Je me suis mis à regarder Arrow et je trouve que cela se rapproche de Zorro, c'est un Zorro moderne super bien géré, même si l'Archer prend un peu trop sur Oliver Queen que je trouve ça dommage. ( de plus, l'acteur a exactement 33 ans, le même âge que Guy Williams quand il a commencé la série...)


"- Il faut le déterrer ! Ordonna le capitaine Toledano en tirant sur la croix en bois pour le lancer au loin, je dois voir le corps !

- Mais c'est un blasphème ! Scandalisa le padre Felipe.

- Padre, j'aimerai vérifier si c'est bien mon fils qui est enterré là, intervint Alejandro dont le visage était torturé par le doute et le chagrin, je suppose que Dieu n'en voit pas l'inconvénient. Et si c'est bien mon fils, je voudrai lui donner une meilleure montée dans les cieux que cette manière sauvage.

- Je...oui, bien sur, je comprends, se reprit le padre Felipe triste de voir le désespoir de son vieil ami.

Il demanda alors à ses indiens d'aider le soldat à déterrer le cercueil. Certains hésitèrent considérer que déterrer un mort était mauvais signe mais le padre leur expliqua rapidement la situation. Les indiens, dans la compréhension, se précipitèrent pour aider Arturo.


Il prit du temps à remarquer que des larmes s'échapper de ses yeux bien malgré lui. Dans le fond, il espérait que quelqu'un vienne le sortir de là. Comment en est-il arrivé à là ? Qu'a-t-il fait pour subir cela ? Il ouvrit la bouche tentant de garder son souffle. La chaleur ne lui facilitait pas la tâche.

Il ferma ses yeux. Devait-il regretter de ne pas avoir tué Paul quand il avait eu l'occasion, devait-il regretter de l'avoir cru pendant toutes ses années ? Devait-il regretter de lui avoir fait confiance ?


Puis soudain, un bruit. Comme quelque chose qui bougeait au dessus de lui. Et puis ça se répétait, de plus en plus fort. De plus en plus intensément. Des voix. Familières et inconnues.

Un espoir.

Des coups percutèrent la paroi de la boite. Il n'arrivait pas à saisir le moindre mot de ces voix qui hurlaient. Mais il se savait . Zorro n'allait pas être enterré aussi facilement désormais. Il avait encore une chance de vivre. Puis un grincement.

Le couvercle de son cercueil était en train de s'ouvrir. Et enfin, la lumière du jour.


Il aperçut les yeux bleus du capitaine Toledano. Autour les indiens, puis Père Felipe et son père.

Son père. Rêvait-il ? Ou bien n'avait-il fait qu'un simple cauchemar ? Il n'en savait rien. Il était trop fatigué, trop exténué, trop éprouvé. Il allait encore vivre.


"- Diego !" S'écria Arturo en le prenant dans ses bras. Son coeur se serra quand il aperçut le visage complètement pâle de son jeune ami, les yeux humides, les lèvres entrouvertes cherchant à respirer et le corps frissonnant tel une feuille.

Horreur parmi les Indiens, le padre Felipe et don Alejandro qui s'attendaient plus à voir un mort qu'un vivant.

Diego toussa et tenta d'inspirer le maximum d'air qu'il pouvait. Quel ne fut pas sa joie de voir le commandant, son père et le padre. Le commandant l'extirpa de cette boite de la mort. Alejandro prit le relai en l'enlaçant dans ses bras et vit à quel point son fils trembler.

Le padre Felipe remercia le seigneur et les Indiens s'inclinèrent face à Diego, le considérant comme Jésus Christ.

C'est à ce moment que le Sergent Garcia arriva accompagné d'un indien qui lui avait probalement montrer le chemin pour venir jusqu'à eux.

"- Don Diego ! S'exclama Garcia soulagé de le voir, vous êtes en vie !"

Fatigué et incapable de faire le moindre geste, le jeune renard se contenta de sourire. Le capitaine Toledano, libérer de toute l'inquiétude à propos de Diego, reporta son attention sur la venue du sergent.

"- Nous avons retrouvé Paul Capistrano, l'informa Garcia.

- Vraiment ? Où est-il ?

- Il est mort, fit le sergent, on l'a emmené chez le docteur Avila pour qu'il signe un acte de décès."

Alejandro remarque son fils tressaillit. Même après tout le mal qu'il avait fait, Diego ne pouvait s'empêcher de ressentir de l'émotion à cette annonce.

"- Comment ? S'enquit Arturo.

- Une balle dans la tête, répondit Garcia, c'est comme ça qu'on l'a retrouvé.

- Puisse-t-il retrouver la paix dans l'autre monde, se signa le Padre Felipe, et que Dieu pardonne ses péchés."

Le silence s'installa. Personne n'aurait pu penser que cette affaire finirait de cette manière et encore moins aussi rapidement.

"- Padre, acceptez vous que Don Alejandro et Don Diego séjournent chez vous pendant quelques temps ? Demanda Arturo, le temps que nous assurons que tout danger est écarté.

- Oui, bien sur, répondit le padre ravi, sergent, veuillez porter don Diego. Je vais vous conduire à une chambre confortable pour qu'il puisse se rétablir et se remettre de ces émotions."

Le sergent obéit. Doucement, il saisit le jeune don délicatement comme s'il portait un enfant en bas âge. Si Diego n'était pas aussi faible, il aurait probablement protesté. C'était presque touchant à voir du point de vue du capitaine. Garcia qui portait inconsciemment Zorro, en voilà une étrange scène.

Le sergent suivi d'Alejandro emboitèrent le pas du Padre tandis que le capitaine Toledano repartit pour le pueblo.


La nuit même à la mission était un enfer pour Diego qui ne cessait de se réveiller en sursaut et en sueur tout en augmentant sa fièvre déjà assez élevée. Il y avait de quoi inquiéter Padre Felipe, Alejandro et le docteur Avila qui avait décidé de séjourner à la mission pour veiller sur Diego.


Padre Felipe changea de nouveau la serviette humide de Diego. Il n'était même pas encore minuit et le jeune de la Vega s'était au moins réveillé quatre fois. Sa fièvre n'avait toujours pas baissé et Diego semblait plus que jamais tourmenté par les dernières heures passés dans le cercueil.

Il observa le jeune homme qui s'agitait de nouveau, pris d'un mauvais rêve sans doute. Il posa une main sur son épaule pour l'apaiser et lui murmura des mots rassurants. Le renard ouvrit les yeux brusquement et s'empara du bras du prêtre.

"- Diego ! Du calme, ce n'est que moi !

- Je...Padre...Veuillez m'excuser, haleta-t-il les larmes aux yeux.

- Non, ce n'est rien, mon enfant, ce n'est rien."

Diego respira un bon coup et nettoya les larmes de son visage. Il voulut se lever mais l'homme de l'église le retint.

"- Vous avez de la fièvre, Diego, vous devez vous reposer. Vous devez dormir.

- Je..Ne peux pas, padre. Je ne peux pas, souffla-t-il, dès que je ferme les yeux, j'ai l'impression de..."

Il déglutit n'arrivant pas à finir sa phrase.

"- Padre...croyez vous que Dieu me punit pour tous les péchés que j'ai pu commettre ?"

Padre Felipe était surpris de la confession du jeune homme.

"- Enfin, mon enfant, quel péché ? D'après ce que je sais, vous avez toujours agi correctement, vous êtes toujours pieux et très fidèle à l'église.

- J'ai...menti à tant de gens, padre, avoua Diego d'une voix brisée, j'ai...menti à mon père...

- Diego, mon enfant, cessez de vous culpabilisez de la sorte, Dieu vous mets à l'épreuve. Soyez fort pour la traverser et en retour, Dieu vous récompensera. Vous êtes bons et généreux, Don Diego, je peux le voir en vous.

- Et si je n'étais pas celui dont vous croyez que je suis..si je vous donnai une image que je veux vous donner ?

- Diego, que...

- Padre, j'ai...tué des hommes...souffla le jeune homme dont la conscience était en train de le lâcher.

Sous le choc de la révélation, Padre en resta sans voix.

"- J'ai...désobéi à la loi...j'ai menti à tout le monde...padre...croyez vous...que j'ai fait le bon choix ?

- Diego, que voulez vous dire ? Murmura le prêtre qui refusait de croire à ce qu'il était en train de penser en ce moment même devant les aveux de Diego.

"- Dieu me punit, padre...il me punit...répéta-t-il, le choix...que je croyais juste était le mauvais...je..

- Chut, mon enfant, vous délirez, vous avez besoin de dormir, tenta de le réconforter le moine.

- Je...suis Zorro, acheva Diego en attrapant le pan de la robe du père d'une main tremblante.

"- Que...mais..c'est..."

Impossible, aurait voulu dire le prêtre pourtant cela concordait. Quand Diego est arrivé d'Espagne, c'est là qu'est apparu le renard de la nuit. Et jamais, Père Felipe n'avait vu Diego et Zorro ensemble, du moins, Diego était toujours absent lorsque le justicier était là.

"- Padre...est ce que Dieu...me pardonne ?" Demanda Diego avant de tomber dans l'inconscience.

Le prêtre retint son souffle n'arrivant à y croire. Le délire de Diego lui avait fait avoué sa véritable identité, du moins son alter-ego. Mais l'homme de l'église vit cette aveux comme une profonde souffrance que le jeune homme tentait de combattre.

Diego doutait. Il doutait encore de ce qu'il devait être ou pas. Padre Felipe était certain de cela.

Voyant que le jeune renard dormait tranquillement, il éteignit les bougies et retourna dans sa chambre bien qu'il savait que dans moins d'une heure, il devra revenir voir Diego pour de nouveau le rassurer de ses cauchemars.