglants de ce monde pour savoir qu'en général, lorsqu'une voiture s'arrêtait sur une route déserte de nuit, pour accoster quelqu'un, ladite personne était à priori, toujours retrouvé dans un fossé en plus ou moins bon état.

Alors, lorsque le véhicule entama de reculer pour revenir à son niveau, Harry sentit de façon tout à fait paradoxal l'adrénaline courir dans ses veines, à mesure que la tétanie le saisit. Et avant qu'il ne puisse faire quoi que ce soit – comme prendre ses jambes à son cou en hurlant -, le véhicule s'arrêta à son niveau et la vitre teinté se baissa, révélant son conducteur.

-Je savais bien, que ta silhouette ne m'était pas étrangère.

Le soulagement et l'horreur s'entrechoquèrent dans ses veines, faisant vaciller ses jambes.

-Riddle ?, Bafouilla Harry et remerciant l'obscurité qu'offrait la nuit.

Il préférait feindre d'être ivre plutôt que de devoir faire face à Tom Riddle, les joues rougissantes, debout au milieu d'une autoroute.

Préfet en chef de l'université où ils étudiaient, Riddle était probablement le plus brillant élève qu'avait connu Hogwards jusqu'à présent, même Hermione devait bel et bien le reconnaître. Contrairement à Harry – qui étudiait le droit pénal – lui, était en dernière année de science politique.

Il se chuchotait dans les couloirs du septième étages qu'un jour, il deviendrait Premier Ministre.

Et le brun n'avait aucun mal à les croire. Le plus âgée était connu pour son charisme et pour sa faculté à charmer son auditoire, peu-importe de quel groupe de personne il était constitué.

Trois personnes semblaient pourtant ne pas se laisser prendre au piège envoutant du serpent. Le directeur de leur établissement, Albus Dumbledore, qui semblait toujours s'adresser au jeune homme d'une manière volontairement réservé puis, son père et son parrain. Les deux membres de sa famille faisaient partie de la police judiciaire de Londres, et lorsqu'ils avaient appris que Harry allait côtoyer la même école que Riddle, les deux avaient passés respectivement une heure et une heure trente à lui expliquer qu'il ne devait sous aucun prétexte passer plus de temps que nécessaire en sa compagnie.

Harry avait roulé des yeux intérieurement car, peu-importait qui était ce Tom Riddle à l'époque, il n'y avait aucune chance pour qu'il se retrouve seul à seul en sa compagnie.

Puis, lorsqu'il avait finalement mis un nom sur un visage, il s'était demandé pourquoi James et Sirius lui avaient donnés de telles recommandations. Il avait par ailleurs, consacré ses vacances d'été entre sa première et sa deuxième année uniquement à la tentative de résoudre ce mystère. Malheureusement – ou heureusement – les dossiers confidentiels de la police étaient sous bonne garde, et même Harry, étant Harry, n'avait pas pu trouver quoique ce soit. Même Google – dont le brun commençait sérieusement à douter de l'utilité dans les cas d'urgences extrêmes – n'avait pas pu lui apprendre quoique ce soit qu'il ne savait pas déjà, et que la totalité de Hogwards savait déjà également.

-Tu te rend à la fête de Blaise Zabini, n'est-ce pas ?, Demanda Riddle, dont Harry pouvait sentir l'amusement percer dans sa voix.

-Oui., Répondit le brun sans pouvoir s'empêcher de basculer d'avant en arrière sur ses talons.

-Bien., Commença le plus âgé et l'espace d'un instant – d'un court instant – Harry crut qu'il allait remonter sa vitre et le laisser là, debout au milieu de l'autoroute. Puis il ajouta., Monte.

Harry cligna des yeux et pinça les lèvres pour retenir le « pardon ? » qui ne demandait qu'à être exprimé. Il n'avait étrangement pas envie que Riddle le prenne pour un idiot – déjà qu'il ne partait pas très bien du bon pied, dans sa situation actuelle. Alors, il hocha simplement la tête, avant de contourner la voiture puis de se glisser doucement sur le siège passager.

Riddle avait déjà redémarré, lorsqu'il eut fini de boucler la ceinture de sécurité.

-Merci., Il souffla l'action terminé, posant ses mains sagement sur ses genoux.

-Je dois t'avouer que le milieu d'une autoroute était le dernier endroit où je pensais pouvoir te croiser un jour, Potter.

Harry cilla. Il n'avait pas réagi la première fois, lorsque le plus âgée avait mentionné qu'il avait reconnu sa silhouette, trop hébété pour penser à quoique ce soit de concret, mais à présent, il ne pouvait pas ne pas ignorer cette information.

-Comment est-ce que tu connais mon nom ?, Il demanda, essayant de ne pas être ni trop euphorique, ni trop sur la défensif.

Riddle eut un sourire amusé.

-Il est difficile d'ignorer que tu es le fils de James et Lily Potter, surtout quand celui-ci étudie le droit pénal.

-Je ne suis pas comme mes parents., S'empressa de répondre Harry, sans savoir si c'était effectivement la vérité, ou pas.

-Ah, vraiment ?, Demanda Riddle en posant brièvement son regard sur lui.

-Oui., Il confirma, le cœur battant.

Il y avait un il ne savait quoi chez Tom Riddle, qui faisait frémir son corps.

-Je suppose que seul l'avenir nous dira si cette affirmation est vraie ou non., Répondit simplement Riddle, un sourire trahissant un amusement que Harry ne parvenait pas à saisir.

Puis le silence s'installa entre eux, seulement coupé par l'air de musique classique qui s'élevait des enceintes. Le manque de culture de Harry dans ce domaine l'empêchait de pouvoir reconnaitre qui en était l'auteur, à son plus grand désarroi. Il n'était cependant pas surprenant que Tom Riddle soit ce genre de personne. A écouter du Beethoven ou du Mozart dans sa voiture. Le brun aurait dû le deviner.

-C'est Chopin., Indiqua doucement le préfet, faisant sursauter doucement Harry., J'apprécie la musique classique mais je sais que ce n'est pas quelque chose que tout le monde partage avec moi.

-Je n'en écoute jamais., Avoua Harry en jouant nerveusement avec ses mains., Mais ça ne me déplait pas., Il ajouta rapidement., C'est…

-Apaisant ?, Proposa Riddle en lui jetant un coup d'œil.

-Apaisant, oui., Confirma le brun en rehaussant ses lunettes.

-Si j'en crois ma mémoire, c'est la première fois que tu te rends dans une fête étudiante depuis le début de l'année, je me trompe ?

Harry pinça les lèvres, partagé entre la surprise que Riddle ait noté ce fait, et extatique qu'il ait justement remarqué qu'il n'avait pas daigné poser les pieds aux moindres petits évènements qui n'étaient pas au minimum obligatoire pour son avenir scolaire.

-Ce n'est pas vraiment –., Il hésita, secoua la tête, et se força à formuler une phrase qui ne le décrirait pas comme quelqu'un de profondément pitoyable., Les cours me demandent beaucoup d'énergie, et je n'avais pas l'intention de me rendre à celle de Zabini ce soir non-plus mais…

-Mais ?, L'encouragea Riddle comme s'il portait réellement un quelconque intérêt à ce que pouvait bien dire ou ne pas dire Harry.

-Je suppose que je culpabilisais à l'idée de ne pas voir mon amie ce soir., Il dit finalement.

-Si une personne est réellement ton amie, Potter, je pense qu'elle est à même de comprendre et de ne pas être vexé par ce fait., Répondit simplement Riddle en activant son clignotant, tournant sur sa droite pour avancer dans une allée comportant de large propriété.

Harry n'était pas ignorant du fait que la famille Zabini était riche, mais il y avait une différence entre le savoir, et pénétrer en voiture dans la large allé de sa villa, en passant par un immense portail en fer forgé. Il y avait plus d'une trentaine de véhicule garé dans la grande cour central et Harry ne bougea pas, même après que Riddle eut coupé le moteur. A travers les vitres, ils pouvaient entendre la musique qui battait son plein à l'intérieur et à l'extérieur de la demeure.

Le brun prit une inspiration comme pour se donner du courage, avant d'ouvrir la portière. Et alors qu'ils marchaient jusqu'à la porte d'entrée, il dit :

-Merci de m'avoir emmené, Riddle.

-Inutile de me remercier une seconde fois., Répondit le préfet en lui adressant un sourire avant de faire retentir la sonnerie., Ah et, une dernière chose., Il ajouta avant que la porte ne s'ouvre dans un éclat de rire et d'exclamation., Appelle-moi Tom, d'accord ?

-Tom., Répéta bêtement Harry, contemplant la silhouette de plus grand se fondre au milieu des personnes qui s'approchaient pour le saluer.

Ce n'est que lorsque les mains fermes d'Hermione s'abattirent sur ses épaules qu'il sursauta en cillant, s'arrachant à cette contemplation.

-Harry !, Elle dit en l'attirant à l'intérieur, forçant sa voix pour se faire entendre parmi le bruit ambiant., Est-ce que je suis victime d'hallucination où est-ce que je t'ai vu sortir de la voiture de Riddle il n'y a même pas cinq secondes ?

-Si tu es atteinte d'hallucination alors moi aussi, Hermione., Fut la seule chose qu'Harry trouva à répondre, encore un peu étourdis par la soudaine agitation autour de lui, après le calme de l'autoroute et la musique de Chopin.

-Tu as intérêt à tout me raconter, en commençant par le moment où tu as décidé de finalement venir., Le pressa sa meilleure-amie en l'entrainant à sa suite jusqu'à une grande table qui avait été réquisitionner pour disposer ce qui semblait à s'y paraître être l'intégralité du stock d'un magasin en matière de boisson alcoolisé.

Harry ne buvait pas d'alcool, jamais. Pas pour des raisons rattachées à quelconques principes moraux ou parce qu'il était au courant des dangers que cela procurait sur l'organisme, mais pour une raison beaucoup plus simple. Il ne supportait tout simplement pas le gout. Son ami Ron avait passé les deux années suivant leurs majorités à le charrier à propos de cela, avant de tout simplement passer à autre chose lorsqu'il avait compris que ce fait ne changerait pas, et qu'il ne s'attirait qu'un regard mi-exaspéré mi-détaché de la part du brun.

Il observa sa meilleure-amie se saisir d'une bouteille de Whisky et se servir deux fois la dose qu'elle versait habituellement lorsqu'elle le diluait dans du soda. Fronçant les sourcils, Harry remarqua que la brune semblait plus agitée qu'à la normale. Ses cheveux étaient joliment bouclés et, un trait de liner brillant habillait ses yeux. Soucieux, mais décidant de ne pas l'interroger pour le moment, le brun versa une quantité importante d'eau – encore un peu étonné d'avoir réussir à en trouver une bouteille entre une Vodka et un Gin – dans un verre en plastique rouge, uniquement dans le simple but de donner le change.

Lorsque leur gobelet respectif furent remplis, Hermione les guida ensuite dans le jardin où, étonnamment, la majorité des étudiants se trouvaient, malgré la fraicheur de la nuit. Mais à dire vrai, Harry ne savait pas s'ils en avaient conscience, à cause de la large piscine d'où se dégageait des volutes de vapeur.

Une piscine chauffante, évidemment.

Hermione s'assit sur un fauteuil d'extérieur et Harry la rejoint. Il n'y avait que quelques personnes autour d'eux, ce qui, dans le cadre d'une fête universitaire, ressemblait à ce qui s'approchait le mieux à un semblant d'intimité.

-Alors., Commença Hermione et, à la façon dont elle redressa son dos et croisa ses doigts, Harry eu l'impression qu'elle allait se lancer dans un plaidoyer, et non dans un simple interrogatoire., Je t'écoute.

Harry fixa un instant l'eau se refléter dans son verre avant de soupirer.

-Je ne comptais vraiment pas venir., Il eut finalement le courage de commencer., Chanel Oberlin était en train de taper l'équivalent d'un article du code pénal en mail en utilisant un nombre incalculable de figures plus ou moins imagés, et c'est alors que j'ai pensé que peut-être que je négligeais mes amis en ce moment, et je n'ai pas pu sortir cette pensé de mon esprit.

Il haussa les épaules comme si cela n'était rien.

-Je ne voulais pas te faire revenir uniquement pour moi, et je ne voulais pas payer un taxi puisque le Seigneur m'a doté de deux jambes parfaitement fonctionnelles, et c'est en suivant ce traître de Google Maps que je me suis retrouvé bêtement au milieu de l'autoroute.

Il prit une gorgé d'eau, pendant que Hermione le gratifiait d'un regard tout à fait désapprobateur.

-Je vais passer sur ton inconscience légendaire et t'épargner un sermon uniquement parce que je meurs d'envie d'entendre comment tu t'es retrouvé dans la voiture de Tom Marvolo Riddle.

Un sourire lui échappa, et le regard de sa meilleure amie se fit plus perçant.

-Il a reculé sur l'autoroute pour que je puisse monter dans sa voiture., Il dit simplement, sentant la patience d'Hermione s'effriter sous son silence.

La brune cilla :

-Il a reculé ?, Elle demanda comme si elle n'était pas certaine d'avoir bien-entendu., Sur une autoroute ?

-Il n'y avait personne à l'horizon., Répondit rapidement le brun avec un geste de la main.

-Donc notre préfet est le genre de personne à s'arrêter devant la première silhouette qui marche au milieu de nulle part ?

-Il m'a reconnu., Dit à mi-mots le brun en redressant ses lunettes., Il m'a appelé par mon nom de famille avant de me dire de monter.

-Je ne savais pas que Riddle te connaissait., Laissa échapper son amie et Harry ne pu s'empêcher de se sentir un tout petit peu – vraiment un tout petit peu – vexé par ce que cela sous-entendait.

Pas que cela soit faux, évidemment, mais Harry préférait éviter d'entendre ce genre de remarque – volontaire ou non – lorsque cela n'était pas nécessaire.

Il fallait dire, que les gens étaient souvent surpris en apprenant que c'était lui, le fils de James et Lily Potter. Bien qu'il ait hérité des yeux émeraudes de sa mère, il ne possédait en rien sa fougue et sa flamme, et il était encore bien loin d'être aussi turbulent et lumineux que son père. A dire vrai, il était même tout le contraire. Alors, une fois que passait l'intérêt qui venait avec la révélation de son nom de famille, il ne restait presque plus rien.

Alors pour toute réponse, Harry haussa les épaules.

-Est-ce que tout va bien ?, Il demanda après un petit moment de silence où Hermione l'avait passé à regarder de façon presque frénétique autour d'elle.

-Hm ?, Elle émit sans lui adresser le moindre coup d'œil avant de consulter son téléphone.

Peu-importe ce qu'elle venait d'y lire, cela la fit se pincer les lèvres et elle bougea nerveusement sur son fauteuil, décroisant puis recroisant ses jambes.

-Hermione ?, Répéta cette fois-ci un peu plus fort Harry et son amie finit enfin par poser les yeux lui.

-Désolée., Elle s'excusa platement., J'étais persuadé que tu ne viendrais pas et que ça me laissait encore une marge avant de devoir te l'avouer mais maintenant tu es là alors je suppose que c'est maintenant ou jamais, n'est-ce pas ?

-Tu commences à me faire vraiment stresser là, Hermione.

Et à la voir vider la moitié de son verre sans prendre la moindre inspiration, le brun se dit que peu importe ce qu'elle avait à lui avouer, il n'allait pas aimer ce qu'il allait entendre.

-Ok., Commença Hermione en prenant une inspiration., Je sors avec Pansy Parkinson.

Harry la contempla un instant, avant de ciller, lentement, très lentement, et de finalement prendre une inspiration. Il sentit les muscles de son dos se détendre, le faisant s'asseoir plus en arrière dans le fauteuil.

-Ah., Il dit finalement en levant les yeux vers le ciel nocturne.

-Ah ?, Demanda Hermione, et a sa voix le brun comprit qu'elle se retenait de lui lancer des choses potentiellement lourdes et potentiellement meurtrières au visage.

-Honnêtement Hermione, je m'attendais à ce que tu m'annonces quelques choses de grave et de terrible., Il dit en se redressant, secouant la tête avant de sourire., Je suis content pour toi., Il ajouta.

Hermione mordit nerveusement sa lèvre inférieure, et dans son attitude Harry comprit qu'elle allait lui poser une question, lorsque son regard se fixa sur un point derrière son épaule, et son regard s'éclaira.

Le brun n'eut pas besoin de se retourner pour deviner qui se dirigeait vers eux.

-Eh bien, bonsoir., Dit Pansy de sa voix mi-charmeuse mi-provocante.

Son regard sombre se posa sur lui une fraction de seconde, avant qu'elle ne se laisse tomber sur les genoux de Hermione, passant un bras autour de son cou.

-Pansy., Râla pour la forme Hermione., Et si je n'avais pas eu le temps de tout lui avouer ?

-Je suppose qu'il aurait alors compris les choses tout seul, comme le grand garçon qu'il est., Répondit calmement la jeune femme, ses lèvres rouges effleurant le coin des lèvres de sa meilleure amie., Est-ce que tu vas me servir le traditionnel discours de « ne lui brise pas le cœur où je te brise les os » ?, Elle ajouta en s'adressant à lui, cette fois-ci.

-Absolument pas., Il commença., D'une part parce que j'ai toujours trouvé ce genre de discours affreusement misogyne et d'autre part, parce que Hermione est capable de mener ses vengeances toute seule.

Le sourire que lui adressa alors Pansy fut franc et vif, à des années lumières des torsions pleines de condescendances qu'il avait eu l'habitude de croiser sur ses traits lorsqu'elle s'adressait à lui lorsqu'ils étaient encore au lycée.

-Je sens qu'on va finalement bien s'entendre toi et moi., Elle dit en tendant la main vers lui.

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-Dis papa., Commença Harry en réceptionnant le plat épais en terre cuite remplit à rabot de purée de pomme de terre au fromage., Je me demandais., Il continua en s'en servant trois grosses cuillères dans son assiette., Pourquoi est-ce que toi et Sirius tenez tant à ce que je reste éloigné de Tom Riddle. Est-ce qu'il fait partie de la mafia de Londres ou quelque chose dans le genre ?

Il avait prononcé sa dernière phrase sur le ton d'une plaisanterie, dans l'espoir qu'énoncer une hypothèse si grave délierait la langue des deux hommes assis en face de lui à la table de la salle à manger de la maison familiale. Il s'attendait à ce que d'un instant à l'autre, son parrain parte d'un éclat de rire en frappant l'épaule de son père tout en lançant la bouche pleine de petit-pois que c'était là la chose la plus drôle qui m'ait jamais été donné d'entendre.

Cependant, le regard qu'échangea les deux hommes lui fit stopper l'ascension de sa fourchette et hausser un sourcil.

-Sérieusement ?, Il s'entendit demander, heureux de n'y entendre que de la perplexité et non l'affolement et – paradoxalement – l'intérêt que cette idée lui évoquait.

-Eh bien., Commença son père en faisant tourner distraitement le vin dans son verre., Ce n'est pas comme si nous avions la moindre preuve ou comme si tu étais trop jeune pour entendre de telles hypothèses à présent mais…

-Est-ce que tu es au courant que Riddle a grandi dans un orphelinat ?, Coupa son parrain.

-Oui., Répondit Harry.

C'était l'une des rares choses que le brun – que tout le monde – savait sur lui. Tom Riddle était pratiquement né dans un orphelinat dans une des banlieue reculés et sensibles de Londres. Fut un temps, il avait su le nom de cet établissement parce qu'il lui semblait l'avoir vu mentionner dans un article qu'il avait lu, l'été de ses recherches frénétiques sur le plus vieux. Mais à présent, le nom n'était plus qu'un ensemble flou de lettre dans le désordre dans son esprit.

Il était certain que Hermione saurait s'en souvenir.

-Et tu dois aussi savoir que c'est Lucius Malefoy, le conseiller du Ministre, qui est actuellement son responsable légal ?

-Oui., Répondit Harry en tentant de contenir son agacement. Tout cela ne se résumait qu'à des questions rhétoriques et le brun était lasse que Sirius tourne autour du pot.

-Cela ne te semble pas étrange qu'une personne du rang social de Lucius Malefoy soit entrée en contact avec un orphelin ? Et pire, qu'il ait décidé de le prendre sous son aile, de l'envoyer dans la même école prestigieuse que son fils, et de l'orienter et le guider dans le milieu politique ?

-Lucius Malefoy est peut-être tout simplement une personne altruiste ?, Répondit Harry en haussant les épaules tout en sachant pertinemment que ces mots n'avaient rien de plus faux.

Harry avait déjà eu l'agréable chance – malchance – de rencontrer le père de Draco à plusieurs reprises dans les soirées qu'organisait le Maire de Londres, et à chaque fois, sa poignée de main lui avait laissé un sentiment des plus désagréables.

De ce qu'il en savait, ce n'était pas dans la nature de Lucius Malefoy de recueillir une personne et de lui offrir autant de chance – si ce n'est plus – qu'à son seul et unique héritier.

Alors, il était logique de se demander pourquoi le dirigeant de l'illustre famille anglaise faisait tout cela.

-Les Malefoy ont toujours été au service des dirigeants de notre pays., Commenta James en saisissant son couteau pour couper un morceau de sa viande., Est-ce que tu t'es déjà demandé pourquoi aucun d'entre eux n'avaient jamais tenté de devenir Premier Ministre ?

Harry pinça les lèvres, tournant et retournant sa fourchette dans sa purée. A dire vrai, non. Il n'y avait jamais ne serait-ce que songé, mais à en juger par l'expression de son père, de son parrain et même de sa mère à cet instant, il aurait peut-être dû.

-Honnêtement, qu'est-ce que tout cela à avoir avec Tom Riddle ?

Sirius et James échangèrent de nouveau un regard et Harry plissa les yeux, comme si cela pouvait l'aider à découvrir ce que les deux adultes ne lui disaient pas.

-Il y a eu… Un évènement à son orphelinat, lorsque Tom avait à peine dix ans et –

-Non. Ça suffit Sirius., Coupa sa mère, à la plus grande stupéfaction de Harry.

-Mais maman !, Protesta le brun en se retournant vers Lily.

-Cette histoire à été classé, le jeune Tom n'avait rien à voir avec tout ceci et, vous n'avez pas besoin de parasiter son esprit avec une paranoïa malvenu une seconde fois.

Les yeux de sa mère avaient la même détermination et froideur qu'elle insufflait dans sa voix lorsqu'elle entrait dans un tribunal pour défendre un client. Et autant Harry adorait sa mère, et respectait son métier, autant, il aurait été capable de hurler de frustration en une parfaite imitation de Chanel Oberlin.

Son exaspération augmenta lorsqu'en croisant le regard de son parrain et de son père, il comprit qu'il n'en tirerait pas plus pour ce soir – et surement pendant encore un petit bout de temps.

Et ce n'est qu'après les une heure trente-cinq minutes de repas réglementaire que Harry put gagner la tranquillité de ce qui resterait à jamais sa chambre, peu importait qu'il ne vivait officiellement plus avec ses parents pour ses études.

-J'espère que c'est important., Fut la seule chose que Hermione répondit après avoir décroché son téléphone à la sacro-sainte quatrièmes tonalités.

-En tout cas, ça sera rapide., Il répondit en roulant des yeux., Est-ce que tu te souviens du nom de l'orphelinat de Riddle ?

A l'autre bout de l'appareil, Harry put entendre sa meilleure amie soupirer et marmonner un « non mais je rêve » suivit d'un « c'est pas possible à l'aide » puis de pousser un autre long et dramatique soupire avant de répondre :

-Wool. Basé à Londres. Ce sera tout ?

-Wool., Répéta lentement Harry tout en notant le nom sur un morceau de papier prélevé sur le rebord d'une enveloppe blanche., Oui, ce sera tout merci.

-Je t'en prie., Répondit Hermione sur un ton un peu sec et, alors qu'il pensait que celle-ci était sur le point de raccrocher, il la sentit devenir un peu plus hésitante et inquiète., Harry ?

-Oui ?

-Quoi que tu fasses, s'il te plait, fait le prudemment et discrètement.

-Évidemment, tu me connais.

-Justement., Fut la dernière chose que Hermione prononça avant de raccrocher.

Reposant son téléphone sur le bois de son bureau, le regard du brun s'attarder sur les boucles vivent qu'il venait de tracer.

Wool.

Il avait désormais un point de départ dans son enquête.

Sa nouvelle enquête.

Cependant, ses doigts marquèrent une hésitation au-dessus de son clavier, quelques secondes après avoir ouvert une nouvelle page Google.

Le brun avait la désagréable impression qu'il s'apprêtait à ouvrir la boite de Pandore, et qu'il n'allait pas aimer tout ce qu'il allait y découvrir, cette fois-ci. Et même s'il trouvait tout ce mystère autour de Riddle beaucoup trop excitant pour que son intérêt soit parfaitement sain, il ne pouvait s'empêcher de repenser aux avertissements que tous ces proches sans exceptions lui avaient proférés. Tous semblaient comprendre et être au courant de chose qui lui échappait totalement et il détestait cela. Il voulait comprendre pourquoi Tom – Tom qui s'était arrêté sur une autoroute parce qu'il l'avait reconnu, Tom qui écoutait de la musique classique dans sa voiture, Tom qui semblait le connaître plus que lui ne le connaissait – engendrait autant de méfiance.

Et pour cela, il n'y avait qu'une seule chose à faire.

Prenant une ultime inspiration, Harry entra sa recherche.

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Londres : mort suspecte d'une petite fille dans un orphelinat

L'orphelinat Wool situé à Londres pourrait bien avoir été le théâtre d'un homicide, samedi. L'une de ses résidentes, une petite-fille âgée de six ans, est décédée à la suite d'une chute dans les escaliers du troisième étage, visiblement après avoir été poussé de sa chaise roulante.

Ce sont des membres du personnel bénévole de l'orphelinat qui ont fait la macabre découverte avant de prévenir immédiatement les secours qui ont constatés le décès et prévenu la police.

Bien qu'il n'y ait aucune preuve qu'il s'agisse là d'un meurtre et non pas d'un accident, les policiers et le personnel encadrant n'arrivant pas à déterminer ce qui aurait pu justifier que la petite fille quitte volontairement son fauteuil pour effectuer une action dont elle savait être parfaitement incapable pour le moment.

En effet, la jeune orpheline c'était retrouvé dans ce fauteuil à la suite d'une chute qu'elle avait effectuée en tombant d'un ardre, quelques semaines plus tôt.

« Ce sont les enfants qui nous ont avertit de ce qui venait de se produire. » Raconte Mrs Cole, l'actuelle directrice de l'orphelinat Wool. « Elle et un autre pensionnaire était en train de jouer, lorsqu'elle a malencontreusement basculé dans le vide, se fracturant ainsi les deux jambes. »

Et si les faits contés de la sorte peuvent évoquer un accident, il suffit d'interroger un peu les pensionnaires pour se rendre compte que la vérité pourrait elle être toute autre.

« Ce n'est pas un accident. » Déclare un résident. « Il l'a poussé volontairement, je l'ai vu. Tout le monde l'a vu. »

Alors, se pourrait-il que cet incident, ayant entrainé la mort d'une petite fille de six ans, ne soit en fin de compte pas un simple et tragique accident ?

-Le Chicaneur, archive du journal du dimanche vingt-deux décembre 2008.


( Depuis le TEMPS que je veux écrire sur Harry Potter et Tom Riddle, ce couple qui ne peux exister que dans l'enceinte confiné des fanfictions. Ah. Enfin. )

A la base des bases, cela devait être un petit OS court, drôle et un peu étrange, basé sur les codes de la Famille Addams.

Puis, j'ai cligné des yeux et j'ai réalisé que j'avais tué une ou deux personnes dans ma trame.

P u i s, j'ai dormis et oops, tout ceci s'est transformé en une intrigue politique.

Anyway : je ne sais absolument pas quand la deuxième partie va sortir, alors je ne fais aucune promesse.

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