"- Diego ! Diego !"

Il reconnaissait cette voix. Il ouvrit les yeux et croisa alors les yeux inquiets du capitaine Toledano penché vers lui. Il était installé dans le divan de son salon. La main d'Arturo se posa sur son front.

"- Encore de la fièvre, je crains que vous n'ayez rechuté, Diego, soupira-t-il.

Le jeune homme sourit, las.

"- Puis-je savoir ce qui s'est passé ? Demanda-t-il en remarquant la présence du sergent Garcia, de Benito et de Bernado.

- J'ai l'honneur de vous dire que vous avez de très bons amis, rit Arturo doucement.

- Quoi ?

- Plus tard, jeune homme, pour l'instant vous avez besoin d'un médecin."

A peine dit, le docteur Avila entra précipitamment dans le salon et s'approcha d'un grand pas vers le renard, qui devait bien l'avouer, ne se sentait pas au meilleur de sa forme.

"- Bon sang, Diego, vous m'étonnerez toujours, soupira le médecin quand il eut fini de l'osculter.

- Pourquoi ?

- Vous avez effectivement fait une rechute, vous avez 39°C de fièvres...Je vous conseille encore de vous reposer jusqu'à nouvel ordre, cette fois-ci. Vous devriez attendre mon signal avant d'aller galoper vers des contrées lointaines.

- Je devrais attendre combien de temps ?

- Autant de jours, de mois ou bien d'année s'il le faut, je viendrai vous voir tous les jours pour voir si votre état s'améliore."

Diego se renfrogna, il n'aimait pas cela. Il allait devoir attendre longtemps avant de pouvoir sortir de l'hacienda.

"- est ce que je peux savoir ce qui s'est passé ? Demanda-t-il en tentant de s'asseoir.

Bernado se précipita pour l'aider et installer un oreiller derrière lui. Il le remercia d'un signe de la tête. De leur coté, Benito semblait extrêmement embarassé et paraissait vouloir partir rapidement. Le sergent Garcia était comme à son habitude.

"- De quoi vous vous souvenez, Diego ? Fit Arturo.

- De la visite de...Paul, lâcha-t-il en baissant des yeux.

- Est ce tout ?

- Oui, nous étions en train de parler et...je crois...que c'est là, où j'ai sans doute perdu connaissance...

- Diego, vous venez encore une fois de frôler la mort, avoua Arturo, et heureusement que vous êtes bien entourés. Benito, je vous ferai l'honneur de raconter à Don Diego ce qui s'est passé. "

Le jeune vaquero eut l'air gêné et se gratta l'arrière de sa tête, non habitué à être le centre d'attention.

"- C'est Bernado qui m'a prévenu de la venue de Paul, expliqua-t-il enfin, j'ai eu du mal à comprendre mais il a tellement insisté que j'ai fini par le suivre. C'est là que je vous ai vu dans le salon avec lui. Connaissant les ordres du commandant Arturo, j'ai fais signe à Bernado d'aller prévenir le sergent Garcia...

- Si j'avais su que c'était le meurtrier, intervint le concerné, je ne l'aurai pas fait entrer."

Le commandant éclata de rire, tandis que Diego et Bernado échangèrent un sourire devant la maladresse stupide du sergent.

"- Mais il s'est rattrapé, ajouta Benito en souriant.

- Pouvons nous revenir au moment où nous étions dans le salon, le rappela Diego amusé.

- Pardonnez moi Don Diego...Lorsque Bernado fut parti, j'ai voulu vous surveiller. Je vous ai vu perdre connaissance. J'étais sur le point de venir vous porter mon aide quand j'ai vu que Paul avait pris son révolver et le pointait sur vous. Je savais qu'il pouvait tirer sur moi, mais je suis quand même entrer. En me voyant, Paul a paniqué et a tiré. J'ai pu l'éviter de justesse et je me suis jeté sur lui pour le désarmer et prendre son arme. Mais il a pris son épée mais au lieu de venir vers moi, il a voulu vous transpercer. C'est là que Bernado et le sergent sont apparu, interrompant son geste. Le sergent s'était précipité vers lui et Bernado vers vous pour essayer de vous protéger. Le sergent et Paul se sont battus et j'en ai profité pour assomer Paul. Et ensuite, nous avons emmené Paul au cuartel et Bernado était resté auprès de vous jusqu'à que nous arrivions avec le capitaine Toledano."

Le récit terminé, Diego eut un peu trop de mal à digérer ce qui s'est passé et à ramener ces souvenirs. Sa mémoire lui était revenue mais devait-il l'avouer à ses amis ?

"- Est ce que...Paul vous a dit quelque chose ? Questionna-t-il hésitant.

Le silence que le capitaine imposa brusquement effraya le jeune don.

"- Commandante ?

- Nous l'avons mis en prison, répondit-il.

- Mais..?

- Il accuse Benito d'avoir voulu le tuer, mais bien sur, il n'a aucune preuve, tous montrent qu'il est le coupable.

- Est ce tout ? Il n'a rien dit d'autres ?

- Diego, saurais-tu par hasard la raison pour laquelle il a tenté de te tuer ? Intervint le médecin les sourcils froncés.

Le jeune don baissa les yeux, devait-il vraiment leur raconter ? Ou devait-il le garder pour Zorro pour qu'il s'en charge lui-même ?

"- Diego, mon garçon, poursuivit Avila d'un ton paternel en posant une main sur son bras, sachez que qu'importe ce que vous fassiez et ce que vous pensez, vous n'êtes pas seuls. Il y a des choses que parfois on ne peut résoudre dans la solitude.

- Docteur, je ne suis pas sur que...Murmura Diego toujours dans le doute.

- Diego, vous êtes physiquement et moralement à bout, interrompit le capitaine pour appuyer le médecin, vous n'êtes pas encore rétablies, cette affaire va surement prendre un peu plus d'ampleurs, seriez vous capable de faire face à ça, seuls ? Et croyez vous que vos amis, ici présents, seraient prêts à vous regarder lutter sans rien faire ?"

Diego balaya de ces yeux les personnes autour de lui, ceux qui sont venus lui porter secours, certains connaissaient son secret, certains l'ont soutenu, certains l'ont vu grandir : Benito a toujours été auprès de lui quand il y a avait un problème, même lorsqu'ils étaient enfants, toujours à son service, toujours prêt à l'aider ; le sergent Garcia, malgré son manque d'intelligence, l'avait vu grandir et avait même participé à ces jeux, il serait même prêt à se sacrifier pour le jeune homme ; Bernado, son serviteur, son plus fidèle ami, celui a qui il pouvait tout confier, sans lui, il ne s'en serait jamais sorti, et Zorro aurait probablement disparu depuis longtemps ; le capitaine Arturo Toledano, qu'il ne connaissait à peine et pourtant, ce dernier l'avait aidé lorsqu'il était Zorro et lorsqu'il redevenait Diego, il était un des rares commandants à qui il pouvait se confier en étant le renard, il était comme un grand frère pour lui ; et enfin le Docteur Avila, qui le suivait depuis sa naissance, avait deviné qu'il était Zorro rien qu'en remarquant ses anciennes blessures, il avait gardé le secret, Diego pouvait compter sur lui.

"- J'aimerai d'abord attendre le retour de mon père, finit-il par dire, je dois m'entretenir avec lui avant de vous expliquer la situation.

- C'est une décision judicieuse, approuva le commandant, si vous pensez que Don Alejandro doit être mis au courant, nous ne pouvons que vous encouragez à le faire.

- Je pense que nous devons laisser Don Diego pour qu'il récupère, Commandante, conseilla le médecin, si nous voulons qu'il soit sur pied avant qu'il ne fasse une chute de nouveau."

C'est sur cette dernière note qu'ils quittèrent le jeune de la Vega pour le laisser au soin de Bernado.


C'est avec de la fièvre que Zorro grimpa sur les toits du cuartel de Los Angeles. Il se faufila jusqu'au prison et vérifia qu'aucun lancier s'y trouvait. Fort heureusement, le capitaine Toledano n'avait pas jugé utile d'en poster en hauteur, ni bien même à l'entrée de la prison, décision réservé au cas où il y aurait une possible fuite du prisonnier. Mais le prisonnier en question ne connaissait personne dans le village et était venu seul, il avait pris une chambre à la taverne et n'avait emmené que très peu de choses.

Avec agilité, Zorro se glissa jusqu'à l'endroit où était enfermé Paul Daluz Capistrano. Il avança silencieusement vers les barreaux frontière entre lui et l'autre homme. Ce dernier semblait endormi dans le lit.

"- Buenas Noches, Senor, s'exclama le renard pas trop fort pour ne pas se faire entendre des soldats alentour.

Paul sursauta et se redressa pour dévisager son étrange visiteur.

"- Qui êtes vous ? Chuchota-t-il.

- On me nomme Zorro, pour servir, Senor, s'inclina le renard.

- Êtes vous venu pour me libérer ?"

Devant cette question osée, le justicier masqué se retint de rire et se contenta de sourire.

"- Je suis venu pour connâitre la vérité, senor, je ne vous libererai que si je vous crois innocent des accusations que l'on porte contre vous...mais pour l'instant, je vous crois coupable d'avoir voulu assassiner Diego de la Vega. Est ce vrai ?

- Non ! Mentit Paul en s'approchant de lui.

- Je ne suis pas né de la dernière pluie, déclara Zorro en tirant son épée et en le pointant sur lui. L'homme recula effrayé.

"- Dites moi la vérité ou sinon je n'hésiterai pas à ouvrir ses portes pour vous trancher la gorge, menaça le renard noir bien qu'il n'avait pas les clés.

- C'est vrai...Bredouilla Paul en se cognant contre le mur derrière lui.

- De quoi ?

- J'ai voulu le tuer.

- Pourquoi ?

- Pour prendre sa place.

- Que voulez vous dire ? S'étonna Zorro faussement.

- Je suis le fils de Don Alejandro de la Vega, déclara Paul d'une voix mal assuré malgré lui.

- Vraiment ?"

L'hésitation que renvoyait Paul prouvait au jeune renard qu'il cachait quelque chose et il devait lui faire absolement crâcher le morceau.

"- Nous allons faire un accord, senor, continua Zorro, si j'apprends que vous m'avez menti, je n'hésiterai pas à vous tuer, mais si vous avez dit la vérité, j'assurerai votre liberté et vos droits en tant que fils de Don Alejandro de la Vega. Et bien évidemment, si vous venez de mentir, il est temps pour vous de rectifier vos paroles..."

Paul blêmit à la plus grande joie du renard qui grogna de satisfaction en voyant bien que ces menaces étaient pris au sérieux.

"- Alors, est-ce votre dernier mot, senor ?

- Je...c'est faux, marmonna Paul résigné.

Zorro cacha son sourire et rangea son épée, s'appuyant négligemment contre les barreaux, tout en croisant ses bras.

"- Ah, très bien, je vous écoute, senor.

- Comment ça ?

- Vous n'avez pas dit la vérité, et je veux la connaître. Je veux savoir les raisons qui vous ont poussé à venir à Los Angeles et à vouloir la mort de Don Diego de la Vega. Si vous voulez vous faire pardonner, ne serait-ce pas mieux de tout avouer ?

- Pourquoi je le ferai ? Lança Paul méfiant.

- Parce que "faute avouer est à moitié pardonné". Si vous me dîtes la vérité je ferai en sorte d'alléger votre peine, qui, il me semble, doit être la pendaison pour tentative de meurtres ?"

Un silence s'installa. Le jeune Capistrano évita le regard du renard et s'assit sur le lit, la tête dans les mains, presque désespéré.

"- Je pensais...pouvoir devenir quelqu'un de riches, dit-il enfin, en fait, au début, je suis venu à Los Angeles en espérant que Don Alejandro m'aiderait puis quand j'ai entendu dire que Diego était en conflit avec son père, j'ai sauté sur l'occasion. Je savais que Don Alejandro avait de l'affection pour moi, peut-être pas autant qu'il en a pour son fils de son sang et j'ai pensé que si Diego mourrait, il m'adopterait comme héritier puisque j'ai grandi comme étant son fils pendant un bon bout de temps.

- Tout ceci est vraiment égoiste, vous n'avez pas pensé à la souffrance qu'il pourrait ressentir ?

- Vous ne savez pas ce que c'est de grandir auprès d'un garçon qui n'est pas de votre milieu, poursuivit Paul en ignorant sa remarque, moi, je n'étais que le fils d'une servante, tandis que mon..."ami" était le fils d'un aristocrate. Que croyez vous que je ressente, moi, l'enfant qu'on ignorait à chaque fois que des visiteurs venaient ? Ils ne cessaient de regarder uniquement Diego !

- L'amitié et l'amour que vous portaient Don Diego et Don Alejandro ne vous suffisaient pas ? Dit le renard dont le coeur se serrait et dont les souvenirs d'enfance se détruisaient peu à peu.

Paul ne répondit rien à cela, observant le sol. Zorro eut alors un espoir que l'homme en face de lui avait sans doute des regrets.

"- J'enviais Diego, murmura-t-il doucement, je l'enviais tellement. Il était toujours joyeux, toujours prêt à aider ses semblables, qu'importe la personne,qu'elle soit riche, pauvre, mendiant, malade, mourant...Il était toujours prêt à défendre les plus faibles...J'aurai aimé être comme lui, avoir ce courage que aucun enfant comme lui aurait eu. Je l'ai ainsi détesté, parce qu'en plus d'être né dans une bonne famille, il était parfait...

- Personne n'est parfait, coupa le justicier noir ému par ses paroles, je suis sur que Don Diego a des défauts.

- ça je n'en sais rien, dit Paul en haussant les épaules avec un sourire sincère que Diego derrière son masque reconnut celui de son enfance, aujourd'hui, on me l'a décrit différemment de ce que j'ai pu retenir de mon enfance. Il a changé...mais quand j'ai interrogé de nombreuses personnes dans Los Angeles, j'ai découvert que malgré ce changement, il était aimer. Il continuait d'aider les gens avec de l'argent, des paroles, avec ce qu'il savait faire, avec ce qu'il pouvait faire. Personne dans le pueblo ne le détestait, même les soldats, si je puis le dire.

- Alors pourquoi avoir voulu le tuer ?

- J'ai hésité...A vrai dire, quand j'ai appris qu'il était vivant, j'ai paniqué, j'ai pensé que Diego irait tout raconter à son père ou aux soldats, mais non. J'ai appris qu'il avait perdu la mémoire, du moins uniquement le moment où j'avais tenté de le tuer...alors je suis allé à l'hacienda pour finir ce que j'ai commencé. Mais quand je l'ai vu perdre connaissance, je n'ai pas eu le coeur à le tuer...il ne méritait pas tout ça...Je suppose que si il n'avait pas souvenir de notre rencontre ce jour-là, il voulait uniquement me protéger. Et malgré tout le mal que je lui avais fait, il continuait à me protéger...et là, encore une fois, d'après ce que m'a dit le commandant, Diego n'a encore rien dit au sujet de notre conversation auprès du ravin, et ne m'a pas encore dénoncé. En fait, officiellement, je ne suis pas encore accusé de l'avoir poussé, ajouta-t-il en riant nerveusement.

Il avait fini de raconter. Il n'avait plus rien à dire. Qu'importe qui était Zorro, Paul semblait accepté son sort et savait ce qu'il avait commis était mal. Le renard garda le silence pendant un moment, surveillant cependant les alentours et fut soulagé de constater que l'unique garde à l'entrée s'était endormi.

"- Senor, si je vous libère ici et maintenant, que feriez vous ? Questionna-t-il.

- Je partirai aussi loin que je pourrai, répondit Paul surpris.

Zorro vit qu'il était sincère et pourtant, ce n'était pas vraiment la réponse qu'il attendait.

"- Non, senor, je ne vous libère pas aujourd'hui, je ne vous libèrerai qu'à une seule condition.

- Laquelle, senor Zorro ?

- Que vous iriez avouer vos fautes au capitaine Toledano et que vous irez demander pardon à Don Alejandro et à Don Diego. Pourriez vous le faire ?

- Comment le saurez vous ?

- Je sais tout ce qui se passe dans Los Angeles. Si vous le faîtes, je vous assurerai la liberté.

- Très bien, j'accepte le marché, Senor Zorro."

Satisfait, le renard de la nuit s'inclina theatralement devant la prison avant de déguerpir dans l'ombre. Alors qu'il enfourchait Tornado pour rentrer, il se rendit compte à quel point, il était faible et fatigué. Le docteur Avila lui avait prevenu de ne pas sortir mais Zorro était têtu quand il avait quelque chose en tête, c'était impossible de faire demi-tour.

De retour dans la grotte secrète, Bernado se précipita jusqu'à lui, se tordant nerveusement les mains.

"- Que se passe-t-il, Bernado ? Demanda enfin Diego alors qu'il se changeait.

Le serviteur se mordit les lèvres et fit quelques gestes maladroits et un peu trop rapides.

"- Je ne comprends rien...Recommence, soupira le jeune Don.

Le pauvre muet lui fit enfiler rapidement sa robe de chambre et le tira jusqu'à sa chambre. C'est là que Diego comprit la nervosité de son serviteur.

Installé dans un fauteuil, le capitaine Toledano fumait tranquillement la pipe, quand il aperçut le jeune homme sortir de la porte secrète, il réprima un sourire.

"- Je n'aurai jamais imaginé que la porte serait ici, lança-t-il amusé.

Diego avança lentement, Bernado sur ses pas. Il avait l'impression d'être pris comme un enfant. Cependant, le visage d'Arturo se changea rapidement, devenant plus sévère et plein de reproches :

"- Il me semble que le docteur Avila vous ait demandé, ou plutot ordonné, de ne pas sortir !

- J'avais quelque chose à vérifier, dit le jeune homme ne niant nullement.

- Et puis-je savoir ce que Zorro a voulu savoir ?

- Ne me traitez pas comme un enfant ! Se vexa Diego qui ne supportait pas la surprotection du capitaine.

- Parce que vous vous comportez comme tel, répliqua ce dernier, et vous avez souvent tendance à oublier que votre état ne vous permet pas des folies.

- Je ne me suis pas battu.

- Heureusement, grinça Arturo.

Diego prit place dans un fauteuil en face de son visiteur, un peu mal à l'aise. ça lui faisait drôle de converser avec le commandant alors qu'il venait tout juste du cuartel en étant Zorro.

"- Qu'avez vous donc apprit ? Questionna le capitaine.

- Vous saurez tout quand mon père sera présent."

L'officier haussa les sourcils, incertain.

"- Douterez vous de ma parole, commandante ?

- Non, je doute de ce que vous ferez pendant ce lapse de temps, rectifia-t-il.

- Je vous promets que je ne bougerai pas d'ici, soupira Diego.

- Je ne vous crois pas une seule seconde, surtout après ce que vous venez de faire tout à l'heure.

- C'était juste pour cette nuit, protesta Diego.

Là, il avait l'impression d'être un enfant. Mais le capitaine Toledano éclata de rire. Il se leva vers lui et posa une main sur le front du jeune don. Bernado lança un regard interrogateur à Arturo qui comprit.

"- Vous êtes encore fievreux, Diego, lui prévint-il.

Le concerné baissa les yeux, depuis quelques minutes, il se battait contre sa propre fatigue et il devait bien avouer que rester debout n'allait pas lui faciliter la tâche.

"- Bon, très bien, je vais me coucher et..."

Il n'eut pas la force de se lever complètement et tomba dans les bras du capitaine qui l'attrapa de justesses.

"- Bon sang, Diego, je vous l'avais dit...un jour, votre corps ne tiendra plus !"

Il le porta jusqu'à son lit et Bernado l'aida à le faire allonger puis recouvra son maître. Voyant que Diego était désormais dans les bras de Morphée, Arturo donna quelques instructions au serviteur.

"- Le sergent Garcia et le caporal Reyes vont rester ici, ce sont les plus proches amis de Diego, et je peux leur faire confiance, si Diego sort par n'importe quel sortie, faites le moi savoir, rapidement...mais ce serait préférable que vous l'en empêchez par n'importe quel moyen."

Bernado montra alors une fiole de somnifère.

"- N'allez pas non plus jusqu'à l'endormir à chaque fois qu'il tente de s'enfuir, rit le commandant amusé par les idées du serviteur, non, menaçez le, ça suffira je crois."