Perle passa dans le salon. Même en plein après-midi, la petite pièce était sombre. Rogue était dans son fauteuil favori. Jambe croisée, sérieux, impénétrable, il avait l'air d'un sorcier réfléchissant à de graves problèmes.

Sur la table basse trônait une bouteille de vin rouge accompagnée de deux verres à demi pleins. Elle s'approcha, s'assit sur le divan en face de lui et saisit son verre qu'elle vida d'un trait puis en rempli un autre qui subit le même sort. Severus eut envie de lui rappeler qu'elle n'avait pas bu depuis des mois et qu'elle aurait intérêt à se calmer sur les culs secs mais il eut la bonne idée de garder ses réflexions pour lui. Il l'accompagna d'une gorgée puis reposa son verre.

Perle sentit l'alcool détendre son esprit et elle savoura l'impression bienfaisante. Ça faisait un sacré bail … Elle regarda son ancien maitre, nettement mieux disposée. Les yeux baissés, il semblait attendre qu'elle parle en premier.

- Okay … Discutons de tout ça calmement vous voulez bien, dit-elle enfin, c'est quoi cette histoire d'espionnage ?

Severus avait déjà dû endurer les interrogatoires d'à peu près toutes les autorités imaginables alors qu'il était encore dans son lit d'hôpital et il n'avait aucune envie de remettre ça. Il haussa les sourcils comme quoi il ne fallait pas être Merlin pour capter.

- J'ai fais semblant d'être un mangemort mais en réalité, j'étais loyal à leurs ennemis, éluda-t-il.

- Mais depuis combien de temps …

- Je n'ai pas envie d'en parler, dit-il abruptement.

Perle le dévisagea en lui jetant un regard noir.

- Bon, très bien. Puisque vous ne voulez pas parler de vous, parlons de moi. Si c'est vrai que vous m'avez protégé, vous pouvez m'expliquer pourquoi vous m'avez affamé comme un foutu chien quand je suis arrivée ? Hein ? J'ai failli crever bordel !

Il haussa les épaules.

- J'ai dû suivre les conseils des autres mangemorts. Ils m'ont dit qu'un nouvel esclave devait être « cassé ». J'avais le choix entre vous priver de nourriture et d'eau, vous battre, vous violer, vous jeter des maléfices ou appliquer un savant mélange de ces options.

Perle battit des cils puis fit la grimace en réalisant que son calvaire aurait pu être sérieusement pire. Severus prit une gorgée et reposa son verre.

- Ceci dit, je n'avais jamais eu à m'occuper d'un prisonnier et … j'admets que j'ai peut-être mal évalué vos besoins, dit-il avec l'air de quelqu'un qui n'aime pas trop avouer ses tors.

La jeune femme le regarda pensivement. Ça se tenait tout de même. Il était vrai qu'après ça, il ne l'avait plus jamais privé de l'essentiel.

- Ouais … je comprends. J'apprécie … et bien, de vous vous en soyez tenu au minimum.

Il approuva comme s'il n'avait jamais douté de sa bonté.

- Mais il y a une chose qui …

Indécise sur la meilleure manière d'aborder le sujet, elle soupira et prit une grande gorgée de vin.

- Je suppose que vous voulez parler du soir où vous êtes venu dans ma chambre, dit-il du ton las d'un homme qui sait qu'il n'y échappera pas.

- Oui … enfin … Ce que je veux dire c'est que …

Bordel, comment parler de ça avec les mots justes …

- Parce que ce soir là, c'était … C'était vraiment ...

- C'était de la légilimencie.

Elle se recula pour le regarder gravement.

- Quoi ? Vous avez lu dans ma tête pendant qu'on baisait ?

- Non. C'est une autre forme de légilimencie. La légilimencie érotique. Je n'en connaissais rien et j'ai été aussi surpris que vous. Même si je ne suis pas très « expérimenté » comme vous dites, il était évident que ce n'était pas un phénomène normal. J'ai trouvé quelques renseignements depuis mais il y a peu d'informations. Sûrement parce que cette forme de légilimencie n'est pas courante. Elle exige des circonstances très précises pour se produire.

- Quelles circonstances ?

Il prit une gorgée puis posa son verre lentement.

- La légilimencie est un art complexe qui exige une grande discipline mentale. Le sorcier doit être en parfait contrôle de son esprit et de ses pensées. La légilimencie érotique implique au contraire un contact incontrôlé. Un complet lâcher-prise. Les sorciers formés ne sont plus capables de procéder de cette façon. Pour y arriver, il faut être un legilimen de très haut niveau, assez pour que la maîtrise de ce pouvoir soit devenu presque instinctive ou encore être un légilimen sans aucune formation comme vous. Et les deux cas sont plutôt rares.

- Je suis legilimen ? dit-elle plissant le nez incrédule.

- Oui. Vous obtenez des informations sur les gens en les regardant dans les yeux, assura-t-il.

Elle approuva étonnée.

- Heu … oui mais … tous les sorciers font ça, dit-elle du ton de l'évidence.

Il hocha la tête pour la détromper.

- Non. Vous n'avez sûrement pas eu un parcours académique normal sinon on aurait remarqué vos dispositions. Les élèves doués en legilimencie sont particulièrement surveillés aux examens.

Perle le dévisagea avec étonnement.

Il avait raison. Ses parents voyageaient tellement qu'elle n'avait jamais passé une année complète dans la même école. Bordel, pour une surprise. Alors c'était pour ça qu'elle arrivait à deviner aussi facilement les désirs les plus secrets de ses clients …

- Mais dans ce cas, pourquoi je suis seulement capable de voir les pensées des hommes ? Et bien … dans mon métier. Vous voyez ce que je veux dire.

Il haussa les épaules en prenant une gorgée de vin.

- J'imagine qu'à force de l'utiliser inconsciemment de cette manière vous êtes devenu habile dans ce genre de situation, supposa-t-il.

Perle regarda son verre pensivement. Bordel, c'était le jour J pour les révélations aujourd'hui. Elle était légilimen …

- Pour moi cette relation intime n'était qu'une façon de communiquer avec vous, dit-il en revenant à la discussion. C'était le seul moyen dont je disposais pour vous parler sans me trahir.

Perle fronça les sourcils.

- Mais je ne comprends pas … Si j'avais capté ce que vous disiez quelqu'un aurait pu le voir dans ma tête non ? dit-elle dubitative.

- Non. On aurait simplement cru que vous faisiez des idées. Tout le monde sait que les favorites ont ce genre de tendance.

Perle lui sourit, cynique.

- Oui. Jusqu'à ce que leur maître se fatigue d'elle et leur envoie un doloris bien placé.

Il la dévisagea un moment puis jugeant inutile de rétorquer, il vida son verre et le rempli à nouveau.

- J'avoue que c'était une stratégie peu commune, continua-t-il, mais en l'absence d'autre option cette approche était logique … Surtout que c'était votre métier. Je ne pouvais évidemment pas vous laisser vous tuer sans rien faire.

Elle lui jeta un regard méfiant mais … oui, elle devait reconnaître qu'il avait agi comme s'il voulait lui dire quelque chose, qu'il voulait communiquer avec elle. Même qu'elle se l'était dit plusieurs fois avant que tout devienne … dingue.

- Je reste persuadé que cette approche aurait fonctionné si ce phénomène n'avait pas en quelque sorte … brouillé les cartes, dit-il. Malheureusement ce contact s'est avéré assez troublant pour que … disons, que la raison première de ce rapprochement passe au second plan.

Le regard de Severus devint étrangement profond mais celui de Perle s'enflamma.

- Justement, dit-elle d'un air blessé. Alors quand le lendemain vous m'avez écrasé comme une merde j'ai failli devenir folle !

Elle le dévisagea d'un air accusateur.

- Vous étiez vraiment obligé de faire ça ?!

Il pinça les lèvres.

- Oui. Vous alliez m'insulter. Je n'avais pas le choix, dit-il sombrement. Si je n'avais pas réagi et que ça s'était su, les autres auraient pu penser que je m'étais attaché à une esclave. Une situation évidemment inacceptable. Pour eux un esclave vaut moins qu'un elfe de maison.

Perle grimaça. Pour ça, elle avait pu s'en rendre compte par elle-même.

- S'ils avaient eu le moindre doute sur notre relation, ils vous auraient torturée devant moi de la pire façon puis ils vous auraient tué pour m'enlever l'envie de recommencer. J'ai supposé que vous préféreriez être punie par moi plutôt que démembrée par eux, ajouta-t-il comme s'il la défiait de douter qu'il ait agi au mieux.

Perle le dévisagea prise au dépourvu. Évidemment, quand on voyait les choses sous cet angle … Elle détourna le regard et s'abîma dans son vin tandis que le silence tombait entre eux.

Alors c'était ça. Il l'avait torturé pour la protéger. … Il était vrai que ça collait avec ce qu'elle savait des mangemorts. Elle avait vu comment les maîtres agissaient avec leurs esclaves. Crabble avait tué la sienne devant tout le monde simplement parce qu'elle l'ennuyait.

Elle devait avouer que tout se tenait. Avait-elle la moindre raison de douter de lui ? Il fallait se rendre à l'évidence. S'il l'avait protégé son comportement devenait logique sinon tout ça ne rimait à rien.

- Écoutez … je suis désolé d'avoir pensé que vous étiez un conn…, je veux dire, quelqu'un de méchant. Je crois bien que vous méritez que je vous remercie de m'avoir sauvée, dit-elle sincère. Alors merci.

Il resta impassible et un peu étourdie par le vin, elle le fixa un long moment en silence.

- Ce n'est pas vrai que je croyais que vous vouliez juste assouvir des besoins normaux, dit-elle comme une confidence. Ce que j'ai cru c'est que vous m'aimiez … Ben à cause du truc de legilimencie et tout. Ça avait vraiment l'air de … Que vous m'aimiez quoi.

Elle haussa les épaules comme si elle savait bien qu'avoir pensé ça était stupide.

- Vous comprenez, je croyais que les choses allaient changer, continua-t-elle, alors quand vous avez réagi comme ça … comme si je n'étais rien pour vous, je l'ai vraiment mal pris.

- Je ne pouvais pas changer d'attitude, dit-il avec une étrange douceur.

- Ouais. Je comprends.

Elle fit tourner pensivement son verre entre ses doigts. Severus la dévisagea d'un air grave.

- Je vous demande pardon. Je n'aurais jamais dû vous approcher.

Perle le fixa étonnée. Il semblait vraiment sincère. Il baissa les yeux sur son verre et resta un moment en silence.

- Je n'ai jamais voulu vous faire de mal. Toutes les fois où j'ai dû vous en faire je vous assure que je n'y ai pris aucun plaisir. Au contraire. … Et c'est particulièrement vrai en ce qui concerne les évènements dont nous parlons, ajouta-t-il.

Perle se troubla. Elle ne l'avait jamais vu aussi vulnérable. Aussi touchant. Lui qui avait toujours été si fort, si froid, si dur, se tenait maintenant devant elle comme une vivante image du regret.

- Alors c'était pas vrai que vous vous en fichiez. De ce qui s'est passé entre nous.

Il la regarda avec sérieux.

- Non.

Dans ses yeux, Perle lut une émotion intense. Elle reconnu l'homme qu'elle avait vu ce soir là. Celui qui n'avait plus d'armure.

- C'est la plus belle chose que j'ai jamais vécu avec quelqu'un.

Ce fut comme si on enlevait de sur son dos une tonne de briques. Il l'avait aimé. L'affection qu'il avait eue pour elle était réelle. Tout était vrai.

- Vous êtes sérieux ? demanda-t-elle comme si elle avait besoin qu'il le confirme hors de tous doutes possibles.

Il soutint son regard et soudain elle pu lire ses désirs aussi facilement que ceux de tous les hommes.

Mais son désir n'était pas celui tous les hommes.

Il était absolu, puissant. Il le brûlait, il le consumait. Du moment où il avait couché avec elle, l'appétit de la chair s'était soulevée en lui tel un monstre exigeant. Depuis il se battait avec lui-même pour l'harnacher comme avant mais il n'y arrivait pas. En l'aimant ce soir là, il avait réveillé des instincts puissants et chaque fois qu'il la voyait, l'envie de l'aimer à nouveau le torturait. Elle le torturait présentement.

Puis elle redevint aussi aveugle que d'ordinaire. Ne percevant plus rien de lui.

- Oui. Je suis sérieux.

Elle le dévisagea longuement ; stupéfaite non seulement parce qu'elle ne se serait jamais douté qu'il la désirait mais surtout parce que ce désir furieux venait de s'emparer d'elle brusquement.

C'était la même envie dévorante qui l'avait saisi après avoir couché avec lui, juste avant qu'il la torture et la renvoie. D'ailleurs, si elle lui en avait tellement voulu, c'était justement en raison de ce désir irrépressible. Lui avait pu le contrôler avec sa tête tandis qu'elle n'avait pas eu d'autre choix que l'étouffer avec toute la haine qu'elle éprouvait pour lui.

Mais les règles venaient de changer. Tout cela n'avait été qu'une fable. Du vent. Rien n'était réel. Et il n'en restait rien. Rien excepté ce désir foudroyant.

- C'est pour ça que vous m'avez fui tout ce temps ? Que vous me regardiez à peine ? souffla-t-elle.

Il resta silencieux, étrangement incertain. Il avait laissé tomber le masque, il s'était ouvert à elle et avec toutes ses cartes étalées devant lui, il ne semblait plus savoir comment réagir.

En le voyant comme ça, une profonde excitation s'empara de la jeune femme. Elle réalisa qu'elle le voulait. Elle le voulait encore. Bordel elle le voulait comme elle n'avait jamais voulu quoi que ce soit.

- Vous y avez repensé parfois ? murmura-t-elle d'une voix pleine de sous-entendus.

Il la dévisagea un instant.

- Oui.

Perle se leva lentement et Severus l'imita. Elle s'approcha de lui et s'arrêta tout près.

- Et tu souffrais ? demanda-t-elle.

Les yeux sombres du sorcier la déshabillèrent avec une insondable convoitise.

- Plus que tu ne pourrais l'imaginer.

- Mais tu n'es pas revenu vers moi … chuchota-t-elle comme un reproche.

Il hocha imperceptiblement la tête.

- Jamais. Pas dans ces circonstances.

Perle soutint son regard de braise.

- Et maintenant ?

Comme si c'était la chose la plus naturelle du monde ils s'enlacèrent et leurs lèvres s'unirent avec transport. Severus se laissa aller comme on se laisse engloutir par l'eau fraîche et Perle fondit dans ses bras. Le retrouver l'enflamma et le baiser prit rapidement des accents passionnés qui la rendirent aussitôt folle de désir.

Elle saisit le devant de son pourpoint et en fit sauter tous les boutons d'un geste tandis qu'encore maître de lui-même, Severus glissait sa baguette dans son dos, ouvrant sa robe comme la lame d'un scalpel. Alors qu'elle le débarrassait en hâte de ses vêtements, il caressa sa peau velouté et la chair de poule courut sur lui. Elle se pressa enfin contre son corps et ce contact la plongea dans un tel état d'excitation qu'elle se sentit presque étourdie.

Elle recula puis se laissa choir sur le divan en l'attirant sur elle et il la suivit pour la couvrir, l'enveloppant de sa chaleur vibrante.

- Prends-moi, souffla-t-elle. Prends-moi tout de suite.

Il l'embrassa de nouveau comme s'il hésitait à aller si vite mais elle le saisit doucement pour le caresser de ses lèvres les plus charnues. Emporté par le désir, il se pressa à sa rencontre et sa chair s'épanouit pour l'épouser.

Il ferma les yeux comme s'il goûtait un met délicat, savoureux, hors de prix.

Ce moment, il en avait eu tellement envie ...

Avec précaution, son membre ferme ouvrit un passage dans son ventre transi jusqu'à ce qu'il l'emplisse et qu'elle se cambre de contentement. Elle le baigna d'une eau exquise et il se mit à glisser en elle comme dans ses rêves les plus somptueux.

Ses jambes s'ouvrirent, offertes, l'invitant à se nicher et à s'y prendre, l'attirant pour qu'il s'enferre et se délivre. Comme l'élève consciencieux qu'il avait été, il lui obéit avec application, soucieux de bien faire, mais elle n'en sembla pas satisfaite. Elle emmêla ses doigts aux cheveux de sa nuque et tira fermement comme pour le sortir de sa torpeur docile. Il grogna en s'enfonçant d'un coup brusque, involontaire.

- Oui, comme ça, gémit-elle.

Il la regarda gravement.

- Je ne veux pas te faire mal.

Perle sourit de sa naïveté. C'était adorable mais sérieusement elle en avait vu d'autres.

- Tu ne me feras pas mal, je te le promets, dit-elle en se soulevant pour s'offrir.

Il s'enfonça avec plus d'énergie mais il semblait toujours étrangement timide.

- Laisse-toi aller. Ne pense pas, souffla-t-elle.

Elle plongea ses yeux dans les siens pour qu'il y lise son désir mais elle perçut dans son regard quelque chose qui lui fit comprendre ce qui l'empêchait de lâcher prise. Il se sentait responsable. Avoir dû la torturer après ce qu'il avait vécu avec elle l'avait troublé au point où il s'en voulait encore et en ce moment il ne s'en rappelait que trop.

- Ce n'était pas de ta faute. Je ne t'en veux pas.

Elle l'embrassa tendement.

- Je te pardonne.

Et comme si c'était les mots magiques qui ouvraient une porte scellée, il se sentit soudainement libéré. Il perdit la tête et s'abandonna. Il jouit de son pardon comme s'il le lavait de ses chaînes, le graciait de tous les crimes, le délivrait de sa prison d'intrigues. Enivré par le plaisir, il laissa son corps s'épancher, viril et vivant.

Il avait gagné le droit de dénouer son corps et son âme.

Coucher avec cette femme, lui donnait l'impression de se libérer de ses serments. Il les avait honorés. Il avait protégé et sauvé ce qu'il haïssait. Il les avait tous sauvés. Il était enfin délivré de sa parole. Ses yeux s'embuèrent malgré lui et Perle bu à ses joues, puis à ses lèvres, l'apaisant de son corps.

- Je m'appelle Liz, souffla-t-elle contre sa bouche.

Tel un talisman, son véritable nom lui donna envie de se fondre en elle et de la connaître. Il plongea les yeux dans les siens et l'étrange magie joua de nouveau.

Son corps de femme devint un instrument sublime dont il se mit à jouer. Ses plaintes étaient une musique dont il écrivait chaque partition. Elle était telle une symphonie qui débordait d'une vie qu'il ne connaissait pas et par laquelle il fut submergé.

Soudain, comme un tonnerre imprévu, un bruit fracassant fit presque trembler l'univers.

Ils se regardèrent comme si ça n'avait rien à voir avec eux mais les coups reprirent de plus belle.

- SEVERUS ROGUE ! cria quelqu'un derrière la porte. OUVREZ ! JE SUIS ENVOYÉ PAR LE MINISTÈRE !

- Ne répond pas, souffla-t-il.

Il s'enfouit en elle, tournant le dos au monde et elle gémit de plaisir, oubliant le visiteur.

- SEVERUS ROGUE ! cria la voix en tapant encore plus fort contre la porte.

Ils étaient invisibles. Inatteignables. Hors du temps.

Une lumière bleue illumina le salon. Un patronus en forme de sanglier sauta au milieu de la pièce.

- Severus Rogue, le premier ministre intérim exige votre présence immédiatement !

Il saisit la couverture du divan qu'il jeta par-dessus eux et enfonça son nez dans le cou de la jeune femme.

- Ils survivront.

Et à la manière dont il la tenait contre lui, Liz se sentit comme un joyau serti dans ses bras.

Tandis que le patronus s'évaporait en fumée d'argent, le petit salon qui n'avait connu que malheurs, violence et tristesse s'emplit à nouveau de vie, de soupirs émerveillés puis d'extase jusqu'à ce que doucement, un silence feutré recouvre les amants enlacés ; désormais indifférents au mal et à la mort qui dans une autre vie, les avaient piégé.