TW : sous-entendu et mention de tentative d'agression sexuelle


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There's something in the look you give

I can't help myself I fall

I can't help myselt at all

Dark in My Imagination – Of Veronica

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Depuis Godric's Hollow, il fallait prendre le bus numéro 1 en direction de la Gare Routière au centre de Londres, puis il fallait prendre la ligne Rouge du métro jusqu'à effectuer un changement pour la ligne Noir à TottenHam Court Road avant de s'arrêter à Kennington. Ensuite, il fallait encore prendre le bus numéro 17 pendant encore quelques kilomètres, avant de finir le reste du trajet à pieds.

Il avait fallu compter un peu plus de deux heures et demie à Harry pour atteindre le portail en fer sombre usé de l'Orphelinat Wool.

Consulter des images Google pour avoir un repère mental du lieu était une chose, constater son état en était une autre.

Harry n'avait pas l'hypocrisie de prétendre qu'il s'était déjà soucié – ni qu'il y avait même seulement déjà pensé – des infrastructures dans lesquels les orphelins de son pays étaient accueillis, mais il songea à l'instant que le gouvernement pouvait faire un petit peu mieux que cela.

La bâtisse, qui avait des allures inquiétantes de manoir hanté : vieille, en bois, avec un porche, un péristyle et des toits pointus ne semblait à priori pas offrir le cadre idéal pour aider un enfant à grandir dans un environnement chaleureux. Tout ici, jusqu'aux arbres sombres de la cour, semblait hostile et inquiétant.

Et Tom y avait grandi.

C'était ici que Tom était né.

Et s'il commençait à s'attarder sur le caractère personnel de l'endroit – s'il laissait son esprit réaliser que le Préfet de Hogwarts avait sûrement grandit dans une atmosphère similaire à celle-là – le tiraillement qu'il ressentirait alors le paralyserait sur place et l'empêcherai d'aller au bout de son objectif.

Alors à la place, il réajusta ses lunettes sur son nez et força ses jambes à avancer jusqu'aux portes d'entrées, les tirer, et s'avancer jusqu'à l'accueil.

Ce n'est que lorsqu'il patienta après avoir appuyé sur la sonnette en bronze, qu'il remarqua que pour un orphelinat, l'endroit était anormalement silencieux.

-Bonjour, est-ce que je peux vous aider ?

La voix de la dame qui venait d'apparaitre en face de lui le fit presque sursauter.

Presque.

-Bonjour, j'aimerai savoir si Madame Cole travail encore ici., Répondit Harry sans ciller, se contentant de réciter les lignes qu'il avait mémoriser la veille pour ne pas donner l'impression qu'il cherchait ses mots.

Le visage de la femme – qui devait avoir dans les quarante ans, les cheveux attachés en une couronne de tresse autour de sa tête, dans une allure passée de mode depuis longtemps, portant une robe brune délavé qui masquait son cou et ses bras – s'étira en une mine désolée.

-Cole ne travaille plus ici, mon enfant. Elle a pris sa retraite il y a de cela des années.

-Je vois., Dit Harry, pinçant les lèvres pour masquer sa déception, son index pianotant sur le comptoir de l'accueil., Est-ce que vous savez où elle réside à présent ?

-Naturellement, nous sommes restés en bon terme elle et moi, c'est elle qui m'a formé, vous savez ? Lorsque je suis arrivée ici y a quelques années. Je lui écris chaque semaine.

Et alors qu'elle allait faire demi-tour pour aller chercher quelque chose dans la pièce adjacente, elle s'arrêta, et lui jeta un regard par-dessus son épaule :

-Pourquoi voulez-vous entrer en contact avec elle, si je puis me permettre ?

Le brun retint un sourire qui aurait pu être mal interprété.

-Je suis un ancien pensionnaire., Il expliqua., Madame Cole m'a pratiquement éduqué, et je suis venu dans l'espoir de pouvoir la revoir et la remercier en personne pour tout ce qu'elle a fait pour moi, dans mon enfance.

Le visage de la Dame s'adoucit, et Harry comprit qu'elle l'avait cru.

-Un instant je vous prie, je reviens avec ce qu'il faut.

Une vingtaine de minute plus tard, et alors qu'il s'apprêtait à ressortir de l'orphelinat, un papier soigneusement plié comportant les coordonnées de Madame Cole, le brun hésita, la main sur la poignet de la porte.

-Excusez-moi., Il s'entendit prononcer à nouveau., Il n'est pas un peu tard pour que les enfants dorment encore ?

Parce qu'il n'y avait pas d'autre explication pour justifier le silence de mort qui régnait dans la demeure.

-Oh, mais ils ne dorment plus depuis longtemps., Se contenta de répondre la femme avec un sourire.

Harry hocha la tête et quitta les lieux sans regarder en arrière.

-Est-ce qu'ils ont devinés que tu mentais et est-ce que tu es sur le chemin de la prison ?, Demanda Hermione à la seconde où elle décrocha son téléphone.

-Tu accordes donc si peu de crédit à mes talents d'acteur ?, Répondit Harry en haussant un sourcil, vérifiant les horaires du bus qui le reconduirait à l'entrée du métro.

Il se sentait toujours un peu perturbé par l'atmosphère si particulière de l'Orphelinat Wool, mais il respirait mieux depuis qu'il s'en était éloigné.

-Qui a failli nous cramer au premier contrôleur qu'il a vu la seule et unique fois où on a voulu frauder les transports en commun ?, Répliqua la voix d'Hermione avec assez d'énergie pour que Harry devine qu'elle était toujours contrariée sur ce fait, même des années après les faits.

-J'étais jeune et immature sentimentalement parlant., Il balaya l'excuse avant de s'asseoir à l'arrêt.

-Hm., Répondit son amie et le brun pouvait la visualiser en train de rouler des yeux., Est-ce que ta mission a porté ses fruits ?

-Comme on s'y attendait, Madame Cole ne travaille plus à l'orphelinat, mais j'ai réussi à obtenir son numéro de téléphone et son adresse.

-Est-ce que tu comptes y aller ?, Demanda la brune, un soupçon d'inquiétude dans la voix.

-Oui., Répondit Harry., Mais pas tout de suite. Il va se passer un moment avant notre prochain week-end de relâche, donc je suppose que je pourrais utiliser ce temps pour tenter de creuser ce que je peux de mon côté.

-Tu sais…, Commença Hermione avant de s'interrompre, d'hésiter, de prendre une inspiration, et finalement se lancer., Je me demande si ta volonté de découvrir ce que cache potentiellement Riddle, ne dissimule pas complètement autre-chose.

-Comme quoi ?, Demanda Harry, légèrement sur la défensive, à présent.

C'était pourtant une question purement rhétorique et les deux en étaient parfaitement conscient.

-Ton envie de te prouver que tu vaux quelque chose en accomplissant une quête par toi-même ? Ta façon à toi de te détacher de tes parents – de ton père – en faisant très exactement tout le contraire de ses mises en garde ? Ton –

-Je crois que c'est bon, Hermione., Il la coupa avec un rire nerveux., Je crois que j'ai compris.

-Je ne disais pas cela dans le but de te blesser, tu sais, je suis simplement –

-Inquiète pour moi, je sais., Il ferma les yeux une fraction de seconde avant de les ouvrir de nouveau., Écoute, le bus est là. Je t'envoie un message quand je suis rentré, d'accord ?

Un soupire.

-D'accord. Fait attention à toi.

-Promis., Fut la dernière chose qu'il prononça avant de raccrocher.

Il avait menti. Le bus n'était pas encore là, mais il sentait qu'il n'aurait pas pu supporter une seconde de plus à se faire psycho-analyser. Surtout lorsqu'il était lui-même conscient de tout cela, lorsqu'il savait qu'Hermione avait raison sur ce qui le poussait à fouiller sans aucun motif valable dans la vie privé de quelqu'un d'autre.

Néanmoins, il sentait qu'il y avait autre chose.

Il devait y avoir autre chose.

Son père et son parrain n'aurait jamais été si inquiet s'il ne s'agissait que de simples rumeurs dans le vent.

Faisant circuler son regard autour de lui, alors que ses pensées continuaient de vagabonder, ses yeux tombèrent sur une voiture, garée sur une place de stationnement libre, à quelques mètres de lui.

Et ce n'est que le pur pragmatisme dont il avait hérité de sa mère qui le força à croire que non, même si c'était le même modèle que conduisait Riddle le soir où il s'était arrêté devant lui sur une autoroute – ce n'était pas réellement son véhicule, qui se trouvait ici.

Ce fut la paranoïa aigu hérité de son père, qui le poussa à noter le numéro de la plaque d'immatriculation sur une note de son téléphone.

LR66 LVD

Lorsqu'il monta dans le bus, Harry ne remarqua pas que la voiture venait de redémarrer.

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Quand Hermione lui avait demandé le vendredi suivant s'il voulait se rendre avec elle à la soirée qu'organisait toujours Draco Malefoy durant le voyage semi-annuel de ses parents en République Dominicaine et qu'Harry avait répondu par l'affirmative sans montrer le moindre signe d'hésitation, la brune avait déplacé doucement – tout doucement – sa main qui tenait sa fourchette devant ses lèvres entre-ouvertes avant de souffler un :

-Mercure est donc bel et bien en rétrograde.

Et avant que Harry n'ait eu le temps de rouler des yeux ou de soupirer – ou peut-être même les deux à la fois -, sa meilleure amie s'était empressée de saisir son téléphone posé sur la table à côté de sa salade végétarienne promptement abandonnée.

-L'influence de cette planète ardente inspire chez le Lion l'envie de s'engager dans le vif du sujet., Avait alors commencé à réciter sa meilleure amie, pendant que Harry s'était résolu à l'écouter tout en mâchant docilement ses frites., Ses pouvoirs de persuasions pourraient néanmoins ne pas avoir l'effet escompté et au lieu de s'engager dans un plaidoyer fertile, le Lion devrait plutôt songer à opter pour des approches plus créatives., Hermione avait ensuite marqué une pause, son pousse scrollant la page internet qu'elle consultait, avant qu'elle n'affiche un sourire amusée en ajoutant, levant les yeux vers lui., Tu seras peut-être un peu plus agressif qu'à la normal.

Et cette-fois, Harry n'avait pas réussi à retenir son soupire.

-Qu'est-ce que ça dit sur les Capricorne ?, Il n'avait pas pu empêcher les mots de sortir de sa bouche, et c'est en pinçant les lèvres qu'il avait vu Hermione froncer les sourcils.

-Pourquoi est-ce que tu -., Elle avait commencé, avant que Harry ne puisse observer le moment exact où Hermione fit le rapprochement dans son esprit., Harry.

-Oui ?, Il avait alors demandé, mettant un effort tout particulier dans sa voix pour qu'elle sonne la plus innocente possible.

Hermione s'était contenté de plisser des yeux dans sa direction avant de secouer la tête, dépitée.

-Je ne veux même pas penser à ce que Tu-Sais-Qui pourrait faire s'il apprenait que tu consultes son horoscope. Pire que tu fouilles sans vergogne dans son passé.

La brune avait intelligemment choisi de ne pas prononcer le nom de Riddle dans l'enceinte de la Grande Salle d'Hogwarts qui faisait office de cafétéria. Même si Harry était persuadé que le brouhaha ambiant masquait aux oreilles des autres la plupart des phrases qu'ils s'étaient échangés, il n'en était cependant pas suffisamment convaincu pour prendre un tel risque.

-Il ne fera rien, parce qu'il n'en saura jamais rien., Lui avait répondu Harry, ne sachant pas qui il avait tenté de convaincre le plus.

Elle, ou lui.

-Je suppose que c'est aussi pour lui que tu as accepté de m'accompagner à la soirée de Malefoy.

Et comme cela n'avait pas été à proprement parlé une question, le brun s'était contenté de lui répondre d'un sourire.

-Je serais en bas de chez toi à dix-neuf heures., Elle avait conclu avec un soupire de résignation.

Et c'est à très exactement dix-neuf heures et trois minutes que Harry referma la portière passager de la Chevrolet grise qu'Hermione avait hérité de son père lorsque celui-ci avait changé de voiture lors de sa crise de la cinquantaine, quelques années auparavant.

-Seigneur Dieu, est-ce que tu as essayé de coiffer tes cheveux ?, S'exclama Hermione alors qu'il finissait de boucler sa ceinture de sécurité.

-Oui., Confirma le brun., Sans grand succès, apparemment., Il ajouta en portant instinctivement une main à ses mèches brunes qui étaient définitivement pourvues d'une volonté et d'une conscience propre.

-Tu sais., Commença sa meilleure amie en passant la première, s'insérant sur la route en contrôlant ses rétroviseurs., Riddle t'a déjà vu debout marchant de nuit au milieu des quatre voies d'une autoroute. En théorie, on peut considérer qu'il a déjà expérimenté le pire de ce que tu avais à offrir. L'aspect de tes cheveux n'est donc pas ce qui le dérangera.

-Pourquoi est-ce que tu fais sonner ma mission comme si son but était à des fins romantiques., Questionna Harry en fronçant les sourcils à son égard., Je trouve Tom intéressant, c'est vrai, mais pas dans ce sens-là.

La seule réponse qu'il reçut de la part d'Hermione, fut un regard mi-blasé mi-défaitiste et un « Jane Austen donne-moi la force de survivre à cet idiot » à moitié noyé par la musique de l'autoradio.

Elle s'appliqua ensuite à ne plus lui accorder le moindre regard et la moindre parole jusqu'à ce qu'elle ait coupé le moteur de sa voiture en arrivant devant la maison des Malefoy.

-A croire qu'il est monnaie courante par ici de posséder des terrains aux superficies parfaitement indécentes., Il commenta alors que Hermione le guidait vers l'allée en dalles qui remontait vers la maison.

-Passe cinq décennies à travailler pour le Maire de Londres, pousse ton fils à faire la même chose et ainsi de suite pendant un temps considérable et je te garantis que tes arrières-arrières-arrières petits enfants auront une maison de la même circonférence., Répondit Hermione sans lever les yeux de son écran de téléphone.

-Tout ce mal pour assurer un avenir dont je ne profiterais même pas.

-Ou alors, fait comme la mère de Blaise., Ajouta Hermione en levant les yeux vers lui, un étrange sourire flottant sur ses lèvres.

-C'est-à-dire ?, Demanda Harry, qui n'était pas certain de comprendre où son amie voulait en venir.

-Épouse un homme riche sans héritier, et dont la capacité à développer des maladies cardiaques est étonnamment spectaculaire une fois le contrat de mariage signé et validé., Elle répondit sur le ton qu'elle prenait pour évoquer la météo, avant de pousser la porte de la demeure.

Harry resta un instant interdit devant la porte d'entrée d'où lui parvenait de la musique de boite de nuit et des rires, avant qu'il ne se ressaisisse et qu'il ne s'engouffre à son tour dans la demeure du serpent.

-Eh bien Potter, deux fois au cours du même mois qu'on se croise en soirée, serait-ce le début de l'apocalypse ?, Prononça la voix de Pansy Parkinson, ronronnante et chaude à son approche.

Hermione et elle étaient adossées contre un mur au fond d'un couloir du rez-de-chaussée, là où la musique se faisait la moins forte.

-Si cela peut nous éviter les examens de fin d'année, il y aura peut-être une troisième fois., Il lui répondit avec un sourire., Et puisque tu sors avec ma meilleure amie, je suppose que tu peux m'appeler Harry maintenant.

-Harry., Elle répéta, ses lèvres rouges reproduisant son sourire., Alors, es-tu ici pour embêter Draco ou..., Elle marqua une pause et se pencha vers lui comme pour lui souffler un secret., Pour attirer de nouveau l'attention de Tom ?

Malgré-lui, Harry sentit ses joues rougirent, et il lança un regard indigné à sa meilleure amie qui leva les mains au ciel en signe de paix.

-Pansy n'est pas idiote, tu sais. Tout le monde est au courant que tu es sortie de la voiture de Riddle à la soirée de Blaise. Il est logique de se questionner sur ta présence ici et surtout, ce qui la motive., Elle expliqua avec un débit de parole qui l'impressionnait toujours un peu.

-Génial., Il marmonna., Est-ce Tom pense aussi cela ?, Il demanda, plus pour lui-même que pour les autres.

-Je ne sais pas., Répondit Pansy, son carré se mouvant autour de son visage alors qu'elle secoua la tête., Ce que je sais cependant, c'est que cela ne lui ferait pas grand cas que cela soit la vérité.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

-Je veux dire., Répondit-elle, son regard se posant sur un point derrière son épaule, et machinalement Harry se retourna pour voir ce qui avait attiré son attention de la sorte., C'est que Tu-Sais-Qui, a passé beaucoup de temps à poser les yeux sur toi, durant cette semaine, lorsque tu n'en avais pas conscience.

Le corps de Harry se figea, autant à cause des mots qu'il venait d'entendre qu'à cause de la silhouette de Tom Riddle, qui venait de descendre les escaliers du premier étage, et qui l'observait avec une minutie et une attention qui lui donna simultanément envie de fuir et rester parfaitement immobile à l'endroit où il était et d'attendre.

-Encore une chose., Ajouta Pansy., Ne le laisse pas t'avoir trop facilement.

Et Harry détourna le regard pour l'observer tirer Hermione par la main dans une autre pièce, le laissant totalement à la merci du Préfet.

Alors, le brun fit ce qui lui arrivait trop rarement de faire.

Il écouta un conseil.

Adressant un sourire à Tom, il s'éclipsa du couloir aussi vite qu'il le pouvait sans donner l'illusion de courir, repéra les premiers visages familiers qu'il voyait, et entrepris de se sociabiliser.

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Harry ne savait rien de Seamus Finnigan hier, et il ne savait toujours rien de Seamus Finnigan, hormis le fait que celui-ci avait un bras négligemment posé autour de sa taille.

Et le brun serrait des dents et souriait, parce que la voix de Pansy raisonnait encore dans ses oreilles, et qu'il pouvait sentir le regard de Tom se poser sur eux de façon régulière, de sa position à l'autre bout de la pièce, entouré de Draco et de Blaise.

Une part de lui ne savait pas réellement à quoi il jouait, et cela l'effrayait.

L'autre part – qui était beaucoup plus difficile à ignorer – était impatiente de voir la finalité de tout ceci, si fin il y avait.

La voix de Seamus lui parvint, et il fallut un instant à Harry pour comprendre que l'étudiant s'adressait à lui. Avec un sourire d'excuse, il lui demanda de se répéter :

-Je disais, pourquoi est-ce que tu n'as jamais intégré l'équipe de Quidditch de Hogwarts ?

Le Quidditch était une sorte de la Crosse revisité dont seul quelques universités par-delà le monde semblait en pratiquer l'activité.

Son père avait été un attrapeur plus que connu, durant ses années d'étudiants.

Harry masqua son soupire dans son gobelet d'eau.

Pour une raison qu'il ignorait, il sentait ses paupières devenir lourdes.

-J'ai eu peur de ne pas pouvoir jongler entre le sport et les cours.

La vérité était qu'il ne voulait pas donner encore un argument en plus à la faveur des personnes qui le comparaient constamment à son père.

-C'est dommage., Commenta Seamus., Je suis sûre que tu as hérité des compétences de ton père.

-Eh bien, je suppose que l'on ne le saura jamais., Répondit Harry en arrosant le tout d'un rire un peu forcé.

Il sentit son corps vaciller, et ce n'est que la poigne de l'autre garçon qui l'empêcha de trébucher.

-Mais, peut-être qu'il y a d'autres compétences que l'on peut découvrir ensemble., Répondit l'étudiant, sa main qui était jusqu'à lors posée sur sa taille, effleurant le haut de ses fesses.

Ensuite, le monde devint flou.

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Luttant pour garder les yeux ouverts, Harry observa avec un désintérêt profond ce qui semblait être la silhouette de Seamus Finnigan se courber en deux, les mains plaquées sur sa gorge.

Lorsqu'il redressa la tête, la vision de ses yeux exorbitées lui arrachèrent un rire dont le son lui parvint de façon déformée à ses propres oreilles, masquant le bruit étranglé que produit le garçon lorsqu'une mousse blanche sortit d'entre ses lèvres.

-Chut., Souffla une voix près de lui, et des lèvres effleurèrent ses tempes., Il est plutôt indécent de rire dans ce genre de moment, tu ne crois pas ?

Harry pinça les lèvres en hochant la tête pour ne pas rire plus fort et laissa le poids de son corps peser contre la personne qui l'aidait à se maintenir debout.

Devant eux, la silhouette de Seamus Finnigan s'effondra sur le sol dans un froissement de vêtement étouffé par la moquette de la chambre. Sa tête rebondit une fois, avant de s'immobiliser.

-Il est mort., S'entendit prononcer Harry avec un soupire, qui sentait son corps de devenir de plus en plus engourdit.

-En effet., Confirma la voix, et le brun ferma les yeux, sous la sensation d'une main rassurante contre sa nuque.

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Sursautant, Harry prit une inspiration et toussa, comme s'il avait passé la nuit en apnée. Il grimaça, et posa une main sur son front, cherchant à comprendre ce qui l'avait éveillé.

Trois coups secs et forts portés à sa porte suffirent à lui apporter la réponse.

Il fallut tout le courage et la volonté nécessaire à Harry pour se lever et effectuer les dix pas qui séparaient son lit de l'entrée de son appartement.

Et a peine eut-il ouvert la porte qu'une tornade de boucle brune lui sauta dessus, l'enserrant dans une étreinte solide et fébrile.

-Hermione ?, Demanda Harry en entourant son dos de ses bras par instinct.

-Merci Seigneur., Fut la seule chose que son amie réussit à répondre.

C'est à ce moment-là que le brun remarqua qu'elle tremblait dans ses bras. Pas de froid, mais bel et bien de terreur et de soulagement.

-Hermione., Il répéta cette fois-ci, plus doucement.

-Pardon., Marmonna la brune en desserrant sa prise, mais refusant toujours de s'éloigner., Pardon, mais tu ne répondais pas à ton téléphone, alors je suis venue directement, et je suis vraiment désolée d'être partie à la soirée sans toi, mais je t'ai cherché pendant longtemps et Pansy a dit que tu t'étais surement fait raccompagner mais quand j'ai appris ce qui s'était passé j'ai eu si peur et –

-Tout va bien., La coupa Harry en posant ses mains sur ses épaules., Je vais bien, et je n'ai absolument pas la moindre idée de quoi tu veux parler. Qu'est-ce qu'il s'est passé, exactement ?

Hermione fronça les sourcils et le brun put observer sa peur refluer, quittant progressivement ses traits, pour laisser apparaître la jeune femme maitrisée qu'il avait toujours eu l'habitude de côtoyer.

-Comment est-ce que tu es rentré chez toi ?, Elle demanda en s'écartant définitivement de lui, pour se retourner et fermer la porte de l'appartement.

Harry fronça les sourcils à son tour.

-Eh bien, je suis rentré…, Il commença avant de s'interrompre, fouillant dans sa mémoire., J'en sais rien, Hermione., Il répondit en sentant son cœur cogner dans sa poitrine en des pulsions désagréables., J'en sais rien du tout.

-Tout va bien Harry. Ce n'est rien., La rassura son amie., Ce sont les vêtements que tu portais hier., Elle nota, et le brun baissa les yeux pour remarquer qu'effectivement il n'avait pas pris la peine de se changer en rentrant chez lui., Ce qu'on va faire, c'est que je vais te conduire à l'hôpital et de là j'appellerai tes parents pour les rassurer, d'accord ?

-Pourquoi est-ce que tu préviendrais mes parents ?, Il demanda alors que Hermione sortait ses clés de voiture de son sac.

La brune marqua une pause avant de croiser son regard.

-Seamus Finnigan est mort.

Harry cilla.

-Quoi ?, Il s'entendit répéter.

-Il a été découvert tôt ce matin dans une des chambres d'amis, pendant que les nettoyeurs de Draco inspectaient la maison., Elle marqua une pause et un sourire dépourvu de joie s'étira sur ses lèvres., Je te garantis qu'il va en voir de tous les couleurs lorsque ses parents vont rentrer de voyage.

-Est-ce que la cause de la mort a été déterminé ?, Il demanda, sa capacité de réflexion prenant le pas sur sa stupeur., Est-ce que c'est…Volontaire ?

-Rien a été communiqué pour le moment, mais de ce que j'ai compris, il s'agirait d'une overdose., Répondit Hermione, son regard braqué sur lui.

-Il y avait de la drogue à la soirée ?, Fut la première chose que Harry demanda, avant de comprendre ce que le regard de son amie sur lui signifiait., Oh. Je te garantis que je n'ai rien pris, Hermione.

-Je n'en doute pas, mais les gens ne demandent pas souvent l'autorisation pour droguer quelqu'un.

-Tu penses que.., Il commença, sans étant capable de terminer sa phrase.

-Allons à l'hôpital Harry, d'accord ?, Elle répondit d'un ton doux, ce qui voulait dire qu'elle ne voulait pas songer au pire, mais qu'elle y pensait néanmoins.

Harry la suivit sans discuter.

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Harry avait déjà vu des reportages et avait étudié tout le protocole médical pour recueillir les preuves et s'assurer de l'état de santé des personnes victimes de viol, mais il n'aurait jamais cru se retrouver à les vivre lui un jour.

Pragmatiquement, il ne pensait pas avoir subi le moindre abus. Certes, il n'avait plus aucun souvenir sur une fourchette qui s'étalait d'approximativement vingt-deux heures à dix heures quarante le lendemain – heure à laquelle Hermione était venue chez lui – mais son corps n'était pas douloureux, hormis une légère migraine, et il ne portait aucune marque externe de violence.

Mais il s'était pourtant soumis à tous les examens que les médecins avaient voulus lui faire passer sans aucune réticence, y compris une prise de sang et un prélèvement de salive.

Hermione avait patiemment attendu avec lui jusqu'au milieu de l'après-midi, qu'une femme en blouse blanche leur apporte le résultat des tests.

-Nous n'avons trouvés aucune preuve d'une activité sexuelle., Commença la femme pour briser le silence tendu de la chambre.

Hermione soupira de soulagement.

-Mais., Continua-t-elle., Nous avons trouvé des traces de GHB dans votre sang.

Harry cessa de respirer.

-Je n'ai pas pris cela volontairement., Il murmura, comme pour se justifier auprès de la femme.

Celle-ci lui adressa un sourire indulgent.

-Je m'en doute., Puis elle reprit d'un ton plus professionnel., Nous pouvons sans crainte affirmer que c'est cela qui a provoqué votre amnésie. Nous ne pouvons cependant pas assurer que vous retrouverez vos souvenirs de cette nuit un jour.

Harry hocha simplement la tête. Et après avoir récupéré ses affaires et signé les papiers de sortis, Hermione et lui se retrouvèrent de nouveau dans la voiture de celle-ci, le moteur éteint.

-Quelqu'un doit forcément savoir qui m'a raccompagné chez moi hier soir., Dit Harry en contemplant le pare-brise., Je doute être rentré chez moi à pieds.

-Il faut que tu vérifies les transactions de ton compte en banque., Nota Hermione., Tu as peut-être commandé un Uber dans un moment de lucidité.

-Hm., Répondit Harry, peu convaincu par cette hypothèse, mais ne la réfutant pas totalement.

-Je suis vraiment désolée., Ajouta son amie après un moment de silence., Rien de tout cela ne serait arrivé si j'étais restée avec toi.

-Tu étais avec ta copine., Répondit Harry., Et même si cette fois-ci était une exception, je peux encore me débrouiller par moi-même, je pense.

Du coin de l'œil, il la vit agripper le volant, bien que le contact soit toujours au point mort.

-Cela ne se reproduira plus., Elle lui promit, et Harry sut qu'il ne servirait à rien de débattre tant que l'incident serait encore frais dans sa mémoire.

-D'accord., Il répondit en se sentant soudainement en lasse.

Il ferma un instant les yeux, mais derrière l'obscurité de ses paupières, il songea que quelqu'un avait volontairement glissé la drogue du violeur dans son verre, et il se sentit soudainement à l'étroit dans la voiture de son amie.

-Et si on rentrait ?, Il suggéra, ne souhaitant qu'une seule chose à présent, s'enfoncer dans les profondeurs de sa couverture après avoir lavé de sa peau l'odeur de sa transpiration, d'alcool, et des désinfectants de l'hôpital.

Hermione approuva.

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Le mercredi suivant fut le jour de l'enterrement de Seamus Finnigan. En raison de cela, les cours furent exceptionnellement suspendus dans toute l'enceinte de Hogwarts. Mais à dire vrai, Harry n'y avait pas mis les pieds depuis le début de la semaine.

Il n'avait pas quitté son appartement depuis Samedi, fin d'après-midi.

Lorsqu'il était rentré chez lui, avait appelé ses parents pour les rassurer de son état pendant que Hermione passait commande au traiteur asiatique local.

Dix minutes de « Oui je vais bien », « Oui je suis certain de ne pas être blessé » et « Non je ne veux pas renter à la maison Papa » plus tard, il avait enfin pu se réfugier dans sa salle de bain, loin du regard mi-soucieux mi-coupable d'Hermione.

Il comprenait pourquoi son amie agissait comme elle le faisait, honnêtement, il comprenait.

Mais il n'avait rien, et certain n'avait pas la chance de partager ce fait.

Il était conscient que sa situation n'avait rien à voir avec la mort de Finnigan, mais il n'arrivait pas à se débarrasser de la certitude que cela était sa faute, d'une façon comme d'une autre.

Il savait qu'il ne pouvait pas se confier à la brune sur ce sujet parce qu'il n'était pas certain d'être prêt à entendre ce qu'elle aurait à dire à ce propos.

Ce n'était qu'après tout une impression, liée surement au fait qu'un évènement grave était survenu pendant la période de son amnésie.

Pourtant, le malaise persistait, même lorsque la thèse de l'overdose fut confirmée, écartant toute hypothèse d'un acte criminel.

Après tout, plus de cinq cents personnes par an mourraient à cause d'un mélange d'alcool et de drogue rien qu'en Angleterre.

-Un mélange de Vodka et d'héroïne., Souffla une personne derrière lui, situé à l'arrière du large groupe de personne rassemblé au cimetière de Nunhead pour les funérailles.

-C'est idiot., Commenta une autre, avec une froideur et un dédain apparent.

Hermione échangea un regard avec Harry, avant de venir enrouler son bras autour du sien pour l'empêcher de faire une remarque – ou de s'en empêcher elle-même, la frontière était mince entre les deux.

Au loin, le prêtre venait de finir son discours, et bientôt, les hurlements de la mère de Finnigan emplirent l'atmosphère humide de ce mercredi matin.

-J'ai besoin de m'éloigner., Il souffla rapidement à Hermione., Je t'attends à la sortie.

Et sans patienter pour sa réponse, il entreprit de se glisser silencieusement entre les personnes vêtues de noirs pour remonter l'allée qui menait à l'entrée. Une fois loin de la foule et loin des cris, Harry sentit son torse s'alléger d'un poids.

-Je comprend., Commenta une voix, le faisant sursauter.

Assise sur l'un des murets bas qui entouraient le portail, une fille avec de long cheveux blonds légèrement ondulés et vêtu d'une robe d'un violet vibrant qui était tout sauf de circonstance, le contemplait d'un regard d'un bleu sage.

-Tu es Luna Lovegood, n'est-ce pas ?, Il demanda en se rapprochant d'elle.

-Et toi tu es Harry Potter., Elle répondit en inclinant sa tête sur le côté d'un regard curieux.

-Pourquoi est-ce tu n'es pas à l'intérieur avec les autres ?, Il ne put s'empêcher de demander à nouveau.

-Il y a toujours trop de lamentation, dans les cimetières., Elle répondit, ses yeux se faisant soudain lointain, sa main se portant à un étrange talisman qu'elle portait au cou., J'ai toujours eu du mal avec les lamentations.

-Je comprend., Il répondit, se calquant sur ses mots, bien qu'il ne soit pas parfaitement certain qu'il saisissait vraiment la nature de son discours.

-Est-ce que c'est vrai, ce qu'on raconte ?, Elle demanda soudainement, abaissant sa tête pour croiser son regard.

-Quoi donc ?

Et Harry s'attendait à ce que sa question soit en rapport avec la nature exact du décès de Seamus Finnigan, puisque son père était policier. C'était la déduction logique.

-Que tu es avec Tom Riddle ?

Le brun émit un son de gorge étouffé.

-Quoi ?, Il parvint à articuler dans une inspiration., Que je suis avec qui ?

-Tom Marvolo Riddle., Répéta patiemment Luna, comme si le problème venait de sa prononciation., J'ai entendu des gens en discuter à l'école, alors je voulais savoir si c'était vrai.

-Pourquoi est-ce que des gens parleraient de ca ?, Il dit à voix haute, plus pour lui-même que pour la jeune femme.

-Apparemment des personnes vous ont vu repartir de la fête de Draco Malefoy ensemble., Elle répondit d'une voix tranquille, comme si cela n'était rien.

Comme si son monde ne venait pas de trembler.

Chut., Souffla une voix près de lui, et des lèvres effleurèrent ses tempes.

-Riddle., Il murmura., Tu es bien sûre qu'ils ont dit Riddle ?, Il continua d'une voix plus pressante et Luna battit des cils devant l'urgence de son ton.

-Certaine., Elle confirma.

Harry ferma les yeux un moment avant de les ouvrir.

Il est plutôt indécent de rire dans ce genre de moment, tu ne crois pas ?

-Merci beaucoup, Luna., Il dit avant de s'éloigner.

Harry savait désormais qui l'avait raccompagné chez lui, et qui pouvait le renseignait sur sa perte de mémoire.

Sur la présence de GHB dans son verre.

Son souffle se coupa dans sa cage thoracique.

S'il se concentrait suffisamment, il pouvait sentir la caresse aérienne d'une main contre sa nuque.


Malheureusement, j'ai été malade cette semaine, heureusement pour vous, cela a engendré l'écriture entier d'un chapitre.

Donc nul besoin de sonner les cloches de l'apocalypse car j'ai publié deux fois dans le même mois.

J'espère que ce chapitre vous aura plus.

Comme toujours : je n'ai strictement aucune foutue idée de quand la troisième partie sortira.

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Une review ?