Merci à tous pour vos magnifiques commentaires! Le dernier chapitre est le premier que j'ai imaginé. Il y avait cette scène dramatique où nos deux héros s'aimaient mais ne parvenaient pas à se rejoindre émotionnellement. Une scène d'adieu. Et ensuite, toute mon histoire s'est formée autour de ce tableau. Jamais je n'aurais pensé qu'il aurait fallu 12 chapitres avant de pouvoir enfin l'écrire!
Bon, je ne vous fais pas attendre plus longtemps. Voici la suite...
CHAPITRE 13
Marinette n'hésita pas une seule seconde. Elle n'attendit même pas d'être transformée pour se lancer du haut de la Tour Eiffel.
"TRANSFORMATION!"
Le costume qu'elle avait porté presque chaque jour durant ces cinq dernières années se matérialisa et, forte de ses réflexes, elle lança son yoyo dans la direction vers laquelle elle avait vu Chat Noir partir.
Elle était plus rapide que lui, elle l'avait toujours été, mais en ce matin-là de novembre, alors que le soleil aveuglant continuait de se lever, une panique sourde monta en elle. L'ombre de Chat Noir semblait courir sur les toits, puis s'y perdre pour enfin réapparaître plus loin.
Elle sauta à nouveau, s'élançant encore et encore, les doigts engourdis par le froid, l'adrénaline circulant en elle comme une voiture dans une course effrénée.
Elle ne pouvait pas le perdre, elle ne devait pas le perdre. Et pourtant, elle fut forcée d'accepter la lourde réalité.
Il n'était plus là.
Le cœur battant à tout rompre et les poumons brûlants, elle rebroussa chemin, s'arrêtant à l'endroit où elle pensait l'avoir réellement vu pour la dernière fois. Dans une frénésie incroyable, elle se laissa tomber sur le trottoir et se mit à scanner chaque visage, arrêtant plusieurs personnes sur son chemin, mais aucun regard ne ressemblait à celui de son compagnon.
Alors elle cria, elle cria son nom plusieurs fois devant le regard étonné des passants qui s'arrêtaient lorsqu'ils apercevaient l'héroïne. Elle l'appela partout, dans chaque rue, sur chaque toit sur lesquels elle courrait.
Mais il n'était pas là et il ne répondait pas.
Lorsque l'épuisement la frappa et que l'adrénaline se vida de son corps, elle se laissa tomber sur le toit le plus proche et tenta de reprendre sa respiration, ainsi que ses esprits.
Elle avait beaucoup de peine à réaliser ce qui venait d'arriver, à accepter que cela puisse être la réalité. Son compagnon avait disparu pendant plusieurs semaines et sa courte réapparition semblait si irréelle, ce qu'il lui avait dit si impensable qu'elle espéra, l'espace de quelques secondes, que tout cela n'avait été qu'un rêve.
Elle toucha ses lèvres et hoqueta de douleur.
La brûlure laissée par le baiser d'adieu de Chat Noir sur ses lèvres était bien réel.
Un baiser d'adieu.
Une nouvelle vague de panique envahit son corps et le désespoir la frappa de plein fouet. Elle eut soudain envie de se recroqueviller, de pleurer et de ne plus jamais bouger.
Alors, allongée sur le dos, encore essoufflée par sa course folle, elle ouvrit les yeux et regarda le ciel.
"Marinette, se dit-elle à voix haute. Tu as assez pleuré! Reprends courage! Tu as encore du temps. Tu as... encore un peu de temps..."
Mais elle n'y croyait pas vraiment.
Trouver Chat dans Paris ces dernières semaines avait été impossible alors comment pourrait-elle le trouver s'il partait à l'autre bout du monde?
Elle se releva. Elle devait réfléchir.
Elle était Ladybug et Marinette. Elle avait surmonté de nombreuses épreuves et à chaque fois, la solution s'était présentée à elle.
Ladybug peut tout faire, lui avait dit un jour Chat Noir alors que tout semblait perdu. Reste positive, ok?
Son cœur chavira légèrement lorsqu'elle se rappela quand dans la même conversation, il lui avait promis de toujours rester à ses côtés.
Elle secoua la tête, tentant de chasser ses pensées négatives. Elle devait simplement se concentrer, réfléchir et redevenir objective.
Son cerveau se mit à rouler à pleine vitesse. Elle avait déjà tenté de repasser chacune des discussions qu'elle avait eues avec son compagnon et cela n'avait mené à rien. Elle devait attaquer les choses sous un nouveau front.
Elle ne connaissait rien de sa vie, mais il lui avait mentionné avoir perdu sa famille. Elle devrait chercher là en premier.
Elle ouvrit son yoyo et lança une recherche frénétique sur internet. Malheureusement, elle n'avait aucune idée de la date exacte de l'événement mais surtout, elle ne connaissait pas les détails de sa vie familiale. Parce que perdre des proches pouvait se faire de nombreuses manières. Étaient-ils morts? Ou l'avaient-ils abandonné? Il avait parlé de ses parents, mais y avait-il aussi des frères et sœurs impliqués?
Elle grogna lorsqu'elle réalisa après plusieurs minutes qu'absolument rien ne paraissait dans la presse, à part l'histoire d'Adrien. Il était le seul que les médias semblaient trouver assez intéressant de mentionner.
Soudain, quelque chose se connecta dans son esprit et elle fronça les sourcils.
Adrien aussi avait perdu sa famille. Et pratiquement en même temps que Chat Noir. Et si...
Et si...
…
Et si… quoi?
L'esprit soudain embrouillé, Marinette secoua la tête. Et si...
Elle grogna, dérangée d'avoir perdu le fil de ses pensées alors qu'elle avait eu l'impression de tenir enfin quelque chose au bout des doigts, mais elle eut beau se triturer l'esprit, plus rien n'apparut devant elle.
Elle serra le point et lâcha un cri de frustration. Il lui fallut quelques secondes pour se calmer et se forcer à se concentrer à nouveau.
Elle se mit alors à réfléchir à la personnalité de Chat Noir. Car si elle ne connaissait rien de sa vie en général, elle connaissait tout de son cœur, et même si jamais elle ne se s'était jamais attendue à ce qu'il la quitte, elle n'était pas non plus étonnée de son choix.
Parce qu'elle l'avait poussé à faire ce choix-là. Il souffrait depuis longtemps déjà de ses constants rejets et même s'il avait gardé l'espoir pendant quelques années, Marinette avait tellement réussi à le persuader qu'il n'y aurait jamais rien entre eux qu'il avait commencé à y croire lui-même.
Et plus rien n'avait pu changer sa manière de penser, même lorsqu'elle lui avait avoué ses sentiments.
Marinette passa ses doigts dans ses cheveux, tentant de rester objective, de ne pas se laisser emporter par ses émotions, mais elle ne pouvait penser qu'à une chose. Si elle le retrouvait, comment parviendrait-elle à le convaincre de ses sentiments? Comment Chat Noir pourrait l'accepter quand il avait eu raison sur un point… Qu'elle aimait encore Adrien.
Elle se força à se relever et regarda l'heure sur son yoyo. Elle fut choquée de réaliser que une heure et demie étaient déjà passées depuis sa rencontre avec Chat Noir.
Et en une heure et demie, il avait eu le temps de partir.
C'est alors que son cerveau se remit à fonctionner à ébullition.
Chat Noir était un jeune-homme impulsif et spontané. Il était aussi affreusement meurtri suite à leur rencontre et si les calculs de Marinette étaient exacts, alors il ne pourrait pas rester à Paris une minute de plus. Sinon, il retournerait vers elle.
Il devait partir loin, et vite, avant que ses convictions ne meurent, avant que l'appel de son cœur ne devienne trop assourdissant.
Celui de l'héroïne se mit à battre à pleine vitesse lorsqu'elle réalisa qu'il était sûrement déjà en route. Son corps se mit à trembler et sa respiration s'accéléra.
"Concentre-toi Marinette, concentre-toi!", grogna-t-elle entre ses dents.
Par quel moyen pourrait-il quitter Paris? Il y avait le train mais cette pensée paralysa la jeune-femme. Paris possédait quatre grandes gares, mais elle ne serait incapable de toutes les vérifier à temps.
Et il n'y avait pas que les gares. Il y avait les autocars, ainsi que l'aéroport.
Sa vision se troubla.
Elle avait besoin d'aide. Elle avait besoin de toute l'aide nécessaire pour le retrouver.
Elle devrait faire appel à chacun de ses Kwamis, mais aurait-elle le temps de trouver leurs porteurs?
Elle eut l'impression d'étouffer devant cette course contre la montre qu'elle s'apprêtait à vivre.
Elle relâcha alors son yoyo et s'élança sur les toits de Paris en direction de sa maison. Il ne lui fallut que quelques minutes pour atteindre son balcon et à sa grande surprise, ses parents l'attendaient, les bras croisés.
Leurs regards sévères s'effacèrent à la seconde où elle atterrit, lorsqu'ils virent l'expression d'angoisse sur le visage de leur fille. Mais elle n'avait pas le temps de leur expliquer et passa entre eux avant de s'engouffrer dans sa chambre.
"Maman, Papa, écoutez-moi."
Elle ne prit même pas le temps de se détransformer et sauta directement sur le plancher de sa chambre, s'accroupissant pour attraper la boite contenant tous les Miraculous.
"Chat Noir est réapparu."
Elle entendit sa mère hoqueter de surprise alors qu'elle avait amorcée la descente dans la chambre de Marinette.
"Il m'a fait… ses adieux… mais il ne va clairement pas bien, continua la jeune-femme dans un flot de paroles presque incompréhensible tant le temps d'expliquer les choses en détail lui manquait. Il veut tout abandonner, tout quitter. Il faut le retrouver et l'arrêter. Je n'ai pas le temps de le chercher seule, il est sûrement déjà en route. Je vais vous donner des Miraculous. J'ai besoin de votre aide. J'ai..."
Elle sursauta avec force lorsque la boite s'ouvrit dans ses mains et qu'elle vit l'espace vide réservé au Miraculous du Chat Noir.
"Marinette, on ne comprend rien. Va plus lentement. Explique-n..."
La jeune-femme sauta à pied joint, la boite toujours dans les mains, les yeux rivés sur l'espace où la bague de Chat Noir devrait un jour reprendre sa place.
"Maman!", cria-t-elle, faisant sursauter ses parents.
Tout tournait dans son cerveau lorsqu'une autre option se formait dans son esprit.
"Chat ne partirait jamais avec son Miraculous! Il aime Plagg mais... il sait!"
Elle se tourna vers ses parents, le regard en feu.
"Il sait que j'ai besoin d'un Chat Noir, qu'il doit me laisser son Miraculous!"
Alors elle comprit. Il n'avait pas pu le lui donner parce qu'elle aurait su son identité et il n'aurait jamais pu s'enfuir. Et il avait eu besoin de ses pouvoirs pour la distancer sur les toits de Paris.
"Mais comment..."
La réponse lui sauta soudain aux yeux. Chat Noir ne connaissait aucun porteur de Miraculous. Aucun, sauf un.
Chloé.
Sans même y réfléchir à deux fois, elle reposa la boite sur son bureau, sauta sur son lit et, ignorant les appels paniqués de ses parents, sauta sur le toit, s'élançant à nouveau dans les rues de Paris direction l'Hôtel le Grand Paris.
L'espoir jailli dans son cœur, dans son ventre, dans ses poumons et dans tout son être. Se pouvait-il qu'il soit encore là-bas? Il n'était peut-être pas trop tard. Chloé ne l'avait pas appelé, alors il n'était peut-être pas encore passé par là.
Alors qu'il ne lui restait que quelques mètres avant d'atteindre l'hôtel, elle remarqua que la vitre menant au salon privé de Chloé avait complètement disparue.
Le cataclysme de Chat!
Son cœur fit un bond dans sa poitrine et elle ne ralentit même pas lorsqu'elle franchit la fenêtre et atterri en plein milieu de la vaste chambre de Chloé.
Essoufflée par sa course, elle balaya la pièce des yeux et ressentit une douleur violente à l'estomac lorsqu'elle réalisa que Chat Noir n'était pas là.
Son effroi ne dura qu'un seul instant, puisqu'au moment-même, Chloé entra, son cellulaire à l'oreille, le visage rouge de colère, des larmes coulant sur ses joues qu'elle chassait rageusement.
"Je t'interdis, tu entends? Fais demi-tour. Reviens, je..."
Elle se figea net en voyant Ladybug dans son salon.
"As-tu vu Chat Noir?!", lui demanda frénétiquement l'héroïne.
Peu importe que son amie ait le visage baigné de larmes, peu importe qu'elle soit au téléphone. Peu importe tout! Marinette n'avait pas le temps. Elle devait trouver Chat Noir.
"Euh..., commença la blonde, prise par surprise. Lady... Ladybug est chez moi. Je te rapp..."
Elle regarda soudain son combiné.
"Il m'a... raccroché au nez!? Je vais lui faire voir de quel bois je me chauffe à ce stupide, stupide, stupide..."
Elle avait laissé sa phrase en suspend alors qu'une autre larme s'était mise à couler.
"Chloé! Chat Noir!"
La fille du maire la regarda d'un air outragé.
"Tu ne vois pas dans quel état je suis? Comment oses-tu me..."
"Je n'ai pas le temps!, coupa Marinette. Je dois absolument trouver Chat Noir!"
"Et moi je dois absolument empêcher un ami de commettre la pire des erreurs, ok?"
Marinette l'ignora, s'approchant d'elle et posant ses mains sur ses épaules. Elle avait besoin d'une Chloé sérieuse et concentrée. Elle pointa la fenêtre du doigt.
"Il est venu. Dis-moi que tu l'as vu. Dis-moi qu'il t'a révélé son identité, ou où il allait."
L'espoir était pourtant faible. Queen Bee et Chat Noir ne s'étaient jamais vraiment entendus.
Sous sa main, les épaules de Chloé s'affaissèrent.
"Bien sûr qu'il ne m'a pas montré son identité. Il ne m'a même pas dit au revoir. J'ai simplement trouvé ça sur ma table de chevet, il y a quelques minutes à peine."
C'est alors que Marinette remarqua enfin la petite boite portant le symbole antique des Miraculous que Chloé tenait dans son autre main.
Elle eut un hoquet d'effroi et ses jambes flagellèrent. Il était déjà passé, et il avait déjà abandonné son rôle de super-héros.
"Mon ami était là et..., continua Chloé. Il m'a annoncé une nouvelle atroce alors je n'avais pas la tête à..."
Marinette l'écoutait à peine.
"Il y a plein de caméras de sécurité, non?", demanda-t-elle avec frénésie.
"Oui...?"
Marinette se releva et prit la petite boite des mains de Chloé. Elle se retourna vers la fenêtre par laquelle elle était passée et lança son yoyo.
"Trouve-le Chloé. S'il te plait, cherche dans chaque vidéo. Juste toi. Ne demande à personne et si tu trouves quelque chose sur lui, appelle-moi tout de suite."
"Je n'ai pas le temps. Je dois trouver Ad..."
"Tu es une porteuse de Miraculous. Ce qui veut dire que tu dois mettre ce rôle en premier, avant tous les autres. Compris?"
Elle n'attendit pas la réponse et s'envola à nouveau vers les toits de Paris, une once de culpabilité envahissant son cœur.
Elle aurait à s'excuser, plus tard, quand elle aurait retrouvé Chat. Chloé comprendrait sûrement son désarroi.
Elle atterrit sur le toit le plus haut qu'elle ait pu trouver et ouvrit la petite boite. Plagg en surgit aussitôt.
"Ladybug!", cria-t-il, volant frénétiquement autour d'elle.
Les oreilles baissées, les yeux plein de larmes, le Kwami semblait très mal en point.
"Il m'a laissé! Il est parti! Il m'a abandonné!"
L'héroïne l'attrapa en plein vol avec ses deux mains et l'approcha d'elle.
"Plagg, calme-toi… J'ai vraiment besoin de ton aide."
Le Kwami la regarda avec ses grands yeux verts et Marinette réalisa combien sa douleur était réelle. Son cœur se brisa lorsqu'elle pensa à l'agonie que Chat avait dû ressentir lorsqu'il avait dû faire ses adieux à son ami le plus proche.
"Je ne sais pas comment détourner cette magie qui m'empêche de le retrouver. Je ne sais pas comment le reconnaître. J'ai vraiment besoin d'aide."
Plagg cligna quelques fois des yeux, le regard troublé.
Alors un long silence s'installa entre eux, tandis qu'ils essayaient de réfléchir sans céder au désarroi et à la panique.
Puis Plagg éclata en sanglot.
"Je n'ai jamais eu de chance... Mais cette fois-ci, c'est vraiment le pire instant de ma vie..."
Il étouffa un autre sanglot puis s'immobilisa.
"Ladybug!"
Il se libéra des mains de la jeune-femme et vint se tenir devant son visage.
"As-tu... As-tu essayé d'utiliser ta chance?"
Le cœur de Marinette s'emballa.
"Non mais... La magie nous empêche de... Ça... Ça pourrait marcher?"
Elle se mit soudain à trembler mais s'efforça de se calmer, de calmer son cœur affolé, de maîtriser le nouvel élan d'espoir qu'elle ressentait.
Car rien n'avait fonctionné jusqu'ici et elle avait peur d'affronter un nouveau sentiment écrasant d'échec.
"Mais... Mais oui! Le pouvoir de la Coccinelle est indépendant de cette magie. Quand la magie même a effacé la mémoire de maître Fu, ton pouvoir n'a pas pu la ramener. Donc il n'est pas relié au pouvoir de protection. Ton Lucky Charm pourrait te montrer le chemin vers lui!"
Marinette baissa les yeux vers son yoyo, qu'elle serra à s'en blanchir les jointures.
« Plagg… »
Elle leva les yeux vers le petit être, alors qu'elle se sentait soudain anéantie par le désespoir.
« Lorsque Chat Noir s'est fait akumatisé, mon Lucky Charm m'a donné une gomme à effacer. »
Plagg la regarda quelques instants.
« De quoi parles-tu ? »
Marinette hoqueta.
« Ça ne marchera pas. Parce que la magie refuse que nous connaissions l'identité l'un de l'autre. À cette époque-là, mon Lucky Charm m'a forcé à effacer mon nom de la carte que j'avais laissé à Adrien. Parce que suite à ça, il avait découvert mon identité et… tu connais la suite. »
Le Kwami s'approcha soudain de son visage, l'air sévère.
« Il n'y a plus de Papillon. »
« Il y aura d'autres ennemis. »
« Vous êtes des âmes-sœurs. »
« Je… »
« Arrête de douter de toi !, la coupa-t-il. J'ai cinq mille ans d'expérience et j'en ai vu passer des couples, comme vous. Il y a toujours ce moment, LE moment où le Chat et la Coccinelle sont réunis. »
Mais la peur paralysait Marinette.
« Et si… Et si le bon moment ne devait arriver que dans de nombreuses années ? Et si nous devions être séparés jusqu'au jour de notre mort ? »
Face à ces mots, le Kwami se tut et Marinette sut à son regard que certains des porteurs qu'il avait accompagnés avaient dû vivre cette douloureuse séparation.
« Je…, commença-t-il. Je ne sais pas quoi répondre à ça… Seulement que, avec les années, tous ont fini par comprendre pourquoi la magie en avait décidé ainsi. Et tous ont accepté. »
Il posa alors son front contre celui de l'héroïne.
« Ladybug, aie confiance en ce que la vie t'apporte. Tu es plus proche du bonheur que tu ne le crois. »
Marinette tremblait maintenant de tout son corps et s'accrochait désespérément à son yoyo.
Il était son dernier espoir.
Il était ce qui déciderait de son destin.
Alors elle ferma les yeux et se concentra. Elle concentra son attention sur les muscles de son bras, de sa main. Elle se força à respirer, à calmer les battements incessants de son cœur. Elle força le désespoir à s'écarter de son chemin.
Et surtout, elle se concentra sur la magie qu'elle sentait pulser au bout de ses doigts.
Son Lucky Charm lui avait souvent donné des énigmes difficiles à résoudre qui l'avait forcé à sortir de sa zone de confort. Elle pria avec force de recevoir, pour une fois dans sa vie, et même si ce devait être la seule fois, une réponse claire et précise.
"Lucky Charm!", cria-t-elle de toutes ses forces en lançant son Yoyo dans les airs.
La même magie qu'elle utilisait depuis cinq ans déjà fit son effet et, sans même lui donner le temps de s'y préparer, une enveloppe tomba dans ses mains. Les doigts tremblant, elle l'ouvrit avec difficulté et en sorti un papier cartonné.
Si elle n'avait pas été transformée à ce moment-même, elle se serait sûrement évanouie.
"Aéroport de Paris-Charles De Gaulle, lu Plagg d'une voix tremblante. Vol IB5526. Porte d'embarcation: 15B. Heure de départ: 12h15. C'est... c'est dans moins de trente minute!"
Mais Marinette n'écoutait déjà plus Plagg. Elle avait même lu le contenu du billet bien avant lui.
Son Lucky Charm ne lui avait pas dévoilé l'identité de son partenaire, mais lui donnait une dernière chance. Celle de le retrouver et de le convaincre une dernière fois de rester auprès d'elle.
Elle ne pouvait pas le croire. Elle ne pouvait même pas réaliser que la magie venait de la guider vers celui qu'elle aimait.
Qu'ils étaient alors fait pour se retrouver.
Comme une automate, elle enfila le Miraculous du Chat à son doigt et leva la tête.
"On y va Plagg."
