Une Otaku : Merci beaucoup. Je suis très contente que ça te plaise, surtout que personnellement, je trouve la qualité de cette fic plutôt moyenne, mais je l'ai voulu ainsi ^^ ! Effectivement quelques rebondissements, et encore quelques-uns dans ce chapitre. Il en faut bien pour donner envie de lire. Ça aurait été un peu trop facile si Erza s'était souvenue tout de suite de qui elle était, et il faut croire que je ne sais pas faire dans la facilité. J'espère que ce nouveau chapitre te plaira autant que l'autre.
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Sixième partie
Son cœur battait la chamade. Tellement, qu'elle avait l'impression qu'il allait lui sortir de la poitrine, résonnant désagréablement contre ses côtes. Instinctivement, elle tourna la tête à droite et à gauche, mais elle ne vit rien d'autre que le noir qui l'entourait. Il n'y avait ni sol, ni mur, ni plafond, rien que le néant à perte de vue, qui lui faisait immanquablement perdre tous ses repères. Elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait, pour un peur que cela soit un lieu d'ailleurs.
Elle inspira et déglutit, sa gorge se nouant sous l'angoisse qui lui tenaillait soudainement le ventre. Elle resta prostrée un moment dans le noir, ayant le sentiment que cela dura une éternité. La confusion et l'impatience vint lentement s'ajouter à la peur et petit à petit, elle commença à se sentir agitée, vulnérable. Un sentiment qu'elle avait horreur de ressentir. Puis finalement, alors qu'elle ne s'attendait plus à ce qui se passe quelque chose, une faible lueur rouge s'éleva doucement autour d'elle. Différentes nuances, allant du grenat, au cramoisie à l'écarlate. Sans qu'elle ne comprenne pourquoi, elle se sentit tout de suite rassurée par cette couleur. Il ne se dégageait aucune agressivité et, lorsqu'un semblant de chemin se dessina au milieu des diverses teintes vermillons elle le suivit sans se poser de questions.
Elle marcha un moment sans savoir si ça allait la mener quelque part, se laissant seulement guider par le sentiment de sécurité qu'elle éprouvait. Elle était comme anesthésiée. Un silence presque assourdissant l'enveloppait, mais il se dégageait de cet endroit quelque chose qu'elle avait l'impression de connaître, sans pour autant être capable de savoir comment c'était possible. Et, comme pour lui répondre, il lui sembla percevoir un bruit dans le silence pesant qui l'entourait. Elle tourna sur elle-même, ne distinguant rien d'autre que cette nuance de rouge à des kilomètres à la ronde. Pourtant, le bruit en fond se fit plus fort, plus proche et son cœur manqua un battement avant de se mettre à cogner fortement. Alors que le son se faisait plus net, elle n'eut besoin que d'un instant pour réaliser qu'il s'agissait de pleurs humain… et en tous, ceux, reconnaissable, d'un petit enfant.
Elle tourna, une fois de plus, sur elle-même, les yeux écarquillaient, alors qu'elle cherchait du regard le bambin qui était secoué de sanglot près d'elle. Toutefois, elle ne vit rien d'autre qu'un espace vide et l'angoisse lui noua l'estomac. Les pleurs se firent de plus en plus forts encore, résonnant désagréablement à ses oreilles. Ils semblaient se répercuter en échos, vrillant sa tête d'une douleur lancinante.
- Eh oh ! cria-t-elle.
Les pleurs redoublèrent d'intensités se transformant en de lourds sanglots incontrôlables. Elle résista difficilement à plaquer ses mains contre ses oreilles, son visage se plissant sous la gêne sonore qui l'enveloppait. Peut-être ne l'avait-il pas entendu la première fois.
- Eh oh ! cria-t-elle plus fort. Tu m'entends ? Où es-tu ?
Et aussi soudainement que les pleurs avaient commencés, ils s'arrêtèrent, plongeant l'environnement autour d'elle dans un brusque silence assourdissant. L'angoisse revint aussitôt, créant une boule qui vint obstruer sa gorge. Seul le bruit de sa respiration rapide lui parvenait alors qu'elle cherchait frénétiquement des yeux l'enfant qui était piégé ici, avec elle. Mais elle n'entendait rien d'autre que les battements rapides de son cœur et son souffle erratique.
- Est-ce qu'il y a quelqu'un ? demanda-t-elle, la voix tremblante.
Elle ne reçut aucune réponse, mais elle n'était pas certaine d'en avoir réellement attendue une de toute façon. A la place, les nuances de rouge ondulèrent autour d'elle, une ombre écarlate prenant vie. Cette dernière sembla lui tourner autour, une étrange pression l'enveloppant. C'était fort, intrusif et elle haleta sous le choc. Ça ondula autour de ses pieds, remontant lentement le long de ses jambes jusqu'à son ventre. Elle avait l'impression que ça chercher à pénétrer son corps, à envahir chaque recoin de son être, s'insinuant toujours plus loin.
Elle ne savait pas ce que c'était et pourquoi ça s'intéressait à elle. Elle n'avait plus seulement peur, elle était terrifiée. Elle ouvrit la bouche, voulant crier, mais aucun son ne sortit d'entre ses lèvres. Paralysée, elle ne savait pas quoi faire alors que la pression qui l'avait enveloppait augmentait encore. Sans comprendre pourquoi, cette forme brumeuse lui paraissait familière. Une chaleur s'insinua en elle, inondant son corps d'émotions qui lui étaient inconnues.
Elle s'écroula à genou sous l'intensité qui la submergea. Cette chose s'enfoncer plus profondément en elle, frôlant tous les recoins de son être et cela la terrifia un peu plus. Elle voulait fuir, s'éloignait le plus loin de possible de cette étrange entité qui était, de toute évidence, plus vivante qu'elle ne l'aurait imaginée. Haletante, elle ferma les yeux, priant pour quitter enfin cet endroit épouvantable. Mais, à la place, une voix résonna à ses oreilles. Lointaine et, pourtant, paraissant plus proche encore que l'avait été l'enfant qui pleurait un peu plus tôt.
- Pourquoi est-ce que tu me fais ça ?
Caverneuse, sans intonation, elle résonna dans tous les pores de sa peau la faisant frissonner de la tête aux pieds.
- Pourquoi… ? Pourquoi… ?
La voix continuait de répéter inlassablement le même mot, celui-ci explosant presque dans sa tête avec une telle force, qu'elle leva rapidement les mains pour les plaquer contre ses oreilles. Jusqu'a ce que la dernière phrase lui parvienne.
- Où es-tu… Mon Erza ?
La bouche ouverte, son souffle se coupa. Son cœur menaçait d'exploser sous l'intensité des émotions qui l'envahies. C'était comme si cette voix, cette entité, avait réussi à toucher son être, réveillant quelque chose de terrible profondément enfouis au fond d'elle. Puis tout s'arrêta, se figeant, avant de disparaitre et de l'envoyer dans l'inconscience.
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Sara ouvrit brutalement les yeux, un cri coincé dans le creux de sa gorge et la respiration rapide. Elle allait hyperventiler si elle ne se calmait pas tout de suite, mais son cauchemar persistait sur ses rétines alors qu'elle prenait à peine conscience de la sueur qui la recouvrait et des draps de son lit, qui recouvrait son corps moite. Elle avait la bouche sèche, la gorge irritée et elle eut mal lorsqu'elle poussa un gémissement quand une douleur aigue traversa son épaule gauche.
Elle y porta instinctivement sa main, frottant la surface de peau vierge qui la démangeait. Elle ferma les yeux, régula sa respiration et petit à petit, les images de son rêve refluèrent ne laissant qu'un prénom résonner en boucle dans son esprit. Sara se sentait, à la fois, confuse, apeuré et triste. Des larmes inondèrent ses yeux et se mirent à couler avant même qu'elle puisse les retenir. Depuis qu'elle avait mis les pieds dans la ville de Magnolia, la détresse qu'elle éprouvait déjà avait pris des proportions qu'elle n'aurait jamais imaginées. C'était comme si la vie qu'elle avait désespérément essayé de reconstruire après l'accident qu'elle avait eu partait en fumée.
Un coup à sa porte la tira brutalement de ses pensées. Le battant s'ouvrit sans avoir attendu qu'elle réponde et Sara tourna aussitôt la tête vers la direction de l'entrée. Elle essuya rapidement ses yeux encore mouillés par les larmes, reconnaissant sa grand-mère dans l'encadrement. Hilda portait sur son visage son masque habituel d'impassibilité et de distance, qui forçait toujours Sara à prendre des précautions en s'adressant à elle. Il n'y avait jamais eu de réelle affection entre elles et, plus d'une fois, la jeune femme s'était demandé pourquoi la guérisseuse l'avait gardé auprès d'elle. Sara se redressa vaguement sur un bras, regard perçant d'Hilda la figeant presque sur place.
- Tu n'es toujours pas debout ? grogna la vieille femme.
- Je… Je suis désolée grand-mère… J'ai… J'ai fait un cauchemar… souffla Sara, la gorge nouée, à nouveau.
- Tu n'es plus une enfant ! rabroua Hilda. Lève-toi immédiatement ! Et prépare-toi ! Je t'attends dans le hall.
Sara ouvrit la bouche, mais Hilda se détourna d'elle et partit sans la regarder plus qu'il ne le fallait.
- Bien… grand-mère, chuchota-t-elle toutefois dans le silence assourdissant qui l'enveloppait.
Elle renifla piteusement une dernière fois, repoussant entièrement son rêve dans une petite boite dans sa tête, déterminée à ne plus jamais s'en préoccuper. Ce n'était qu'un cauchemar, ça n'avait aucun sens. Elle était seulement influencée par tout ce qu'elle ressentait lorsqu'elle se trouvait en présence des membres de Fairy Tail, et en particulier de Lucy. Sara balança ses jambes hors de son lit et se précipita dans la salle de bain attenante à sa chambre.
Son cœur battait la chamade et son ventre se noua d'angoisse. Elle fit glisser sa jupe sur sa paire de collant, ses doigts glissant sur le bouton alors qu'elle essayait de le fermer. Elle inspira et expira plusieurs fois, essayant de maitriser l'angoisse qui soulevait son estomac. C'était toujours ainsi lorsqu'elle savait qu'elle allait devoir rester en compagnie des membres de sa supposée guilde. Elle termina de s'habiller, les mains tremblantes, puis glissa les doigts dans ses longues mèches écarlates, essayant de les discipliner un minimum. Elle les attacha lâchement en une épaisse tresse qu'elle laissa pendre sur un côté.
Elle frotta son visage et finit par s'observer un instant dans le miroir. Le reflet que lui renvoya son image la fit grimacer. Elle avait le désagréable sentiment de ne pas se reconnaître. Sa peau grisâtre, presque maladive. Les cernes sous ses yeux étaient violets, contrastant avec ses lèvres pales. Elle inspira, expira et soupira déjà épuisée par la journée à venir. Après une minute, elle baissa la tête et s'empara de sa brosse à dent et de son dentifrice, terminant rapidement de se préparer. Elle ne voulait pas aggraver à la colère qu'éprouvait déjà Hilda à son encontre.
Vingt minutes plus tard Sara quittait enfin sa chambre et descendait d'un pas lent le grand escalier de l'hôtel, essayant d'ignorer la nausée qui soulevait son estomac. Elle inspira un grand coup, déglutissant pour endiguer le haut le cœur qui lui brûla le ventre alors qu'elle s'attendait déjà à recevoir les sarcasmes et la méchanceté d'Hilda et des membres de sa guilde. Cependant, un coup d'œil autour d'elle lui appris que sa grand-mère n'était pas là, mais qu'à sa place, se trouvait un homme, appuyé nonchalamment contre le mur en face d'elle.
Sa simple vue suffit à ce que son cœur manque un battement et que ses mains deviennent moites. Elle osa à peine bouger de peur qu'il la remarque et envisagea de faire demi-tour avant que ça soit le cas. L'idée d'aller se cacher sous les couvertures de son lit et de fuir dans ses cauchemars, paraissait soudainement plus alléchante que de devoir faire face à cet homme. Entre tous, il était certainement celui qui semblait la détester le plus sans qu'elle ne comprenne pour qu'elle raison. Il la traitait de la pire des façons à chaque fois qu'il en avait l'occasion, à un tel point, que Sara avait fini par tout faire pour ne plus jamais se retrouver dans la même pièce que lui… Et encore moins seule en sa présence. Elle faisait toujours tout pour éviter d'avoir à se rendre au QG de la guilde, sauf si elle y était réellement obligée, toutefois, il arrivait qu'il réussisse quand même à la trouver juste pour le plaisir de l'apeurer ou la blesser.
Ce qu'il y avait de lui terrible avec lui, c'était qu'elle ne savait à quoi s'attendre. Il était imprévisible et pouvait se montrer uniquement mesquin et la seconde suivante devenir d'une violence incontrôlable. Plongée dans ses pensées, Sara n'eut pas le temps de prendre ses jambes à son cou et, avant qu'elle ne puisse se cacher de l'homme, ce dernier l'avait déjà repéré. Il se redressa sur ses pieds et s'avança jusqu'à elle, une lueur qu'elle n'aimait pas faisant briller ses yeux noir.
Sara n'était pas petite, mais il faisait facilement deux têtes et deux largeurs d'épaules de plus qu'elle, ce qui suffisait pour qu'elle se sente inférieure et vulnérable quand elle se retrouvait face à lui. Instinctivement, elle recula d'un pas lorsqu'il arriva à sa hauteur, plongeant un regard nerveux dans celui, sournois, de l'homme. Il avait une prestance écrasante, et il savait s'en servir. Il était celui de leur guilde qui imposait le respect et l'autorité, et il aimait ça. Même la puissance magique qu'il dégageait était étouffante… parfois même, presque nauséabonde. Toutefois, elle avait encore de la dignité et il était hors de question qu'elle lui montre qu'il lui faisait peur, ou tout autre sentiment d'inconfort. Elle inspira avant de lâcher :
- Qu'est-ce que tu fais ici, Sindar ?
Elle avait essayé de se montrer aussi ferme que possible, cependant, le léger tremblement dans sa voix n'était pas passé inaperçu aux oreilles de l'homme. Sindar se pencha sur elle, bien trop proche pour qu'elle maintienne son assurance. Sara recula encore d'un pas et se rattrapa de justesse à la rambarde de l'escalier, alors qu'elle avait oublié qu'elle était encore si près des marches.
- Je suis chargé de te surveiller, répondit-il enfin d'une voix rauque et mielleuse.
Sara retint difficilement un frisson et déglutit avant de répondre :
- Je… Je n'ai pas besoin d'être surveillée.
- Hilda pense que si. Tu suivras donc les ordres.
- Je ne fais pas partie de la guilde… souffla-t-elle. Je… Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi.
A l' instant où ses mots quittèrent ses lèvres, Sara sut qu'elle aurait mieux fait de se taire. Un éclair de colère passa dans le regard de Sindar et elle eut à peine le temps de respirer, son souffle se coupant dans le creux de sa gorge, que l'homme attraper brutalement son menton dans une poigne de fer. Elle poussa un gémissement de douleur sous la fermeté des doigts qui rentraient presque dans sa chair et ne put rien faire d'autre que de plonger dans les prunelles noires de Sindar. Il semblait déborder d'une rage démesurée et incompréhensible, comme s'il était incapable de se contenir et Sara sentit son cœur cognait violemment de terreur dans sa poitrine. C'était le regard d'un homme qui était prêt à tout, elle en était certaine, ce qui la dérangeait, c'était qu'elle ne savait pas jusqu'où il irait avec elle.
- Rentre-toi bien dans le crâne, que tu nous appartiens… Que tu le veuille ou non, articula-t-il d'un ton mesuré.
Sa poigne se raffermis encore un peu plus si c'était possible et elle pinça les lèvres, réprimant difficilement un couinement. Elle serra les dents, attrapant dans une main le poignet de Sindar dans l'espoir qu'il la lâche, mais l'homme rajouta de la force, la poussant contre la rambarde de l'escalier. Celle-ci lui percuta les reins et Sara écarquilla les yeux en perdant son souffle. Elle n'eut pas le temps de protester que Sindar poursuivait sa diatribe.
- Je vais me montrer clair. Tu n'as rien le droit d'exiger ! Hilda trouve que tu passes trop de temps avec ces mages de Fairy Tail, cracha-t-il.
- Tu… Tu me… fais mal… gémit-elle.
- Tais-toi ! pesta-t-il, la poussant plus durement contre la rambarde.
Une douleur atroce explosait le long de son dos et Sara sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle sera toutefois les dents, refusant de lui montrer qu'il gagnait. Elle ne détourna pas son regard du sien, durcissant les traits de son visage. Même si elle avait peur, elle ne serait pas faible devant lui. Elle se mordit presque la langue jusqu'au sang pour ne pas gémir une nouvelle fois sous la douleur qui envahissait son corps. Finalement, elle ne sut pas si c'était que l'homme avait encore une certaine moralité, ou le fait qu'elle avait refusé de plier devant lui, mais il relâcha sa prise, la propulsant sur le côté.
Sara hoqueta, rencontrant le durement le sol. Elle grogna en amortissant sa chute à l'aide de ses mains, haletant sous le choc. Elle tourna ensuite la tête vers Sindar, qui la toisait de toute sa gigantesque hauteur. Son visage était sombre, son regard froid et haineux, pourtant, elle crut déceler quelque chose d'autre au fond de ses yeux. Quelque chose qui la percuta et lui retourna l'estomac. Du désir. Cet homme la haïssait autant qu'il la désirait et Sara n'était pas certaine de ce qui était le pire.
Sindar fit un pas dans sa direction et elle recula instinctivement. Cela le fit sourire et l'air sur son visage devint plus malsain encore. Il n'eut pas besoin de s'accroupir devant elle pour affirmer sa supériorité. A la place, il relâcha une vague de magie qui l'enveloppa et lui coupa le souffle. Elle crut suffoquer alors qu'il l'observait en souriant.
- J'ai tout pouvoir sur toi et tu feras ce qu'on te dit de faire. Tu as l'interdiction formelle de rester en compagnie de ces mages. Tu ne dois ni te rendre dans leur guilde, ni leur parler.
Plus que la douleur et le manque d'air, ces paroles la frappèrent et la blessèrent, mais elle ne put protester. Sindar augmenta d'un cran sa magie et Sara crut être sur le point de s'évanouir. Puis tout s'arrêta brutalement et elle inspira une grande bouffée d'air. Elle toussa, se reculant encore plus de l'homme. Si elle avait pu rentrer dans le mur, elle l'aurait certainement fait. Jamais elle ne pourrait se mesurer à lui, elle avait été folle et idiote de penser le contraire.
- Je pense que je me suis bien fait comprendre, n'est-ce pas ?
Sara baissa la tête. Elle ne chercha même pas à répondre, ça ne servait à rien.
- Sache que je te surveillerai, continua-t-il. Au moindre écart, je saurai me montrer intransigeant.
La jeune femme ne se donna pas la peine de lui accorder un regard. Elle savait qu'il était sérieux et c'est ce qui était atroce. Comment pouvait-il lui demander ça ? Elle se doutait que Sindar se fichait complètement du fait que pour la première fois, elle avait l'impression d'avoir des amis, des personnes auprès d'elle qui prenait réellement à cœur la personne qu'elle était. Mais son ordre, en plus d'être despotique, était irréalisable. La guilde de Fairy Tail était énorme, mais en dehors de ça, la plupart des autres membres de guildes étaient de proche alliés, voir des amis, de ces derniers. Il n'y avait qu'eux, qui avait répondu présent pour ce festival, uniquement pour se faire connaître. Leur maître n'avait vu que leur propre profit à participer à ce qu'il avait appelé : une mascarade inutile. Comment pourrait-elle ne pas être en contact avec les fées ? Même si elle était seulement en présence d'un membre d'une autre guilde, elle serait forcée d'entrer en contact avec un des membres de Fairy Tail… Ce qui la ferait inévitablement désobéir à l'ordre de Sindar.
Sara jeta un vague coup d'œil à l'homme, qui se tenait toujours au-dessus de son corps recroquevillé sur le sol. Elle craignait qu'au fond, c'était justement ce qu'il voulait. Qu'elle ne puisse pas obéir et qu'il se sente le droit de la soumettre, de toutes les manières qui lui conviendrait. Rien qu'à cette idée, Sara frissonna. Sindar fit un pas de plus dans sa direction et elle prit peur. Elle ne savait pas ce qu'il comptait lui faire et, elle n'attendit pas pour le savoir. Elle recula, essaya de se relever et trébucha sur ses pieds avant de réussir à ramper sur les genoux et se mettre debout.
Cette vision dû beaucoup plaire à Sindar, toutefois elle ne se retourna pas vers lui pour le voir. Le souffle court, elle quitta l'hôtel à toute vitesse, chancelant sur ses pieds. Elle faillit tomber à plusieurs reprises sans que cela ne le pousse à ralentir sa course. Elle fut surprise une seconde par les pluies torrentielles qui tombaient à l'extérieur, mais ne s'arrêta pas pour autant. Un orage éclata au loin sans qu'elle ne sursaute. Elle était anesthésiée, terrorisée, complètement dominée par ses émotions. Elle voulait s'échapper le plus le loin possible et le plus vite possible. Elle voulait disparaître, de plus jamais se retrouver en face de Sindar et de la terreur qu'il lui faisait ressentir. Elle était lâche, faible et elle se dégoutait. La femme qu'elle était la répugnait, autant que celle que cet homme l'obligeait à être.
- Arrête de fuir !
La voix explosa dans sa tête, faisant bondir son cœur. Son souffle se coupa et elle perdit le peu d'équilibre qu'elle avait. Elle s'écroula au sol, terrifiée que Sindar l'ai rattrapée. Haletante, nerveuse, elle regarda partout autour d'elle. Il y avait quelques villageois qui, malgré le temps infernal qu'il faisait dehors, étaient courageusement sortis, toutefois, Sindar n'était nulle part. Elle avait du mal à rependre sa respiration et, lorsqu'une voix résonna à ses oreilles et qu'une main se posa sur son épaule, la rouquine sursauta, s'éloignant d'un bond au contact.
- Ce n'est que moi, fit la voix douce.
La surprise cloua Sara sur le sol alors qu'elle reconnaissait Lucy. La petite blonde se tenait penchée au-dessus d'elle, mais sa présence, comparée à celle de Sindar, était rassurante et chaleureuse. Sara se mordit la lèvre inférieure, se retenant difficilement se fondre en larmes.
- Nous devrions la ramener à la guilde, suggéra une deuxième voix, masculine, cette fois.
Ce n'est qu'à cet instant que Sara remarqua que Lucy était accompagnée. Derrière elle se trouvait deux hommes, l'un brun et l'autre arborant une épaisse tignasse rose, ainsi que l'adolescente qu'elle avait déjà aperçut une fois. Après une seconde, la proposition qu'avait faite l'homme aux cheveux roses la ramena à son altercation avec Sindar et son cœur s'affola. Elle secoua la tête et tenta de se remettre debout, ses jambes flageolant sous son poids. Elle était soudainement épuisée et frigorifiée, pourtant, il fallait qu'elle s'éloigne rapidement d'eux.
Lucy l'aida à se stabiliser et Sara lui en fut reconnaissante. Elle s'apprêtait à se détourner d'eux, mais la main chaude de la blonde l'arrêta.
- Où est-ce que tu vas ? demanda-t-elle.
Sara secoua, une fois de plus, la tête, voulant s'éloigner, mais c'était comme si les doigts de Lucy étaient aimantés à elle. Sa prise n'était jamais agressive, autoritaire, cependant, elle la sentait peser chaleureusement sur son bras, l'invitant à se laisser aller. Ce n'était pas la première fois qu'elle ressentait ça au contact de la blonde et c'était toujours aussi déroutant.
- Tu es trempée et tu trembles de froid, continua Lucy, la ramenant à la réalité. Viens avec nous, tu pourras te réchauffer à la guilde.
- En plus, il y a une fête aujourd'hui, ajouta l'adolescente avec un doux sourire.
Les deux hommes derrières restaient étrangement silencieux, guettant la moindre de ses réactions. Finalement, la tension dans ses épaules disparue et la rousse sembla s'affaisser sur place. Elle savait qu'elle ne devrait pas, mais elle en avait assez. Tout ce qu'elle demandait, c'était de pouvoir être enfin heureuse. Ce n'était que l'affaire d'une heure ou deux. Elle ferait en sorte de partir avant que Sindar ne remarque où elle se trouvait.
Aussitôt, Lucy l'attira contre elle, l'entourant d'un bras aussi accueillant que sécurisant. Instinctivement, Sara enroula son propre bras autour de la blonde et posa sa tête contre son épaule. La pluie s'était calmée, mais le tonnerre grondait toujours au loin. Elle frissonna de froid, à peine consciente de l'échange de regards qu'il y eut entre les quatre membres de Fairy Tail. Ils reprirent ensuite leur chemin ensemble, conversant tranquillement, sans que Sara ne participe. Elle suivait docilement le rythme de Lucy, déjà réchauffée rien qu'avec le corps de la blonde pressé contre le sien. Elle n'était pas sortie d'affaire, mais elle se sentait mieux… Peut-être même plus que ça encore, si elle voulait être honnête. Cet étrange sentiment d'être enfin à sa place revint et, sans s'en rendre compte, elle resserra son bras autour de la taille de Lucy.
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Ils arrivèrent à la guilde rapidement, motivé par le temps épouvantable qu'il faisait. Un vague coup d'œil à la tête rousse qui était appuyée contre elle, lui apprit que Sara semblait presque apathique, tremblant de froid sans même se plaindre. Elle suivait ses pas sans protester et pas une fois Lucy ne l'avait entendu ouvrir la bouche pour s'exprimer. Instinctivement, elle raffermit sa prise autour de la rouquine, sa poitrine se serrant face à ce comportement éteint, qui ne ressemblait pas à la personnalité de cette femme. Cependant, pouvoir sentir ce corps chaud et ferme contre le sien n'avait pas de prix et Lucy en profita autant que ça lui était possible.
Il se dégageait du bâtiment de Fairy Tail un vacarme infernal, ce qui n'était pas vraiment étonnant. Au moment de grimper les quelques marches en pierres qui donnaient sur la lourde porte en bois, Lucy se dégagea gentiment de l'emprise de Sara, non sans une certaine hésitation de la part de l'autre femme. Toutefois, la blonde ne s'éloigna pas et elle entraîna la rouquine dans son sillage, suivant Natsu, Gray et Wendy qui venait de pousser et passer l'encadrement de l'entrée.
- Alors, bande de nazes ! cria Natsu aussitôt arrivé dans le hall. Vous avez commencés la fête sans nous ?!
- Tu n'es pas obligé de hurler, abruti, grommela Gray à côté de lui.
- Tu as un problème…
- Ne commencez pas les garçons, coupa Wendy, désamorçant toute future dispute, qui aurait inévitablement finit par exploser.
- Oui, enchérie Lucy d'un ton ferme, ce n'est pas le moment.
Un coup d'œil à Sara suffit à ce que les deux hommes retrouvent leur sérieux. La constellationniste les entraîna vers le fond de la salle, slalomant entre les nombreuses personnes qui étaient présentes et les tables encombrées, pour rejoindre un petit coin salon tranquille pas encore occupé. Certains avaient arrêtés leur conversation, observant sans se cacher la rouquine, avant de reprendre là où ils s'étaient stoppés.
D'autre, comme Mirajane, Kanna, Luxus, Juvia, Meldy, Ultear, Minerva et Kagura abandonnèrent ce leurs activités pour suivre discrètement des yeux l'avancés du petit groupe. Même si Lucy aurait aimé leur accorder de l'attention et, pourquoi pas, les faire entrer en contact avec Sara, elle préféra se concentrer entièrement sur cette dernière.
- Assis-toi là, fit la blonde, poussant gentiment Sara sur le sofa lorsqu'elles l'atteignirent. Je vais aller te chercher une couverture pour te réchauffer.
Elle voulut s'éloigner, espérant rejoindre rapidement l'infirmerie, mais une poigne ferme aux doigts glacés l'arrêta dans son élan.
- Non.
Ce n'était qu'un souffle. Un murmure que Lucy n'aurait probablement jamais entendu si elle n'avait pas été aussi proche de l'autre femme. La blonde fronça les sourcils et s'accroupis en face de Sara, enfermant entre ses mains celle de la rousse.
- Mais tu es frigorifiée, il faut que tu te réchauffe, insista-t-elle.
- Reste… Reste juste avec moi…
Sara releva la tête vers Lucy. Son visage était pâle, presque maladif et ses yeux brillaient d'un regard implorant. Mais il n'y eut qu'une chose qui interpella la blonde. Cette dernière s'approcha un peu plus, fronçant légèrement les sourcils. Elle leva une main, la glissant sur l'une des joues pour repousser les épaisses mèches écarlates qui s'étaient échappées de sa natte.
Qui t'a fait ça ? demanda-t-elle la gorge nouée.
La confusion peignit les traits de Sara qui plissa les yeux, cherchant visiblement à comprendre de quoi elle parlait. Lucy sentit le déplacement de Natsu, Gray et Wendy derrière elle, mais son attention fut détournée d'eux lorsque la compréhension peignit enfin les traits de la rousse.
- Ce n'est rien d'important, répondit finalement Sara, d'une voix un peu trop détachée.
- Est-ce que… Quelqu'un ta frappée ? insista Lucy.
- Non ! répliqua fermement Sara.
Elle s'éloignant brusquement de la proximité qu'elle avait avec la blonde, se repoussant dans l'assise du sofa.
- Ce n'est rien, vraiment, continua-t-elle, plus doucement. Laisse tomber.
Lucy fronça les sourcils, échangeant un regard avec les deux hommes à ses côtés. Il était incontestable que les bleus qui ornaient sa joue représentaient des marques de doigts et vu leur taille, la main qui lui avait enserré la mâchoire était loin d'être petite. Qui avait pu avoir, à la fois, assez d'audace et de bassesse pour oser la toucher ? Mais l'instant suivant, Lucy se rappela que ce n'était pas Erza qu'elle avait en face d'elle, mais Sara, et cette femme-là n'avait, ni le tempérament explosif ni la faculté de se défendre, qu'avait la chevalière.
Quelque chose se brisa en Lucy et elle serra les dents, plongeant son regard dans celui, brumeux, de la rouquine. Savoir que la femme qu'elle aimait avait oublié qui elle était au point de se laisser maltraiter lui retourner l'estomac, au point de sentir la bile remonter dans sa gorge. Mais le pire, était de le savoir et de ne pouvoir rien faire. Elle finit par soupirer puis se releva pour s'assoir à côté de Sara sur le sofa, échangeant un regard avec Wendy, Natsu et Gray.
Ils évaluèrent rapidement la situation et s'éloignèrent, chacun partant rejoindre un groupe d'amis. Ils en avaient discutés ensemble et ils avaient tous jugés préférables d'aborder Sara sans la bousculer et que Lucy était la mieux placée. Wendy était trop jeune, Natsu… pas assez calme et patient malgré toute l'affection qu'il éprouvait pour Erza. Quant à Gray… il ne pouvait s'empêcher de ressentir un certain malaise à faire face à une personnalité étrangère qui arborait le visage de sa meilleure amie.
Un silence un peu pesant enveloppa les deux jeunes femmes, à peine perturbé par les nombreuses conversations qui fusaient autour d'elles. Lucy jeta un coup d'œil vers Sara, détaillant le profil de la rouquine. Petit à petit, cette dernière semblait reprendre des couleurs. Finalement, la blonde soupira doucement.
- Est-ce que… tu veux boire quelque chose ? osa-t-elle demander.
Sara cligna des yeux, semblant revenir difficilement à la réalité. Elle tourna la tête vers elle et la blonde lui adressa un tendre sourire.
- Je devrais probablement partir, souffla doucement la rousse.
- Le temps est vraiment trop épouvantable dehors, contra Lucy. Attend plutôt ici avec moi.
La constellationniste se pencha en avant, captant le regard brun de Sara.
- Nous pourrions en profiter pour apprendre à mieux nous connaître ? proposa-t-elle. Qu'est-ce que tu en dis ?
Sara la regarda pendant un temps qui parut très long à la blonde. Un laps de temps pendant lequel la rousse parut réellement réfléchir à ce qu'elle devait faire et Lucy espéra ne pas avoir été trop entreprenante. Pendant une seconde, elle crut se faire rejeter, mais la voix de Sara la saisit sur place.
- D'accord.
- D'accord ? répéta la blonde. Vraiment ?
- Oui… bien sûr, sourit Sara. Mais c'est toi qui paye.
La constellationniste pouffa doucement de rire.
- Evidemment, répondit-elle après un instant.
Elle fit signe à Mirajane pour commander, bien décidée à passer autant de temps que possible en compagnie de la rousse. Au fond, Lucy était réellement prête à apprendre à connaître cette personnalité de la femme qu'elle aimait. Elle était même prête à la conquérir. Mais si elle devait être honnête, Lucy était prête à tout. Son premier désir était, bien sûr, de retrouver Erza, mais si ce n'était pas possible, Lucy savait que juste Sara lui suffirait. Elle saurait aimer cette femme aussi, après tout, la blonde était certaine qu'au fond, elles étaient identiques.
oOo
Note : Et voilà le chapitre 6, plus vite que le 5. Je pense que cette fic arrive bientôt à sa fin. Déjà, elle a dépassé le quota que je voulais. Je compte, au pire, peut-être encore trois chapitres, quatre grand max, pour me laisser une marge.
Mais sinon, chose importante qui devrait, peut-être, vous faire plaisir… J'ai une autre fic en tête pour Fairy Tail après celle-là )
A la prochaine.
