Diego s'effondra complètement par terre.
"- NON ! S'écria Toledano en se précipitant vers lui.
Il retourna le corps, le coeur battant trop fort dans la poitrine. Il n'y avait aucune trace de sang, pas de balles, pas de couleurs rouges, rien...Le jeune renard venait tout juste de faire un simple malaise, bien que son corps tremblait de toutes parts et le commandant pouvait le ressentir.
"- C'est...bon...je n'ai rien, soupira Diego en fermant les yeux, Raquel a juste détruit un vase à mon père..."
Le capitaine jeta un oeil au vase en question qui se trouvait à moins d'un mètre de Diego, puis se tourna vers sa femme.
"- Tu bluffais ?
- Tu crois vraiment que j'allais tuer Diego ? Je voulais juste te faire réveiller."
Le capitaine Toledano ne comprenait plus rien à ce qui se passait. Sa jalousie l'avait prit au dépourvu, lui avait dicté son comportement, le rendant sauvage. Diego tenta de nouveau de se relever mais peine perdu.
"- Pardonnez moi, Don Diego, pardonnez-moi, répéta Arturo d'un air désolé, je suis tellement, tellement, tellement confus, je...
- Les excuses viendront plus tard, Arturo, coupa Raquel, il faut le ramener à sa chambre et je crains que l'on doit encore rappeler le docteur Avila."
Culpabilisant à mort, le commandant porta Diego jusqu'à sa chambre. Il ne cessait de s'excuser et de demander pardon jusqu'à que le médecin arrive pour la visite quotidienne de Diego comme il l'avait prévu la veille.
C'est avec un certain agacement qu'il constata que l'état de Diego avait empiré. Des bleus, des coupures et une fièvre de 41°C avaient de quoi le rendre hargneux. Et pour une fois, Diego n'était pas responsable.
"- Je suis vraiment désolé, Diego, je vous jure que je ne voulais pas...je...J'étais tellement certain que vous et Raquel...
- Ce n'est rien, Commandante, sourit Diego pour le rassurer, vous connaissez le proverbe "qui aime bien, chatie bien".
- Mais dis moi, Arturo, lança Raquel, qu'est ce qui t'as fait venir ici ? Tu avais dit que tu ne passerais que l'après-midi.
- Eh bien, quand j'ai entendu dire que Diego et toi...
- Qui ? Qui vous a dit cela ? Questionna le jeune don.
- C'est Paul, il a demandé à me voir pour avouer ces fautes et on a dérivé sur ce sujet là.
- Et vous l'avez cru ? S'horrifia Avila.
Arturo croisa son regard et comprit alors l'énorme erreur qu'il venait de commettre. Il était tombé dans le piège.
"- Il a utilisé votre faiblesse pour Raquel, commandante ! S'exclama le médecin, mon dieu, vous avez préféré douter de votre femme et de Don Diego que de douter d'un homme qui a failli devenir un meurtrier ?
- Je suis tellement désolé, répéta Toledano qui ne savait que dire d'autres, je vais lui donner le châtiment qu'il mérite, ajouta-t-il en s'apprêtant à partir.
- Non, intervint le renard, attendez le retour de mon père. Ensuite, nous le jugerons."
Diego vit que Paul était beaucoup moins innocent qu'il ne voulait en avoir l'air. Il pensait connaitre ses réelles intentions mais vu comment il a pu manipuler le commandant avec une facilité déconcertante, il était clair que sa venue à Los Angeles dépasser largement les aveux qu'il avait avoué à Zorro.
Alejandro soupira de contentement en entrant dans le salon de son hacienda. Une bonne semaine lui avait fallut pour régler l'affaire d'un ami, mais il ne regrettait pas le voyage, car il avait pu apprendre quelque chose.
"- Père, est ce vous ? Dit une voix.
Diego de la Vega, son cher fils le rejoignit un sourire aux lèvres.
"- Bienvenue à la maison, père, le salua-t-il.
Le vieux don prit son fils par ses épaules.
"- Quel joie de te revoir, mon fils, mais...j'ai l'impression que ton état ne s'est pas très bien amélioré, tu es encore pâle et tu as encore un peu de fièvres. Tu n'aurais pas du quitter ta chambre, lui reprocha-t-il.
- C'est une longue histoire, souffla Diego.
- Ecoute, remonte te coucher, il faut que...
- Non, père, je dois absolument vous parler, coupa son fils refusant son aide, c'est à propos de Paul."
Alejandro en resta silencieux.
"- Le capitaine Toledano avait raison, continua Diego, il a voulu me tuer.
- Tu as retrouvé la mémoire ?
- Oui..."
Diego ferma les yeux pour combattre encore sa fatigue. Il n'était pas encore rétabli et c'était un point qui le frustrait énormément. Un renard dans l'incapacité de bouger était mauvais signe pour les évènements qui vont suivre.
"- Père, est ce que vous avez eu d'autre relation avec une autre femme que ma mère ? Demanda-t-il en posant carte sur table afin d'en finir au plus vite.
Devant cette question inhabituelle et le ton employé par le jeune homme, Alejandro ne savait quoi répondre tellement il trouvait cela stupide et irréel.
"- Bien sur que non ! S'écria-t-il cependant en espérant faire chasser tout doute de l'esprit de son garçon, ta mère était l'unique amour, l'unique femme de ma vie."
Diego semblait se détendre tout à coup comme s'il venait de se décharger d'un poids trop lourd à porter.
"- Je suis soulagé, murmura-t-il en riant doucement.
Il s'effondra tout à coup, Alejandro le rattrapa à temps avant qu'il ne chute complètement par terre et le porta jusqu'au divan pour l'allonger.
"- Diego, qu'as-tu fait encore pour que je te retrouve dans cet état ? Marmonna-t-il.
- Alors, ça veut dire...que Paul n'est pas votre fils...murmura Diego les yeux clos.
- Quoi ?
- Il m'a raconté que...il était votre fils...je n'en étais pas sur...alors...souffla-t-il las.
- Paul a dit ça ? Se choqua Alejandro, non, il n'est pas mon fils ! C'est le fils de Don Jaime !"
Diego ouvrit les yeux pour exprimer sa confusion et sa surprise. Là, il ne s'y attendait pas. Pourtant, il était encore plus soulagé, car peut-être que Paul allait redevenir un homme honnête en apprenant cela.
"- Comment pouvez vous en êtes sur ? S'enquit Diego.
- Écoute, quand je suis allé à San Francisco, j'ai croisé l'oncle de Paul, et il m'a raconté qu'il avait, il y a quelques années, reçu une lettre de Julia, sa sœur, la mère de Paul lui faisant part du fait que Don Jaime était le père. En réalité, elle avait été autrefois domestique chez lui avant de venir chez moi. Ils ont eu une relation mais quand elle est tombée enceinte, afin de préserver l'identité du véritable père, pour protéger Jaime de ce déshonneur, elle a demandé à venir chez moi.
- Mais...Paul était au courant donc ?
- Oui, il l'était.
- Alors pourquoi s'en être prit à moi alors qu'il allait avoir ce dont il rêvait en se rendant chez son père biologique ? Pourquoi avoir menti ? Pourquoi...?
- Eh bien je comptais me rendre aujourd'hui au cuartel pour en savoir plus, mon enfant.
- J'aimerai venir avec vous.
- As-tu l'accord du médecin ?"
Le silence de Diego eut raison de lui. Don Alejandro soupira.
"- Je ne veux pas que ton état empire, alors je te conseille de rester ici.
- Mais..père...
- Diego, en tant que ton père justement, je me dois de t'ordonner de rester à l'hacienda, le coupa-t-il d'un ton sévère.
Le jeune renard rendit les armes. Son père appela Bernado pour qu'il raccompagne son fils à sa chambre et il quitta la demeure pour le pueblo.
"- Comment avez vous pu vous faire berner par cet homme ! Hurla Toledano au lancier qui gardait la prison de Paul.
Dans la nuit, le jeune Capistrano avait réussi à s'échapper en manipulant habilement son gardien. Il lui avait fait croire qu'il ne se sentait pas bien et qu'il allait probablement mourir, faisant semblant d'agoniser. Le lancier, inquiet, avait fini par lui apporter à boire mais Paul lui avait fait perdre connaissance en lui bloquant sa respiration avant qu'il ne rende compte de la supercherie.
"- Nous devons nous rendre immédiatement à l'hacienda de la Vega ! Enchaîna le capitaine à tous ses lanciers.
Avant qu'il enfourche sa monture pour diriger ses hommes, Raquel se précipita vers lui.
"- Arturo, fais attention, j'ai un mauvais pressentiment, souffla-t-elle en l'embrassant.
Son mari ne dit rien, connaissant l'instinct des femmes pour en avoir longtemps vécu avec son épouse, il était certain qu'elle avait raison de s'inquiéter.
"- J'essaierai, murmura-t-il.
Sur le chemin qui menait au pueblo, Alejandro ne croisa uniquement que la voiture d'un moine qui semblait presser. Il ne vit malheureusement pas son visage, étant trop rapide pour aller le saluer. Il poursuivit sa route.
