Note : Je ne suis pas certaine que des excuses suffisent après tout ce temps mis pour publier la suite, je ne suis même pas certaine que vous la lirait même mais, pour ma défense, j'ai eu... une année longue, difficile et prenante. J'ai appris que j'étais enceinte, après 4 mois à être terriblement malade, j'ai eu une grossesse très fatigante (encore plus avec un petit garçon de 4 ans déjà plein d'énergie) un déménagement, une adaptation dans une nouvelle maison, de nouvelles habitudes et un accouchement difficile… Je n'avais pas vraiment de temps ni d'énergie à consacrer à l'écriture. Aujourd'hui, mon bébé à 5 mois et il commence à peine à avoir un rythme de sommeil régulier, ce qui me permet à moi aussi d'être un peu plus alerte.
J'ai enfin repris l'écriture, doucement. Je n'avais pas abandonné cette fic, et je viens à peine de terminer le chapitre 9 (j'avais bêtement espéré que ça soit le dernier… me connaissant, c'était un espoir vain…) Je vous le partage et m'attèle donc au chapitre 10. J'espère la terminer en deux chapitres, maximum trois, cependant, je ne donne aucune date. J'écris un petit peu tous les jours et ils arriveront quand ça sera le moment.
J'espère que vous vous laisserez tenter à continuer l'aventure et je m'excuse, une fois de plus.
Bonne lecture.
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Neuvième partie
Deux jours. Deux jours entiers qu'elle se sentait dériver, ayant la désagréable impression d'avancer dans un épais brouillard. Elle se sentait désorientée, comme si son esprit n'était qu'a un fil de la folie et, peut-être que dans le fond, c'était le cas.
Elle ne pouvait s'empêcher de se répéter, en étant rationnelle, qu'aucune personne saine d'esprit n'entendrait une voix chuchoter continuellement à son oreille sans que cela ne provienne d'une quelconque maladie mentale. Et ça la terrifiait. Plus les jours passés et plus Sara avait peur d'elle-même, ce qui était probablement plus atroce que d'avoir peur des représailles après avoir menti à sa grand-mère ou à Sindar.
Dernièrement, elle s'était mise à se cacher. Sans savoir vraiment pourquoi, ça la rassurait de se savoir seule, toutefois, elle finissait par perdre rapidement le fil de la réalité, devenant hagarde. Plus d'une fois elle avait repris ses esprits pour se rendre compte qu'elle ne se trouvait plus à l'endroit où elle pensait être.
La voix dans sa tête n'arrêtait pas de lui parler et les cauchemars prenaient vies sans qu'elle soit endormie. C'était comme si une autre vie se jouait dans sa tête, réveillant des choses en elle qu'elle ne connaissait pas. Ces phénomènes étaient arrivés tellement souvent ces deux derniers jours que Sara n'avait pas fermé l'œil. Elle était épuisée, perdue sans savoir quoi faire pour arranger sa situation. Elle n'avait pas osé en parler à quelqu'un, encore moins aux personnes de sa guilde. Ils l'auraient soit ignorée, rejetée ou moquée et Sara n'avait aucune envie de faire face à leur cruauté.
Ce qui était la raison pour laquelle elle se terrait dans le parc, restant assise des heures sous l'un des immenses chênes qui y vivaient. Elle porta ses doigts à l'une de ses tempes, frottant lentement la peau dans l'espoir de faire disparaître la douleur lancinante qui lui vrillait continuellement la tête. Mais cela ne servait à rien, au contraire. Sara finit par soupirer, fermant les yeux et appuya doucement l'arrière de son crane contre l'énorme tronc d'arbre. Les maux de têtes, qui s'étaient calmés, étaient revenus, plus nombreux et plus douloureux que les précédents sans qu'aucun remède ne les apaises. Et plus elle avait le sentiment d'essayer de les freiner, plus ils étaient douloureux.
Un vent frais passa sur elle, rafraîchissant sa peau qui lui semblait brûlante. Le rire des enfants, qui jouaient un peu plus loin, lui parvenaient, surveillés par leurs parents, qui discutaient, assis sur les bancs. Sara laissa son corps se détendre lentement, s'appuyant un peu plus contre l'arbre derrière elle. Malgré la vie autour d'elle ainsi que la douleur dans sa tête, il régnait un silence qu'elle n'avait plus eut depuis longtemps. C'était reposant. Sans qu'elle s'y attente, l'inconscience la gagna et elle se laissa volontiers envahir par les ténèbres.
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Il faisait chaud. C'était bientôt la fin du festival et Lucy ne savait pas comment gérer cette situation. D'après les recherches de Polyussica et de Wendy, il était impossible que Sara recouvre la mémoire d'elle-même, ce qui voulait inévitablement dire que cette dernière allait repartir avec sa supposée guilde. Assises au bord de la rivière, la blonde soupira, se rappelant la dernière fois où les deux femmes s'étaient retrouvées ensembles.
Après deux jours sans nouvelles, Sara était revenue à Fairy Tail, arborant une petite mine. Des cernes noirs mangeaient presque la moitié de son visage, son teint, d'ordinaire laiteux, était devenue grisâtre, sa démarche, qu'elle avait toujours eue droite et assurée, était lente et incertaine.
Elle avait abordé Lucy avec un sourire un peu forcé, et était ensuite restée étrangement silencieuse. La blonde avait proposé qu'elles aillent se promener, ce que Sara avait vaguement accepté d'un hochement de tête. Elle paraissait épuisée, malade et, cela inquiétait Lucy. Est-ce que personne dans la guilde de la rousse ne faisait attention à elle pour remarquer qu'elle n'allait visiblement pas aussi bien qu'elle voulait le faire paraître ? Et d'un autre côté, elle se demandait ce qui faisait qu'elle se sente aussi mal.
Une lueur brillait dans les prunelles brunes de Sara et Lucy n'était pas certaine d'aimer ce qu'elle avait l'impression d'y lire. Cependant, elle n'eut pas le temps de dire quoique ce soit que la voix de la rousse avait résonné à ses oreilles.
- Je peux te poser une question ?
Lucy avait rapidement affiché une mine surprise, tournant la tête vers Sara, qui l'observait.
- Bien sûr, finit-elle par répondre.
- Je ne sais pas trop par où commencer… Tu risques de trouver ça surprenant… alors…
- Ne t'inquiète pas pour ça. Qu'est-ce qui te perturbe ?
- Tu… Tu pourrais… me parler… d'Erza ?
La constellationniste avait écarquillé les yeux avant de se reprendre.
- Pourquoi ?
Sara s'était mordu un coin de la lèvre inférieure, haussant une épaule.
- J'ai… J'ai découvert… qu'apparemment, je ressemblais beaucoup à cette femme et… enfin… lorsque j'ai appris son prénom…
- Tu t'es sentie liée à elle ? demanda gentiment Lucy.
- C'est complétement stupide, je sa…
- Non, coupa la blonde, pas du tout.
Au contraire. Apprendre une telle nouvelle était même inespéré pour la constellationniste. Toutefois, elle ne savait pas ce que cela pouvait provoquer sur l'état de Sara. D'après Polyussica et Wendy, forcer la mémoire de la rousse était bien trop risqué.
- Qu'est-ce… qu'est-ce que tu veux savoir ? demanda Lucy, restant prudente.
- En fait, répondit Sara, c'est juste que j'ai du mal à comprendre pour quelle raison j'ai cette impression de… de la connaître. Comme si… elle faisait partie de moi…
La rousse avait tourné son regard vers Lucy. Cette dernière était restée surprise et muette l'espace d'un instant, ne sachant pas quoi répondre.
- C'est étrange, non ? avait insisté Sara. C'est comme si je… revivais une vie qui n'est pas la mienne.
La constellationniste pinça les lèvres, secouant finalement la tête.
- J'ai peur de ne pas vraiment pouvoir t'aider, répliqua-t-elle doucement.
- Je m'en doutais un peu, soupira Sara. Mais c'est perturbant. J'ai toutes ces images en tête, ces émotions… Je ne sais pas d'où elles viennent ni comment les gérer…
Instinctivement, Lucy avait attrapé l'une des mains de Sara, enserrant les longs doigts blancs entre les siens. Aussitôt, la rousse avait ancré son regard dans celui de la blonde, esquissant un léger sourire. Leurs épaules s'étaient frôlaient et Sara n'avait hésité qu'une seconde avant de se pencher un plus contre la constellationniste. Cette dernière avait à peine osé bouger, profitant seulement du maigre contact réconfortant de leur peau collée l'une contre l'autre.
S'il y avait quelque chose de grisant et de rassurant pour Lucy, c'était bien ce rapprochement qu'il y avait eu entre elles depuis que la rousse était revenue à Magnoria. Plus elles passaient du temps ensemble, plus leur relation s'approfondissait. Après cette conversation, Lucy se disait que peut-être, c'était justement dû à toutes ces émotions que ressentaient Sara, peut-être même à sa magie, qui la forçait à se souvenir d'Erza et elle mentirait si elle disait que cela lui suffisait, malgré ce qu'elle avait affirmé à Gray. Cependant, elle trouvait ça réconfortant de voir que même si Sara n'avait aucun souvenir de celle qu'elle était, il résidait toutefois toujours au fond d'elle, une petite partie qui se rappelait des sentiments qu'elle avait éprouvé à son égard. Pour la première fois, Lucy s'était dit que tout n'avait pas été perdu dans cet accident et la blonde gardait l'infime espoir que Polyussica, aidée de Wendy, trouve une solution à leur problème. En attendant, elle ne voyait aucune raison qui l'empêchait de profiter un peu de ce que voulait bien lui donner Sara.
Lucy s'allongea dans l'herbe au bord de la rivière, fermant les yeux. Ce jour-là, elle avait resserré légèrement sa prise autour de la main de la rousse, appréciant la douceur du contact. Non, elle aimait bien trop cette proximité pour y renoncer, même si elle se doutait qu'une fois qu'Erza aurait recouvré la mémoire, il y aurait des chances pour que tout se complique entre elles. Plus que c'était déjà le cas. Après tout, il y avait énormément de non-dit entre elles qu'il allait falloir qu'elles éclaircissent, avant que cela n'aboutisse à quelque chose de stable et de sain.
- Je ne sais pas pourquoi, s'était soudainement exclamée Sara, interrompant les pensées de la blonde, mais ton contact me fait du bien.
La rouquine avait avoué ce fait d'une voix douce et lointaine, faisant bondir le cœur de Lucy.
- C'est comme si être proche de toi, apaisait quelque chose au fond de moi, avait-elle continué.
- Peut-être… que ta magie arrive à se lier avec la mienne et qu'elles s'apprécient assez pour… se compléter, avait doucement proposé Lucy.
- J'en doute, répondit Sara en pouffant ironiquement. Je n'ai aucune magie en moi. C'est bien pour ça que je suis aussi insignifiante pour ma grand-mère ou ma guilde.
A ces mots, Lucy avait serré un peu plus fort les doigts de Sara, attirant l'attention de cette dernière sur elle.
- Tu n'es pas insignifiante, fit-elle, une fois que leur regard se rencontra. Et je suis certaine que tu as de la magie en toi, même infime, et qu'elle demande juste à être exploitée au bon moment.
- Pourtant, répliqua Sara, elle ne s'est jamais manifestée. Pas une seule fois depuis que je me suis réveillée de mon coma et j'ai tout essayé.
- Ça arrivera peut-être lorsque tu t'y attendras le moins, mais ça arrivera, affirma Lucy, un doux sourire étirant ses lèvres.
Lucy rouvrit les yeux sur le ciel bleu. Il était évident pour la blonde que Sara ne l'avait pas vraiment cru. Les traits de son fin visage avaient arboré une mine sceptique, les lèvres pleines esquissant une moue douteuse que Lucy avait terriblement eu envie de faire disparaître d'un baiser. Mais malgré leur rapprochement, il n'était pas question que la constellationniste pousse le contact jusque-là. Cela pourrait avoir un effet plus dévastateur que bénéfique pour la rousse.
Finalement, Sara avait soupiré et haussé les épaules avant de pencher la tête sur le côté, la posant tendrement dans le creux de l'épaule de Lucy. Cette dernière en avait fermé les yeux un instant, inspirant profondément l'odeur agréable que dégageait la crinière de feu, puis elle avait cédé, juste un peu... Juste ce qu'il fallait. Le cœur bondissant, elle avait lâché la main qu'elle tenait toujours dans la sienne et glissé lentement son bras autour de la taille de Sara. Celle-ci s'était laissée faire, se rapprochant même de son plein gré alors que Lucy vint la serrer tendrement contre elle. Enfouissant son nez dans les longs cheveux rouge, s'imprégnant de l'odeur et de la chaleur que dégageait son corps pressé contre le sien. Pour la première fois depuis des mois, Lucy avait eu le sentiment d'être à sa place, d'être chez elle et, elle avait prié pour qu'Erza retrouve, elle aussi, à son tour, le chemin de la maison.
Après cette agréable après-midi, le rapprochement entre les deux jeunes femmes se fit plus flagrant, au plus grand plaisir de Lucy. Elle esquissa un léger sourire, le soleil chauffant sa peau et n'ayant qu'une envie, retrouver le confort de tenir Sara entre ses bras, mais dernièrement, la rousse semblait fuir un peu Fairy Tail, inquiétant Lucy et les autres tandis que c'était le dernier jour du festival. Peut-être devrait-elle prendre l'initiative d'aller vers elle, même si les membres de la guilde de la rouquine n'avaient rien d'accueillant. Peut-être pourrait-elle-même proposer à Sara de devenir membre de Fairy Tail. Bien que cela soit rare de changer de guilde, ce n'était pas pour autant impossible. L'estomac bondissant à cette idée, Lucy envisagea de se lever pour mettre à excusions cette idée.
Mais, avant qu'elle n'esquisse le moindre mouvement, une explosion de magie lui coupa brutalement le souffle, suivie d'une déflagration qui fit trembler le sol. Lucy sursauta, bondissant sur ses pieds les yeux écarquillés. Elle regarda autour d'elle, cherchant d'où provenait ce déchaînement de magie qui finissait par se matérialiser. Vu la puissance, il était certain que ça allait être dévastateur si ce n'était pas contrôlé.
- Lucy ! interpella la voix aigüe d'Happy.
L'attention de la jeune femme se porta aussitôt sur le chat, qui arrivait à toute vitesse vers elle en volant.
- Vient vite ! ajouta-t-il une fois à sa portée.
Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle, inquiète.
Happy voleta autour d'elle avant de l'attraper par les bretelles de son débardeur, pour la soulever du sol.
- Nous ne savons pas vraiment, mais c'est Erza, répondit-il vivement.
- Erza… ? souffla Lucy.
- Sa magie… elle a explosé, révéla Happy, une note d'inquiétude dans le ton de sa voix.
Le cœur de Lucy fit un bond dans sa poitrine et, son estomac qui, plus tôt, était secoué par l'euphorie était, à présent, noué par l'angoisse. C'est ce que Polyussica et Wendy avaient craint. C'est que elle et tous les autres de Fairy Tail avaient fait en sorte d'éviter en ne poussant pas Sara dans ses retranchements, même s'il était évident que sa mémoire, ainsi que sa magie, faisait tout pour se manifester et lui rappeler qui elle était. Qu'avait-il bien pu se passer pour que la situation dégénère à ce point… ?
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Sara se réveilla en sursaut, engourdis et douloureuse de s'être endormie contre un arbre. Des voix qui se disputaient gentiment à quelques mètres d'elle lui firent froncer les sourcils, la tirant un peu plus de son hébétude. Elle reconnue rapidement Natsu et Gray et son cœur se serra aussitôt en pensant à Lucy. Malgré la journée fabuleuse qu'elle avait passé avec la blonde, Sara avait décidé de fuir un peu fuit la guilde de Fairy Tail après les menaces de Sindar. Elle n'avait pourtant qu'une envie - ignorer les menaces et continuer de côtoyer les fées ainsi que la constellationniste. Lucy lui manquait plus qu'elle ne l'aurait imaginée pour quelqu'un qu'elle venait à peine de rencontrer.
Sara n'avait pas menti. Lorsqu'elle était proche de la constellationniste, elle se sentait bien. La voix dans sa tête se taisait, la douleur dans sa poitrine s'apaisait, tout comme les sentiments étranges qui l'habitaient et l'angoissaient. Au contact de Lucy, c'était comme si ce qui s'agitait au plus profond d'elle se mettait en veille, s'adoucissait. C'était tellement rassurant que Sara en voulait plus mais, la peur de ce que Sindar pouvait lui faire la dissuadait assez de se laisser tenter par ses envies.
Pourtant, cela devrait être la dernière de ses préoccupations. Il était évident qu'elle ne comptait pas pour les membres de sa guilde et, malgré la peur que pouvait lui inspirer Sindar, une part d'elle était révoltée à l'idée de devoir obéir à ses ordres. C'était la fin du festival, certaines guildes étaient déjà rentrées chez elles et il ne restait plus que les plus connus qui trainaient. La ville avait retrouvé un calme routinier et Sara sentie soudainement un grand vide en elle, un profond sentiment de tristesse à l'idée de devoir partir. Elle se souvenait de l'échange qu'elle avait eu la veille avec sa grand-mère.
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Sara se trouvait dans sa chambre d'hôtel, prête à prendre la poudre d'escampette pour la journée, lorsqu'elle entendit la porte d'entrée s'ouvrir. Tournant la tête dans la direction de l'arrivant, elle vit sa grand-mère pénétrer la pièce. C'était le milieu de la matinée et la vieille femme était déjà partie depuis des heures, que Sara ne pensait pas la voir avant le lendemain matin.
- Tu comptais aller quelque part ? demanda Hilda d'un ton froid, comme toujours.
- Je… Je pensais seulement aller prendre un peu l'air dans le parc, répondit doucement Sara.
Cette dernière se frotta une tempe. Son crâne pulsait sous la douleur d'un mal de tête persistant qu'aucun traitement n'arrivait à calmer. Elle se lécha les lèvres, regardant sa grand-mère la dépasser pour aller récupérer quelque chose dans sa malle.
- Au lieu de t'amuser, je voudrais que tu prépares tes affaires aujourd'hui, fit la vieille femme sans la regarder. Nous quittons Magnoria dès demain et j'aimerai ne pas à avoir à attendre que tu sois prête.
- Mais… nous… nous pourrions rester encore un peu, contra Sara, hésitante.
Le festival des guildes est terminé ! Je suis venue seulement parce qu'il allait se dérouler une importante réunion de guérisseurs, en dehors de ça, nous n'avons plus rien à faire ici, claqua la voix d'Hilda.
Le cœur de Sara se serra douloureusement dans sa poitrine et elle pinça les lèvres. Elle n'avait aucune envie de partir. Depuis des mois, elle avait enfin l'impression de se trouver là où elle devait être et rien que l'idée de retourner dans les contrées isolées du Nord la rendait malade. La douleur dans sa tête sembla augmenter et elle grimaça légèrement, plissant les yeux. Elle n'avait qu'une seule envie, rejoindre Fairy Tail… rejoindre Lucy et se blottir dans ses bras, là où cela calmait ses maux de tête.
- Je… J'aimerai… rester, souffla-t-elle finalement, pleine d'un courage qu'elle ne se pensait pas avoir.
Cela eut le mérite d'attirer l'attention d'Hilda sur elle. La vieille femme lui adressa un regard noir et Sara déglutit, se sentant soudainement nauséeuse.
- As-tu oubliée à quelle guilde tu appartenais ? répliqua dangereusement la vieille femme.
- Appartenir ? souffla Sara. Je ne porte pas la marque de la guilde… Je suis libre de faire mes propres choix et… Il n'était pas question de faire partie de Fairy Tail. Je voudrais juste pouvoir rester librement ici.
Hilda resta silencieuse un moment, le visage fermé et Sara savait que cela n'augurait rien de bon pour elle.
- La seule chose que tu peux faire librement, c'est de préparer tes affaires pour partir demain, finit-elle par répondre d'un ton polaire.
- Mais…
- Sara, obéit ! coupa Hilda. Ne m'oblige pas à devoir faire appel à Sindar.
Une boule vint aussitôt obstruer la gorge de la rousse. Son estomac se noua, son souffle se coupant une seconde avant que son cœur ne bondisse désagréablement dans sa poitrine. Depuis les menaces qu'il lui avait faites, l'homme était resté étrangement loin d'elle. Sara avait pourtant été terrifiée à l'idée de le voir apparaitre devant elle, alors qu'elle enfreignait tous les ordres qu'il lui avait donnés en continuant de côtoyer les fées. Elle avait été encore plus terrorisée à l'idée de la fureur qui l'habiterait s'il venait à découvrir la relation, pas si amicale que cela, qu'elle entretenait avec Lucy. Mais le brun ne s'était pas montré et Sara n'avait pas essayé de savoir pourquoi, cela lui convenait bien, toutefois, rien que l'ultimatum de sa grand-mère suffit à l'angoisser et à la faire taire, le peu de courage qui l'avait habitait, s'envolant aussi vite.
Si vraiment Hilda mettait sa menace à exécution que pourrait-elle faire ? Face à Sindar, Sara n'avait aucune chance. La peur que l'homme lui insufflait était tellement forte que la jeune femme se retrouvait à chaque fois tétanisée sur place, incapable de se défendre malgré toute la volonté qu'elle aimerait y mettre. Elle resta donc silencieuse, ne sachant pas comment répondre à sa grand-mère. Finalement, cette dernière lui tourna le dos et quitta la chambre, laissant la rousse au milieu de la pièce sans se préoccuper de l'état dans lequel elle venait de la plonger.
Sara se sentie soudainement seule et abandonnée. Plus malheureuse encore qu'elle ne l'avait jamais été depuis des mois. Elle se laissa tomber sur le rebord de son lit, ses yeux humides tombant sur sa valise ouverte. Une boule de chaleur pris naissance dans le creux de son ventre, semblant grossir et l'envahir lentement. Elle avait déjà ressentie ça auparavant et, comme toutes les autres fois, elle réprima ce sentiment au plus profond d'elle, l'enfermant autant que possible, craignant ce que cela pourrait déclencher. Elle avait l'impression d'étouffer. Bondissant sur ses pieds, elle quitta sa chambre sans se préoccuper une seule seconde de l'ordre que lui avait donné Hilda. Elle avait besoin de prendre l'air, de se calmer, et il n'y avait qu'une seule façon pour qu'elle y parvienne… Qu'une seule personne qui réussissait à apaiser ce feu qui brûlait en elle. Sara quitta l'hôtel au pas de course, la respiration lourde sous la peur qui lui nouait le ventre, et pris la direction du seul endroit où elle se sentait bien.
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Sara fut tirer de ses pensées par les voix de Natsu et de Gray et elle secoua doucement la tête. La veille, à la place de se rendre à Fairy Tail, elle avait pris la décision de bifurquer dans l'espoir de se cacher. Peut-être que si elle disparaissait jusqu'à ce que sa grand-mère et les membres de sa guilde partent, ils l'oublieraient. Peut-être que si elle ne se montrait pas, elle n'aurait aucun compte à rendre et elle pourrait rester à Magnoria… A Fairy Tail.
Jusqu'à présent, ça avait fonctionné. Elle avait passé la nuit dehors, à l'abri dans les égouts, pensant que ça serait le dernier endroit où ils la chercheraient. Ça faisait des heures maintenant et elle pensait même qu'ils avaient abandonnés. Peut-être qu'elle ne craignait plus rien. Peut-être même qu'elle ne risquait rien à se joindre aux membres de Fairy Tail maintenant.
Cependant, avant même qu'elle n'esquisse le moindre mouvement pour s'approcher des deux jeunes hommes de Fairy Tail, Sara sentie les petits cheveux se dresser à l'arrière de sa tête. Un long frisson traversa sa colonne vertébrale, le mettant en garde contre un danger imminent. Elle avait appris à reconnaitre les signes de son corps depuis tous ces mois à vivre sur le qui-vive. Elle comprit avant de le voir. Son cœur rata un battement et une énorme boule vint obstruer sa gorge. Elle tourna légèrement la tête pour le voir arriver vers elle d'un pas ferme et rapide, une rage brûlante semblant émaner de tout son corps.
Il ne fallut que quelques secondes pour que Sindar soit à sa hauteur et elle recula précipitamment, trébuchant presque sur ses propres pieds. Malgré sa vision devenue flou à cause de la peur, Sara vit les traits furieux du visage du grand brun. Son instinct de survie lui hurlait de prendre la fuite, mais elle était tétanisée sur place, incapable de faire un pas. Une fois à portée de main, Sindar empoigna violement son bras, serrant si fort sa prise qu'elle eut l'impression que ses doigts pénétraient sa chair jusqu'à l'os. Elle poussa un cri, opposant, autant que possible, une certaine résistance face à Sindar, mais cela fut très vite étouffé lorsque l'homme se mit à la secouer brutalement.
- Où étais-tu passée ?! ragea-t-il. Nous te cherchons depuis hier !
- Sindar… gémis Sara, alors qu'elle avait l'impression que le brun serré encore plus fort sa main autour de son bras.
Elle voulut le supplier de la lâcher, la douleur dans son bras se propageant jusqu'à son épaule, engourdissant le bout de ses doigts, mais la poigne de Sindar se fit encore plus herculéenne. La terreur inonda le corps de Sara, des sanglots s'amoncelant dans le creux de sa gorge. Elle n'avait même plus conscience des larmes qui coulaient sur ses joues.
- Tu n'es qu'une peste ingrate ! fulmina Sindar en continuant à la secouer.
C'était comme si lui aussi, il ne se rendait plus compte de ce qu'il faisait. Ses yeux noirs étaient plissés, la froideur de son visage n'exprimant plus que fureur. Pourtant, alors que la vision de Sara se faisait de plus en plus floue sous la peur, se teintant de cette étrange couleur écarlate sur les bords, elle eut l'impression de distinguer autre chose. Une petite lueur qu'elle était certaine de ne jamais avoir vu auparavant. Cependant, elle n'eut pas le temps de s'attarder dessus. Sindar la propulsa loin de lui, la faisant percuter l'énorme tronc de l'arbre qui se trouvait derrière elle.
Le choc expulsa le peu d'air qu'il y avait dans ses poumons. Elle poussa un cri sous l'impact, s'effondrant au sol, les jambes coupées et la respiration haletante. Elle s'aperçue vaguement que l'attention de Natsu et Gray se porta sur eux, alors que Sindar faisait un pas dans sa direction, certainement pour reprendre là où il s'était arrêté. Sara recula, forçant son corps à réagir malgré les tremblements et la douleur qui se rependaient le long de son dos. Le brun attrapa son poignet, tirant violement pour le remettre sur ses pieds. Sara hurla alors qu'un craquement sinistre se fit entendre, la douleur explosant dans sa main.
- HE ! cria Natsu. Qu'est-ce que tu fais ?!
- Qu'est-ce qui se passe ! ajouta Gray, s'approchant d'eux accompagné du mage de feu et du chat bleu, qui voleté au-dessus de leurs têtes.
Sindar se tourna vers, entraînant Sara dans son mouvement, exerçant une nouvelle traction sur son poignet déjà blessé. Elle gémit, le suivant avant de s'effondrer contre lui.
- Ne vous mêlez pas de ça ! pesta le brun à l'intention des fées.
- Qu'est-ce que tu crois lui faire ?! grogna Natsu.
- Ça ne vous regarde pas ! répondit Sindar, furieux.
- Lâche-la ! fit Gray.
- Pi… Pitié Sindar, souffla Sara. Tu… me fais mal.
- LA FERME ! craqua le grand brun. C'est de ta faute ! Tu n'avais qu'une seule chose à faire… Suivre les ordres ! Mais, même ça tu n'en es pas capable !
La poigne autour de son poignet augmenta encore et Sara sentit ses jambes lâcher. Les sons autour d'elle devinrent des bourdonnements, n'entendant plus les vitupérations de Sindar. La douleur persistante dans sa tête explosa alors qu'elle perdait son souffle. Une chaleur étouffante l'enveloppa et les couleurs autour d'elle disparurent pour ne laisser qu'un flou déconcertant. Sa tête tournait, son cœur battait désagréablement dans sa poitrine alors que la chose, au fond d'elle, semblait prendre de plus en plus d'ampleur. La voix dans sa tête commença à murmurer, devenant doucement plus forte, impérieuse.
- Abandonne !
Sara secoua la tête, les voix des trois hommes autour d'elle et leur présence se faisant de moins en moins réelles au profit de celle dans sa tête. La poigne de Sindar autour de son poignet se faisait toujours cuisante, mais la douleur était, maintenant, partout en elle, se diffusant dans chaque fibre de son corps. La terreur grossit encore dans son estomac alors que, pour la première fois, la chose qu'elle sentait au plus profond d'elle semblait prendre le pouvoir sur son être. Ça gagnait du terrain sur sa conscience et Sara voulait fuir mais, elle n'avait nulle part où aller dans son propre esprit et elle était bien trop fatiguée.
- Arrête de fuir ! Tu es à moi… souviens-toi !
Inconsciemment, Sara secoua la tête, ne se rendant même plus compte des hommes à ses côtés. Elle sentit cette force en elle augmenter encore, la prenant à la gorge et tout à coup, elle comprit. Elle comprit ce qu'était cette chose. Elle comprit pourquoi elle se sentait aussi mal et pourquoi auprès de Lucy, c'était tout l'inverse. La magie. Elle en était remplie et cette dernière, comme prisonnière d'un contenant trop petit, cherchait visiblement à sortir et, elle en fut terrifiée.
- N'est pas peur de moi, fit la voix dans sa tête. Nous nous appartenons.
- Non, souffla Sara, tremblante… Non.
- Nous sommes unies, insista la voix. Ne me rejette pas.
- Non… Non, je n'ai pas de magie, se borna-t-elle.
- Accepte-moi… Accepte-moi, Erza…
- Je ne suis pas Erza, contra Sara, secouant la tête de déni.
A cet instant précis, Sara sentie la magie en elle se révolter. Comme un cheval se cabrant, elle se propulsait contre l'intérieur de son corps, faisant pulser sa tête de douleur puis, tout explosa en elle et sa vision déjà floue devint noire, perdant le peu de conscience qu'il lui restait. Avant ça, elle n'entendit que la voix exiger d'un ton ferme :
- Souviens-toi !
oOo
A plus tard dans le chapitre 10
