Liz ouvrit les yeux dans la petite chambre à l'étage et s'étira. Si on en croyait l'angle de la lumière qui entrait dans par la lucarne, il devait être presque midi. Pour sûr, Sev n'apprécierait pas qu'elle se la coule aussi douce mais comme il tenait à faire chambre à part, il n'y avait personne pour la réveiller. Et puis qu'est-ce que ça pouvait lui faire ? De toute façon, son niveau de productivité était nul donc peu importe l'heure où elle se levait, ça ne changeait pas grand-chose.

Elle s'emmerdait grave mais Sev lui disait de prendre son mal en patience. Il lui avait promis que dès que son travail au ministère serait terminé, il l'aiderait à trouver un boulot.

Un boulot … Elle n'avait jamais travaillé dans autre chose que la prostitution alors franchement, elle ne savait pas trop si faire comme tout le monde allait lui plaire. En serait-elle même capable ? Non mais c'est qu'elle avait toujours été libre de faire comme bon lui semblait. Elle se gérait elle-même et travaillait quand elle voulait. Sans compter que c'était la fête à tous les soirs. Pourrait-elle supporter d'avoir un patron sur le dos ? Faire un truc sérieux pas du tout rigolo ? Se lever le lundi matin pour entamer une semaine emmerdante ?

Évidemment, quand les sadiques du SAM avaient pris le contrôle de la Rue des soupirs, elle en avait vu de toutes les couleurs. Avoir un patron ne pouvait pas être pire que de travailler pour Beaugosse qui vous cassait au minimum une dent par jour … quand ce n'était pas un bras. Rien ne pouvait être pire que ça.

Mais bon, à tout le moins travailler ferait changement parce qu'en attendant, il fallait éviter de sortir ; du moins dans les quartiers sorciers. Les mangemorts n'avaient pas tous été capturés. Certains se cachaient encore et pour sûr, ils rêvaient tous de se venger de Sev. Si jamais ils parvenaient à lui mettre la main dessus, ils lui feraient regretter d'être venue au monde.

Elle repoussa les couvertures, se leva et se rendit dans la cuisine. Elle se fit du thé de quelques coups de baguette puis le but tranquillement, tout à sa solitude et son ennui. Comme souvent, elle décida de sortir déjeuner au petit restaurant moldu du coin pour potasser leurs journaux aux photos figées. Étrange comme les moldus n'écrivaient jamais rien d'intéressant. Ils étaient un peu … limités. Et puis leur bouffe ne valait rien. On voyait bien que c'était nul de tout faire sans magie. Tout semblait minuscule et insipide. Il fallait vraiment qu'elle s'emmerde pour sortir là mais bon, c'était mieux que rien.

Elle vadrouilla ensuite une petite heure dans le quartier puis lassée, retourna dans l'impasse du tisseur. Elle se laissa tomber dans le divan du salon et s'appliqua à regarder les murs. Tout ce qu'il y avait à faire dans cette foutue piaule, c'était de lire. Sauf que la veille, elle avait terminé le dernier roman et il ne restait que des bouquins ennuyeux. Des trucs sur les potions, les plantes et d'autres sujets barbants.

Elle se demanda ce qu'elle pourrait bien lire de nouveau quand ça la frappa. Bha oui, pourquoi elle n'y avait jamais pensé ? Elle prit sa baguette que par habitude elle coinçait toujours dans sa jarretelle et pointa le mur de livre.

- Accio livre sur la legilimencie.

Il ne se passa rien et elle fronça les sourcils. Étrange qu'il n'ait rien là-dessus. Elle entendit soudain des bruits derrière la porte de la chambre. Intriguée, elle se leva et s'en fut ouvrit la porte. Aussitôt, trois gros livres sur la legilimencie lui sautèrent dans les bras.

Bizarre. Pourquoi le sorcier gardait ces livres dans sa chambre ? … Comme lecture de chevet peut-être ? Elle remarqua que la porte du garde-robe était ouverte. Elle jeta un coup d'œil. Sur la tablette du haut, des draps avaient été dérangés. Les livres étaient visiblement cachés en dessous. Liz haussa un sourcil étonné et renonçant à comprendre, elle s'en fut au salon potasser ses trouvailles.

Deux des livres étaient remplis de mots savants et de phrases tirebouchonnées incompréhensibles mais heureusement pour elle, le troisième était un ouvrage de référence beaucoup plus accessible. Elle se lança dans cette lecture qui la passionna si bien qu'elle ne vit pas le temps passer et lorsque des flammes vertes s'élevèrent dans la cheminée, elle s'étonna que l'après-midi ait passé si vite.

Severus apparut dans le grand foyer, essoufflé et les cheveux tout hérissés sur la tête. Liz le dévisagea avec étonnement. Il laissa tomber son sac par terre et s'appuya contre le montant de la cheminée. Il était en nage et son pourpoint était même déchiré à une manche. Liz posa son livre sur la table à café et se leva inquiète.

- Ben qu'est-ce que t'as ?

Il hocha la tête en évitant de la regarder.

- Rien, grogna-t-il. Voudrais tu … J'aurais besoin d'un thé, dit-il d'une voix qu'il tenta de rendre calme.

- Heu … oui. Bien sûr, dit-elle en le regardant étrangement.

Elle sortit pendant qu'il s'asseyait dans son fauteuil préféré et se passait les mains sur le visage comme pour reprendre contenance. Il respira profondément et s'enfonça dans le fauteuil, se forçant à se calmer. Il remarqua les livres sur la table et fronça les sourcils.

Liz revint avec le thé qu'elle servit puis reprit sa place.

- J'imagine que tu ne voudras rien me dire, supposa-t-elle en reprenant son livre résignée.

- Où as tu trouvé ces livres ? demanda-t-il.

- Avec un accio. Ils étaient dans ta garde-robe. D'ailleurs pourquoi tu les garde là ?

Severus pinça les lèvres. Visiblement, il n'était pas des plus enchanté de la trouvaille.

- Parce que … il vaudrait mieux que tu ne les lise pas.

- Ben pourquoi ?

- Lire ce genre de choses peut te rendre incapable de pratiquer la légilimencie érotique, dit-il gravement.

Elle haussa les épaules.

- Non mais je fais juste m'informer. C'est rien de grave.

- Prendre conscience du fonctionnement peut être suffisant pour t'empêcher de l'utiliser de façon intuitive.

Elle le regarda avec un sourire en coin.

- Avoue que ça t'embêterais.

Le fait était que ça l'embêterais beaucoup en effet.

- Regarde, je te promets de faire gaffe. Je n'essaie rien de ce qu'ils parlent là dedans. Je veux juste comprendre.

- C'est néanmoins risqué.

- T'inquiète, si ça arrive, je connais plein d'autres trucs sympas. Je suis une pro, dit-elle narquoise.

Il grimaça imperceptiblement comme toutes les fois où elle faisait référence au travail du sexe.

- Non mais ça m'intéresse tu comprends. Là-dedans ils parlent de plein de trucs que je fais sans m'en rendre compte, dit-elle en retournant à sa lecture.

- Le problème, c'est que pratiquer la legilimencie sans t'en rendre compte est justement ce qui permet à ce phénomène d'avoir lieu, insista-t-il.

- T'en fais pas. Je te promets de faire attention mais j'ai vraiment besoin de savoir, dit-elle d'un ton qui ne prêtait pas à la réplique.

Severus, la regarda un instant comme pour évaluer ses options.

- J'aurais préféré être plus avancé dans ce projet avant d'en parler mais je crains de ne pas avoir le choix …

Elle le regarda d'un air méfiant tandis qu'il prenait une gorgée de thé en réfléchissant. Il reposa la tasse et la dévisagea d'un air sérieux.

- Comme je te l'ai déjà dit, ce phénomène est méconnu. Il n'y a presque rien à ce sujet sinon des mentions incomplètes ou évasives.

- Ben c'est bizarre si tu veux mon avis parce que sans blague c'est difficile de passer à côté.

- Non, il n'y a rien de bizarre, la contredit-il. Presque tous ceux qui sont susceptibles d'expérimenter cette légilimencie n'ont aucune formation. La plupart ne savent pas de quoi il s'agit mais le saurait-il, ils n'ont pas le savoir requis pour en parler. D'autre part les legilimens d'assez haut niveau pour y avoir accès sont extrêmement rares.

- Ouais bon et alors ? En quoi ça me concerne ?

- Ce domaine est un aspect inexploré de la legilimencie et il est de mon devoir de l'étudier. J'ai déjà rassemblé quelques informations qui me semblent prometteuses. C'est pourquoi il vaut mieux ne prendre aucun risque. Il serait impardonnable de gaspiller une occasion aussi exceptionnelle.

- Tu as commencé à l'étudier … Heu … non mais attends un peu. Tu veux dire que tu prends des notes pendant qu'on baise ?

Désarçonné, il fronça les sourcils.

- Non … Enfin … Après.

- Tu écris des trucs sur nos meilleurs moments c'est ça ? dit-elle en pouffant.

Il soupira, agacé par son attitude puérile.

- Ben allez ! Montre-moi ça, dit-elle intriguée.

- Je serais surpris que cela t'intéresse.

- Bah oui ça m'intéresse.

Il fronça les sourcils sans réagir comme s'il espérait qu'elle change d'idée.

- Aller !

- Très bien. Si tu y tiens.

Peu emballé, il se leva pour aller dans sa chambre et en revint avec un rouleau de vieux cuir souple qu'il lui donna.

Elle le prit avec un regard coquin et l'ouvrit avec un sourire en coin. Elle saisit le premier parchemin de la petite pile et fronça les sourcils à mesure qu'elle le lisait.

- L'expression d'une fission dans le lobe singulier … Connexion avec le premier et deuxième niveau de conscience primaire … Éventualité d'un espacement entre les oreillons temporels …

Elle le regarda sans comprendre.

- C'est quoi ce charabia ?

- Tu t'attendais peut-être à de la pornographie ? demanda-t-il ironique. Je suis un maître legilimen et c'est le vocabulaire spécialisé propre à ce domaine.

Liz le dévisagea longuement …. Bordel, elle s'était ramassé une foutue grosse tête d'intello.

Aucunement intéressée, elle lui rendit ses notes qu'il roula avec soin. Elle le regarda en chien de faience. L'idée qu'il l'étudie de cette façon ne lui plaisait pas, mais alors là, pas du tout.

La légilimencie rendait ces moments avec lui complètement magiques. Elle avait l'impression de se fondre en lui. Qu'il faisait partie d'elle. De faire un avec lui. C'était presque quelque chose de l'ordre du sacré. D'ailleurs malgré qu'elle ait fait l'indifférente, elle faisait gaffe. Elle n'avait pas la moindre envie de perdre ce pouvoir. Sauf qu'elle venait de comprendre que pour lui, tout ça n'avait rien de sacré. Ce n'était qu'un simple sujet d'étude. À ses yeux elle n'était pas quelqu'un d'exceptionnel, elle était un simple phénomène de foire à décortiquer.

- Et comment tu vas appeler le bouquin ? Adahue adada, les expérimentations sexuelles du directeur de Poudlard ? Je te le dis tout de suite, ça sera un bestseller chez les élèves.

Il haussa les sourcils comme si c'était la chose la plus stupide qu'il ait jamais entendu.

- Évidemment je n'utiliserai pas mon véritable nom.

- Non mais c'est vachement sexy. Ça m'inspire un max. La prochaine fois qu'on baise, ça va me chauffer terrible, dit-elle cynique. Tiens, justement je me peux plus. Files-moi ton cahier … Ça t'aide si je mouille dessus ?

Elle semblait presque insultée et Severus l'observa sans comprendre.

- Tu sembles en désaccord.

- Tu crois ? dit-elle ironique. Je suis forcée de rester ignorante pour que monsieur puisse « collecter ses données » et se lancer dans les baises savantes. Non mais je m'en fous moi de tes expériences ! Tu peux t'imaginer une seconde que j'ai le droit de savoir qui je suis ?!

Severus pinça les lèvres devant un aveuglement ignare aussi déplorable.

- Très peu de sorciers ont les capacités et le savoir nécessaire pour entreprendre une telle recherche. Je suis l'un de ceux-là. C'est une occasion qui ne se reproduira peut-être pas avant des siècles, dit-il à son corps défendant.

- Non mais pourquoi j'aurais pas le droit de devenir legilimen moi aussi hein ? Entre nous deux, pourquoi tu serais le seul qui peut lire dans la tête de l'autre ?

- Tu ne verras jamais rien dans mon esprit à moins que je ne te le permette. Je suis un legilimen et un occlumen de très haut niveau. L'un des meilleurs. Un maître, dit-il avec suffisance.

- Oh … monsieur est le meilleur ? Et alors ? Tu as peur que je devienne plus douée que toi peut-être ?

Il la dévisagea avec froideur.

- Non. Tu n'atteindras jamais de hauts niveaux.

- Pfffft. Tu es terrifié à l'idée que j'apprenne quoi que ce soit alors désolé mais ton avis …

Severus la regarda de haut.

- Tu as peu d'éducation, peu de discipline personnelle, tu es impulsive et tu contrôles mal tes émotions, résuma-t-il. Tu n'as pas ce qu'il faut.

Liz le fixa stupéfaite devant un tel déluge d'insultes.

- Je n'ai pas ce qu'il faut ? Mais bordel c'est TOI qui m'as dit que j'étais legilimen !

- Tu l'es de façon innée. Mais le maîtriser est un art complexe. Très exigeant. Tu ne pourras jamais l'utiliser de façon satisfaisante. Médiocre peut-être mais le plus probable est que tu seras une legilimen lamentable, dit-il comme si ça tombait sous le sens.

Elle le fixa interloquée.

- Qui plus est, ta formation académique de base est faible alors rien ne sert de penser à t'engager dans une formations supérieure de ce genre. Tu n'es pas de calibre.

Liz battit des cils en le fixant puis son regard se durcit.

- Oui. Tu as raison … En fait je ne comprends même pas comment tu as pu t'intéresser à une tarte comme moi, dit-elle comme si elle se rangeait à son avis.

Elle se leva d'un bond, ouvrit la porte de la bibliothèque à la volée et grimpa les escaliers quatre à quatre.

En la voyant aussi furieuse, Severus se rendit compte que parler à une conjointe comme il parlait à ses élèves n'était peut-être pas la meilleure des idées.

Il la suivit et la trouva en train d'empiler ses vêtements dans un sac. Elle sortit la robe sexy à lacets qu'il avait voulu qu'elle brûle et l'ajouta à ses effets.

- Je vais avoir besoin de ça, dit-elle en le pensant sincèrement.

- Liz. Écoute-moi …, dit-il en réalisant soudain que c'était sérieux.

- Ne perd pas ton temps. Je ne comprendrai rien. Comme tu sais, je ne suis qu'une putain de CRUCHE !

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, la tança-t-il en relevant la tête.

- Hon tu vois ? Z'ai encore rien compris à ce que tu ezpliques, zézaya-t-elle en lui faisant une tête d'imbécile. Accio !

Sa trousse de maquillage vola dans son sac qu'elle ferma d'un geste brusque. Elle le contourna et redescendit les escaliers en vitesse.

- Liz ! Reste ici !

Severus descendit juste à temps pour voir la porte se fermer derrière elle. Il jura entre ses dents et se précipita derrière elle pour l'attraper avant qu'elle transplane.

- Liz !

Déjà rendue au beau milieu de la rue, la jeune femme se tourna brusquement et le pointa de sa baguette.

- Attention à ce que tu fais. Nous sommes dans un quartier moldu, dit-il en regardant rapidement autour de lui pour localiser d'éventuels témoins.

- Fous-moi la paix !

- Laisse-moi t'expliquer !

- Non ! Il n'y a rien à expliquer. Tu pensais tout ce que tu as dit ! cracha-t-elle. Tu me prends vraiment pour une CONNE !

- Je n'ai jamais rien dit de tel.

- C'est tout comme !

Il hocha la tête avec irritation. Il n'arrivait pas à croire que non seulement il devait défendre son droit à mener des recherches essentielles mais qu'en plus elle lui faisait une scène parce qu'il lui avait dit la vérité.

- Tu ne seras jamais une bonne legilimen. Tu perdrais ton temps. Comment aurais tu voulu que je te le dise ?

- Pas comme ça ! cria-t-elle presque.

Il haussa des sourcils ennuyés.

- D'accord. Très bien. C'est dommage mais malheureusement, tu ne pourras pas être une bonne legilimen. Je suis désolé, dit-il cynique.

Il était tellement largué que Liz ne pu s'empêcher d'afficher un sourire moqueur.

- Et c'est le mieux que tu peux faire ? Sérieusement ? Qu'est-ce que tu fais de mes études lamentables, du manque de discipline, du fait que je suis incapable de comprendre quoi que ce soit ?

Il la toisa d'un air excédé.

- Tu as compris mes notes ? Non. Pourquoi ? Parce que tu ne connais pas ce langage. Tu n'as pas assez de formation académique. Ça n'a rien à voir avec l'intelligence ! Tous les bons légilimens sont extrêmement disciplinés. Est-ce que tu es extrêmement disciplinée ? Non. C'est pour cette raison que tu ne peux pas être une bonne legilimen. C'est tout ce que j'ai dit, expliqua-t-il avec impatience.

- Ce n'est pas tant ce que tu as dit que comment tu l'as dit !

Il en avait plus qu'assez de ses caprices et sentit une sourde colère monter en lui.

- Regarde-toi, dit-il en la désignant d'un geste hautain. Tu es incapable de te maîtriser.

Il venait de signer son arrêt de mort et Liz le dévisagea sombrement.

- Vas te faire foutre ! cracha-t-elle avant de transplaner d'un coup de baguette furieux.

Severus jura entre ses dents. Il décida qu'elle pouvait bien aller se faire frire puis il réalisa que ce n'était pas une très bonne stratégie. En fait, il fallait qu'il la retrouve. Et de toute urgence. Elle n'aurait pas pu choisir une pire journée pour aller se balader. Où avait-elle pu aller ? Ne lui avait-elle pas parlé d'une amie … Maria. Il se rappelait vaguement qu'elle lui avait dit qu'elle avait un logement … bon sang, c'était … Oui. À l'hôtel Alexander !

Il transplana aussitôt sur la Rue Barton. Une rue assez près du chemin de traverse pour compter quelques cafés et des terrasses. Bien sûr, il y avait des clients à cette heure et il nota qu'on commençait déjà à le dévisager. Il regarda autour de lui mais n'aperçut sa compagne nulle part. Jurant entre ses dents, il se précipita dans l'hôtel où il ne vit personne. Songeant qu'elle était peut-être passée par derrière comme à la Lanterne magique, il se précipita de l'autre côté pour regarder à la fenêtre. La cour était vide.

Il ressortit d'un pas pressé et décida de vérifier les rues alentour.

Deux ou trois personnes attendaient mine de rien près de la porte et le regardèrent sortir. Ils lui sourirent mais d'un sourire plus étrange que ce à quoi les gens l'avaient habitué. Évidemment … Sans leur prêter la moindre attention il repartit de l'autre côté. En tournant le coin de la rue, il remarqua un petit kiosque à journaux.

Elle était là. Un journal entre les mains. Sur la première page, une photo de lui et une autre du botaniste le plus renommé d'Angleterre. En lettre immense, le gros titre était visible de loin.

SEVERUS ROGUE ET RENÉ BELLEFEUILLE EN MÉNAGE AVEC DES PROSTITUÉES NOTOIRES !

Severus savait parfaitement ce que Liz était en train de lire pour l'avoir lu lui-même le matin même.

« Plus étonnant encore est le passé de la compagne actuelle de Severus Rogue une dénommée Liz Rosemberg ou Perle de son nom « d'artiste ». La jeune femme aurait beaucoup voyagé avant de s'établir à Londres en 94 où elle est demeurée depuis. Selon les archives, miss Rosemberg aurait déjà été retiré de la Rue des soupirs pour avoir infecté des sorciers avec la chaude fesse ce qui n'est certes pas des plus glorieux.

Il est impossible de nommer ici tous les noms des clients qui nous ont été transmis. L'ensemble des pages de la gazette n'y suffiraient pas mais selon nos sources, certains de ses clients étaient des mangemorts dont le tristement célèbre Macnair et Harvey Fricot un représentant corrompu du ministère. Elle aurait aussi été la favorite d'Ulcide « Beaugosse » Jackson, qui officiait comme chef du SAM, une organisation qu'on ne saurait décrire autrement que comme les plus repoussants bas fonds de la Rue des soupirs.

La relation de la prostituée avec le sinistre SAM auront de quoi en faire sourciller plus d'un. Faut-il croire que Severus Rogue aurait aujourd'hui des liens avec encore pire que les mangemorts ? »

- Liz … Ne lit pas ça, dit Severus qui s'était approché d'elle.

Elle sursauta en le dévisageant d'un air halluciné puis referma le journal brusquement.

- Tu le savais ! C'est pour ça que tu faisais cette tête en arrivant ! Tu t'es fait courir après par tous les journalistes d'Angleterre ! C'est ça ?!

En effet, ce n'était pas très loin de la vérité.

Malgré qu'il leur soit interdit de poiroter au ministère en dehors des conférences de presse - une règle temporaire qu'il avait fallu établir tellement il se faisait harceler – des journalistes avaient bravé l'interdiction et l'attendaient incognito dans le hall d'entrée. L'article de Skeeter avait scandalisé le monde sorcier et il avait maintenant des compte à rendre au peuple sur sa vie sexuelle. Dès qu'il avait posé le pied hors de l'ascenseur, ça avait été l'apocalypse. Il y avait tellement de journalistes que la sécurité ne savait plus où donner de la tête et il n'avait pu s'enfuir qu'en y laissant une poignée de cheveux et des bouts de vêtements.

Liz enragée lui jeta le journal à la figure.

- Et tu avais l'intention de me le dire quand au juste ?

- C'est stupide. Je ne vois pas pourquoi j'aurais dû t'en parler, dit Severus hautain.

- Tu ne vois pas hein ? … Et bien c'est comme le reste. Tu vois que dalle ! T'es complètement aveugle mais pas moi ! Dégage de ma vue ! Je ne veux plus te voir tu as compris ?!

Il la regarda un long moment puis réalisa qu'il était trop tard. Elle avait lu cet article stupide.

Comme si c'était de sa faute ! Qu'est-ce qu'il y pouvait ? Elle ne voulait plus le voir ? Parfait ! Lui non plus !

Furieux, il disparut certain qu'elle reviendrait bientôt vers lui en rampant mais en cela il se trompait.

Et il se trompait lourdement.