CHAPITRE 8

« Mademoiselle Ladybug, jurez-vous de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, rien que la vérité? »

Une main posée sur la Bible, Marinette répondit.

« Je le jure. »

« Très bien, vous pouvez vous assoir. »

L'héroïne prit place derrière la barre des témoins, consciente des centaines de regards posés sur elle et particulièrement de celui de Gabriel Agreste, assis à la table des accusés. Bien qu'habillé en tenu de prisonnier et les mains menottées, sa posture et sa prestance était encore celle de l'homme qu'elle avait connu. Sévère et fier, ses yeux trahissaient néanmoins une souffrance qu'elle ne pouvait ignorer.

À quelques bancs derrière lui, Adrien, Alya et Nino regardaient eux aussi la scène avec appréhension. Marinette avait surpris le regard de Gabriel sur son fils en entrant dans la pièce, mais ce dernier avait simplement détourné la tête. Il avait fait de même lorsque Ladybug avait croisé son regard, provoquant un sentiment de malaise intense chez l'héroïne.

Si Adrien n'en voulait pas à Chloé, il semblait que la situation soit différente avec Ladybug.

Elle ravala sa salive. Les jours précédents, elle avait énormément hésité à se présenter à lui afin de s'excuser et de discuter avec lui, mais n'avait pu se résoudre à le faire. Le comportement d'Adrien la persuada qu'il valait mieux que Ladybug reste loin de lui. Pour le moment.

« Premièrement Mademoiselle, commença le juge, pourriez-vous nous dire la raison pour laquelle votre partenaire, Monsieur Chat Noir, n'est pas présent aujourd'hui? »

Son cœur, déjà fissuré par la découverte de l'absence de son compagnon, sembla se briser complètement à l'intérieur de son torse.

Cachée derrière son masque, elle leva la tête, s'efforçant de dissimuler sa difficulté à respirer et son sentiment de se noyer.

« Je ne connais pas la raison, Monsieur le Juge. »

Elle fut soulagée de réaliser que sa voix semblait garder quelque peu contenance.

« Lors de notre bataille finale, il a été blessé. Je l'ai apporté à l'hôpital, d'où il s'est enfui. Je n'ai eu aucun contact avec lui depuis ce jour. »

Un murmure s'éleva soudain dans la salle et Marinette remarqua immédiatement le groupe de journalistes au fond de la salle qui s'activa soudainement. Le procès étant médiatisé, la presse avait eu le droit d'y assister.

Après avoir réclamé le silence, le Juge continua.

« Êtes-vous en train de me dire qu'il a disparu? »

« Oui Monsieur. »

« Et vous n'avez aucun indice d'où il pourrait se trouver? »

Marinette hésita. Elle avait juré de ne dire que la vérité, mais elle devait jongler dangereusement avec les révélations qu'elle pouvait faire et celles qu'elles devaient garder pour elle. Elle se décida néanmoins à continuer, consciente du fait que Chat Noir entendrait sûrement ce qu'elle allait dire et que s'il n'écoutait pas ses messages vocaux, alors elle pouvait lui passer un message.

« Je sais qu'il est vivant Monsieur le Juge et qu'il est encore à Paris. Je ne sais malheureusement pas s'il va bien ou même la raison de son absence aujourd'hui. Chat Noir est un citoyen exemplaire et ne se serait jamais délibérément dérobé face à ses devoirs. »

« Connaissez-vous son identité? Êtes-vous capable de le rejoindre? »

Sentant ses forces diminuer et son corps se mettre à trembler, Marinette leva les yeux vers la foule et croisa le regard d'Adrien. Le visage pâle et l'expression figée, il lui fallut quelques secondes avant de détourner les yeux à nouveau.

Ébranlée, Marinette tourna son attention vers Alya et s'accrocha au regard de son amie. Celle-ci lui sourit doucement et hocha imperceptiblement la tête, l'encourageant à continuer.

« Je ne connais pas son identité. »

Quelque chose dans sa voix cassa, l'émotion maintenant impossible à camoufler. Elle se racla la gorge.

« Il le fallait, pour nous protéger l'un de l'autre, pour protéger Paris ainsi que nos familles, nos amis, au cas où Papillon nous akumatisait. Mais..."

Elle prit une autre respiration, chassant le regret et les remords de son cœur, s'accrochant à la décision qu'elle avait prise les jours précédents le procès. Celle de finalement dévoiler, envers et contre tout, son identité à Chat Noir.

« … mais je ne suis plus sûre que c'était la bonne décision à prendre. »

À côté d'Alya, Adrien sembla chanceler, son visage prenant une teinte plus pâle que jamais. Comme s'il était le seul point d'ancrage l'empêchant de s'effondrer, il attrapa fermement le dossier du banc avant.

Marinette se força à l'ignorer, lui, mais aussi le sentiment étrange qui s'immisçait dans son esprit alors que la réaction d'Adrien à ses propos semblait sortir de son contexte.

Elle se força néanmoins à détourner le regard du garçon et à se concentrer sur son rôle à jouer dans le procès.

« Et oui, je suis capable de le rejoindre, mais seulement lorsqu'il est transformé, ce qui n'est pas arrivé depuis ce jour. Je lui laisse message après message, mais il ne les a pas encore écoutés. Il ne le peut peut-être pas… »

Ou ne le veut pas, se retint-elle d'ajouter.

Instinctivement, elle ramena à nouveau son regard vers ses amis. Alya lui souriait à nouveau, mais tristement cette fois-ci. À ses côtés, Adrien se leva.

« Merci pour vos réponses Ladybug », continua le Juge.

Mais Marinette ne l'écoutait plus et regardait Adrien quitter la salle, le pas rapide. Elle vit Nino le suivre et les deux disparurent dans le hall.

« Nous espérons que Chat Noir fera très bientôt son apparition à vos côtés. »

L'héroïne hocha la tête mécaniquement, se forçant à ramener son attention vers le Juge et à ignorer les cris de son cœur qui la poussaient à supplier Chat Noir, devant tous ces journalistes, de revenir à elle puis de se lever et de courir après Adrien pour le réconforter.

Mais elle ne le pouvait pas. Elle était Ladybug et n'avait pas le droit de prendre un rôle différent de celui qu'elle devait jouer.

« Maître Werner, nous pouvons commencer. »

Et le procès commença.

Durant les heures suivantes, ainsi que durant les jours suivants, Ladybug fut interrogée sur l'origine des Miraculous, sur ses pouvoirs et leur fonctionnement, sur le Papillon, Mayura et Volpina et sur son partenariat avec Chat Noir.

On lui demanda d'expliquer les détails de leurs nombreux combats, de décrire une akumatisation, ses effets et ses conséquences sur les victimes. Elle dut décrire chacun des membres de la Miraculous Team et expliquer la raison de chacun de ses choix. On lui demanda aussi de nombreux détails sur sa vie privée.

Consciente du fait que c'était la première fois que la population aurait accès à ce genre d'information et que le Papillon pourrait très bien décider d'en dire plus qu'elle, elle essaya de révéler seulement le strict minimum. Elle ne mentionna jamais son Kwami, ni le gardien des Miraculous ou le fameux livre des héros, ni aucun détail de sa vie privée.

Ensuite, elle dut détailler le combat final et parler du corps retrouvé d'Émilie Agreste, ainsi que de l'arrestation de Gabriel Agreste et de son acolyte, Nathalie Sanscoeur. Elle dut expliquer à nouveau les raisons de son absence lorsqu'elle avait décidé d'apporter Chat Noir à l'hôpital.

Adrien ne revint pas dans la grande salle et les questions étaient si nombreuses que même les mentions de son coéquipier ne l'agitaient plus autant. Elles l'apaisaient même, lui rappelant le lien unique qu'elle avait avec son partenaire.

Ils avaient vécu tant d'aventures ensemble et Marinette réalisait qu'ils avaient aussi grandi ensemble. Ne rien connaître d'une personne mais pourtant tout ressentir d'elle jusqu'à être capable de lire son âme, c'était ce qu'elle partageait avec Chat Noir et rien ne pouvait effacer cela de son cœur.

Il s'était sacrifié de nombreuses fois pour lui permettre de gagner un combat, il lui avait fait confiance, les yeux fermés, à chaque fois qu'elle avait eu une idée. Parfois, il n'avait pas compris mais agissait quand même, certain que Ladybug saurait les sauver. Il n'avait jamais cherché à la surpasser ou à se prouver lui-même et engageait chacun de leurs combats avec une assurance et un positivisme contagieux. Si Marinette avait pu faire appel à d'autres super-héros pour l'aider de temps en temps, c'était avec Chat Noir qu'elle était la plus forte.

Sans lui, elle n'aurait pu y arriver.

Lorsque la soirée arriva et que le procès fut interrompu pour continuer le lendemain, Marinette, toujours transformée, sauta sur les toits de Paris. Maintenant majeure, ses parents ne lui posaient plus de questions sur ses absences, tant qu'elle les assurait qu'elle allait bien. Pour ses amis, c'était beaucoup plus compliqué.

Avec les années, elle avait dû jongler entre ses deux rôles à l'aide d'histoires et de mensonges qui finissaient par laisser un goût amer dans sa bouche. Lorsque Lila Rossi avait retourné les mensonges de Marinette contre elle-même, elle avait vécu l'une des pires épreuves de sa vie; celle de perdre ses amis.

Ne pouvant divulguer son identité ni les raisons de ses absences fréquentes, même Alya s'était retournée contre elle et depuis ce jour, une certaine distance c'était installée entre les deux jeunes-femmes. Le problème concernant Lila avait été réglé lorsqu'Adrien et Chat Noir avaient fait équipe pour défendre Marinette et exposer l'Italienne, mais même si ses camarades de classe lui avaient pardonné, leur confiance envers Marinette ne n'était jamais revenue totalement.

Seul Adrien semblait avaler chacune de ses excuses, et cela lui pesait énormément sur le cœur.

Marinette aurait voulu aller vers lui, mais la première journée de procès avait été longue et éprouvante, et par-dessus tout, l'héroïne voulait revoir son compagnon.

Elle écrivit donc rapidement à ses amis, leur expliquant qu'elle avait quelque chose d'important à faire. C'était l'excuse qu'elle leur présentait à chaque fois. Elle avait décidé depuis plusieurs années maintenant de ne plus leur mentir, sans toutefois leur révéler la vérité, malgré les conséquences que cela pouvait avoir.

Alya et Nino ne prirent pas la peine de lui répondre et malgré son habitude de recevoir une réponse froide de leur part à chacune de ses absences, son cœur ne pouvait s'empêcher de se serrer à l'idée qu'ils ne l'avaient encore jamais abandonnée. Malgré tous ses secrets, ils étaient encore là, et c'était pour Marinette un des cadeaux les plus précieux que la vie ait pu lui offrir.

Parcourant les toits, le vent dans les cheveux et la fraîcheur de la nuit d'automne lui glaçant les joues, elle s'efforça de respirer profondément. Avant de quitter le palais de justice, elle avait jeté un coup d'œil au journal télévisé qui transmettait les nouvelles de la disparition de Chat Noir ainsi que l'inquiétude de Ladybug. Si son partenaire avait vu les nouvelles, elle était sûre qu'il se présenterait ou la contacterait, par tous les moyens.

Elle élança une dernière fois son yoyo et atterri au sommet de la Tour Eiffel.

Réalisant que son compagnon était toujours absent, elle ramena son arme à elle, l'ouvrit et composa à nouveau le numéro de Chat Noir.

Lorsqu'elle tomba sur le répondeur, un frisson l'envahit.

Elle appela sa détransformation.

« Marinette? »

La voix de Tikki sonna dans son oreille, mais les larmes commençaient déjà à monter dans les yeux de la jeune-femme.

« Où est-il Tikki? », gronda-t-elle.

La colère trahissait son ton de voix et il fallut un peu de temps à Tikki avant de répondre.

« Je ne sais pas... »

« OU EST-IL? »

La Kwami sursauta et recula légèrement.

« Est-il vivant? Dis-moi la vérité! »

« Bien sûr qu'il est vivant... »

« Alors pourquoi n'est-il pas là? POURQUOI? »

« Je... Je ne sais pas Marinette. Je ne comprends pas non plus... »

Tikki se mit à pleurer à chaudes larmes et la culpabilité envahit Marinette. Elle s'effondra sur le sol gelé et baissa la tête.

Tout en elle se déchaînait. Elle avait tant retenu ses émotions, avait eu tant d'espoir, d'attente. Mais il n'était pas là, et son âme n'était plus que tempête.

« Tikki... Que... Que m'arrive-t-il? »

Une larme se mit à couler sur sa joue et une douleur intense se propagea dans son abdomen.

« Je ne le reverrai plus jamais, n'est-ce pas? »

Et alors elle éclata en sanglot.

Tikki s'approcha d'elle et plaça ses pattes sur son front.

« Marinette, tu fais de la fièvre. Viens, allons-y. Il fait très froid et tu n'as pas dormi depuis des jours. Tu ne manges plus rien, tu... »

« Je l'ai perdu, n'est-ce pas? », coupa la jeune-femme, enfermée dans sa douleur et son chagrin.

Tikki ne répondit rien, incapable de prononcer les paroles réconfortantes que Marinette souhaitait entendre. Et la jeune-femme pleura de plus belle.

Elles avaient tout essayé, tout. Mais contourner la magie qui protégeait leurs identités n'avait rien donné. Bunnix n'était pas réapparu depuis l'arrestation du Papillon et son amie Alix n'avait pas encore reçu le Miraculous du Lapin. Marinette et Tikki avaient même contacté Marianne, mais le vieux gardien avait à peine retrouvé des brides de mémoire.

D'une voix rassurante, Maître Fu lui avait suggéré d'attendre.

« Je ne me souviens plus de lui, mais mon cœur ressent à la mention de son nom qu'il est le Chat Noir le plus pur et le plus intègre que la terre ait porté Marinette, lui avait-il dit. Je ressens que vous êtes destinés l'un à l'autre. Il reviendra, laisse-lui du temps. »

Mais du temps, elle sentait qu'elle n'en avait plus beaucoup. Son cœur, son corps se languissait de lui et elle ne comprenait pas. Elle n'avait jamais rien vécu de semblable.

« Que m'arrive-t-il? Que m'arrive-t-il? »

« Marinette, tu vas tomber malade. Allons-y s'il te plaît. »

La jeune-fille leva les yeux sur sa Kwami, la suppliant de lui donner les réponses qu'elle cherchait.

Tikki soupira, visiblement inquiète, et essuya ses propres larmes.

« Marinette... Lorsque Plagg et moi recherchons un nouveau Chat et une nouvelle Coccinelle, nous utilisons une magie très ancienne et très puissante qui nous guide vers nos élus. Ce que tu dois comprendre, c'est que nous utilisons cette magie ensemble, car le Chat et la Coccinelle, la Destruction et la Création, doivent être complémentaires. Ce que nous recherchons, ce n'est pas simplement deux personnes avec les meilleures caractéristiques possibles pour devenir des héros, nous recherchons aussi deux âmes qui se complètent, qui fonctionnent parfaitement ensemble. Nous recherchons des âmes sœurs. »

Des âmes-sœurs.

Une douleur lancinante traversa le cœur de Marinette alors que les mots résonnaient encore dans son esprit. À genou, elle gémit et se baissa un peu plus, son front touchant la structure glacée de la Tour Eiffel.

« Marinette! »

Le jeune-fille se concentra sur sa respiration.

« Continue Tikki, s'il te plaît. »

« Marinette... »

« S'il te plaît... »

Il y eut une pause, puis Tikki se mit à parler.

« J'ai connu de nombreuses Coccinelles mais... »

La voix de la Kwami se brisa.

« ... mais j'en ai perdu quelques-unes aussi... Et souvent parce qu'elles ne pouvaient vivre sans leur autre moitié. »

Le cœur de Marinette se mit à battre plus fort, alors que la peur envahissait son âme.

« Le Papillon était un ennemi redoutable, mais son but n'était pas de faire des victimes ou d'assouvir sa soif de vengeance. D'autres ennemis par le passé ont été... plus féroces, plus terribles. »

La Kwami s'arrêta un instant, comme plongée dans ses souvenirs, et Marinette releva la tête doucement pour la regarder.

« Rares sont les cas où l'un de nos héros se fasse tuer, mais lorsque ça arrive, c'est souvent le Chat qui meurt en premier. Il se sacrifie pour sauver sa moitié mais... certaines Coccinelles sont incapables de survivre sans leur Chat, ou simplement de vivre sans lui. »

« Je... Je suis en train de mourir? »

Tikki se plaça en face du visage de Marinette.

« Non Marinette. Je... je ne crois pas. C'est tellement différent pour chacune des Coccinelles mais il est évident que tu ressens son absence, que ça t'affecte énormément. C'est difficile aussi de savoir si ce que tu vis est dû au stress quotidien posé sur tes épaules ou si tout est lié à son absence. »

Marinette tourna le regard vers la ville illuminée dans le noir.

« Est-ce que... est-ce qu'il vit la même chose? »

« C'est aussi difficile à dire mais... je pense que oui. Surtout qu'il... qu'il a toujours senti que tu étais son âme-sœur. »

Il savait. Depuis tout ce temps, il savait.

« Pourquoi ne m'avoir jamais rien dit Tikki?", souffla-t-elle en se relevant. Pourquoi ne pas... »

Elle se tut, réalisant soudain que sa Kwami l'avait souvent encouragée à aller vers son compagnon. Têtue et bornée, Marinette avait toujours refusé.

La Kwami ouvrit la bouche mais ces mots s'envolèrent en forme de bulles.

Le corps douloureux, le cœur en miette et ses pensées emmêlées, Marinette marcha jusqu'au bord de la Tour Eiffel, à l'endroit-même où elle et Chat Noir avaient passé de nombreuses soirées à discuter.

Elle lui avait tout confié à cet endroit, tout confier sans ne jamais rien lui dévoiler. Ses rêves, ses angoisses, ses remords et ses joies. Et il l'avait toujours écouté, puis rassurée. Même lorsqu'elle lui brisait encore le cœur, même lorsqu'elle lui parlait d'Adrien.

« Dire que j'ai toujours cru qu'Adrien était mon âme-sœur, souffla-t-elle, essuyant les larmes de ses joues. J'ai toujours cru que c'est avec lui que je devais être."

Elle hoqueta, le regret envahissant son être.

« S'il n'avait pas été là... si je ne lui avais pas donné mon cœur... »

Te l'aurai-je offert, Chat?

« Aurais-je vraiment pu lui offrir Tikki ? Alors que lorsque je l'ai fait, tout a été détruit ? »

Le souvenir de son compagnon transformé, seul dans une ville qu'il avait complètement anéantie, la hantait toujours à ce jour.

« Nous ne connaissons pas les circonstances de son akumatisation. Nous ne… »

« J'ai été si naïve ! »

Alors Marinette se mit à pleurer, et ne se retint pas.

Là, debout, au bord du précipice, elle laisser ses émotions sortir, sans se retenir, et pendant un très long moment.

Puis, calmée mais toujours brisée, elle se transforma à nouveau et se dirigea vers la maison de Nino. Doucement, elle entra dans l'appartement, se glissa dans la chambre d'ami et s'agenouilla au bord du lit d'Adrien.

Lorsqu'elle glissa ses doigts dans les cheveux du jeune-homme, elle le sentit bouger. Une main toucha son épaule puis glissa jusqu'à son visage.

La paume d'Adrien se posa contre sa joue.

« Tu es là... », chuchota-t-il doucement.

Il était encore réveillé, malgré l'heure tardive.

« Je suis là... », répondit-elle.

Elle posa son autre main sur son torse et remarqua qu'il tremblait.

Elle remonta ses doigts jusqu'à son visage et constata avec effroi que ses joues étaient baignées de larmes.

Une vague d'émotions l'envahit. Depuis combien de temps pleurait-il?

« Oh Adrien… », souffla-t-elle.

« Je suis désolé. »

« Tu n'as pas à l'être. S'il te plaît, tu… tu n'as pas à l'être… »

Il ne répondit rien.

« Je…, commença-t-elle avec remords, la voix tremblante. C'est moi qui suis désolée Adrien… »

Je n'étais pas là pour toi aujourd'hui.

Il répéta avec douceur les paroles qu'elle venait de prononcer.

« Tu n'as pas à l'être Marinette. C'était juste … une dure journée aujourd'hui. »

Une larme coula sur la joue de la jeune-fille. Elle l'essuya discrètement afin de ne pas inquiéter Adrien. Elle savait que ce n'était pas juste une dure journée pour lui mais ne dit plus rien, lui laissant la possibilité de continuer à s'exprimer s'il le voulait.

Il ne le fit pas.

Alors, respectant son silence, elle reposa sa main sur son torse. Sous ses doigts, elle pouvait sentir le cœur de son ami pulser.

Doucement, sans prononcer un mot de plus, elle passa et repassa ses doigts dans les cheveux d'Adrien, se débarrassant, une caresse à la fois, des pensées douloureuses de leurs deux âmes blessées.

« Tu ne dois pas être très confortable », murmura-t-il.

« Au contraire Adrien, c'est le moment le plus doux et le plus confortable que j'ai eu depuis des jours », répondit-elle tendrement.

Elle se redressa et déposa un baiser sur la tempe du garçon. Elle le senti alors bouger et une main chaude se posa sur la sienne.

Après un moment, la respiration d'Adrien ainsi que les battements de son cœur ralentirent et elle le sentit s'endormir sous ses doigts. Alors elle se laissa elle-même aller, profitant du bien-être qu'elle ressentait en sa présence.

Puis elle s'endormit enfin, pour la première fois depuis de nombreux jours.


Plusieurs pensaient que nous reverrions Chat Noir. Désolée de vous décevoir... Comme je vous l'avais dit au début, il y aura beaucoup d'agonie et de larmes dans cette histoire...