Un chapitre où la fic justifie son rating. Gentes damoiselles et damoiseaux, veuillez prendre garde.
Avec une appréhension qu'il n'arrivait pas à s'expliquer, Severus monta les marches de son ancienne chambre et jeta un coup d'œil dans la pièce. Au fil des semaines, Liz en avait fait son petit domaine privé. Elle avait fait apporter un lit plus grand, la commode branlante avait été changée pour un joli bureau blanc et dans le coin, une vanité aux grands miroirs croulait sous les pots de crème, les couleurs, les pinceaux et les rouges.
Elle était assise sur l'adorable petit banc de bois et se maquillait, cintrée dans une robe bleue scandaleuse. Des rubans la fermaient en courant dans son dos mais il n'y avait pas grand-chose à attacher. De ce que Severus pouvait en voir, il y avait plus d'ouvertures que de tissus et le peu qu'il y avait était outrageusement transparent.
- Liz …
Elle sursauta brusquement en se retournant.
- Bordel, tu m'as fait peur.
- Visiblement tu ne t'attendais pas à me voir, dit-il d'un air sombre.
- Non, justement. Et en plus tu marches comme un foutu chat.
Elle se retourna vers le miroir pour constater les dégâts.
- Tsst, tu m'as fait manquer ma ligne, dit-elle en prenant un coton. Toi et le maquillage, je te jure …
- Où vas-tu ? demanda-t-il en regardant sa robe comme s'il allait vomir
- Maria m'a demandé de l'aider. Je t'en ai parlé, c'est une amie du Haut-pavé.
- Aider … À quoi ?
- Ben pour un client, dit-elle comme si sa question était stupide. Plusieurs en fait. C'est pour un groupe.
Le silence devint lourd tandis qu'elle effaçait soigneusement la ligne ratée avec le coton.
- Un groupe …, dit-il d'une voix blanche.
- Mmm. Des ambassadeurs quelque chose comme ça.
- Tu comptes aller te … prostituer, dit-il le cœur au bord des lèvres.
- Je suis une prostituée, dit-elle en recommençant sa ligne.
- Non. Tu ne l'es plus.
- Et ben pour une surprise …, dit-elle en peignant sa paupière avec application.
- Tu vaux mieux que ça.
- En fait le problème est inverse. C'est le métier qui vaut mieux que tu crois.
Severus trembla d'impuissance et la panique le saisit. Il ne voulait pas que quiconque la touche. Il ne voulait pas qu'elle y aille. Il voulait qu'elle reste avec lui.
- Je ne garderai pas une sorcière de rue sous mon toit ! cracha-t-il menaçant. Si tu sors d'ici pour aller te faire …, il grimaça écœuré, inutile de revenir !
Liz battit des cils pour juger de sa ligne de khôl et satisfaite reboucha la fiole. Elle haussa les épaules avec indifférence.
- Je comprends. C'est pas grave. J'irai rester chez Maria.
Évidemment, elle savait que ce jour arriverait. C'était le moment classique. Celui où l'homme qui s'était attaché à une sorcière de rue réalisait soudainement ce que ça impliquait. Neuf fois sur dix, ils faisaient exactement cette tête de déterré qui signifiait que le temps était venu de se dire adieu.
Sérieusement, elle n'en pouvait plus de rester enfermée dans cette piaule. Dommage parce qu'il était un sacré bon coup. Même que ça devenait dingue parfois avec ce truc de legilimencie. Pour être honnête, elle éprouvait quelque chose de vraiment spécial pour lui. Mais bon, tous les métiers ont leurs inconvénients. D'ailleurs il y avait un bail qu'elle était rompue à ce genre de sacrifice. Toutes les sorcières de rue vous le diront, tomber amoureuse est aussi stupide que suicidaire.
Severus tenta de reprendre sur lui.
- La Rue des soupirs n'est pas encore sûre, argumenta-t-il en désespoir de cause. Les autorités ont trop à faire.
- Je sais. On va au Saint-Antoine, dit-elle en enroulant ses cheveux autour de sa baguette.
Le sorcier serra les mâchoires si fort qu'une veine se mit à battre sur sa tempe.
- Liz …, dit-il d'une voix blanche. Ne fais pas ça.
- J'en ai assez d'être coincé ici à ne rien faire, trancha-t-elle en retirant sa baguette avec précaution.
Il blêmit de rage et une fureur incontrôlable s'empara de lui.
- Non. Tu n'iras pas !
Liz le regarda comme s'il dérapait sérieusement.
- Heu … Excuse-moi mais je fais ce que je veux.
Il marcha sur elle et lui saisit le bras.
- Je t'interdis d'y aller ! ordonna-t-il furieux.
Avant même de comprendre ce qui lui arrivait, Severus fut brusquement projeté contre le mur et sa robe s'arracha avec un grand bruit de déchirure. Jaillissant de la tapisserie, des lanières de cuir noir cloutées s'enroulèrent autour de ses bras, de sa poitrine et de ses jambes pour l'immobiliser et une muselière de cuir se boucla sur son visage en claquant. Il tenta de se déprendre mais c'était peine perdue.
- Toi c'est la dernière fois de ta vie que tu me parles comme à un putain de chien ! cracha Liz furieuse.
Elle leva sa baguette. Un fouet d'un vert lumineux en jaillit et Rogue comprit soudain à quel point il était en mauvaise posture. Elle lui décrocha un coup vicieux qui claqua sur sa cuisse et son cri de douleur fut étouffé par la muselière.
Elle le regarda en souriant.
- Alors ? Avoir un maître ? C'est bien non ?
Le fouet claqua de nouveau en laissant une vilaine marque rouge sur sa poitrine. Il cria d'une voix étouffée et tenta vainement de se déprendre.
- Tu te crois mieux que moi pas vrai ? Mais quand tu allais t'agenouiller devant ton foutu seigneur des ténèbres c'était pour te faire BAISER toi aussi ! cria-t-elle en le fouettant. Tu te laissais ENCULER comme un CON ! T'es pas mieux que MOI !
Elle l'avait flagellé à chaque gros mot et ses yeux brillèrent de satisfaction devant les marques cuisantes qui le zébraient.
- Bordel ! Ça, ça fait trop de bien ! Mais tu sais quoi ? Je crois que ce sera encore mieux de t'entendre hurler.
La muselière s'évapora et le fouet claqua sauvagement sur son bras.
Il cria de douleur et Perle le fixa avec ravissement. Elle leva sa baguette pour lui infliger une nouvelle correction.
- Je t'aime ! dit-il désespéré.
Elle le fixa incrédule et le fouet s'enroula par terre comme un serpent.
- Ce que tu aimes c'est de me baiser.
- Non, souffla-t-il en la regardant fixement.
- Tu ne m'aimes pas. Sinon tu ne me parlerais pas comme ça ! dit-elle cinglante.
Il hocha la tête.
- Je ne sais pas … parler.
- Et ben essaie, dit-elle bravache.
Il la dévisagea un long moment.
- S'il te plait … N'y vas pas, souffla-t-il.
Elle ne sembla pas des plus émue.
- Tu veux que je te supplie ? demanda-t-il sérieux.
Elle haussa un sourcil incrédule.
- Je t'en supplie, dit-il étonnamment sincère.
Liz tout de même touchée, soupira brusquement.
- C'est mon métier. Ne viens pas me dire que tu ne le savais pas !
- Tu n'es pas forcé de faire ça.
- C'est exact. J'ai choisi de faire ça. Librement.
- … Ne le fais pas, dit-il en hochant la tête.
- Alors je fais quoi ? J'attends ici sagement que ça te dises de venir me sauter ? C'est ça mon nouveau plan de carrière ?
- Ne le fais pas, c'est tout.
- Dis donc, tu vis dans un putain de conte de fée toi.
Le fouet claqua sur sa poitrine en lui arrachant un nouveau cri mais il ne se débattit pas.
- Détaches-moi, grogna-t-il.
- Non toi détaches-moi ! Tu crois que tu peux décider à ma place ?
Il la regarda avec sérieux.
- Dis-moi ce que tu veux faire d'autre. Je t'aiderai.
Elle haussa les épaules et réfléchit un moment.
- La piraterie ça me dirais bien.
Il soupira en hochant la tête.
- Allez quoi. Tu pourrais même venir avec moi. Donner des ordres à tout le monde avec une tête d'enterrement c'est dans tes cordes.
Il releva le menton en la fixant altier.
Métier oblige, Liz avait fait ses classes de sado-maso et le plus souvent les victimes avaient l'air misérable. Mais pas lui. Lui il se braquait. Il la défiait tandis que son corps mince bardé de stries restait droit sans redouter les coups.
Elle détailla son corps nu avec un regard intéressé.
- Tu sais que t'es vachement beau comme ça ?
Le fouet se volatilisa tandis qu'il la fixait, sombre et fier malgré sa position peu reluisante.
Elle s'approcha de lui et laissa courir ses doigts sur les traces rouges qui barraient sa poitrine meurtrie. Il serra les dents et son regard devint brûlant.
- Mais c'est que ça te plait …, dit-elle coquine.
Elle l'embrassa passionnée puis lui mordit la lèvre. Il grogna en se dressant contre elle.
-J'aurais dû m'en douter, murmura-t-elle. Un ancien mangemort, forcément …
Elle plongea les yeux dans les siens en lui griffant lentement les fesses et ce qu'elle y vit lui fit réaliser qu'il y avait là matière à se divertir pour un bon moment. Évidemment, c'était le genre de surprise qui valait bien qu'elle diffère un peu son retour sur la Rue des soupirs.
- Pauvre petit. Je crois bien que tu as assez souffert.
Elle lui caressa la joue tendrement.
- J'ai été vilaine … Vraiment très vilaine avec toi. Alors maintenant sûrement que je dois me faire pardonner.
La respiration du sorcier s'accéléra tandis qu'il la dévorait des yeux.
- Tu crois que tu le mérites ?
Il ne répondit pas. Elle enfonça sa baguette sous son menton.
- Tu le mérites ? insista-t-elle.
Il hocha imperceptiblement la tête.
Elle le fixa un moment puis, satisfaite, elle descendit lentement contre son torse pour s'agenouiller devant lui. Excité avec violence, il ressentit la caresse avec une intensité si saisissante qu'il comprit qu'elle avait raison. Ça lui plaisait.
Même que ça lui plaisait beaucoup.
Vraiment beaucoup.
Tellement qu'il cria d'avantage que sous les coups de fouet. Puis hébété, il resta sans force, épinglé au mur, en ayant peine à en croire ses sens.
Elle se releva d'un air narquois et s'en fut au miroir où elle se démaquilla en prenant son temps puis elle lui jeta un coup d'œil.
- J'ai presque envie de te laisser là. Mais j'imagine que ça te ferais plaisir de m'enlever cette robe toi-même.
Avec une indifférence étudiée, elle le visa de sa baguette et les lanières de cuir furent avalées par la tapisserie où elles disparurent.
Il l'observa un moment, impénétrable, puis il s'approcha et se plaça derrière elle. Lentement, il délassa le ruban et laissa la robe choir à ses pieds.
- Brûle-là, ordonna-t-il en la regardant dans le miroir.
- Elle a coûté cher, dit-elle.
- Tu n'en auras plus besoin, assura-t-il.
- Je ne gagerais pas là-dessus, dit-elle en le toisant avec impertinence.
La main du sorcier entoura son cou comme pour l'étrangler. Sur son bras, les marques de lanières lui faisaient comme un tatouage sauvage.
Il la regarda fixement dans la glace.
Elle allait lui payer ces coups de fouets.
Triple tarif.
Il serra sa gorge d'un air inquiétant et Liz sentit monter une sourde excitation. Pour sûr, des séances terriblement intéressantes se dessinaient à l'horizon. Elle gémit en sentant son souffle chaud sur sa joue. Il saisit un sein prisonnier de ses dentelles noires et l'étrangla d'avantage de son autre main.
Ce n'était pas avec tout le monde qu'elle appréciait la manière forte mais avec lui, il n'y avait aucun doute.
Il n'avait rien d'un pervers ou d'un détraqué. C'était un naturel. Une force de la nature. Il était puissant comme le métal. Froid et dur, impossible à faire plier. Pourtant elle l'avait soumis à elle. Pire, il avait adoré. Alors maintenant bien sûr, il lui en voulait beaucoup.
Il la dévisagea comme un fauve dans le miroir. Son regard disait qu'elle avait réveillé le prédateur en lui et qu'elle allait devoir en subir toute la férocité.
Mais elle n'avait pas peur. Il lui permettait de lire ses désirs et elle savait que cette férocité était froide. Profonde. Jubilatoire. Il voudrait qu'elle aime ce qu'il lui ferait parce ce serait sa façon de gagner. Il n'avait aucun intérêt à ce qu'elle s'effraie et l'implore. Il voudrait qu'elle se batte. Parce que sa victoire serait de la vaincre, la faire capituler, la tenir impuissante entre ses mains puis la dévorer sauvagement comme sa proie.
C'était comme ça qu'il prendrait son pied et Liz frissonna de désir. Elle releva la tête pour lui offrir sa gorge, toute disposée à faire les frais de sa vengeance.
Il la lâcha et elle vit sur son cou la marque de ses doigts. Bordel, elle était en feu. Mais lui l'était encore d'avantage et de loin. Il était pratiquement dans un état second et Liz eut le temps de songer qu'il était vraiment craquant avec ce regard meurtrier.
Sans avertir, il saisit son soutien-gorge par le devant et l'arracha violemment, Il le déchira si brusquement qu'emportée par l'élan, elle perdit l'équilibre et tomba. Il se jeta sur elle et tout en la maintenant par terre d'un bras, il déchira sa culotte de dentelle comme un forcené. Liz éclata d'un rire exalté qui cessa abruptement lorsqu'il enfoui la tête entre ses jambes pour la déguster avec une avidité impitoyable. Elle gémit, étrillée par sa langue brûlante et ses succions brutales. Il secoua la tête avec frénésie comme un guépard déchirant de la chair et fut prit d'une telle rage de se repaître d'elle qu'il finit par la mordre.
- Ça va pas ! cria-t-elle en sursautant.
Elle le frappa en lui tira les cheveux pour tenter d'échapper à ses crocs. Il grogna et se releva d'un mouvement vif. Il la saisit sous les bras et la traîna jusqu'au lit où il la jeta comme un sac. Il grimpa sur elle, l'emprisonna entre ses genoux et la gifla sauvagement. Elle cria de surprise et il l'étrangla de nouveau avec un air de brute. Il tint son visage féroce presque contre le sien. Elle avait intérêt à se soumettre ou il ne répondait plus de rien. Il lui mordit la joue et elle le griffa. Il cria de douleur et se releva enragé.
- Gifle-moi encore, dit Liz follement excitée.
Il la gifla de toute sa force puis l'empoigna par les cheveux et l'immobilisa sur le dos avec rudesse. Il ouvrit ses jambes et la pénétra brutalement. Elle cria tandis que son corps agressif la prenait comme un mangemort, la ravageant sans la moindre pitié. En grognant comme une bête, il la baisa avec toute la violence qui l'habitait jusqu'à qu'elle jouisse sous ses coups de reins enragés, conquise par sa fureur.
Lorsqu'elle se calma, il la jeta devant lui pour la retourner sans douceur et debout derrière elle, il la reprit. Il l'embrocha d'un coup brutal, vicieux. Ignorant ses plaintes, il empoigna sa chair à la faire saigner et la culbuta avec une puissance impériale, souveraine. Il la domina, déchaîné et elle se cambra pour qu'il la baise encore plus fort, plus violemment. Grisé par sa docilité, il cria tandis qu'il se déversait en butant sauvagement au fond d'elle et qu'elle jouissait de nouveau, mêlant ses cris aux siens.
Il resta appuyé contre elle, secoué de spasmes, les doigts agrippés à sa chair, la tête penchée et les cheveux en désordre. Il s'enfonça une dernière fois comme pour s'assurer qu'elle était bien en son pouvoir. Et elle l'était. Elle avait aimé ce qu'il lui avait fait et cet abandon en était l'ultime récompense.
Il la libéra et elle s'effondra sur le côté alors que lentement, il se couchait près d'elle, étourdi par le plaisir et la sauvagerie.
Il resta immobile à écouter le rythme de son cœur diminuer tandis que son souffle s'apaisait.
Il éprouvait un calme profond et bienfaisant qu'il ne se rappelait pas avoir souvent connu et il réalisa que c'était parce qu'il lui manquait quelque chose.
Il lui manquait la violence familière.
Cette violence qui l'avait toujours habité, qui l'avait parfois dominé et qu'il avait appris à craindre, soudain, il ne la percevait plus.
Il s'en étonna.
Avait-il déjà été délivré de cette violence auparavant ?
Oui. Lorsque mangemort il avait torturé, détruit, blessé. Il s'était senti apaisé même s'il lui en était souvent resté un goût amer. Comme son père lorsqu'il se battait dans les bars et qu'il frappait sur sa mère ou sur lui. Cet homme lui avait transmis sa violence tel un héritage empoisonné.
Mais ce soir, il avait pu exprimer ce qu'il portait de plus sombre, de plus sauvage et de plus malsain sans faire le moindre mal. Avec cette femme, il avait été agressif, cruel, sans pitié et il lui avait fait du bien. En aimant le mangemort en lui, elle l'en avait délivré.
Il ressentit un élan de gratitude. Une impression étrange dont il ne sut trop que faire.
Il tourna la tête pour la regarder.
- Tu as des marques de dents sur la joue, lui annonça-t-il.
- Et tu va payer pour ça, dit-elle d'une voix plein de sous-entendus.
Il en fut étrangement électrisé.
- Je te ferai un onguent. Rien n'y paraîtra.
- Tu as intérêt. Tu imagines de quoi j'aurais l'air ? Bordel, je serais forcée de retourner avec les cinglés du SAM.
- Ne dis pas ça …
- Je blaguais.
Ils restèrent en silence un long moment.
- Sev …
Elle le regarda d'un air entendu.
- T'es un sacré bon coup.
Il posa la main sur sa cuisse comme pour lui rendre le compliment et elle se tourna pour se blottir contre lui. Il n'avait aucun penchant pour les câlins mais pour l'instant, il ne ressentait pas le besoin de les repousser. Après la folie d'une passion aussi brutale, la douceur innocente de cette étreinte lui parut presque rafraichissante. Il l'enlaça tendrement et il lui sembla que tout était parfait.
Alors il en fut certain. Cette femme lui convenait. Et il la voulait. Terriblement.
