Assis immobile dans le fauteuil du salon, Severus attendait.
Le tic tac de l'horloge lui semblait devenir plus agressant à mesure que les minutes s'égrenaient avec une lenteur d'escargot. Il soupira sombrement en tapotant le bras élimé du fauteuil, serra les mâchoires en faisant saillir les muscles de ses tempes puis tapa du pied comme si cela pouvait aider d'une quelconque façon à faire avancer le temps plus vite.
Enfin, la bibliothèque s'ouvrit sur sa compagne qui fit une entrée triomphale.
- Alors ? Qu'est-ce que tu en penses ?
Elle tourna lentement devant lui pour se laisser admirer. Il se leva sans lui prêter la moindre attention.
- Peu importe ce que j'en pense puisque nous sommes en retard et que même si tu étais de la dernière indécence, tu n'as pas le temps de te changer, dit-il en entrant dans la cheminée.
- Non mais je rêve ! dit-elle incrédule.
Elle croisa les bras en haussant un sourcil moqueur.
- Si jamais tu vois que je refais l'erreur, rends-moi service. Rappelle-moi que je me suis juré de ne plus jamais sortir avec un homme qui n'a aucune expérience des femmes.
Severus pinça les lèvres. Il détestait quand elle le ramenait à sa qualité de conjoint novice. Il lui lança un regard courroucé.
- Maison de Horace Slughorn, dit-il en jetant brusquement la poudre de cheminette à ses pieds.
Les flammes vertes tourbillonnèrent devant ses yeux puis disparurent devant un bureau outrageusement garni de livres, de médailles, de photos et de centaines de babioles.
- Ah ! Severus Enfin ! s'écria Horace en s'avançant l'air soulagé. Je ne vous attendais plus mon cher ami ! Vous qui êtes toujours si ponctuel !
- Horace, dit-il avec un signe de tête. Désolé pour le retard.
- Tout va bien j'espère, demanda Slughorn qui s'était visiblement inquiété.
Severus haussa un sourcil blasé qui fit sourire le gros sorcier tandis qu'une flamme verte embrasait à nouveau l'habitacle.
- Voilà sûrement la responsable de ce retard, dit Horace en fin renard.
Le feu s'éteignit, laissant apparaître une sorcière tout de gris vêtue.
Horace esquissa un sourire de bienvenue mais il en resta soudain comme deux ronds de flan.
Un instant il cru que Severus avait emmené quelqu'un d'imprévu mais le bras qu'il tendit à la jeune femme pour l'aider à sortir de la cheminée lui confirma que c'était bel et bien la dulcinée tant attendue. Évidemment, il s'était imaginé une sorcière guindée et sévère ou alors sérieuse et réservée. En bref, tout le contraire de l'heureuse élue.
Elle lui souriait ouverte, sympathique, nullement timide et dégageait une sensualité indéniable. Cintrée dans une robe grise élégante mais beaucoup trop sobre, c'était le genre de femme à qui sied les soieries, les plumes ou le satin beaucoup plus que les lainages gris souris. Ses cheveux bruns étaient attachés sans artifices mais quelques boucles s'échappaient en tournoyant comme si elles étaient trop indociles pour une coiffure aussi sévère. Malgré tous ses efforts pour paraître sage, elle avait l'air d'un feu follet enjoué et un peu canaille qui virevolte de-ci de-là selon son bon plaisir ; autrement dit la dernière femme qu'il eut pensé voir au bras du ténébreux directeur.
- Horace, je vous présente Liz.
Le professeur revint de sa surprise et tendit la main.
- Liz, c'est un plaisir ! Qui aurait cru que Severus nous présenterait un jour une femme aussi charmante mais regardez-vous ! s'exclama-t-il ébloui d'étonnement.
Il lança à Rogue un regard totalement incrédule.
- Monsieur Slughorn, je suis enchantée, dit Liz en riant.
- Appelez-moi Horace, j'insiste, j'insiste !
- Très bien, Horace.
Liz lui sourit ravie de l'accueil et, déformation professionnelle, sut que c'était le genre de sorcier qui aimait être épaté au lit, qu'il appréciait les petites attentions raffinée, les sortilèges rares et étonnant mais qu'une fois bien diverti il préférait s'en tenir aux classiques pour terminer l'affaire.
Il se retourna comme s'il s'attendait à voir quelqu'un.
- René, mon cher ! Où est-il enfin ? Il était juste là …
- Ais-je entendu mon nom ? dit une voix précieuse et maniérée.
Un homme dans la cinquantaine entra un verre à la main en compagnie d'une femme d'un certain âge à la beauté époustouflante.
- Mais où étiez-vous ?
- Il y a une demi-heure que nous attendons. J'étais allé me chercher à boire ne vous en déplaise. Vous vous rongiez tellement les sangs que vous ne vous en êtes même pas rendu compte.
Severus jeta un regard pesant de reproches à sa compagne.
- Veuillez excuser ce retard hors de ma volonté monsieur Bellefeuille. C'est un très grand honneur n'en doutez pas, dit Severus en s'inclinant.
- Tout l'honneur est pour moi cher monsieur Rogue. Cette attente n'était rien du tout ! Permettez que je vous présente mon épouse Fabiola.
- Madame, dit Rogue avec un signe de tête. Puis-je vous présenter Liz.
La jeune femme s'avança en souriant. Fabiola lui serra la main avec chaleur tandis que René la prit mollement pour la laisser tomber aussitôt. Liz sourit à l'herboriste qui n'était pas trop du genre s'éclater au lit. Pipe et missionnaire, c'était son truc.
- Et maintenant, si vous voulez bien me suivre je crois que notre cher Severus est plus qu'attendu par nos autres invités ! dit Horace qui ne se contenait plus d'impatience.
À le voir jubiler, Severus su aussitôt que le pire était à craindre. Il ne doutait pas qu'Horace allait le faire parader devant un parterre d' « invités de marque », c'est à dire des gens de qui il pouvait attendre un retour d'ascenseur en échange de leur avoir servi le fameux Severus Rogue sur un plateau. Il soupira déjà à bout. Qu'est-ce qui lui avait prit d'accepter de venir à cette stupide soirée ? Un moment de folie sans doute.
Mais peu importe, il était trop tard pour se défiler et il suivit leur hôte. Ce dernier se hâta de prendre la tête du cortège et avec une excitation qu'il avait le plus grand mal à dissimuler, il parcouru le petit couloir en criant.
- Mesdames et messieurs, la personne que vous attendiez tous avec la plus grande impatience ! Notre très cher Severus Rogue !
Un concert de cris et d'applaudissements s'éleva du salon, confirmant les pires craintes du sorcier. Non seulement Horace avait invité des fichus admirateurs mais il avait invité des admirateurs qui n'avaient aucune retenue.
À contrecœur, il sortit du couloir et leva les yeux sur l'assemblée. Aussitôt, il se figea comme une statue de sel. Une vive émotion le saisit qu'il fit de son mieux pour ne pas laisser paraître mais il n'y réussit pas très bien et son visage s'illumina de surprise.
Horace qui guettait sa réaction sourit de contentement et fier comme un pape, tint les pans de sa redingote tendu sur son gros ventre en savourant sa réussite. Ce n'avait pas été un mince exploit que de trouver des invités qui plairaient à son irascible directeur mais il était le Merlin des soirées et n'avait pas ménagé ses efforts.
Avec transports, les sorciers entourèrent Severus en l'acclamant et sous le regard stupéfait de Liz, il tapa l'épaule de l'un et serra la main d'un autre, visiblement ravi de les voir. Elle s'approcha de leur hôte qui se tenait un peu à l'écart.
- Horace, puis-je vous demander qui sont tous ces gens ?
- Mais bien sûr ! Ce sont les meilleurs élèves qui ont étudié à serpentard lorsqu'il en était le directeur, dit-il victorieux. Ses chouchous si vous préférez.
Facilement pour certains, à grand peine pour d'autres, il était parvenu à retracer et contacter tous les rares élèves qui pouvaient se vanter d'avoir été les favoris du maître des potions. Certains avaient fait le voyage d'Amérique, d'Europe et même d'Afrique. Ils étaient tous là. Une vingtaine de fiers serpentards qui avaient tenu à honorer dignement leur directeur de maison.
- Bien sûr ce sont tous des prodiges en potion aussi monsieur Bellefeuille ne devrait pas se sentir mis de côté trop longtemps, dit-il en regardant l'assemblée d'un œil expert.
Remis de sa surprise, Severus saluait les uns et les autres avec effusion.
- Monsieur Cartin vous avez doublé de volume ma parole.
- Ce sont les chamans du Niger monsieur. Je n'y peux rien, ils adorent la friture.
- Mademoiselle Williams ? Je vous croyais installée au Canada.
- En effet et je viens d'être engagée par la chaire de recherche sur les potions médicinale professeur, dit la sorcière. Entre autre grâce à votre lettre de recommandation.
- Je suis heureux de l'apprendre, dit Severus avec un signe de tête de félicitation. Mais n'est-ce pas monsieur Bedford que je vois derrière ? Toujours caché au dernier rang à ce que je vois.
- Toujours monsieur. C'est le meilleur endroit pour espionner, dit-il en faisant rire l'assemblée.
Severus se tourna vers un jeune homme blond à la mine un peu sombre. Il s'avança, mit une main paternelle sur son épaule en le regardant avec affection.
- Drago, je suis content de te voir.
- Moi aussi professeur.
Severus lui sourit et releva la tête pour regarder ses protégés.
- Vous le savez sûrement mais Drago a accompli des prouesses lors de cette guerre. Il est la fierté de notre maison.
Les serpentards applaudirent le jeune homme qui se redressa tandis que Severus continuait à saluer ses anciens élèves avec chaleur.
Qui aurait pu croire que Severus ait jamais aimé qui que ce soit mais devant ces joyeuses retrouvailles, il fallait se rendre à l'évidence. Il aimait ses serpentards.
- Je crois qu'on peut dire que c'est un succès, dit Horace rayonnant.
- C'est le premier vrai sourire que je lui vois, dit Liz qui n'en revenait pas.
Horace lui adressa un clin d'œil malicieux.
- J'avoue que c'est un phénomène plutôt rare. Même la presse n'a pas réussi à lui en dérober un seul et c'est étonnant vu le prix que certains journalistes seraient prêts à payer !
- Des photos de presse ?
Horace la dévisagea perplexe.
- Et bien … enfin oui, la presse, les journaux, les magasines … Vous savez bien.
Liz lui renvoya un regard inintelligent. Elle avait lu l'article qui parlait qu'il était peut-être un espion mais à part ça, elle n'avait rien vu d'extraordinaire. Surtout que Sev ne ramenait jamais le moindre canard à la maison. Mais comme dans les bordels on évitait les journaux, (c'était beaucoup trop sérieux) elle était habituée de vivre sans.
Le sorcier la fixa incrédule.
- Mais … ma pauvre enfant, dois-je comprendre que Severus ne vous a rien dit ?
- Quelque chose que je devrais savoir ? demanda Liz intriguée.
Le gros sorcier haussa des sourcils stupéfaits et éclata d'un rire joyeux.
- Ah ! Ma chère, croyez-moi, vous allez avoir besoin d'un verre. Sinon deux ! Mais commençons par le commencement. C'était mon élève en potion, il vous a dit cela au moins.
- Je crains que non.
- Mais c'est épouvantable ! s'écria Horace faussement insulté. Je dois remédier à cette situation scandaleuse !
- Moi je ne demande que ça, assura la jeune femme en riant.
- Rassurez-moi, vous savez au moins que Severus est un héro de guerre ? Pitié !
- Heu … et bien je sais qu'il était un genre … d'espion ?
- Un espion …, dit-il avec désespoir. Un espion !
Horace hocha la tête découragé.
- Ne rien vous dire …. C'est presque criminel ! En deux mois, il a eu droit à pfffft des centaines d'articles si ce n'est pas plus. Et tous plus élogieux les uns que les autres.
- Vous voulez rire …, dit-elle sûre qu'il blaguait.
- Mais pas du tout ! Je les ai tous collectionné. J'ai toutes les preuves nécessaires pour vous convaincre, dit-il en lançant finement son appât.
- Vraiment ? Et vous pourriez me les montrer ? demanda Liz qui avait peine à y croire.
- Mais bien entendu ! dit-il ravi qu'elle ait mordu. Mais je vous averti, Severus risque de m'en vouloir. Vous le connaissez. Surtout qu'il est mon patron, dit-il d'un air vaguement inquiet.
- Je ne voudrais pas vous causer le moindre problème. Si vous croyez que …
- Tut, tut, tut, dit-il en levant le doigt.
Il la dévisagea d'un air mutin
- Vivons dangereusement ! s'exclama-t-il avec bonhomie.
Il jeta un regard vers le directeur et ses chouchous qui étaient tout à leurs retrouvailles.
- Venez, chuchota-t-il. Surtout faites comme si de rien n'était. Avec un peu de chance, ils ne s'apercevront de rien.
Avec un clin d'œil, il lui tendit le bras joyeusement et elle s'en saisit en riant. Il l'entraîna en faisant mine de fuir subrepticement tout en rayonnant de joie.
Et pour être en joie, le sorcier l'était sans aucun doute.
Dans tout le pays, il ne se trouvait plus personne qui ne connaisse en détail les aventures de Severus. Si au début il avait eu son heure de gloire et plus que sa part d'attention, ses révélations sur le sorcier n'avaient plus aucun effet. À vrai dire, il était vite devenu impossible de surprendre qui que ce soit et pour avoir encore quelques succès, il en était maintenant réduit à inventer des histoires de toutes pièces. Mais aujourd'hui les astres s'étaient alignés en sa faveur et il tenait le plus épatant des publics.
Non seulement une sorcière vierge était une rare aubaine mais il s'agissait de rien de moins que la compagne de Severus en personne ! Le moment était trop beau pour attendre ne serais-ce qu'une seconde avant de profiter de cette merveilleuse friandise et c'est avec la plus grande hâte qu'Horace la conduisit dans son bureau.
Aussitôt entré, il indiqua l'immense bibliothèque.
- Voyez, les trois derniers étages sont tous pour Severus.
Liz fit de grands yeux, il y avait des centaines de papiers, de revues et de journaux de toutes sortes.
- Et encore tout a été réduit ! Sinon, il faudrait la bibliothèque au complet pour tout ranger, dit Horace en riant. Mais nous n'allons pas tout sortir car je suis un professeur prévoyant et j'ai déjà fait un tri des meilleurs articles justement pour un cas comme le vôtre ma très chère amie !
Il leva la baguette et pointa un coin rempli de cahiers reliés. L'un des plus gros s'envola vers eux et se posa sur le bureau. Tout excité, le sorcier tapota le volume qui reprit sa taille normale en un instant, celle d'un gros pavé.
- Allez-y ! Ouvrez-le, ne soyez pas timide voyons ! dit-il enchanté.
Liz lui sourit et curieuse, ouvrit le volume.
Sur la première page, un article avait été découpé et collé. On y voyait Harry qui marchait l'air abattu et tout égratigné. Il jetait un regard à l'objectif avec sa cicatrice bien en évidence puis sortait du cadre. C'était tout de suite après la bataille. Encadrée en plus petit dans un coin de l'image, se trouvait une photo où Severus faisait la tête. Une portrait officiel de l'école sûrement. Sous la photo un gros titre en lettres noires affichait « HARRY POTTER S'EXPLIQUE ! « SANS LE PROFESSEUR ROGUE RIEN N'AURAIT ÉTÉ POSSIBLE » ! » À côté, de minuscules feuillets accompagnaient la page titre. Pour sauver de l'espace, Horace avait réduit le reste de l'article à n'en pas douter.
- C'est à cause d'Harry Potter que les gens se sont intéressés à Sev ? demanda Liz.
Horace sourit d'un air malicieux.
- En fait les premiers jours, il y avait tant de rumeurs qui couraient que personne ne savait trop à quoi s'en tenir. Beaucoup croyaient que Severus était un mangemort et le ministère ne faisait rien pour dissiper les doutes. À mon avis, c'est pour cette raison qu'Harry a fait une sortie médiatique. Mais bien sûr moi je savais tout depuis le début, dit-il en se rengorgeant. J'étais là voyez-vous. Lors du duel entre Harry et … Vol … Hum, Voldemort.
- Vous étiez là ? dit Liz impressionnée.
- Oui et je me suis battu en pyjama si vous pouvez croire une telle chose ! dit Horace enchanté de pouvoir se vanter encore une fois de sa présence sur les lieux.
- Non …
- Oh mais je vous l'assure. Voyez par vous-même !
Il saisit une photo encadrée sur son bureau. Bel et bien en pyjama de soie vert émeraude, il était debout sur les marches de l'école démolie et posait fièrement pour l'objectif tandis que derrière lui des médicomages sortaient des blessés couchés sur des civières.
- Que voulez-vous, lorsqu'une guerre éclate sous votre balcon, on n'a pas toujours le temps de s'habiller pour l'occasion, dit-il en lançant sa petite boutade préférée pour la cent-millième fois au moins.
Liz rit en reposant la photo.
- Et vous avez vu tout le duel ?
- Oh mais pas que ça ! Toute la bataille ma chère ! J'y ai participé du début. Du début ! Et je me suis battu moi-même avec Voldemort en personne ! dit-il en oubliant de mentionner que McGonagall et Kinsley étaient présents avec lui.
- Mais vous ne disiez pas que c'était Harry Potter qui s'était battu avec Voldemort ?
- Ah oui mais seulement ensuite ! Harry a enlevé sa cape et Voldemort a abandonné notre combat, dit-il en omettant de spécifier qu'en fait, le mage noir l'avait envoyé bouler au loin. La tête qu'il a faite lorsque notre cher Harry est apparu … Si vous aviez vu ça !
- Mais … pourquoi il a parlé de Severus en plein duel ?
- Parce que ma chère, cette victoire nous la devons en bonne partie au rôle que Severus a joué ! Harry a tout déballé devant tout le monde ! Pour déstabiliser l'adversaire j'imagine … Comme tous ceux qui étaient présents avaient entendu, il n'a pas fallu beaucoup de temps avant que les témoins se mettent à parler aux journalistes. Lisez, lisez, dit-il en faisant mine de tourner les pages.
Incrédule, Liz parcouru les reportages.
« LE FAUX MANGEMORT TOUTE L'HISTOIRE ! », « DES ANNÉES PASSÉES À ESPIONNER VOLDEMORT ! », « DUMBLEDORE AVAIT DEMANDÉ AU MAÎTRE DES POTION DE LE TUER ! DIX PAGES SUR TOUS LES DÉTAILS DE CE MEURTRE ARRANGÉ ! », « RÉVÉLATION ! SEVERUS ROGUE ÉTAIT DEVENU DIRECTEUR DE POUDLARD POUR PROTÉGER LES ENFANTS DES CARROW ! ».
Tandis que la jeune femme tournait les pages, Horace regardait défiler les articles avec un sourire attendri.
- Nous avions des surprises à tous les jours. Même moi qui peux me dire très proche de Severus, je ne m'étais jamais douté de rien. Ma chère, le monde sorcier a été complètement abasourdi de découvrir tout ce qu'il a accompli pour remporter cette guerre.
- Ils n'avaient pas beaucoup de photos …, dit Liz qui ne pouvait manquer que le portrait officiel de l'école apparaissait sur tous les articles.
Horace partit d'un grand rire.
- Ils en cherchaient ça je peux vous le garantir ! Les journalistes qui sont venus me voir pour me supplier de leur vendre des photos … Pfffft.
Il fit un geste de la main qui sous-entendait que plus d'un millier s'étaient jetés à ses pieds.
- Severus déteste se faire photographier alors personne n'en avait … Excepté moi, dit-il avec un clin d'œil. Mais bien sûr je l'ai conservé pour un article vraiment important.
En fait il l'avait vendu au plus offrant mais est-ce que ça ne revenait pas au même ? Si un journal a les moyens de débourser trois cent gallions pour une photo c'est que ce n'est sûrement pas une feuille de chou.
- Parce que souvent la presse écrivait n'importe quoi prenez-en ma parole ! Beaucoup n'étaient que des papiers à sensation sans aucun fondement. Justement attendez un peu, j'en ai gardé un pour l'exemple, dit-il en tournant quelque page. Ah ! Voyez par vous-même !
Sous la gigantesque photo d'un serpent rouge qui ouvrait une gueule menaçante en montrant ses crochets dégoulinants de poisons on pouvait lire « L'HISTOIRE D'UNE NUIT DE TERREUR ! LES TÉMOIGNAGES DES INFIRMIERS ! SEVERUS AVAIT ÉTÉ ÉGORGÉ PAR LE SERPENT DU MAGE NOIR! »
- Le pire c'est que tout ce qu'ils ont, c'est un infirmer qui a vu des trous de crocs de serpents sur son cou. Ils ont réussi à faire cinq pages avec cette histoire, dit Horace en hochant la tête d'un air amusé.
- Et c'est vrai ? Il a été attaqué par un serpent ?
Horace la regarda curieusement.
- Et bien à vrai dire, j'aurais cru que vous en sauriez plus que moi, dit-il étonné. Il ne vous a jamais parlé de ce qui s'est passé … ?
Liz se mordit la lèvre en réalisant que non. Dans les faits, il ne lui avait jamais dit le moindre mot sur le sujet. Horace pinça les lèvres. C'était extrêmement décevant mais voyant qu'elle était embarrassée, il haussa les épaules l'air de dire de ne pas s'en faire pour si peu.
- Severus n'a jamais été reconnu pour son penchant aux confidences, dit-il comme si ça excusait tout. Mais peu importe car le meilleur reste à venir ! Parce que de tout ce que les journaux ont pu dire sur Severus, rien n'a fait autant de bruit que ceci…
Avec une certaine délectation, Horace tourna la page.
« VOLDEMORT AVAIT TUÉ SON GRAND AMOUR ! »
La photo d'une jolie jeune femme lui souriait et Liz vit enfin celle à cause de qui elle était devenue l'esclave du faux mangemort.
La sorcière mourait d'envie de savoir ce que disaient les pages de l'article qui accompagnait la photo mais elle avait complètement oublié comment on agrandissait les textes réduits –si elle l'avait jamais su-. Il était exclu de l'avouer et se couvrir de honte devant un professeur aussi savant. Elle en fut quitte pour lire avidement tous les gros titres suivants.
« SEVERUS ROGUE L'ESPION ROMANESQUE ! », « SAUVÉ PAR L'AMOUR D'UNE FEMME IL SAUVE ENSUITE LE MONDE ! », « IL ÉTAIT AMOUREUX DE LA MÈRE D'HARRY POTTER ! », « SEVERUS ROGUE, L'HISTOIRE D'UNE VENGEANCE ! », « ROGUE ÉTAIT DEVENU MANGEMORT APRÈS QUE SON GRAND AMOUR SE SOIT MARIÉ À UN AUTRE ! »
- Ha ! Nous y arrivons ! Voici l'article dont je vous parlais.
« HORACE SLUGHORN TÉMOIGNE ! « LILY ET SEVERUS ÉTAIENT TOUJOURS ENSMBLE » ». PHOTO EXCLUSIVE !
Une photo de Severus accompagnait l'article. Debout et sérieux comme un nécromancien, il devait avoir dans les treize ou quatorze ans.
- Ils m'avaient assuré que ce serait ma photo serait en première page mais que voulez-vous, aujourd'hui on ne peut plus se fier à personne, dit-il visiblement désappointé.
Liz sourit devant l'image. À tout prendre, c'était étrange de le voir si jeune. Probablement parce que Sev faisait partie de ces gens qu'il est difficile d'imaginer enfant.
- Lui et Lily faisaient équipe en potion dans ma classe, dit Horace qui avec cette réplique avait toujours eu beaucoup de succès.
Il avait espéré un déluge de questions mais la jeune femme semblait surtout fascinée par son cahier. Elle tourna la page révélant une photo récente où surpris dans le hall d'entré du Ministère, Rogue était aveuglé par un flash et levait la main devant lui pour se protéger les yeux.
« SEVERUS ROGUE TOUJOURS AMOUREUX DE LILY POTTER ! » IL SE CONFIE À RITA SKEETER NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE !
- Lily Potter, murmura la jeune femme.
- On vous l'a déjà peut-être déjà dit mais vous lui ressemblez un peu. En fait, je crois bien que si vous étiez rousse ce serait frappant.
Elle fit un sourire entendu. Elle n'en ignorait rien considérant que Sev lui avait donné des dizaines de gallions pour pouvoir profiter de cette ressemblance.
- Mais excusez-moi je suis un vieux fou. Quelle femme veut être comparée à une ancienne flamme.
- Ce n'est rien, dit Liz. En fait …
Elle faillit lui balancer qu'elle avait de longue date l'habitude d'incarner les fantasmes de ces messieurs mais réalisa à temps que ce n'était pas la meilleure des confidences à faire. Heureusement pour elle, Horace tout à son discours ne remarqua même pas qu'elle avait voulu dire quelque chose.
- Enfin, après cette histoire tout ça a tournée à la folie furieuse. Il est devenu un véritable apollon romantique. Entre vous et moi, s'il y avait quelque chose d'improbable c'était bien cela, dit-il comme s'il n'en revenait pas encore, mais les gens ne cessent nous surprendre n'est-ce pas ?
- Il est un quoi ? … Un apollon romantique ? répéta Liz qui ne voyait pas trop le rapport.
Horace hocha la tête avec amusement, ravi de son petit effet.
- Saviez-vous que depuis que je le connais, les élèves se sont toujours moqués de ses cheveux ? Toujours. Et bien croyez-le ou non, depuis tous ces articles tout le monde l'imite, dit-il comme si c'était la nouvelle du siècle. On ne peut plus aller nulle part sans voir des jeunes avec les cheveux gras qui leur tombent dans la figure, dit-il avec satisfaction. Vous l'avez sûrement remarqué. C'est dire la notoriété de notre Severus ! ajouta-t-il avec autant de satisfaction que s'il était directement responsable de cette coupe de cheveux.
Liz haussa un sourcil étonné. Elle restait dans un quartier moldu et n'avait rien remarqué de tel.
- Je comprends votre incrédulité mais voici quelque chose qui devrait vous convaincre définitivement, dit-il en tournant la page avec en sourire en coin.
LE HÉRO LE PLUS SEXY DE LA GUERRE CONTRE VOLDEMORT ! Affichait la première page du magasine Sorcière d'aujourd'hui. Une ombre avec un point d'interrogation au milieu exacerbait la curiosité des lecteurs.
Horace attendit un moment mais Liz observait le titre sans réagir.
- Vous devriez … Attendez.
Il pointa un des minuscules papiers collés sur la page. Ce dernier se souleva vers eux en prenant de l'expansion. « SEVERUS ROGUE LE PLUS SEXY DES SORCIERS ! ». Suivaient toutes sortes de qualificatifs assortis d'un petit texte explicatifs. « MYSTÉRIEUX » « ROMANTIQUE » « LOYAL » mais Liz n'eut pas le temps d'en voir d'avantage car Horace se mit à parcourir les autres pages réduites qui se soulevèrent, s'agrandirent devant eux puis rapetissèrent à toutes vitesse.
- Mais enfin … où est-elle ? dit-il comme pour lui-même.
Ne trouvant visiblement pas ce qu'il cherchait il pointa la bibliothèque et un feuillet vola vers eux.
- Tenez, le magasine original, dit-il en l'agrandissant. Vous n'allez pas en croire vos yeux, assura-t-il en jubilant.
Il feuilleta rapidement et lui tendit le magasine ouvert. Au centre se trouvait le portrait-boni qui avait mit le feu aux poudres. La photo avait été prise en hiver et Severus de profil était enroulé dans un foulard noir. Les flocons paresseux se prenaient dans ses cheveux doucement agités par le vent. Il regardait au loin, perdu dans ses pensées comme s'il pensait à son amour perdu. L'illustration parfaite du héro romanesque.
Liz regarda Horace comme si elle ne pouvait pas y croire. Ce dernier lui sourit complice.
- Magnifique n'est-ce pas ?
- Il est …. Bon sang. Il est … Pfiou.
Le sorcier approuva de la tête.
- Je ne sais pas qui a pris cette photo mais si vous voulez mon avis, il ou elle serait bien avisé de rester anonyme. Si Severus l'attrape je ne donne pas cher de sa peau, dit-il comme si les tentatives de meurtre de Rogue ne pouvaient être qu'adorables.
- Vous êtes là.
Le ton glacial contrastait sérieusement avec l'éphèbe poétique de la photo.
- Ah Severus. Je me suis permis de montrer à notre invitée certains des articles qui …
- J'ai des yeux pour voir, le coupa Rogue. Mais j'aurais cru que pourriez vous contenir plus que trois minutes avant de sortir vos découpages Slughorn.
L'air mal à l'aise du gros sorcier indiqua qu'il ne blaguait pas du tout lorsqu'il avait dit qu'il risquait de devoir répondre de cette petite excursion à son patron.
- Tu es le sorcier le plus sexy de Grande Bretagne, dit Liz d'un ton accusateur.
Severus soupira brusquement. Il n'avait aucune envie d'en répondre.
- Non mais attend … désolé de t'ennuyer mais c'est juste que je viens d'apprendre que je sors avec le sorcier le plus sexy du pays !
Il haussa les épaules comme si c'était sans intérêt.
- Mais … pourquoi tu ne m'as rien dit ?
- Parce que c'est stupide, dit-il sur le ton de l'évidence.
- Non mais t'es idiot ou quoi ? dit-elle en le regardant avec des yeux exorbités. Tu dois me parler de quelque chose comme ça !
- Je ne vois pas en quoi ce serait important, dit-il sûr de son bon droit.
Liz incrédule regarda Horace qui haussa les sourcils.
- Et encore ce n'est rien. Vous avez bien vu. C'est un héro ma chère, un sauveur ! Tout le monde l'adore ! Il est le sorcier le plus …
- Merci Horace, le coupa Severus.
- Et comme vous voyez, le seul homme sur terre qui prendrait ombrage d'un tel succès, ajouta-t-il taquin.
Liz regarda la photo sans pouvoir y croire …. Le mec le plus craquant d'Angleterre … Purée …
- Horace, je peux garder ce magasine ?
- Un plaisir ma chère ! Mais êtes-vous bien sûre ? Car puisque vous avez l'original, vous approprier les copies pourrait passer pour de la gourmandise, dit le sorcier en riant.
Rogue leva les yeux au plafond, excédé.
- Non mais avoue que t'es trop beau là-dessus, dit Liz en admirant le portrait.
- Je hais cette photo, dit Severus en frais de dédicace.
- Je t'averti, ne t'avise pas de toucher à ce magasine ! dit-elle en le menaçant du doigt.
Severus fit une tête ennuyée mais dans les faits, il n'était pas mécontent. Horace avait peut-être raison. Il avait tout fait pour la lui cacher mais finalement, cette célébrité ridicule semblait ravir Liz. Et puis si ses regards enflammés se traduisaient par un surplus d'attentions, ce serait certes idiot de s'en plaindre.
- Maintenant qu'Horace t'as mis au courant de tout ce qui est possible de savoir, puis-je te présenter aux invités comme l'exige le plus élémentaire des savoir-vivre ? demanda-t-il cynique.
- Oh, tout ce qui est possible de savoir, répéta Slughorn comme si c'était ridicule. Pour cela il faudrait des semaines mon cher ami. Le temps de me faire prendre, je n'ai pu faire que le strict minimum.
- Et c'est tout à fait apprécié Horace. Sans vous, j'aurais eu l'air d'une parfaite imbécile devant tout le monde, dit-elle avec un regard de reproche au sex-symbol de l'année.
Severus resta de marbre, peu ému à l'idée que sa discrétion aurait pu la mettre dans l'embarras.
- Liz … Si tu veux bien, dit-il en désignant le couloir.
Elle passa près de lui en lui pinçant discrètement une fesse.
- Monsieur sexy, rien de moins.
Une lueur de concupiscence passa dans le regard du sorcier qui la suivit au salon.
En la voyant arriver, les serpentards semblèrent aussi étonnés que Slughorn. Jamais au grand jamais, ils n'auraient imaginé leur directeur en compagnie d'une femme de ce genre.
- Je vous présente Liz Rosenberg. Liz, mes anciens élèves.
- Ses meilleurs élèves ! souligna un jeune homme brun aux grandes dents.
- Du moins les plus arrogants, le tança Rogue en soulevant des rires moqueurs.
- Très heureuse, dit Liz.
Visiblement, les serpentards mouraient tous d'envie d'en savoir plus. Leur directeur n'avait accolé aucun titre au nom de son accompagnatrice et la nature exacte de leur relation n'était pas des plus claires. Cependant, même si chacun se savait apprécié aucun n'aurait osé demander des précisions au redoutable directeur. Tous savaient parfaitement qu'une rebuffade cinglante récompenserait le premier qui aurait l'impardonnable audace de le questionner à ce sujet.
On fit une place à Horace et à la mystérieuse compagne puis la conversation roula sur les meilleurs souvenirs de l'assemblée. Pour une bonne part, ceux-ci consistaient dans des punitions spectaculaires que Severus avait infligé à une maison rivale, les griffons rouges ou quelque chose comme ça. C'était un sujet tout à fait divertissant et la soirée aurait été parfaite si on ne s'était pas ensuite intéressé à l'herboriste vedette qui en avait long à dire sur les plantes aux noms bizarres et leurs innombrables utilisations.
Après trente minutes de ce régime, Liz ennuyée au possible s'échappa pour aller au petit coin. Elle ouvrit la porte et sursauta. Assise sur le vaste évier de marbre gris, Fabiola fumait très à l'aise.
- Ah, pardon, je ne savais pas qu'il y avait quelqu'un, dit Liz confuse.
- Il n'y a pas de faute. Vous fumez ? demanda-t-elle en lui tendant le bâtonnet rougeoyant. C'est très relaxant.
Liz lui sourit étonnée mais accepta de bon gré. Elle s'assit près d'elle et aspira quelques bouffées de Caldénium. Une herbe savoureuse et en effet, très relaxante.
- C'est la meilleure qualité, assura Fabiola. Tout l'avantage d'être mariée à un herboriste.
Liz approuva en lui repassant la came. Fabiola lui jeta un regard indéfinissable en prenant une nouvelle touche.
- Rue des soupirs, pas vrai ?
Liz la regarda interloquée.
- Heu … ou allez-vous chercher que …
- J'ai travaillé sur cette rue des années. Je sais reconnaître la démarche des collègues, dit-elle amusée. Allons, vous pensez bien que ce n'est pas moi qui vous le reprocherais.
- Qu'est-ce qu'elle a ma démarche ? dit Liz sur la défensive.
Fabiola loin d'en prendre ombrage lui sourit comme si ça allait de soi.
- Et bien les jolies filles coquette marche comme si elles disaient, « regarde mais pas touche » alors que les sorcières de rues sont plus du genre, « Sors les gallions et tout ça peut être à toi ».
Liz indécise la fixa un instant puis elle pouffa de rire.
- Ne vous en faites pas. Il suffit de s'exercer. Quand vous marchez, imaginez que vous êtes dans une fausse pleine de loups et que vous ne voulez pas attirer de sale bête. Vous verrez, ça aide.
- Mais vous, vous ne faites plus …
- Non. J'ai attrapé le gros lot. ... René que vous avez rencontré.
- Mais vous n'êtes pas spécialiste des insectes ?
Fabiola éclata de rire.
- Grand dieux non. Enfant, j'ai déjà eu un élevage de fourmis mais René aime me faire passer pour un spécialiste, ça en jette selon lui.
- Il a l'air d'un type bien, dit Liz en reprenant le caldénium. Vous avez de la chance.
- Ce n'est rien comparé à vous. Severus Rogue … Mmmm. Héro, guerrier, sex-symbol …, énuméra-t-elle admirative.
- Sérieusement, je n'en savais rien. Je l'ai appris ce soir. Franchement ça fout un peu un choc.
- Et vous restez où dites-moi ? Dans un trou de gnome ?
- Ouais … C'est presque ça en fait, dit Liz en se disant pour la millionième fois qu'elle en avait marre de rester enfermée dans cette piaule.
- Allez, dites-moi tout. Il est comment ? Au lit je veux dire.
Liz baissa la tête et sourit en coin.
- Tant que ça ?
- Disons que je ne peux vraiment pas me plaindre.
Fabiola jeta le mégot dans les toilettes, s'appuya au miroir en soupirant et avala une bonne lampée de champagne.
- Certaines ont plus de chances que d'autre. René est si ennuyeux que la Rue des soupirs me manque parfois, c'est dire. Mais comment vous êtes vous rencontrés ?
Liz souffla d'un air embêté.
- Ça c'est vraiment une longue histoire.
- Moi j'ai tout mon temps. Et puis sans déconner, j'en peux plus de jouer les bourgeoises. D'ailleurs on peut se tutoyer ? Les filles me manquent vraiment ; putain de merde, je te dis pas, murmura Fabiola en lui lançant un regard suppliant.
Liz éclata de rire en l'entendant jurer comme seule une vraie sorcière de rue pouvait le faire. Et puis à elle aussi les filles manquaient terriblement.
- Allons nous asseoir sur le divan dans l'entrée. On pourra parler sans qu'on nous entende, proposa Liz.
Ainsi fut fait. Les deux jeunes femmes sortirent des toilettes, s'installèrent à l'écart et se mirent à papoter joyeusement sans remarquer le moins du monde le scarabée qui s'était posé près d'elles comme s'il écoutait attentivement leur scandaleuse conversation.
Note-
Je suppose dans ce chapitre qu'il n'y aurait qu'une seule photo de Rogue dans quasiment tout le monde sorcier mais est-ce vraiment possible ? Pour ma part, je dirais que oui.
Je m'explique.
Nous pouvons sans doute assumer que tous les professeurs ont une photo officielle pour les publications scolaires comme c'est le cas chez les moldus. C'est ce qui serait le plus logique. Au-delà de ce portrait probable, (sauf erreur de ma part) la seule photo de Severus qui soit mentionnée dans le canon est celle qui parait dans la Gazette lorsqu'il devient directeur :
« Sur la première page, un homme au visage familier, le nez crochu, les cheveux noirs, les regardait sous une manchette annonçant : SEVERUS ROGUE CONFIRMÉ COMME DIRECTEUR DE POUDLARD »
Comme cette description convient tout à fait à une photo officielle, il me semblerait logique que la Gazette ait utilisé la photo de l'école plutôt que de s'embêter à organiser une séance de pose avec un photographe.
Pour le reste, je dirais que notre potionniste favori a un tempérament assez peu poseur et n'est pas du genre à courir les séances de photo. D'ailleurs, nous ne verrons jamais de séances officielles auxquelles participeraient les professeurs et aucune photo du genre n'est jamais mentionnée. Sinon il est difficile d'échapper, par exemple, aux portraits de famille mais si de telles photos existent, le plus probable est que Sev les garde par devers lui et ne les montre à personne.
D'autre part il y a parfois des appareils photo à Poudlard mais entre vous et moi quel élève oserait lui demander de poser pour lui ? Il se ferait drôlement recevoir … Isssh. Des menaces sont le mieux qu'il puisse espérer mais il est tout à fait probable que l'appareil atterrisse chez Russard et l'inconscient-e en retenue. Un sacré risque à prendre. Et de toute façon pourquoi ? Qui voudrait d'une photo de Rogue ? Certains serpentards peut-être ? Mais même si nous ne voyons jamais Rogue malmener ses élèves, j'ai beaucoup de mal à imaginer la scène.
Par exemple prenons un serpentard moyen qui voudrait une photo avec son directeur ; disons Peregrine Derrick un batteur de l'équipe de quiddich.
Avec un ami possédant un appareil, il reste après le cours dans le donjon glauque et s'avance vers le bureau du maître des potions.
- Professeur je voudrais vous demander …
Rogue lève la tête et le dévisage.
- Oui monsieur Derrick.
- Eric a apporté son appareil et si vous le voulez bien, j'aimerais prendre une photo avec vous monsieur.
Peregrine sourit. Son directeur le fixe d'un air sombre.
- Et en quel honneur monsieur Derrick ?
Le sourire s'efface du visage de l'impudent élève.
- Heu … et bien … pour garder en souvenir professeur.
Rogue le dévisage impassible.
- En souvenir ?
Long silence gênant où Derrick revoit ses choix de vie.
- Je … heu. Oui, et bien … C'était juste pour … Hum … Désolé de vous avoir dérangé monsieur.
Il dégage vite fait et soyons honnêtes, c'est la seule bonne idée qu'il ait eu de ce tout navrant épisode.
Bref, pour toutes ces raisons, il me semblerait logique qu'il n'y ait à peu près pas photos de Severus en circulation dans le monde sorcier.
