CHAPITRE 3
Marinette se souvenait encore du jour où elle était tombée amoureuse d'Adrien Agreste. Il pleuvait à la sortie du collège et Adrien lui avait simplement tendu son parapluie. Elle avait eu un véritable coup de foudre.
Avec les années, elle s'était souvent questionnée sur la signification de l'amour au premier regard. Comment, en un regard, pouvait-on aimer si intensément qu'on était prêt à faire n'importe quoi pour l'autre personne? Et jeune adolescente qu'elle était, elle avait souvent fait n'importe quoi. Mentir, espionner, traquer, trahir les gens qu'elle aimait, se fâcher, voler, s'allier à ses ennemis… Marinette avait fait de nombreuses erreurs et il lui arrivait encore maintenant, du haut de ses 19 ans, de grimacer en repensant à ces années d'immaturité qui étaient heureusement derrière elle.
Portant le manteau de Ladybug, elle s'était vue forcée de méditer sur les actions qu'elle posait et à déterminer ses valeurs. Et son comportement envers tout ce qui touchait son premier amour n'était pas digne de l'héroïne qu'elle devait être.
Avec le temps, elle s'était tout simplement assagie et de ce fait, avait commencé à voir Adrien sous un nouveau jour.
Plus jeune, elle avait jugé le garçon comme étant parfait et l'avait mis sur un piédestal mais elle avait fini par se rendre compte qu'elle avait décidé, par elle-même et avec sa simple imagination, qui était vraiment Adrien : un garçon beau, parfait dans tous les sens du terme, qui ne faisait aucune erreur et avait toujours raison. Il avait été le prince charmant de son imagination.
Il est vrai qu'Adrien possédait de nombreuses qualités. Son cœur, si généreux et bon, accordait rapidement le pardon. Ses sourires étaient distribués à tous et il acceptait les épreuves qui lui tombaient sans cesse dessus avec résilience et positivité, mais avec le temps et grâce aux nombreuses conversations qu'elle avait eues avec ses parents au sujet du jeune-homme, elle avait réalisé que certains points de la personnalité d'Adrien étaient surtout des réponses aux attentes irréalistes de Gabriel Agreste, son père.
Le jeune-homme se devait d'être parfait, dans ses résultats scolaires, dans son comportement, dans chacun des cours extra-scolaires qu'il suivait et même dans ses fréquentations. Il portait la marque Agreste sur lui et inconscient ou pas de ce fait, il ne flanchait jamais, ou rarement.
Dans ces moments rares, elle l'avait vu taquiner ses amis avec des blagues et des jeux de mots tous plus douteux les uns que les autres, éclaté de rire aux éclats et l'avait même surpris à jouer des tours. Le plus étonnant pour elle avait été de le voir se fâcher pour des événements ridicules et faire la moue durant quelques secondes. Mais très vite, le « naturel » revenait au gallot et Adrien redevenait le garçon parfait que tout le monde s'attendait à ce qu'il soit.
Tout le monde, sauf elle. Car le voir ainsi éveillait en elle un sentiment d'injustice profonde, une envie de le sauver de lui-même et de son père. Alors elle s'était donné le défi de briser la carapace dans laquelle il s'enfermait. Pour cela, elle avait dû en premier travailler sur elle-même et sur la gêne qu'elle ressentait en sa présence.
Après deux ans à essayer de lui parler correctement, elle avait réalisé qu'elle n'avait pas pris le bon chemin. Elle s'était tant concentrée sur son but de lui avouer ses sentiments qu'elle en avait oublié la base. Si elle était incapable de simplement devenir son amie et de pouvoir formuler une phrase cohérente et complète devant lui, alors comment serait-elle capable de fissurer sa carapace? Et comment pourrait-il simplement s'intéresser à elle?
Car plusieurs garçons s'étaient intéressés à elle, pour qui elle était vraiment. Mais ce que Nathanaël, Luka et Corenthin avaient vu en elle, Adrien n'avait pas été capable de le voir. Et elle ne pouvait que se blâmer pour cela. Car lorsque Marinette se tenait devant lui, il lui arrivait un peu trop souvent d'agir étrangement, de bafouiller, de dire des bêtises ou même de ne simplement jamais répondre. Et ce n'était pas elle.
Adrien s'était alors tourné vers d'autres filles, et bien que ses relations ne duraient jamais très longtemps, Marinette avait simplement abandonné l'idée de lui révéler ses sentiments et s'était concentrée à devenir une bonne amie.
Ce fut un an plus tard que, lors d'une soirée chez Alya, et alors qu'elle était beaucoup plus à l'aise avec lui, ses mots étaient sortis de manière naturelle.
« C'est pour ça que je t'aime », avait-elle dit en riant.
Les deux s'étaient figés instantanément.
Adrien n'avait pas commenté mais l'avait regardé avec curiosité. Il lui avait fallu plusieurs jours avant de sonner à la porte de la boulangerie et de demander à parler avec Marinette. Embarrassée, elle lui avait alors confirmé la nature de ses sentiments.
Adrien avait été très doux en lui expliquant qu'il l'appréciait beaucoup, mais qu'il avait donné son cœur à quelqu'un d'autre depuis longtemps déjà et qu'il était certain de ne jamais pouvoir en aimer une autre. Celui de Marinette s'était brisé en mille morceaux et, tandis qu'il lui parlait et qu'elle essayait de retenir le flot d'émotion qui la submergeaient, un Akuma s'était posé sur la spatule qu'elle tenait en main.
Le reste avait été flou puisque lorsqu'elle s'était réveillée, elle n'avait plus aucun souvenir de ce qui s'était produit. Elle avait à peine eu le temps de reprendre ses esprits qu'elle avait dû se transformer et poursuivre le papillon noir qui s'étaient échappé dans le ciel de Paris.
Jusqu'à ce jour, elle n'avait jamais eu aussi peur. Car une Ladybug akumatisée représentait un grave danger pour la population de Paris et particulièrement pour son partenaire.
Ce fut le début d'une nouvelle aire pour Marinette. Décider de ne plus aimer Adrien fut une décision extrêmement difficile, et un deuil en soi. Il était son premier amour et elle avait conçu une vie avec lui dans les tréfonds de son imagination. Réapprendre à imaginer sa vie sans lui avait été long.
Après deux ans, elle n'était pas encore sûre d'avoir réussi. Elle avait certes accepté qu'il ne l'aimerait jamais comme elle l'aimait, mais parfois, l'espoir ressurgissait. Suite à sa déclaration, Adrien avait changé autour d'elle. Et pas juste lui. Elle-même s'était mise à enfin devenir naturelle avec lui.
Et leur relation s'était complètement transformée. Ils étaient passés en quelques mois d'une amitié étrange et un peu gênante à une amitié pleine de plaisanterie et de complicité. Mais comment, lorsqu'il éclatait de rire à cause d'une de ses blagues, pouvait-elle contrôler les battements soudains de son cœur? Et comment ne plus se noyer dans ses regards lorsqu'il la taquinait? Comment ne plus remarquer ses actes de générosité et ses efforts pour respecter les autres?
Elle essayait de se convaincre chaque jour qu'elle n'était plus amoureuse d'Adrien Agreste, mais une partie d'elle lui hurlait qu'elle se mentait à elle-même.
Mais tout ça n'avait plus d'importance. Adrien avait quelqu'un dans sa vie et même si un jour les choses changeaient entre lui et cette inconnue, Marinette avait perdu toutes ses chances au moment-même où Chat Noir avait retiré la broche du veston de Papillon.
Au moment même où Gabriel Agreste s'était détransformé devant eux.
Et en cet instant, couchée sur le toit de l'hôpital, Marinette se demanda si elle avait la force nécessaire de continuer à se battre.
Allongée sur le dos, les larmes coulant sans cesse de ses yeux, elle ne cessait de repasser en boucle les images d'Adrien et de Chat, chacun sur un brancard, chacun souffrant un mal terrible. Elle suffoquait à la pensée de leurs douleurs et elle désespérait d'être si inutile à ce moment-là.
« Marinette! »
Tikki apparu dans son champ de vision mais sa conscience l'aperçu à peine. D'ailleurs, elle n'avait pas non plus réalisé qu'elle s'était détransformée.
« Oh Tikki, pleura-t-elle. Oh... Tikki... »
« Marinette, regarde-moi, supplia la Kwami. S'il te plaît, regarde-moi. Je peux t'aider. Je connais l'identité de Chat Noir, je peux... »
Marinette se releva d'un coup.
« Tu peux quoi, Tikki ? »
La jeune-femme essuya rapidement ses larmes et fronça les sourcils.
« Laisse-moi quelques minutes s'il te plaît. Je veux essayer quelque chose. »
Marinette hocha la tête et quand Tikki disparu à travers le sol sur lequel elle était assise, la jeune-fille s'efforça de calmer les battements de son cœur qui avaient repris en force. Elle essuya ses larmes et attendit.
Combien de temps elle attendit, elle ne le sut, mais ce furent sûrement les minutes les plus longues de sa vie. Maintenant détransformée, à peine habillée pour la température en ce froid matin d'automne, elle se mit à greloter et ramena ses genoux à elle, se mordant nerveusement la lèvre inférieure, essuyant de temps à autres les larmes qui s'échappaient de ses yeux.
Soudain, Tikki réapparu à côté d'elle.
« Tikki! Que… que faisais-tu? As-tu des nouvelles de Chat? »
La Kwami lui sourit tristement et hocha la tête.
« Oui. Il est bien dans l'hôpital. Détransformé. »
Le cœur de Marinette se serra.
« Dis-moi… Dis-moi qu'il va bien. »
« Il… »
Soudain, une série de bulles sortirent de la bouche de Tikki. Marinette sursauta et, apeurée, attrapa sa Kwami.
« Que… Que se passe-t-il!? »
Frustrée, la petite déesse coccinelle grogna.
« C'est la magie qui m'empêche de dévoiler son identité. Je dois faire attention à la manière dont je parle de lui. Si ce que je prévois te dévoiler pourrait révéler quoique ce soit sur lui, la magie m'en empêche. »
Marinette hocha la tête, une nouvelle vague de larmes coulant sur ses joues.
« Dis-moi juste qu'il va bien. »
« Il est pris en charge. Et ça ne semble pas trop grave, de ce que j'ai entendu. »
« Est-ce que… Est-ce que sa famille est au courant? »
« Il… »
Une nouvelle envolée se bulles sortirent de la bouche de Tikki. Elle grogna.
« Je pense que ses proches arriveront bientôt mais il a besoin de repos surtout. Et il a de bons amis pour le soutenir. »
La jeune-fille releva tout de suite la remarque de la Kwami. Elle avait mentionné des amis, mais pas de famille.
Elle tourna la tête vers l'horizon afin que Tikki ne la voit pas et serra les points. Une larme de colère glissa sur sa joue.
Elle n'avait jamais permis à Chat de lui révéler quoique ce soit de son identité. Pas même le moindre indice. Et elle avait fait la même chose avec lui, pour les protéger, pour protéger leurs familles et pour protéger Paris, mais maintenant qu'il avait plus que tout besoin d'elle, elle ne savait même pas où le trouver, ni comment l'aider.
Et si elle se fiait à ce qu'elle venait d'entendre, il n'avait même pas de famille? Elle savait qu'il aimait se transformer et parcourir la ville en solitaire parfois. Elle l'avait surpris de nombreuses fois en tant que Marinette. Ses yeux, habitués à son compagnon, pouvaient facilement le détecter lorsqu'il se faufilait sur les toits.
Elle ne lui avait jamais demandé pourquoi il aimait tant se transformer. Pour elle, être Ladybug était une responsabilité, souvent même un fardeau. Combien de fois avait-elle dû mentir à ceux qu'elle aimait pour combattre des Akumas? Combien d'amis avait-elle perdu au fil de temps à cause de ça? Combien de fois sa vie privée en avait été affectée ?
Mais Chat Noir, lui, aimait se transformer. Elle le savait, elle le voyait dans ses yeux, dans ses sourires, dans ses blagues et dans ses gestes. Et elle ne s'était jamais demandé pourquoi.
Et elle découvrait maintenant qu'il n'avait peut-être même pas de famille.
Elle secoua sa tête, s'efforçant de chasser les pensées noires qui la hantaient. Il n'avait jamais perdu l'espoir qu'elle lui dévoile son identité, même en sachant qu'il pouvait tout perdre s'il le faisait, même en sachant qu'il les avait déjà détruit elle, et Paris, une fois, dans un futur qu'il n'avait jamais vécu.
Et pourtant, même malgré cette pensée, il n'avait jamais perdu espoir de la connaître, de faire plus complètement partie de sa vie. Parce qu'il avait toujours eu confiance qu'ensemble, ils étaient capables de vaincre n'importe quels ennemis, de franchir n'importe quels obstacles.
Mais Marinette n'avait jamais voulu. Sa responsabilité de gardienne pesait lourd sur ses épaules et savoir qu'elle devait lui retirer son Miraculous s'il connaissait son identité ou elle la sienne lui était insupportable.
En cinq ans, ils étaient devenus des alliés redoutables. Sur le champ de bataille, rien ne pouvait égaler leur union si étroite et harmonieuse. Leur symbiose était si exceptionnelle que Marinette ressentait au plus profond d'elle qu'aucun porteur du Miraculous du Chat ne pourrait égaler son chat à elle et elle savait que Chat Noir ressentait la même chose.
Et il n'était pas qu'un compagnon de combat pour elle. Il était beaucoup plus que cela, et lorsqu'elle le réalisait, l'envie insupportable de tout connaître de lui la rongeait comme un feu ardent. Dans ces moments-là, elle devait se faire force pour taire ses sentiments et se concentrer sur son rôle.
Elle était Ladybug.
Elle n'avait pas le choix.
Et pourtant, sur ce toit d'hôpital, ses convictions les plus profondes étaient ébranlées et elle n'était consumées que par une seule chose : être auprès de son compagnon.
Le savoir si proche mais si loin la torturait.
Elle se tourna vers sa Kwami.
Le froid d'octobre lui mordait la peau mais ce fut comme si une chaleur intense l'envahissait alors qu'elle s'apprêtait à demander ce qu'elle n'avait jamais osé faire.
« Tikki… Que… Que peux-tu me dire de plus sur Chat ? Serais-tu… capable de m'amener à lui ? »
Elle vit le petit être coccinelle se figer, ses yeux s'écarquillant d'étonnement.
« Tu veux dire que… »
« Le Papillon est vaincu, non ? Il ne pourra pas… Tu sais… redevenir Chat Blanc. »
Le regard de Tikki se transforma, laissant place à plus de sévérité.
« Il y aura d'autres ennemis. »
Marinette ouvrit la bouche pour contester mais aucun son ne sorti.
D'autres ennemis ?
Sa respiration se saccada à nouveau et elle sentit le monde se mettre à tourner.
Elle n'était pas prête à penser plus loin que le moment présent. Elle n'était pas prête à imaginer que les épreuves des dernières années pouvaient continuer, que d'autres ennemis pouvaient apparaître.
Sa seule envie, à ce moment présent, était de s'allonger au côté de Chat Noir, sur son lit d'hôpital, de tout oublier. D'oublier la souffrance d'Adrien, sa propre souffrance, ces années passées à lutter et à voir son destin lui échapper des doigts.
Tout ce dont elle avait envie, à l'instant présent, c'était de parler avec Chat Noir. De l'entendre rire, de l'écouter faire les pires jeux de mots possibles. Et surtout, elle avait une envie douloureuse de tout lui raconter. De lui dévoiler son identité, de lui partager sa passion pour la mode, les rêves qu'elle souhaitait réaliser. Elle voulait lui parler de ses amis, et même les lui présenter !
Elle était sûre qu'il aimerait le caractère doux et convivial de Nino, la franchise et le courage d'Alya. Il aimerait surtout ses parents. Elle en était sûre.
« Marinette. »
Est-ce que Tikki ressentait son chagrin ? Elle ne le sut, mais lorsque la Kwami ouvrit la bouche, ses paroles résonnèrent jusque dans l'âme de Marinette.
« Tu es la gardienne. Tu fais les règles. »
Le cœur de la jeune-femme cessa soudain de battre lorsqu'elle comprit l'insinuation de Tikki.
Puis il reparti en furie.
Elle se leva d'un coup.
« Peux-tu m'amener à lui? »
L'espoir s'engouffra en elle comme une vague puissante mais fut de courte durée lorsqu'elle aperçut les épaules de la petite coccinelle se rabaisser.
Tikki secoua tristement la tête.
« Je ne le peux pas, malheureusement. Même avec toute la volonté du monde. Il est le seul qui peut te dévoiler son identité. Et même si tu étais sur le point de la découvrir par toi-même, la magie agirait sur toi et te ferait oublier le cours de tes pensées, comme c'est déjà arrivé à plusieurs reprises. C'est… C'est le destin du Chat et de la Coccinelle. Il est réellement le seul à pouvoir te dévoiler son identité. »
Une vague puissante d'émotion la frappa mais elle mobilisa les dernières forces qui lui restaient.
« Ne t'en fais pas Tikki. Si tu me dis qu'il est… bien entouré. Je peux… Je peux attendre. »
Elle tourna la tête vers l'horizon.
« Et puis je… je devrais y réfléchir. Je suis trop émotive. Non? »
La Kwami approuva d'un mouvement de la tête.
« Es-tu… es-tu aussi allée voir Adrien… »
La kwami répondit à nouveau par un hochement de tête.
« Je savais que tu voudrais savoir. Il est lui aussi bien entouré. J'ai entendu les médecins parler d'une crise de panique, d'un état de choc. Ils lui ont administré un calmant. Il semblait déjà plus calme mais… »
Elle prit une grande respiration.
« Il va avoir besoin de vous. »
Marinette secoua la tête et renifla, l'angoisse lui resserrant l'estomac.
« Mais comment..., commença-t-elle. Comment pouvons-nous l'aider quand... nous sommes ceux qui ont enfermés son père et... et... empêchés sa mère de... Comment pourrais-je me le pardonner! Comment pourrait-il nous pardonner? »
« Il ne sait pas qui vous êtes Marinette, tenta de la rassurer Tikki. Et honnêtement, c'est d'Adrien dont on parle. C'est le même garçon qui ne voit que le bien chez les autres, c'est le seul qui a vu le potentiel du cœur de Chloé, c'est lui qui a donné de nombreuses chances à Lila de se racheter, de changer. C'est lui qui a aidé Ladybug à plusieurs reprises ses dernières années, parce qu'il savait que c'était la bonne chose à faire! »
« Il ne mérite pas ça. »
« Non, tu as raison. Il ne mérite pas ce que son père lui a fait, pas toi, ni Carapace, ni Nino, ni Queen Bee, ni Rena Rouge, ni aucun autre membre de notre équipe. Il ne mérite pas de subir les conséquences des choix de son père. C'est son père qui a pris les mauvaises décisions. Pas toi. »
« J'aurais pu la sauver. Je voulais... »
« Pour la sauver, il aurait dû perdre beaucoup plus. Vivre avec cette conscience affreuse d'être la raison pour laquelle tant de gens sont morts. Penses-tu que sa mère aurait pu vivre avec ce poids sur la conscience? »
Marinette releva les yeux et réalisa que Tikki avait raison.
« Les Miraculous de Chat Noir et de Ladybug combinés ont déjà détruit un peuple au complet par le passé. La motivation de la Coccinelle du moment était de détruire une maladie qui se répandait à une vitesse incroyable et faisait énormément de victime. Elle jugeait le sacrifice nécessaire et s'est ralliée à la cause du groupe extrémiste qui essayait de prendre leurs Miraculous. »
Ce fut au tour de Tikki de devenir émotive.
« Son vœu a éradiqué la maladie mais a enterré tout un peuple. Dont ses parents, dont ses amis. Et aussi son Chat Noir. Elle n'a pas été capable de survivre à tout cela. »
« Oh Tikki... Je suis tellement désolée... »
« C'est la seule fois où c'est arrivé. Je sais que tu ne l'aurais pas fait, mais je t'ai senti aujourd'hui, proche de le faire. Et Chat Noir... »
Soudain, son regard s'adoucit.
« Chat Noir, courageux, plein de bonté, compréhensif. Un vrai héros. Il... »
Une série de bulle s'envola. Elle ferma les yeux, réfléchi à la manière de dire les choses, puis rouvrit la bouche.
« Il... me fait penser à Adrien. Je suis sûre qu'Adrien aurait fait exactement la même chose que Chat Noir, lorsqu'il t'a empêché d'enlever tes boucles d'oreilles. »
Marinette prit une grande respiration et se releva.
« Merci Tikki. J'ai... beaucoup de chance d'avoir ces deux hommes dans ma vie. Ainsi que toi. J'aimerais pouvoir faire plus pour eux tu sais. »
Sa Kwami lui sourit.
« Tu en auras l'occasion. Mais pour le moment, laisse-les se reposer. »
La jeune-fille hocha la tête et se tourna dans la direction de la maison des Agrestes.
« Il nous reste encore beaucoup à faire et je pense que nous aurons besoin de beaucoup de repos ensuite. Les prochains jours seront difficiles. »
Elle pensa à ses amis, qui avaient combattus sans relâche pendant toutes ses heures. Elle pensa à Gabriel Agreste, qui devait être maintenant en état d'arrestation et bientôt emmené au poste de police et où elle était sûrement attendue. Elle pensa à tous les Miraculous qu'elle avait distribués, qu'elle devait reprendre, à tous ses compagnons de combat qui avaient été blessés. Et elle pensa à Adrien et à Chat Noir, qui auraient besoin d'elle durant les prochains jours.
Elle ne devait pas se relâcher, même si elle avait l'impression que son monde s'écroulait.
« Allons-y Tikki. »
Elle appela sa transformation et sauta du toit de l'hôpital.
Pour les besoins de mon histoire, j'ai dû m'écarter légèrement de ce que nous connaissons de la série. Voilà pourquoi seul Adrien (ou Marinette) peut révéler son identité à l'autre. Personne d'autre, ni aucune logique ne le pourra.
Je trouve assez illogique, vu comme il est facile de les reconnaître dans leur costume, qu'ils ne se reconnaissent pas. Et il y a eu bien d'autres occasions… Mais bref, l'épisode de Chat Blanc a démontré qu'Adrien avait assez de jugeote pour réaliser qui était Ladybug haha ! Donc pour cette histoire, oubliez ce moment de la série et rappelez-vous qu'ils sont les seuls à pouvoir se montrer à l'autre (sauf si on leur enlève leur Miraculous, évidemment !)
Et si vous vous demandez de quel peuple Tikki parlait, c'est celui de Pompei. Le vœu de la Coccinelle du moment a balayé la maladie mais réveillé le volcan. Et oui, j'ai une sacrée imagination ;)
