Voici le second OS qui très court, mais qui j'espère vous plaira un peu quand même.
Les personnages appartiennent toujours à Akira Amano.
Et effectivement, il était revenu. Mais pas vraiment comme il l'avait imaginé. Il avait reçu cette lettre il y a une semaine déjà. Dedans, Hibari lui demandait de se rendre au collège Namimori à cette date précisément, pour le retrouver. Il lui demandait aussi d'attendre là-bas jusqu'au couché du soleil. Si à la fin de cette journée Hibari ne se montrait pas, il devrait alors le considérer comme mort, et rentrer immédiatement chez lui. Romario aussi devait être présent : « Si tu viens seul, en plus d'être inutile, tu seras un poids » il avait écrit. Dès qu'il l'eut reçu, il avait plusieurs fois essayé de le joindre pour avoir des explications, car il savait que quelque chose allait se produire, mais ne pas savoir quoi l'angoissait. Hibari avait écrit : « C'est un service que je ne peux demander qu'à toi seul. Cela pourrait décider de l'avenir des Vongola et de leurs alliés. Les choses peuvent encore changer. Mais il est inutile que je t'explique ça dans cette lettre. De toute façon, tu devrais pouvoir comprendre quand tu me verras. ». En effet, il avait compris. Mais il avait mis du temps, avant que l'information ne remonte à son cerveau, qu'il se demande si c'est une hallucination, qu'il se pince pour en être sûr, qu'il se remette de ses émotions.
Il était monté sur le toit du locale, qui se trouve sur le toit. Il y était depuis deux heures déjà. Romario devait être dans les environs, quelque part dans le collège. Le Hibari d'il y a dix ans aimait venir sur ce toit observer les nuages, puis s'endormir, bercé par le chant de l'Hibird. D'ailleurs, la petite boule de plumes jaunes n'était jamais bien loin. Il avait rarement pu l'observer ainsi, mais c'était l'un des rares moments où Hibari était complètement détendu, où ses sourcils n'étaient pas froncés, où son visage s'apaisait. C'était probablement dans ces moments qu'il était le plus beau.
Il se souvenait des heures qu'ils avaient passées à s'entraîner sur ce toit, dix ans auparavant, lors du conflit des anneaux contre la Varia. Lors de leur première rencontre, il ne l'avait d'abord considéré que comme un enfant à problèmes, et dont la force pourrait être utile à Tsuna.
En y réfléchissant, il y avait déjà quelque chose chez lui qui l'attirait à l'époque, mais il n'en avait alors pas conscience. Au fil des jours, il avait prit plaisir à rejoindre le jeune homme pour leur entraînement quotidien. Kyoya n'était alors pas encore assez doué pour le battre, mais n'admettait jamais la défaite, et se relevait toujours. Cela avait quelque chose de jouissif, car à chaque fois sa fierté en prenait un coup. Et chaque fois, il revenait en se battant plus furieusement encore, ce qui rendait leurs combats de plus en plus violents. Dino prenait aussi plaisir à se battre contre lui, car c'était un adversaire redoutable qui progressait constamment. Mais le potentiel de Kyoya était énorme, en cela il l'effrayait autant qu'il le fascinait. Ce garçon avait-il des limites ? Même s'il le dominait, lui aussi avait reçu de nombreux dégâts lors de cet entraînement, et Hibari semblait avoir une endurance à toute épreuve.
Il y avait pensé, bien après. Dino avait apprécié être le tuteur d'Hibari, mais pas seulement pour son potentiel, il aimait simplement le regarder. Sa silhouette, par moment féline, bougeait bestialement lorsqu'il combattait. Ses assauts étaient brusques et féroces, sans pitié, et son regard glacé pouvait facilement pétrifier les personnes les plus impressionnables. Il était comme une bête sauvage, une bête solitaire et agressive, ne cédant devant rien, toujours forte et sûre d'elle. Et Dino avait tenté de le dompter, mais quand il pensait avoir enfin réussi, l'animal ressortait à chaque fois les crocs. Il était comme intouchable.
Il était encore plongé dans des souvenirs nostalgiques lorsque un bruit le fit sursauter. Le bruit lourd d'une porte qui grince. La porte juste en-dessous lui. Une tête noire apparue, avec une boule jaune dessus. Il n'y avait aucun doute sur l'identité de la personne. Il allait l'appeler, mais un détail le frappa au moment où il ouvrait la bouche. Pourquoi Kyoya porte-t-il son ancien uniforme scolaire ? Puis il réalisa. Hibari avait grandi, son uniforme ne lui irait plus maintenant. Mais alors...
Il l'observa plus en détail. Cette silhouette n'était pas exactement la même que celle de leur époque, mais bien qu'elle soit quelque peu différente, elle lui était toujours bien trop familière. Ses cheveux étaient un peu plus long que le lui adulte aussi... Mais il y avait quelque chose dans son regard qu'il ne connaissait pas. Pour la première fois depuis qu'il l'avait rencontré, Hibari paraissait troublé. Perdu aussi, peut-être. Dino se surprit à le trouver adorable. Lui ? Adorable ? Le jeune homme aux cheveux noirs se dirigea vers les grilles de sécurité, Hibird toujours logé sur sa tête, et regarda au loin. Dix années étaient passées, Namimori avait quelque peu changé, tout en restant la même. Cela devait le réconforter. Dino avait du mal à imaginer ce qu'il ressentirait s'il était éjecté dix ans dans le futur de cette manière. Cela devait être très perturbant.
Hibari resta sur le toit tout l'après-midi. Dino avait envoyé un message à Romario pour lui dire ne pas remonter tout de suite. Il voulait pouvoir l'observer ainsi longtemps encore. A la fin de l'après-midi, des rires se firent entendre dans la bâtiment d'à côté. Et encore une fois, Dino fût submergé de chaudes émotions lorsqu'il les vît tous, tels qu'il les connaissait il y a dix ans. Il versa une larme en voyant ainsi celui qu'il considérait comme étant son petit frère, bien vivant, et souriant. Il se promit qu'il leur rendrait visite. Mais maintenant, il était l'heure de s'y mettre, il avait perdu trop de temps dans ses contemplations, et du temps, ils en avaient bien peu.
A un moment, il avait songé que... Hibari savait. Le Hibari de cette époque savait qu'il serait remplacé par celui qu'il était il y a dix ans. Et dans l'état actuel des choses, il n'y avait qu'une seule chose qu'il puisse faire, comme dans le bon vieux temps. Hibari était allongé, et contemplait sa boîte d'un air songeur. Dino sourit. Il allait pouvoir le surprendre. Il chassa tous ses doutes et toutes les questions qui lui occupaient l'esprit. Il y a dix ans, Hibari ignorait ses sentiments. Il ne s'était encore rien passé. Peut-être était-ce un coup du sort, peut-être pourrait-il changer les choses... Non. Il se devait d'agir comme il le faisait il y a dix ans. Il prépara son visage le plus fier, il devait paraître sûr de lui. Après tout, cet Hibari ne savait rien, il n'y avait donc aucun embarras à avoir. C'était bien mieux ainsi.
_ Ces gars... sont vraiment en forme ! Ils donnent l'impression de n'avoir aucun problème, je n'ai pas à me soucier d'eux pour le moment.
Hibari réagit au quart de tour. Sans chercher à comprendre, il s'était tout de suite relevé, tonfas sortis, prêt à se battre.
_ Ne te précipite pas, je vais t'entraîner correctement.
Oui, comme dans le bon vieux temps, tout irait bien.
