À midi ce jour là, Rogue apparut devant des grilles de fer hautes et solides et jeta un coup d'oeil sur le parc sinistre qu'elles protégeaient. Il n'y était venu que de soir mais le petit boisé semblait encore plus glauque de jour. Les buissons rêches percés des arbres malingres et dénudés du mois d'avril étaient traversés par un sentier boueux.

Il fit un mouvement de baguette en pensant au mot de passe et les grilles s'ouvrirent avec un grincement lugubre. Il s'avança sur le sentier en louvoyant entre les flaques d'eau brunâtres. Le boisé s'éclaircit après quelques dizaines mètres, laissant apparaître un vaste manoir de brique isolé du monde. Il était construit au bord d'une falaise et derrière, on voyait une mer grise et froide qui au loin disparaissait dans la brume. Le bâtiment guindé à la façade sévère était percé de fenêtres aux volets fermés et manquait sérieusement de charme. Seule décoration de l'édifice, une immense sculpture de pierre au-dessus de la grande porte d'entrée représentait une affreuse créature mi-scorpion, mi-araignée qui gardait la porte.

Il eut à peine le temps de s'avancer au devant de l'édifice sombre que la porte s'ouvrit, laissant passer une jeune femme brune aux cheveux courts, vêtue de noir. Elle descendit la volée de marche de l'entrée en lui adressant un regard insistant et disparut dans le petit fourré qui jouxtait l'escalier.

Visiblement, Severus allait avoir un entretient privé dans les buissons. Non seulement ce n'était pas bon signe mais il n'avait pas la moindre envie de jouer à la cachette. Il était des plus satisfait d'avoir signé le contrat de Youri Tchekovki et se serait bien passé d'essuyer un drame aujourd'hui. Malheureusement, il était écrit que du moment où il était question de Liz, les ennuis se mettaient à pleuvoir.

Il entra dans le petit alcôve épineux en y accrochant sa cape, ce qui finit de le mettre en rogne. La jeune femme, un peu ronde mais jolie, avaient des yeux terriblement cernés. Elle fit tourner sa baguette et les sons extérieurs ne leur parvinrent plus qu'étouffés.

- Lédéenne … Y a-t-il un problème ? demanda Rogue sèchement.

- Monsieur Rogue, c'est que …,

Elle leva vers lui un regard paniqué puis baissa la tête et s'effondra en larme.

- Je ne peux pas arrêter d'y penser. C'était trop horrible ! … Je n'aurais jamais dû vous dire oui !

Rogue soupira avec ennui. Évidemment, il aurait dû s'y attendre. Les femmes et leurs exaspérantes sensibleries.

- Je dois … en parler avec ma supérieure. Je ne peux plus me regarder dans un miroir.

Rogue la dévisagea gravement.

- Lédéenne, vous ne devez en parler à personne. Vous me l'avez promis, lui rappela-t-il.

La jeune femme hocha brusquement la tête comme s'il était hors de question pour elle de tenir cette promesse. Severus fronça les sourcils. Il allait devoir se montrer habile pour la convaincre. Mais le temps où il n'était qu'un novice malhabile était révolu depuis longtemps et il avait appris à se servir des avantages non négligeables que lui avaient apportés la notoriété, l'admiration du monde sorcier et surtout, son statut de sex-symbol ; une consécration qui malgré les années ne s'était jamais démentie. Il s'approcha de la jeune femme et irrésistible, lui prit la main avec toute la chaleur qu'il était capable de feindre.

- Lédéenne, regardez-moi.

La jeune femme le regarda à contrecœur.

- Elle serait morte de toute façon.

- Vous ne comprenez pas …, dit-elle en lui retirant sa main.

Elle se recula en serrant ses bras autour d'elle.

Elle revoyait sans cesse cette affreuse prostituée blonde au visage ravagé de cratères qui hurlait de terreur. Et le sang … tout ce sang … Quand elle avait accepté d'aider Severus Rogue elle ne s'était pas doutée une seule seconde que tout cela allait finir en meurtre ! Comment aurait-elle pu s'avoir …

- Je n'avais jamais vu Orion … dévorer quelqu'un, pleura-t-elle. J'en fais des cauchemars toutes les nuits !

- Lédéenne … Elle était condamnée, insista-t-il.

Elle chassa son argument de la main comme si c'était une mouche agaçante.

- Je ne peux même plus faire mon travail ! Chaque fois que je m'approche de cette bête, je la revois se jeter sur cette pauvre femme et la déchiqueter ! J'entends ses hurlements ! … je revois le sang qui gicle partout !

Elle était hystérique et Rogue comprit que malheureusement pour lui, il allait devoir jouer le grand jeu. Il s'approcha en tendant les bras.

- Allons, venez, dit-il en tentant de prendre un ton rassurant.

Elle se laissa enlacer, se blottit contre sa poitrine et éclata en sanglots. Sentant les larmes passer au travers son pourpoint, Severus eut un rictus de déplaisir et se retint pour ne pas l'envoyer valser au loin. Mais il prit sur lui et tapota son dos avec indifférence.

- Allons. Ne pleurez pas, dit-il de sa voix la plus sexy.

- Je ne sais pas quoi faire, dit la jeune femme en levant vers lui ses yeux rougis.

Et voilà. Loin d'aller voir les autorités, maintenant elle ne savait plus quoi faire. Incroyable ce que son charme pouvait arriver à faire. … Ou à faire faire. À vrai dire, c'était presque trop facile.

- Vous avez fait ce qu'il fallait, dit-il en tenant ses épaules entre ses mains rassurantes.

Il l'enveloppa d'un regard velouté.

- Dès que je vous ai vu, j'ai tout de suite su que je pouvais compter sur vous.

Hypnotisée par ses yeux noirs, la jeune femme le fixa d'un air moins revêche.

- Je n'aurais jamais accordé ma confiance à quelqu'un d'autre.

Flattée, elle retint un sourire mais il lui échappa malgré elle.

- Vous avez été magnifique, murmura-t-il faussement admiratif.

Rachel se détendit et lui rendit son regard en battant de ses longs cils.

- Je vous en serai éternellement reconnaissant, dit-il en approchant imperceptiblement son visage du sien.

Elle leva le menton, espérant sans doute un baiser.

- Je ferais tout pour vous, dit-elle éperdue.

Échec et mat. C'était aussi simple que ça. L'ancien mangemort retint un sourire mais contrairement à sa victime, il n'en laissa rien voir. Non seulement il était un excellent manipulateur mais il avait eu le meilleur des maîtres. Elle n'avait jamais eu la moindre chance contre lui ; … le genre de pensée qui s'avérait tout de même réconfortante lorsqu'on venait de perdre un argument contre Minerva.

Elle soupira doucement et entrouvrit les lèvres comme sous l'effet d'un charme. Severus n'avait aucune intention d'embrasser cette idiote mais il devait néanmoins lui donner quelque chose. Il leva la main et du pouce, caressa tendrement sa joue. Elle s'empourpra aussitôt en souriant d'un air niais. Il s'éloigna d'un pas, conscient qu'il avait bien joué ses cartes.

- Vous oublierez tout ceci plus vite que vous ne l'imaginez, promit-il.

- Je ne sais pas …, dit-elle en redevenant soucieuse.

Severus n'en avait pas fini avec les scrupules de sa complice et il retint un soupir d'ennui.

- Pourrais-je vous demander … Voudriez-vous venir voir Orion avec moi ? Si vous êtes là, je crois bien que … je crois que ça m'aiderait, dit-elle d'un ton suppliant. Je ne suis plus capable de m'approcher de lui ... Vous comprenez ?

Severus grimaça un sourire. Revoir ce monstre répugnant ne lui disait absolument rien. Qui plus est, il ne voyait pas du tout en quoi cela pourrait aider cette gourde à la fermer.

- Cela va de soi, dit-il comme s'il n'y avait rien de plus naturel.

- Merci … Vous ne savez pas ce que ça représente pour moi.

Elle lui sourit avec reconnaissance et sortit du fourré tandis que Severus la suivait de mauvaise grâce. Ils grimpèrent les marches du parvis et Lédéenne ouvrit la grande porte surmontée de l'ignoble gargouille de pierre en tout point semblable à la créature qui avait déchiqueté Liz.

Rogue entra et se retrouva dans un grand hall d'entrée décoré de boiseries peintes en blanc. Sur le côté, des escaliers menaient à l'étage mais au fond du hall, d'immenses portes de fer cloutées, gravées à l'effigie de l'affreuse créature étaient entourées d'affiche « Danger ! » et « Accès interdit! ». Lédéenne se dirigea vers les portes qu'elle ouvrit d'un geste de baguette.

- Ne faites aucun bruit fort, lui rappela-t-elle.

Severus sourit avec condescendance. Il n'était pas près d'oublier les règles de sécurité qui s'appliquaient à cet horrible endroit. Il entra en soupirant et Lédéenne verouilla les portes derrière eux. Severus la regarda, attendant qu'elle prenne l'initiative mais elle sembla se recroqueviller sur elle-même.

- Courage Lédéenne, je suis avec vous, dit-il puisque qu'il fallait qu'il dise quelque chose.

- Oui … je … Je peux le faire.

Severus hocha la tête et lui indiqua le couloir de pierres sombres qui plus loin, était percé de vastes ouvertures sur les côtés. La jeune femme se secoua, s'avança d'un pas mal assuré mais se figea soudain terrifiée. Rogue soupira intérieurement. Il s'approcha pour poser une main légère sur sa taille et l'encourager d'un regard. La jeune femme se remit en marche et arriva à s'approcher des grandes ouvertures, assez pour que Rogue puisse distinguer ce qui ressemblait à de vastes toiles d'araignées qui tapissaient l'intérieur.

Soudain la porte de fer fit entendre un déclic et Lédéenne sursauta avec un petit cri. Une femme tout de noir vêtue ouvrait la porte en regardant derrière elle.

- N'oubliez pas. Ne faites aucun bruit trop fort ou trop brusque. Cela dérange les veilleurs.

Elle entra suivit d'un homme et d'une femme très élégants accompagnés d'un jeune homme au crane rasé qui l'était beaucoup moins.

- Rachel …, dit Lédéenne confuse, je ne savais pas qu'il y avait un rendez-vous ce midi.

- Un contre-temps, dit la femme grisonnante en s'approchant avec ses invités. Mais… c'est monsieur Rogue !

Severus sourit de mauvaise grâce.

- Je suis enchanté de vous voir ! J'ai vu votre nom sur la liste mais je n'aurais pas pensé avoir la chance de vous voir en personne …, dit Rachel les yeux scintillants.

- Monsieur Rogue, c'est un grand honneur, dit le sorcier élégant en tendant la main. Je suis Dorelius. Voici ma femme Janilda et mon fils Syprien.

- Enchanté, dit Severus avec indifférence.

Dorelius se tourna vers son fils.

- Je crois que c'est un excellent présage. N'est-ce pas ? Un signe de victoire, c'est incontestable, dit le sorcier d'un ton exagérément positif.

- Et bien nous allons vous laisser, dit Lédéenne plus ou moins enchantée pour sa part.

- Ne pourriez-vous pas rester ? demanda Janilda d'un air suppliant. Monsieur Rogue, ce serait … vraiment apprécié. Si vous pouvez bien entendu. Vous vous avez déjà …. Je suppose …

Severus hocha la tête, n'ayant guère le choix.

- Un plaisir madame, mentit-il.

La sorcière serra la main de son fils en lui souriant avec espoir. Sur ce, Rachel reprit les choses en main.

- Bien, veuilles vous avancer ici que je vous présente votre veilleur attitré, Orion.

La famille s'avança quelques mètres et se trouva devant la grande ouverture. L'antre d'Orion était tapissé de toiles serrées mais au fond, on pouvait apercevoir le monstre haut de quelques mètres, les pattes serrées autour de lui comme s'il s'apprêtait à bondir.

- Il est immense …, dit la sorcière soudain effrayée. Je n'aurais jamais pensé que, que cette bête était aussi … Vous êtes sûre que Syprien ne coure aucun danger …

La toxicomage désigna le fond du couloir où un écusson avait été gravé dans la pierre. Sous la sculpture d'un araignon, on pouvait lire une phrase en latin.

- Lisez par vous-même. Custos lumine noctis vivificat ce qui signifie « Un veilleur dans la nuit ranimera la lumière », dit Rachel. C'est ce que nous faisons ici.

La sorcière ne sembla pas rassurée pour autant.

- Comme je vous le disais, le venin des araignons a la propriété de purifier le sang ce qui permet d'éradiquer très rapidement toute trace de drogue. Syprien n'éprouvera aucune sensation de manque et lorsqu'il reprendra conscience, il sera complètement rétabli.

- Il n'éprouvera plus aucun besoin de prendre cette … substance ?

- Pas physiquement non. Mais les dépendances ne sont pas que physiques et c'est pourquoi nous gardons nos patients ici quelque temps par la suite.

Un gémissement se fit entendre dans l'antre de la bête.

- Ah vous avez de la chance. Vous allez pouvoir voir notre Orion en action, dit Rachel en désignant un gros cocon suspendu dans la toile.

Orion se ramassa sur lui-même comme s'il écoutait. Le cocon fit entendre un nouveau gémissement et se mit à se balancer. Aussitôt, l'araignon s'approcha sur ses grandes pattes silencieuses et s'entortilla sur le captif qui retomba aussitôt dans un état catatonique.

- Vous avez vu ? Il ne s'est même pas réveillé, dit la toxicomage. Tous nos patients sont formels. Aucun d'entre eux n'a jamais éprouvé le moindre inconfort sous la garde d'Orion. C'est un excellent veilleur. Il est très consciencieux. Il a sauvé un nombre incalculable de gens et tous ont dit le plus grand bien de ses soins. Il est si délicat qu'à votre réveil vous n'en garderez aucun souvenir.

À entendre la toxicomage, l'horrible créature venimeuse pouvait faire de l'ombre à la plus attentionnée des nounous. Ridicule songea Severus qui avait vu de quoi ce monstre était capable. Mais l'habile discours avait dissipé les craintes de la famille qui regardaient maintenant l'affreuse bête avec espoir. Même le toxico semblait reprendre confiance.

- Et si jamais il a … faim ? dit Syprien en tremblant de manque plus que de peur.

- Vous devinez que nous nous assurons que nos veilleurs n'aient jamais faim. Mais leur instinct les pousse à faire des réserves. Ils tiennent leurs captifs inconscients grâce à une dose quotidienne de venin. C'est ce qui nous permet de vous offrir la désintoxication la plus rapide et confortable qui existe au monde.

- Vous êtes sûre qu'il n'y a pas moyen de … d'injecter le venin autrement ?

La toxicomage sourit comme si elle était rompue de longue date à la question.

- Malheureusement non. Le venin d'araignon est très instable. Il se dégrade du moment qu'il n'est plus à l'intérieur d'un corps vivant. Mais nous y travaillons je vous l'assure. Peut-être que d'ici quelques années … Mais je doute que notre jeune ami puisse attendre aussi longtemps n'est-ce pas ?

Le jeune homme regarda Rogue comme pour se donner du courage puis hocha la tête, décidé à rejoindre les casse-croûtes de la créature.

Il embrassa ses proches puis s'avança lentement et passa la ligne lumineuse qui gardait les cellules. Aussitôt, Orion tressaillit. Comme on le lui avait indiqué, le jeune homme se tourna dos à la bête et croisa les bras sur sa poitrine. Aussitôt, l'araignon fondit silencieusement sur le camé. Une seconde plus tard, il tournoyait inconscient entre les pattes habiles et les soieries argentées.

- Il n'a rien senti, assura la toxicomage avec un sourire rassurant.

Quelques minutes plus tard, Syprien était suspendu à quelques pieds du sol dans un hamac soyeux et entreprenait la désintoxication la plus coûteuse, la moins pénible et la plus fiable du monde sorcier.

Lédéene avait observé le procédé, troublée. Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à l'horrible femme avec laquelle le sorcier avait transplané devant la cage d'Orion comme prévu. Malheureusement, elle avait réussi à repousser monsieur Rogue en le griffant au visage et s'était enfuie sans regarder où elle allait. Évidemment, il avait fallu qu'elle se jette directement dans la cage d'Orion. Elle la revoyait lui sauter dans les pattes puis hurler en réalisant devant quoi elle se trouvait. Elle avait tenté de sortir de là mais Orion avait été plus rapide.

Elle avait beau se dire que ce n'était pas de la faute de l'araignon, qu'il était né ici, entouré de soins et d'attention, qu'il n'avait jamais connu la moindre résistance et qu'il avait été pris par surprise … sa réaction avait été terrible. Il avait rugit de façon terrifiante, un feulement horrible qui lui avait déchiré les tympans, Rachel n'avait jamais rien entendu de tel. Il s'était jeté sur la pauvre femme et l'avait horriblement mordu, déchiquetant ses chairs avec une férocité abominable. Il s'était même servi de ses pattes comme des harpons, il lui avait transpercé un bras, une cuisse et un pied.

Le sorcier avait levé la baguette mais elle avait foncé sur son bras avec l'énergie du désespoir pour dévier le sortilège. Rien jamais ne devait arriver à Orion. Elle l'avait vu naître, elle en avait pris soin, c'était son bébé ; sans compter qu'il valait une incroyable fortune. Elle avait levé sa baguette et d'un trait de lumière aveuglant, avait fait reculer la bête dans son antre. Elle l'avait tenu à distance tandis que Severus soignait la pauvre femme. Aveuglé, Orion avait bavé et craché en trépignant comme s'il voulait finir le travail. Son bébé était disparut remplacé par un horrible monstre assoiffé de sang et pour la première fois elle avait eu peur, vraiment peur de lui.

Mais elle avait néanmoins réussi à reprendre les choses en main. Elle lui avait jeté une bonne quantité de boulette de mouton (ce qu'il préférait) et outrageusement repus, il s'était enfin calmé. À la suite de quoi monsieur Rogue avait fait tout oublier à la fille défoncée, il l'avait forcé à lui obéir puis Orion l'avait saucissonnée et rangée avec les autres comme si de rien n'était. Lédéenne regarda le cocon de la femme blonde que rien ne distinguait des cinq autres. Évidemment, elle se rétablirait complètement.

Mais malgré cela et bien que l'araignon soit redevenu lui-même, cette atrocité avait bel et bien eu lieu et cela la hantait malgré elle. Sauf que qui était-elle pour se montrer faible devant le sorcier le plus courageux de leur temps ? Elle devait reprendre sur elle et affronter ses peurs. Perdue dans ses pensées, elle remarqua à peine les parents du jeune homme qui remerciaient le héro pour sa présence.

- Lédéenne, tout vas bien ?

Rachel la regardait étrangement.

- Oui, bien sûr, assura la jeune femme.

- D'accord. On se revoit pour la réunion de trois heure, dit Rachel avec un dernier sourire à Rogue.

Elle repartit accompagnés des parents de Syprien et la grande porte se verrouilla derrière elle. Ils restèrent en silence un moment puis la toxicomage haussa les épaules en jetant un regard timide au sorcier.

- C'est de cette façon que ça doit se passer normalement, dit-elle en se mordant la lèvre. On ne force jamais personne à se désintoxiquer s'ils ne veulent pas. Je l'ai fait uniquement parce que c'était vous …

Rogue approuva de la tête. Cette démonstration lui avait fait réaliser que lorsque les choses suivaient leur cours, nul ne pouvait se douter à quel point ces bêtes pouvaient se montrer redoutables et effrayantes.

Il comprenait que jusqu'ici la toxicomage avait perçu les araignons comme des créatures bienveillantes et inoffensives. Rien d'étonnant à ce qu'elle ait été secouée en découvrant qu'il s'agissait en fait de monstres cauchemardesques. Il l'avait pris pour une idiote hystérique mais dans les faits sa réaction était relativement compréhensible. Et puis lui-même n'avait-il pas été hanté par des d'horribles rêves ?

- Vous m'avez rendu un immense service Lédéenne. Et je comprends maintenant ce qu'il vous a coûté.

Elle leva vers lui des yeux de biche.

- Dînez avec moi, dit Severus la regardant comme les femmes aimaient être regardées par lui.

- Heu … Et bien… Oui. D'accord, dit-elle en souriant timide et ravie.

Elle avait été honorée au-delà de tout lorsque le légendaire sorcier lui avait demandé son aide mais être invitée à dîner par lui ? Elle ? Une simple toxicomage … Sans compter qu'à son avis, il était l'un des sorciers les plus craquants à avoir jamais existé ! De près il était encore plus beau que dans ses rêves. Et puis cette façon qu'il avait de la regarder … Comme si elle était importante pour lui.

Comme à son habitude, Severus lui donna rendez-vous au Boudoir qu'il appréciait pour ses banquettes fermées et la discrétion du personnel, un endroit parfait pour emmener ses conquêtes. Cette dernière se révéla moins stupide qu'il l'avait cru si bien qu'à la fin du repas, il lui prit l'envie de l'emmener à l'étage, même si ce n'était pas le genre de femme à apprécier la brutalité.

Néanmoins, il fut agréablement surpris.

Elle voulait tellement lui plaire qu'elle se força à apprécier sa rudesse. En fin renard, Severus en profita habilement. Si Liz ne lui avait appris qu'une chose, c'est que la légilimencie pouvait s'avérer un outil précieux pour décoder les désirs de ses partenaires. Il prit donc garde à ne pas trop la maltraiter en commençant pour augmenter graduellement la tension. Il fit si bien qu'il finit par la gifler sans qu'elle s'en formalise et pu prendre un plaisir raisonnable qu'il ne se soucia pas de partager.

Satisfait, il resta étendu près de sa passade jusqu'à ce qu'elle fasse mine de vouloir se blottir contre lui. N'y tenant pas du tout, il se leva en invoquant une excuse puis sortit sans autre commentaire.

En quittant le pub, il se félicita de son choix. Il avait eu du flair. Qui plus est, cette fille s'était montrée d'assez bonne compagnie pour qu'il songe à lui faire l'honneur de remettre ça ; … enfin, si elle avait de la chance.

Il regagna Poudlard où pendant les jours qui suivirent, il devait souvent penser au poison et au venin qui combattaient dans les veines de la première femme qu'il ait aimé intimement. Une stratégie parfaitement égoïste qui n'était motivé que par la nécessité de lui rendre toute sa tête. Ensuite, elle pourrait bien disparaître dans les tréfonds de la Rue des soupirs si ça lui chantait. En ce qui le concernait, il n'en aurait plus rien à faire.


Note-

Un petit mot juste pour spécifier que les derniers chapitres ont été publiés en rafale car j'avais pris un peu d'avance mais les prochains ne sont pas encore écrits alors cela prendra un peu plus de temps. Il me semble que c'est toujours plus agréable d'en être averti d'avance :)

J'espère que vous aurez aimé cet arc narratif quelque peu extrême et serez soulagé de voir que finalement Rogue ne s'est pas amélioré malgré les années :p Merci beaucoup de suivre mon histoire et triplement si vous êtes parmi les adorables lecteurs qui laissent un petit commentaire ; je l'apprécie toujours énormément ! Mille mercis et à très bientôt ! XX